Déclaration de M. Léon Bertrand, secrétaire d'Etat au tourisme, sur les projets du gouvernement en matière de tourisme, notamment le renforcement de la présence française à l'étranger, la mise en place d'un plan qualité France, la valorisation des métiers du tourisme, Paris, le 23 octobre 2002.

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Circonstance : Inauguration du 24 ème marché international du tourisme de groupe à Paris, le 23 octobre 2002

Texte intégral

Madame le Commissaire général,
Monsieur l'ambassadeur de Hongrie,
Monsieur l'ambassadeur de Malte,
Mesdames et messieurs,

Je suis très heureux d'être parmi vous aujourd'hui
pour inaugurer cette 24ème édition du marché international du tourisme de groupe.
Cette rencontre me permet de constater avec bonheur
à la fois la diversité et la justesse de l'offre touristique française.
mais également de prendre toute la mesure de la concurrence sur certaine destination.
Les secteurs professionnels, comme les vôtres, sont en effet les liens par excellence où l'on peut prendre le "poul du marché" :
- découvrir les nouveaux produits,
- repérer les initiatives,
- mesurer la concurrence...
Dans un esprit d'échanges, ce salon permet aussi aux professionnels de comparer leurs produits entre eux, et pour chacun, bien sûr,
d'établir des prévisions, de définir des stratégies, de mettre en place le devenir du tourisme de groupe.
Car, je le rappelle, si la France est restée la première destination touristique mondiale en 2001,
et que la saison estivale 2002 s'est plutôt bien passée,
nous savons que rien n'est jamais définitivement acquis.
Les tragiques attentats sur l'île de Bali nous rappellent, une nouvelle fois, l'extrême fragilité de l'économie touristique.
Dans une autre mesure, les inondations qui ont aussi sinistré le département du Gard et ses habitants, ont endommagé des installations touristiques qu'il va falloir remettre en état.
Pour ces raisons, j'ai décidé de réunir de nouveau une cellule de veille,
qui deviendra permanente,
composée de professionnels et d'institutionnels, pour pouvoir disposer en temps réel d'informations sur les marchés pour les prochains mois.
Nous devons également pouvoir anticiper la demande et adapter au mieux les produits de demain.
Nous constatons que la demande du consommateur évolue. Elle se caractérise désormais par une exigence croissante de qualité.
Les comportements changent également.
Les touristes préfèrent les déplacements de courte durée, et plus fréquents.
Je salue ici le 4ème rendez-vous de la Stratégie organisée par la direction du tourisme en partenariat avec le MIT International qui avait pour thème cette année "les nouvelles tendances de la demande touristique".
Cette préoccupation des professionnels démontrent la volonté d'être toujours réactifs et de s'adapter aux mutations du secteur.
Ce rendez-vous qui a réuni ce matin plus de 200 personnes, professionnels, chercheurs, universitaires, directeurs d'offices de tourisme, de CDT, de CRT a été, je le sais, fructueux et constructifs.
A cet égard, il est nécessaire de renforcer notre présence internationale à deux niveaux au moins :
- utiliser au mieux nos réseaux diplomatiques pour promouvoir l'image de la France à l'étranger. A la suite d'un déjeuner de travail que j'ai présidé à la Conférence des Ambassadeurs au mois d'août, ces derniers sont désormais mieux acquis à l'idée que le tourisme français est une composante de la politique extérieure et qu'il constitue un enjeu économique majeur.
- dans cet esprit, j'entends re dynamiser les accords de coopération qui nous lient à de nombreux pays sur la dimension essentielle que représentent la coopération et l'exportation de nos savoirs-faire touristiques.
Cette politique portera ses fruits si nous nous positionnons dans l'esprit d'offrir aux clients des prestations de qualité.
Je souhaite mettre en place un véritable plan Qualité France, qui situera l'industrie touristique française par rapport à ses concurrents et fera ainsi la différence.
La qualité implique aussi de favoriser l'accueil de tous aux structures de loisirs ; je pense particulièrement aux chèques vacances dont il faut élargir encore le nombre de bénéficiaires, notamment dans les entreprises de moins de vingt salariés.
Je pense également à l'accueil des handicapés et la mise en place du label "Tourisme et Handicap" à encourager.
C'est une volonté politique de Jacques CHIRAC que je partage pleinement, la cause des handicapés sera une priorité de l'action gouvernementale de l'année 2003.
Pour faire avancer ces projets et adapter nos produits, une réflexion sur la valorisation des métiers du tourisme et sur la formation professionnelle est impérative. Dans ce but, un parlementaire en mission établira un état des lieux des formations actuelles et fera des propositions.
Le recrutement pour les métiers du tourisme connaît certaines difficultés, des emplois qualifiés sont désertés. Je m'interroge, par exemple, sur la "pénurie" qui touche des professions comme celle de cuisinier.
Il y a là de vraies questions, auxquelles je souhaite apporter des réponses en tant que ministre partenaire de l'ensemble des acteurs du secteur.
Je m'implique au côté de mes collègues du gouvernement dans la baisse de la TVA, voulue par les restaurateurs.
C'est aussi une promesse du président Jacques CHIRAC et nous la tiendrons.
De même l'assouplissement des 35 heures est une nécessité dans nos métiers, puisque nous travaillons lorsque les autres se reposent !
Il faut offrir à la profession, aux employeurs comme aux salariés, la possibilité de s'adapter.
Je m'attache, bien entendu, à faire valoir auprès de François Fillon, ministre des affaires sociales, les particularismes du tourisme dans le nouveau dispositif. Nous avons formé un groupe de travail réunissant nos collaborateurs autour de cette question, entre autres.

