Lettre de Mme Marie-George Buffet et de divers dirigeants du PCF, adressée à M. Jacques Chirac, président de la République, le 30 mai 2005, sur les conséquences des résultats du référendum sur la Constitution européenne.

Texte intégral

Monsieur le Président de la République,
Le peuple a rendu ce dimanche un verdict sans appel dans les urnes. A l'occasion du référendum, il a rejeté le traité établissant une Constitution pour l'Europe qui lui était soumis.
En conséquence, il apparaît nécessaire que vous retiriez votre signature, engageant la France sous réserve de ratification, au bas de ce document.
Vous avez dit vouloir tenir compte " de l'expression de la souveraineté populaire. Le premier geste à faire, symboliquement, nous semble devoir être celui-ci.
Mais au-delà, plus que de seulement en " tenir compte ", vous avez la responsabilité de porter avec force la voix de notre peuple : demander la renégociation du traité avec un véritable débat populaire en Europe sur les fondements de l'Union, et exiger la suspension des mesures en cours prévues à l'agenda 2005-2010, qui incarnent ce que notre peuple a rejeté dans cette Constitution.
Pour définir désormais la position de la France, à l'occasion du prochain conseil européen, les réunions de l'Assemblée Nationale et du Sénat sont désormais incontournables. Mais en outre, il est plus que nécessaire aujourd'hui de trouver les voies pour associer directement nos concitoyennes et nos concitoyens à l'élaboration de ces choix de manière large.
Enfin, sachez, Monsieur le Président de la République, que nous sommes prêts à vous rencontrer afin de vous faire part des positions qui sont les nôtres, de l'écho qu'elles ont rencontré et de notre analyse du scrutin.
Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de notre haute considération.
(Source http://www.pcf.fr, le 1er juin 2005)