Projet de loi relatif à la régulation et à la protection de l’accès aux œuvres culturelles à l’ère numérique

Qu'est-ce qu'une procédure législative ?

Le projet de loi prévoit de renforcer la lutte contre le piratage des programmes audiovisuels culturels et sportifs et met en place un nouveau régulateur, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM), fusion du CSA et de la HADOPI.

Où en est-on ?

  1. Étape 1 validée

    8 avril 2021

    Conseil des ministres

  2. Étape 2 en cours

    8 avril 2021

    Dépôt au parlement

  3. Étape 3 à venir

    Promulgation

Le projet du gouvernement

Le texte reprend une partie des dispositions du projet de loi sur la réforme audiovisuelle présenté fin 2019 par le gouvernement, mais dont l'examen a été empêché par la crise sanitaire. 

Il vise à mieux protéger les droits des créateurs, à mettre en place une nouvelle régulation et à défendre  l’accès du public aux œuvres cinématographiques et audiovisuelles françaises.

Protéger les droits des créateurs

La lutte contre les sites internet de streaming, de téléchargement direct ou de référencement qui tirent des profits de la mise en ligne d’oeuvres en violation des droits des créateurs, est renforcée notamment par la mise en place :

  • d’un mécanisme de "listes noires" des sites contrefaisants. Cette liste, qui sera publique, pourra appuyer les actions judiciaires des ayants droit et responsabilisera les acteurs qui souhaiteraient passer des relations commerciales avec ces sites ;
  • d'un dispositif de blocage ou de déréférencement des sites miroirs, qui reprennent en  totalité ou en grande partie les contenus d'un site condamné en justice.

Afin de lutter contre les sites de streaming sportif, un mécanisme ad hoc de référé (en urgence) est également prévu au profit des détenteurs de droits de diffusion d'événements sportifs.

Un nouveau régulateur, l'ARCOM

Pour mettre en œuvre ces nouveaux outils, un nouveau régulateur est créé, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM), par la fusion de la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (HADOPI) et du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

Ce nouveau régulateur, qui disposera de davantage de pouvoirs (procédure de conciliation, pouvoirs d’enquête), sera compétent sur tout le champ des contenus audiovisuels et numériques : lutte contre le piratage, protection des mineurs, lutte contre la désinformation et la haine en ligne.

L'accès du public aux oeuvres françaises

Le projet de loi organise également la protection du patrimoine audiovisuel et cinématographique français. Il est prévu, en cas de rachat de catalogues d’œuvres françaises par des acteurs étrangers, que ces catalogues restent en tout temps accessibles au public français. Les grandes plates-formes, comme Netflix ou Amazon, devront déclarer au préalable les catalogues d’œuvres qu’elles seraient susceptibles d’acquérir auprès du ministère de la culture. Les dispositifs juridiques actuels ne permettent pas, dans le cadre de la liberté de circulation des capitaux, de garantir l’accès du public aux oeuvres françaises des catalogues audiovisuels ou de cinéma qui feraient l’objet de rachats prédateurs.

Un projet de loi organique est présenté de façon complémentaire pour tirer les conséquences, dans la loi organique du 23 juillet 2010 relative à l’application du cinquième alinéa de l’article 13 de la Constitution, de la nouvelle autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM).

L'examen du texte par les parlementaires

Le projet de loi sera discuté en premier lieu par le Sénat les 18 et 19 mai 2021.