Le Premier ministre annonce un plan massif de relance du tourisme

Gravement touché par la crise sanitaire et les mesures de confinement prises contre l'épidémie de COVID-19, le secteur du tourisme va faire l'objet d'un plan de relance de 18 milliards d'euros. Présentant ce plan le 14 mai 2020, le Premier ministre a également annoncé que les Français pourraient partir en vacances cet été.

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Fermeture de frontières, ralentissement des échanges, interdiction de circulation, annulation de manifestations (culturelles, sportives …), ces mesures draconiennes ont violemment impacté le secteur du tourisme. 

Le plan de relance annoncé par le Premier ministre

Le 14 mai 2020, le Premier ministre a présenté les grandes lignes d'un plan de relance du secteur du tourisme. Celui-ci vise en premier lieu à limiter les faillites et les licenciements. Pour cela, des mesures vont être prises pour aider la trésorerie des entreprises du tourisme : fonds de solidarité ouvert jusqu'à fin 2020, prêts garantis par l'État avec comme plafond le chiffre d'affaire des trois meilleurs mois de l'année précédente, enveloppe des prêts tourisme de BPI France portée à un milliard d'euros, exonération des cotisations patronales, prolongation du chômage partiel jusqu'à fin septembre 2020 au moins. Au total, ce sont 18 milliards d'euros que l'État va consacrer à ce plan de relance.

Le redémarrage du secteur doit aussi être envisagé. Si l'épidémie de COVID-19 reste maîtrisée, l'ouverture des cafés et restaurants pourrait être envisagée dès le 2 juin dans les départements classés "vert". Pour les mois de juillet et d'août, le Premier ministre a annoncé qu'il serait possible de partir en vacances en France (cela comprend l'outre-mer). Les professionnels du tourisme se sont engagés à rembourser les réservations qui devraient être annulées. 

Le secteur du tourisme quasiment à l'arrêt à cause de la crise sanitaire

Selon une note de l'observatoire du tourisme publiée en avril 2020, l'ensemble de la filière touristique se trouve presque à l’arrêt avec une réduction globale de 40% de son activité, 90% pour les hôtels-restaurants et 97% pour les voyagistes.

Selon Atout France, au 2 avril 2020, le chiffre d’affaires sur le premier trimestre 2020 enregistre une perte de 45 milliards d’euros sur la base des recettes des clientèles internationales et nationales, soit une baisse de 25% du PIB touristique en année pleine. Les PME du tourisme souffrent d’une situation de trésorerie très dégradée qui les obligent à chercher des financements, reporter les échéances bancaires, et s’inquiètent vivement sur la possibilité de verser les salaires de leurs employés. 95% des professionnels du tourisme utilisent le chômage partiel, 87% le report des charges courantes et des dettes fiscales et sociales, 89% utilisent les avoirs, 72% le rebooking plutôt que le remboursement. Sur les 2,3 milliards d’euros de prêts garantis par l’Etat, le secteur du tourisme a bénéficié de 1,3 milliard d’euros.

Les professionnels sont nombreux (près de la moitié) à penser que le secteur mettra entre 12 et 24 mois pour se relever de cette crise. Et même s’ils espèrent une reprise pour la saison estivale, avec un rebond du tourisme français, des séjours de proximité, celle-ci ne pourra qu’être modeste. Certains pensent que la crise aura des répercussions jusqu'en 2022. Ses effets auront des répercussions structurelles et nécessiteront une reconfiguration du paysage concurrentiel. Le secteur du tourisme devra innover pour mieux prendre en compte les enjeux sanitaires et environnementaux. 

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