Mesdames et messieurs,
Beaucoup d'entre vous souhaitent une refonte de la loi du 13 juillet 1992 car elle ne vous satisfait plus.
L'évolution de cette loi est un chantier prioritaire pour moi et je mènerai à ce titre une large concertation de l'ensemble des professionnels, publics, privés et associatifs.
Il est important que notre dialogue, amorcé depuis mon arrivée au gouvernement, se poursuive. Pour cela je reste à votre écoute, vous devez me faire part de vos inquiétudes, me faire remonter vos idées, me communiquer vos remarques.
Il ne faut rien négliger, et ne rien laisser au hasard.
L'implication du tourisme dans nos villes, nos campagnes, comme en outre mer, représente un des fondements de l'aménagement de notre territoire.
Développer un tourisme durable, c'est respecter l'environnement naturel, culturel, économique et social des territoires, éléments indispensables à la construction d'une stratégie adaptée.
C'est ce que je m'attache à mener dans mon action.
Aussi le chantier de la décentralisation annoncé par le premier ministre Jean-Pierre RAFFARIN a débuté dans le dialogue et la concertation.
Il est l'occasion de redéfinir les liens entre collectivités et Etat, entre secteur public et privé pour trouver de nouvelles synergies, mais aussi une plus grande proximité entre professionnels et populations.
Nous prenons naturellement toute notre part dans ce débat.
Par souci d'une plus grande efficacité, tout en gardant à l'esprit que le client demeure toujours au coeur du projet touristique.
Mesdames et messieurs,
Face aux conséquences des évènements internationaux, des intempéries imprévisibles, de la baisse de la croissance et des nouvelles attentes des consommateurs, je vous invite à relever avec moi le défi d'un tourisme français toujours plus réactif, plus performant et plus créatif.
Car ma conviction d'homme politique est que la France est et doit rester le pays le plus visité au monde, grâce à la richesse de son patrimoine et à l'accueil de sa population.
Travaillons ensemble au rayonnement de la France.
Je vous remercie.
(Source http://www.tourisme.equipement.gouv.fr, le 30 octobre 2002)