Gouvernance "défaillante", décalage avec la réalité, abandons de mesures par les ministères... la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH) a publié, le 26 mars 2026, une évaluation critique du Plan national de lutte contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations liées à l'origine (PRADO).
Une exécution insuffisante des mesures du Plan
Malgré l'ambition affichée d'un PRADO présenté comme un tournant dans la lutte contre les discriminations, la CNCDH juge le bilan décevant notamment en raison d'une gouvernance "défaillante" ayant conduit à "un très faible taux d'exécution concrète des mesures prévues".
Le document pointe d'abord un "décalage alarmant" du Plan avec une réalité marquée par une forte hausse en 2023 des actes antisémites (+284%) et antimusulmans (+164%) en lien avec les attaques du Hamas en Israël le 7 Octobre 2023 et avec la riposte menée par Israël à Gaza.
La Commission dénonce également des "renoncements inacceptables" de plusieurs ministères abandonnant des "pans entiers" du Plan sans explication. Le ministère de l'intérieur, notamment, a abandonné la moitié des mesures (mobiliser les bailleurs sociaux, par exemple) et partiellement mis en œuvre l'autre moitié (renforcer en particulier la confiance des citoyens lors de l'enregistrement des plaintes). Pour sa part, le ministère de l'éducation nationale n'a pas mis en place certaines mesures comme l'engagement des médias autour de la journée internationale de lutte contre toutes les formes de racisme du 21 mars alors que les discours de haine sur les réseaux sociaux et dans certains médias se banalisent.