Déclaration de M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, sur le Réseau National de Recherche et d'Innovation en Technologies Logicielles (RNTL) destiné à favoriser les coopérations entre les entreprises et les laboratoires publics de recherche et développer ainsi l'industrie française du logiciel, Paris, le 14 janvier 2000.

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Circonstance : Lancement du Réseau National de Recherche et d'Innovation en Technologies Logicielles (RNTL), à Paris, le 14 janvier 2000

Texte intégral

Les technologies de l'information et de la communication sont un axe prioritaire de la politique du Gouvernement. Cette priorité s'est traduite par de multiples initiatives. Pour n'en citer qu'une, j'évoquerai le chantier de la Loi sur la Société de l'Information, qui vient de donner lieu à une vaste consultation. C'est dans le cadre de cette priorité gouvernementale que le Comité Interministériel de la Recherche Scientifique et Technologique a décidé, le 1er juin 1999, la création du Réseau National de Recherche et d'Innovation en Technologies Logicielles (RNTL).
La politique de constitution de réseaux de recherche et d'innovation technologique, lancée par le Gouvernement et menée conjointement par le Secrétariat d'Etat à l'Industrie et par le Ministère de l'Education Nationale, de la Recherche et de la Technologie, part d'un double constat : celui du fort potentiel d'innovation que représentent les laboratoires publics dans certains domaines stratégiques et celui de l'importance des besoins de l'industrie en la matière. La mission de ces réseaux est donc de favoriser les coopérations des entreprises avec les laboratoires publics au niveau national, de manière à renforcer la valorisation de la recherche à partir des points forts actuels de l'industrie et de la recherche publique.
Deux réseaux ont ainsi déjà été créés dans le secteur des nouvelles technologies de l'information et de la communication :
- le Réseau National de Recherche en Télécommunications (RNRT), créé en janvier 1998,
- le Réseau de Recherche et d'Innovation en Micro et Nanotechnologies (RMNT), créé en février 1999.
Avec la création du Réseau National de Recherche et d'Innovation en Technologies Logicielles, c'est une composante essentielle qui est ajoutée au dispositif.
L'industrie du logiciel est en effet un axe stratégique. Je vois au moins trois raisons de l'affirmer :
- l'industrie du logiciel prend un poids de plus en plus grand dans la vie économique et connaît une extraordinaire croissance ; ce secteur est donc créateur d'emplois, et d'emplois très qualifiés ;
- par ailleurs, le logiciel est une composante essentielle de cette évolution majeure qu'est la convergence entre les télécommunications, l'audiovisuel, l'électronique grand public et l'informatique ; il représente en outre une part prédominante de la valeur ajoutée intégrée dans un nombre sans cesse accru de systèmes ;
- la troisième raison est sa forte contribution à la compétitivité des entreprises des autres secteurs grâce à l'explosion des nouvelles applications et des nouveaux services qu'il permet; je n'en citerai que deux exemples : la transformation radicale des relations de l'entreprise avec ses clients et la révolution du management des connaissances.
Par ailleurs, il faut être bien conscient de l'ampleur des défis que notre industrie du logiciel doit relever : défi auquel l'Europe, en général, et la France, en particulier, sont confrontées en termes de dimension de leurs entreprises dans la compétition mondiale mais également défi technique. Il s'agit de passer d'une production que certains ont pu qualifier d' " artisanale " à une production véritablement industrielle des logiciels, ce qui suppose de s'attaquer aux questions de productivité, de qualité, de sécurité, de protection et de mode de diffusion.
Cela montre combien il est important de répondre - et c'est précisément l'objectif du réseau lancé aujourd'hui - au défi de la maîtrise technologique. Bien entendu, il y a d'autres défis, tels que celui du recrutement ou encore celui du financement des start up. Mais il faut bien souligner que le potentiel technologique est déterminant pour l'industrie du logiciel parce que la R D y représente l'essentiel des coûts.
Bien entendu, le Secrétariat d'Etat à l'Industrie a déjà une politique structurée et diversifiée de soutien à la recherche et à l'innovation dans ce secteur:
- le Réseau National de Recherche en Télécommunications, qui joue un rôle majeur dans l'innovation en génie logiciel pour les télécommunications,
- toujours dans le domaine des télécommunications et des réseaux, le programme OPPIDUM, en matière de sécurité, et la réflexion sur l' " Internet du futur ",
- la procédure ATOUT qui accompagne, depuis plusieurs années, les PME-PMI dans la mise en uvre des technologies de l'information ; l'initiative UCIP (utilisation collective d'internet par les PMI) pour les technologies de l'Internet);
- enfin, a été lancé l'an dernier le programme EUREKA ITEA, pour les systèmes à fort contenu logiciel et les plates-formes de développement.
Pour compléter cet ensemble, il fallait une action davantage ciblée sur les " briques de base " et sur les méthodes de développement. C'est bien ce qu'apporte le réseau que nous lançons aujourd'hui. Dans l'esprit des réseaux de recherche et d'innovation technologique, l'accent sera mis sur les transferts entre la recherche publique et l'industrie, en privilégiant les projets coopératifs et en accordant une attention particulière aux PME et PMI.
L'objectif du Réseau est ainsi de favoriser l'éclosion de projets très innovants et, par là, de renforcer la position des acteurs français, et notamment des acteurs industriels, dans ce secteur à la fois stratégique et en pleine mutation qu'est le logiciel. Le Secrétariat d'Etat à l'Industrie a prévu de participer à hauteur de 100 MF au financement de tels projets. Les décisions de financement seront prises projet par projet, en tenant compte, le plus largement possible, du travail d'évaluation et de labellisation effectué par le Réseau.
Dans ce cadre, une des missions essentielles du réseau est d'identifier les ruptures technologiques prévisibles dans les années qui viennent et de repérer les pistes d'innovation susceptibles de mobiliser les acteurs économiques concernés par le développement logiciel. Les premières pistes vont être définies par le Comité d'Orientation du Réseau, sur la base de l'important travail déjà réalisé par six groupes d'experts.
Je tiens, à ce propos, à remercier et à féliciter tous les participants pour la qualité de leurs travaux, qui permettront de lancer un appel à propositions dès la fin de ce mois. Mes remerciements vont également aux membres du Comité d'Orientation, qui ont accepté cette responsabilité et qui représentent l'ensemble des principaux acteurs concernés, qu'il s'agisse de la recherche publique ou de l'industrie. Je remercie tout particulièrement M. ROUCAIROL, qui joue d'ailleurs un rôle-clé dans plusieurs actions menées par le Secrétariat d'Etat à l'Industrie dans le domaine des technologies de l'information et de la communication, d'avoir accepté la présidence du Comité d'Orientation.
En conclusion, et pour toutes les raisons que j'ai citées, j'ai la conviction que c'est un rôle essentiel pour l'avenir du secteur qui est confié à votre Réseau. Je lui souhaite plein succès dans l'accomplissement de sa mission.

(source http://www.industrie.gouv.fr, le 18 janvier 2000)