Une étude publiée le 3 septembre 2026 par le ministère de l'intérieur présente un panorama départemental des résultats de l'enquête "Vécu et ressenti en matière de sécurité" entre 2021 et 2023.
Davantage de victimes dans les départements les plus urbains
Le taux de victimation déclarée (nombre de victimes d’infractions pour 100 habitants) est plus élevé dans les départements les plus densément peuplés, dont ceux d’Île-de-France, les Bouches-du-Rhône et le Rhône. La victimation moyenne atteint :
- 3,3% à l’échelle nationale pour les cambriolages. Dans les départements les plus peuplés, il oscille de 4,1% (Haute-Garonne) à 5,4% (Rhône) ;
- 3,4% pour les vols d’objets ou d’accessoires sur ou dans la voiture, mais 7,6% en Seine-Saint-Denis, 6,3% dans les Bouches-du-Rhône et 5,8% dans le Val-d’Oise ;
- 2,1% pour les vols sans violence hors du logement, surreprésentés dans les départements d’Île-de-France, notamment à Paris (7,7%) et dans le Rhône (4,5%) ;
- 2,7% pour le harcèlement sexuel. Il dépasse la moyenne à Paris (5,7%), dans le Rhône (4%) , les Hauts-de-Seine (3,8%) et la Haute-Garonne (3,7%) ;
- 5,7% pour les injures ou menaces (8,2% à Paris et 7,7% dans le Rhône) ;
- 3,3% pour les discriminations, plus fréquentes en Île-de-France (de 4,4% en Seine-et-Marne et dans les Yvelines à 7% en Seine-Saint-Denis) et dans le Rhône (4,9%).
Quel ressenti en matière de sécurité ?
La peur d’être victime d’une atteinte aux biens est parfois plus vive dans les départements ayant un taux de victimation inférieur à la moyenne. La part moyenne d’individus inquiets est de :
- 50,2% à l’échelle nationale pour les cambriolages. La Haute-Corse ne compte que 25,8% de personnes inquiètes, la Corse-du-Sud 27,5%, les Hautes-Alpes 38,3%, la Manche 39,8% et le Cantal 40,5%. Dans les régions où la population redoute le plus les cambriolages, comme le Centre-Val de Loire et le Grand Est, moins d’un habitant sur 40 en a subi un ;
- 39,6% pour les vols sans violence. La peur d’en être victime est relativement diffuse sur le territoire français. Hormis la Corse, elle oscille entre 24,8% (Cantal) et 46% (Seine-Saint-Denis). Elle culmine à Paris (49,5%) et est plus rare en Haute-Corse (17,4%), en Corse-du-Sud (18%) et dans des départements ruraux comme le Cantal, l’Aveyron et la Lozère.
En revanche, les départements où la peur de subir une atteinte à la personne est la plus répandue sont aussi ceux qui enregistrent le plus de victimes de cette infraction. Le taux d’inquiétude moyen s’élève à :
- 16,6% pour le harcèlement sexuel. La crainte d’en être victime se concentre dans les départements urbains et ultramarins. À La Réunion, elle dépasse la moyenne nationale (25,6% de personnes inquiètes) alors que le niveau de victimation (1,9%) est inférieur à la moyenne ;
- 35,4% pour les injures et les menaces. Il correspond à la répartition des victimes déclarées, sauf en Corse, marquée par des taux d’inquiétude réduits (18,2% en Haute-Corse, 18,8% en Corse-du-Sud).