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Liban : les inquiétudes du Conseil de sécurité des Nations unies

Temps de lecture  4 minutes

Par : La Rédaction

Le Conseil de sécurité des Nations unies s'est réuni le 1er juin 2026, à l'initiative de la France, au sujet de l'offensive israélienne au Liban. L'ampleur de l'offensive israélienne, comme l'intensification des attaques du Hezbollah contre Israël ont suscité la réprobation du Conseil de sécurité.

Le communiqué du Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies (ONU) publié le 1er juin 2026 intervient près d'un mois et demi après le cessez-le-feu du 17 avril 2026 entre les États-Unis et l'Iran. Toutefois, malgré le cessez-le-feu, les attaques israéliennes contre le Hezbollah (allié de l'Iran) ont continué sur le territoire du Liban. Face à cette impasse, l'un des membres du Conseil, le Libéria, a proposé une feuille de route en quatre phases avec pour objectif que l'État libanais soit le seul garant de la sécurité dans le pays.

En parallèle à la réunion du Conseil de sécurité, des pourparlers se sont poursuivis, les 2 et 3 juin 2026, sous la médiation des États-Unis, entre ambassadeurs libanais et Israéliens. À l'issue de ces pourparlers à Washington, Israël et le Liban ont convenu d'un cessez-le-feu tout en conditionnant ce cessez-le-feu à l'arrêt "complet" des tirs du Hezbollah et à la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise.

Un lourd bilan humain

Selon le communiqué du Conseil de sécurité des Nations unies, l’intensification des hostilités, depuis le 2 mars 2026, a alourdi le bilan humain :

  • 3 412 tués et plus de 10 000 blessés, dont des centaines de civils ; 
  • 21 membres des Forces armées libanaises ont été tués ;
  • 4 civils israéliens et 26 membres des Forces de défense israéliennes ont également trouvé la mort, tandis que destructions et déplacements ont touché les communautés des deux côtés de la "Ligne bleue" (frontière non officielle entre Israël et le sud Liban) ;
  • 6 Casques bleus de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) ont par ailleurs été tués dont un Français et plusieurs autres blessés.

L'intervention israélienne, une "erreur stratégique majeure" selon la France

La France dénonce une "erreur stratégique majeure" dans la mesure où les interventions israéliennes ont été effectuées en violation du cessez-le-feu agréé le 17 avril "sous les auspices des États-Unis". Par ailleurs, les représentants français ont réaffirmé aussi leur position concernant le Hezbollah, "soutenu par l’Iran", et "qui porte la responsabilité du déclenchement des hostilités, après avoir entraîné le Liban et son peuple dans une guerre qui n’est pas la leur".

Le délégué israélien après avoir assuré qu’Israël n’a aucune intention de rester au Liban, a affirmé que son pays ne laissera pas le Hezbollah se réarmer et agira en conséquence, "au sud comme au nord du Litani" (le Litani étant un fleuve libanais situé au nord de la frontière avec Israël). Pour le délégué libanais, l’engagement d’Israël en faveur d’un cessez-le-feu complet et effectif est la condition préalable indispensable pour que l’État libanais puisse étendre son autorité et son contrôle sur l’ensemble de son territoire et de ses frontières.

Par ailleurs, lors de la réunion du Conseil de sécurité, le Libéria a quant à lui proposé une feuille de route en quatre phases. La première serait une stabilisation immédiate, avec la cessation de toutes les opérations offensives et le gel de tous les mouvements de forces, supervisée par une Finul renforcée. Selon la phase deux, un retrait israélien derrière la "Ligne Bleue" irait de pair avec un déploiement des forces libanaises au sud du fleuve Litani. Simultanément, a poursuivi la délégation libérienne, la communauté internationale apporterait une aide financière et logistique massive aux institutions étatiques libanaises. 

Maintien des troupes de l'ONU au Liban au-delà du 31 décembre 2026 ?

En août 2025, le Conseil de sécurité a décidé de mettre un terme au mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) au 31 décembre 2026. Mais le 2 juin 2026, António Guterres, secrétaire général de l’ONU a recommandé dans un rapport le maintien des troupes au-delà de la fin de l’année 2026 afin de favoriser la désescalade et le dialogue ainsi que pour assurer un soutien aux forces armées libanaises.

La Finul compte actuellement près de 7 500 Casques bleus, le secrétaire général propose trois scénarios dans lesquels la présence des soldats de l’ONU serait plus ou moins importante. Quel que soit le scénario, leur nombre devrait toutefois décroître.