Élection présidentielle 2017 : ses spécificités

Le 7 mai 2017, Emmanuel Macron est élu président de la République. Retour sur les particularités de l'élection présidentielle 2017.

L’élection présidentielle de 2017, dont les premier et second tours ont eu lieu respectivement les 23 avril et 7 mai, présente plusieurs particularités :

  • c'est la première fois qu’un Président sortant (en l’occurrence, François Hollande) décide de ne pas briguer un second mandat ;
  • la pratique des primaires se généralise ; 
  • fait unique sous la Ve République, les deux principaux partis de gouvernement (le Parti socialiste et Les Républicains) ne parviennent pas à qualifier leur candidat pour le second tour.

Les primaires

Pour désigner son candidat, l'alliance de la droite et du centre organise pour la première fois des primaires. Les Républicains (LR) et le Parti chrétien-démocrate (PCD) ont recours à une primaire ouverte à tous les inscrits sur les listes électorales, sous réserve de signature d’un engagement d’adhésion "aux valeurs républicaines de la droite et du centre".

Le Parti socialiste (PS), le Parti radical de gauche (PRG), Génération écologie, l’Union des démocrates et des écologistes (UDE), le Front démocrate et le Parti écologiste, réunis au sein de "La Belle alliance populaire", organisent également des primaires citoyennes ouvertes à tous les électeurs inscrits sur les listes électorales, déclarant se reconnaître dans les valeurs de gauche, pour désigner le candidat issu de leurs rangs.

De son côté, Europe Écologie Les Verts (EELV) réserve la possibilité de voter à la primaire à ses adhérents ou aux personnes s’étant préalablement inscrites.

Le vote

Le premier tour voit s’affronter onze candidats. Emmanuel Macron (représentant le mouvement En Marche ! qu’il a créé en avril 2016) et Marine Le Pen (présidente du Front national) arrivent en tête, avec respectivement 24,01% et 21,3% des suffrages exprimés. Les candidats de la droite et de la gauche de gouvernement – François Fillon (LR) avec 20,01% et Benoît Hamon (PS) avec 6,36% – sont éliminés dès le premier tour. Jean-Luc Mélenchon (leader de La France insoumise) atteint la quatrième place avec 19,58% des voix. Les six autres candidats recueillent moins de 5%.

Le second tour se solde par la victoire d’Emmanuel Macron (66,1% des suffrages exprimés), loin devant Marine Le Pen (33,9%), bien que certains observateurs aient pu envisager un écart plus resserré. Emmanuel Macron, né en 1977, a presque dix ans de moins que Valéry Giscard d'Estaing lors de son élection en 1974. Il n'est pas issu des formations politiques existantes et n’a jusqu'alors jamais détenu de mandat électif.

Cette élection se singularise aussi par le poids considérable de l’abstention (environ un électeur sur quatre ne s’est pas déplacé pour voter au second tour, contre un sur cinq en 2012, ce qui est un record depuis l’élection de 1969) et des votes blancs (8,52% des votants) et nuls (3 %) (source : ministère de l’intérieur).