| Intelligence artificielle : l’Europe peut-elle rivaliser ? |
L’explosion de l’intelligence artificielle a renforcé les inquiétudes autour de la souveraineté numérique. Les modèles d'IA (GPT, Claude, Gemini) sont principalement développés aux États-Unis. Celui qui maîtrise l’IA pourrait demain influencer l’économie, l’éducation, la santé ou encore la défense. Pour la France et l'Union européenne, l’enjeu est double : éviter une dépendance stratégique, tout en garantissant que le développement de l’IA respecte les droits fondamentaux, les valeurs européennes et ses normes de sécurité. C’est dans cette logique qu’a été adopté le règlement européen sur l’IA (AI Act), qui vise à encadrer les usages selon leur niveau de risque. Pour entraîner les systèmes d'IA, il faut des quantités gigantesques de données et une puissance de calcul considérable. Pour ne pas décrocher dans la course à l’IA, l’UE prévoit de tripler le nombre de data centers sur son territoire. En février 2025, Bruxelles avait annoncé le lancement d’InvestAI, un fonds de 20 milliards d’euros réservé à la construction de cinq gigafactories à travers l’Europe, des installations informatiques à grande échelle dédiées au développement et à la formation de modèles d'IA. En parallèle, la start-up française Mistral IA a levé 830 millions de dollars pour construire un grand centre de données à Bruyères-le-Châtel, dans l’Essonne. La startup, qui incarne l'IA à l'européenne, mise sur l’open source et la maîtrise des données pour rivaliser avec ses concurrents américains. |
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