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© Florence Piot - stock.adobe.com

Un déficit public 2025 moins défavorable que prévu

Temps de lecture  5 minutes

Par : La Rédaction

Après plusieurs années de dégradation, marquées par des écarts importants entre prévisions et réalisations, le déficit public pour l’année 2025 connaît une amélioration notable par rapport aux prévisions des lois de finances. C'est ce que vient d'annoncer le ministère de l'économie en publiant les comptes de l'État.

Selon les chiffres du ministère de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique publiés le 30 janvier 2026, l'État a réduit le déficit budgétaire en 2025.

Une amélioration du solde budgétaire par rapport aux prévisions

La parution des comptes de l’État révèle une baisse notable du déficit budgétaire pour l’année 2025, la plus forte observée depuis 2020. Le ministère de l’économie détaille : "le solde budgétaire de l'État s'établit à - 124,7 milliards d'euros, en amélioration de 7,4 milliards d'euros par rapport à la prévision de la loi de finances de fin de gestion (LFG) pour 2025 et de 14,3 milliards d'euros par rapport à la loi de finances initiale (LFI)."

L'amélioration est de 31,6 milliards d'euros (Md€), soit -20% par rapport à l’exercice précédent, en 2024. Bercy souligne que "cet atterrissage de l'exécution budgétaire de l'État pour 2025 résulte d’une amélioration du rendement des recettes fiscales couplée à une stricte maîtrise des dépenses publiques".

De fait, globalement, les recettes s’établissent à un niveau supérieur de 4 Md€ aux prévisions de la LFG. En particulier, l’impôt sur les sociétés voit son rendement s’améliorer de 1,7 Md€, et la TVA de 1,6 Md€. Les recettes de l’impôt sur le revenu sont "en ligne avec la dernière prévision".

Dans son communiqué, le ministère s’attarde sur deux mesures nouvelles du budget 2025 :

  • la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, qui a dégagé de l’ordre de 7,5 Md€ de recettes, comme prévu ;
  • la contribution différentielle applicable à certains contribuables titulaires de très hauts revenus (CDHR), qui "ressort en deçà de la prévision" à hauteur de 1 Md€, probablement en raison du "comportement d’optimisation de nombreux contribuables fin 2024 liés à l’adoption tardive du PLF 2025".

Les comptes publiés insistent sur ce point : si la dynamique des recettes est encourageante, le recours à l’emprunt demeure massif et pèse sur la soutenabilité budgétaire à moyen terme, la dette publique continuant de croître. 

Une année 2025 cruciale après deux années noires pour les finances publiques

2023 et 2024 ont été qualifiées par la Cour des comptes d’"années noires" pour les finances publiques.

Il y a un an, en février 2025, dans son rapport sur La situation des finances publiques, la Cour pointait un dérapage du déficit public depuis deux ans plaçant "la France au pied du mur". Elle renchérissait en juillet 2025 dans un second rapport sur ce même thème : "Après une dégradation inattendue du déficit public de 0,6 point de PIB en 2023, celui-ci s’est de nouveau creusé de 0,4 point en 2024 pour s’établir à 5,8%, soit 168,6 Md€. Cette dérive ne doit rien à des circonstances extérieures : elle est la conséquence d’hypothèses trop favorables sur la croissance et les recettes, mais surtout d’une incapacité à maîtriser la dynamique de la dépense et à engager des efforts d’économies pérennes".

C’est en plein débat budgétaire que le gouvernement de Michel Barnier est renversé par une motion de censure, le 5 décembre 2024 ; par suite, la loi de finances pour 2025 ne sera adoptée que le 14 février 2025, hors des délais prescrits par la Constitution.

La Cour des comptes soulignait en février 2025 également qu’à ce stade, une amélioration du déficit devrait passer principalement par de meilleures recettes : "la réduction de 0,5 point du déficit prévue par la loi de finances pour 2025 tout juste adoptée repose exclusivement sur des hausses de prélèvements obligatoires plutôt que sur des efforts globaux d’économies, le cœur de la dépense continuant de progresser à un rythme proche de sa tendance d’avant-crise".

 

Un niveau de déficit définitif connu en avril 2026


Bercy rappelle que le solde budgétaire définitif "sera connu et communiqué au moment du dépôt du projet de loi relatif aux résultats de la gestion et portant approbation des comptes de l’année 2025 en avril 2026".

La loi de finances pour 2026 vient, elle, d’être adoptée le 2 février 2026 par le biais de l’article 49-3 ; elle prévoit un déficit de 5% en 2026.