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Adolescents sans logement : une enquête et des recommandations pour leur prise en charge

le 27 février 2019

Réalisée par Odile Macchi, chargée d’études à l’Observatoire du Samu social de Paris et Nicolas Oppenchaim, sociologue à l’Université de Tours, l’enquête qualitative “Adolescents sans-logement. Grandir en famille dans une chambre d’hôtel”, a été menée avec le soutien du Défenseur des droits et publiée le 18 février 2019.

Des effets délétères sur les relations sociales, la scolarité et la santé

L’enquête est basée sur une série d’entretiens réalisés entre avril 2017 et mai 2018 auprès d’une quarantaine d’adolescents âgés majoritairement de 11 à 18 ans vivant en hôtel social en Ile-de-France et à Tours.

Plus de 21 000 familles ont été hébergées en hôtel social en 2017, soit 58 247 personnes (15 000 familles, soit 44 075 personnes en 2013). Très majoritairement enfants migrants, les adolescents hébergés en hôtel social ont souvent été confrontés à des ruptures familiales cause de leur expérience du nomadisme hôtelier. L’hyper-mobilité (30 adolescents franciliens interrogés ont vécu dans 92 hôtels répartis dans 65 communes de l’Ile de France) et la situation géographique des lieux d’implantation des hôtels sociaux placent les adolescents en position de vulnérabilité et les prive d’un ancrage social tant dans leur quartier de résidence que dans leur scolarité.

De plus, la situation d’hyper-mobilité empêche l’appropriation d’un espace domestique, l’intimité et prive les adolescents de vision sur leur avenir. Enfin, les situations économiques et sociales des familles (pauvreté, non-connaissance de la langue..) impliquent souvent ces adolescents dans la gestion des problèmes familiaux et de la gestion administrative.

L’enquête souligne ainsi les effets délétères sur les relations familiales et amicales, la scolarité et la santé des adolescents placés dans ces situations.

Les recommandations du Défenseur des droits

A la faveur des résultats de cette enquête, le Défenseur des droits réaffirme ses recommandations :

  • développer les alternatives à l’hébergement en hôtel social en proposant des structures adaptées à toute la famille en vue de garantir son unité ;
  • limiter l’orientation des familles avec enfants vers les hôtels sociaux qui ne sont pas adaptés aux besoins fondamentaux des enfants ;
  • assurer le droit à l’éducation, aux loisirs et à la santé des enfants, en particulier en facilitant l’accès à l’école, en évitant les interruptions, et en veillant à l’accès à la cantine ;
  • veiller à la prise en considération des lieux de scolarisation des enfants et du calendrier scolaire, à l’occasion de décisions d’orientation ou de réorientation.

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