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Grand oral du baccalauréat : l’opportunité de développer l’oral à l’école

le 3 juillet 2019

Pour Cyril Delhay, auteur d’un rapport remis le 19 juin 2019 au ministre de l’Éducation nationale, le grand oral du baccalauréat représente plus qu’une épreuve d’examen, il pourrait être un levier pour l’égalité des chances.

Au-delà des recommandations que l’auteur formule sur les modalités d’organisation du grand oral, le rapport pose les bases d’une réflexion sur la place de l’oral dans le milieu scolaire.

L’oral, vecteur d’égalité des chances

Le rapport constate qu’un certain nombre d’élèves éprouve des difficultés à prendre la parole en public, par peur. Cette peur constitue souvent un handicap : "le manque d’oral crée des angoisses et des souffrances inutiles, gèle les talents sur place et bloque des évolutions professionnelles". A contrario, ceux qui font preuve d’aisance à l’oral sont avantagés. C’est pourquoi la diffusion de cet apprentissage à tous les élèves permettrait de réduire ces inégalités.

Cet enseignement pourrait être transmis de manière progressive à chaque élève, à tout âge et quelle que soit la matière étudiée. Le rapport préconise par exemple de créer des "mises en jeu" à l’oral dès la maternelle et à l’école primaire. Ou de dédier deux fois deux demi-journées à cet apprentissage dans les établissements du second degré.

En fin de parcours scolaire, l’épreuve du grand oral "parachève ce processus de maturation individuelle au sein de la classe en même temps qu’il ouvre aux exigences de l’enseignement supérieur, de la vie sociale et professionnelle et de l’engagement citoyen".

Le déroulement de l’épreuve

Pour le déroulement de l’épreuve, le rapport présente les propositions suivantes :

  • une épreuve sur une durée de 20 minutes. L’élève choisit le sujet qu’il aborde lors de l’épreuve dans l’une des deux spécialités qu’il suit en terminale ;
  • l’objectif est d’évaluer les capacités d’exposer, de dialoguer et d’argumenter. Chacune de ces compétences correspond aux trois temps de l’épreuve (présentation initiale du sujet par le candidat, debout et sans notes, dialogue avec le jury, etc.).

Par ailleurs, le rapport recommande de mener des expérimentations au printemps 2020 auprès de divers publics d’élèves et d’attribuer un fort coefficient à l’épreuve afin d’inciter les élèves à y attacher de l’importance.

Le ministre rendra ses arbitrages après la rentrée de septembre. Le rapport estime à 50 000 le nombre de personnes à former aux techniques de l’enseignement de l’oral entre septembre 2019 et l’automne 2020 dans les lycées.

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