Déclaration de M. Victorin Lurel, ministre des outre-mer, sur la création et les missions du Conseil représentatif des Français d'Outre-mer (CREFOM), à Paris le 31 janvier 2014.

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Circonstance : Conférence de presse du Conseil représentatif des Français d'Outre-mer (CREFOM), à Paris le 31 janvier 2014

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Texte intégral

Madame la ministre, chère Brigitte GIRARDIN,
Monsieur le ministre, cher Dominique PERBEN,
Messieurs les parlementaires,
Monsieur le président, cher Patrick KARAM,
Mesdames et messieurs les membres du CREFOM,
Mesdames et messieurs les journalistes,
Aujourd'hui marque tout à la fois un aboutissement et un commencement qui sont la source d'une grande fierté, certes pour le ministre que je suis, mais aussi pour tout originaire des outre-mer.
Oui, aujourd'hui, ce jour de lancement du CREFOM marque l'aboutissement d'une longue patience
et d'une belle idée que nous sommes quelques uns à avoir eue il y a presque plus d'une décennie.
Une belle idée qui avait germé du constat que les outre-mer, ensemble suffisamment pertinent et identifié dans la République pour disposer d'un ministère en charge de ses problématiques, manquaient en revanche de voix, et surtout d'une voix, dans la société civile et dans le débat public, pour promouvoir, valoriser et défendre ces territoires, ceux qui y vivent, ceux qui en sont les originaires, leurs patrimoines, leurs cultures et plus largement leurs richesses.
Ce constat, nous le faisions collectivement depuis de longues années.
Les élus, les responsables associatifs, les acteurs économiques, les personnalités du monde de la culture ou des sports, tous, nous agissions, chacun dans notre sphère, chacun dans notre rôle, sans toujours se parler, mais toujours d'accord au fond pour dire qu'il faudrait « faire quelque chose de plus », « quelque chose de mieux ».
Il y eut, durant cette décennie, plusieurs tentatives de regrouper des associations et de les fédérer au sein d'une structure unique.
Je fus, avec d'autres qui sont ici aujourd'hui dans cette salle, à l'origine de l'une d'entre elles, qui se révéla malheureusement infructueuse, car nous n'étions pas parvenus à l'unanimité que j'estimais alors indispensable pour réussir.
Aujourd'hui, c'est donc bien un aboutissement. Une concrétisation qui s'inscrit dans un cheminement auquel j'ai moi-même participé dans le passé.
Je ne pouvais donc qu'appuyer la démarche des membres fondateurs du CREFOM, d'autant que le besoin de visibilité, de valorisation, de promotion et de défense des outre-mer n'a jamais été aussi nécessaire.
Le ministère des Outre-mer joue pleinement son rôle au sein du gouvernement de la République.
Les parlementaires et les autres élus des territoires font de même à leur niveau.
Il y aussi une délégation interministérielle à l'égalité des chances qui dispose d'un large champ d'action.
Mais au-delà des institutions, une société civile riche, dynamique et active est indispensable au bon fonctionnement d'une démocratie qui ne peut se résumer à un face à face entre les politiques et les citoyens.
Le CREFOM réussira durablement s'il prend toute sa place dans la société civile et dans le débat public.
C'est en ce sens qu'aujourd'hui marque aussi un point de départ pour le CREFOM qui aura à conquérir sa légitimité.
Je l'ai dit lors de la présentation de mes voeux il y a quelques semaines :
- le CREFOM, ce n'est pas un énième communautarisme qui se structure.
La diversité des outre-mer dépasse à l'évidence les marqueurs ethniques, culturels ou confessionnels. Le CREFOM, s'il se donne bien pour mission de représenter les outre-mer dans toute leur diversité, ne sera pas plus communautaire que le ministère que j'ai l'honneur d'occuper. Sa légitimité dépendra, vous le savez, de sa capacité à s'inscrire résolument dans la République en respectant ses valeurs.
- Le CREFOM, ce n'est pas non plus un « fan club » du ministre des Outre-mer.
Il est en effet, dès le premier jour, et je dirais même « par construction », une structure pluraliste avec des personnalités venant de tous les horizons de l'arc républicain. Ce pluralisme dès l'origine, que symbolise en particulier, son président Patrick KARAM et son vice-président, le sénateur Georges PATIENT, doit demeurer et même se renforcer encore car il sera tout simplement le gage de la crédibilité de ce conseil représentatif.
Les membres du CREFOM seront, j'en suis sûr, soucieux de la distance nécessaire, indispensable et constante qu'il leur conviendra de préserver avec les institutions.
Mais, je veux dire que je serai moi-même extrêmement soucieux de cette distance, parce que je souhaite que le CREFOM réussisse et que cette réussite dépasse nécessairement mon propre horizon dans cette maison où, je le rappelle, un ministre est forcément de passage.
Mesdames et messieurs, chacun le mesure, ce point de départ que nous marquons aujourd'hui constitue à bien des égards des défis importants à relever.
Le CREFOM, par sa composition et les parcours de ses fondateurs, a déjà franchi plusieurs paliers dans la construction de sa représentativité. Mais je veux dire ici que la représentativité pour une telle institution est, en réalité, une quête jamais achevée.
Le CREFOM devra donc tout au long de son existence veiller à demeurer une structure ouverte et attentive à ses équilibres internes, en réservant toute leur place aux femmes, aux jeunes et à l'ensemble des territoires.
Enfin, le CREFOM ne devra pas chercher à remplacer d'autres acteurs existants : les associations, les syndicats ou d'autres institutions. A chacun son rôle et ses modes d'action ou d'intervention dans le débat public. Etre audible, c'est d'abord savoir quand s'exprimer et comment le faire pour être entendu et compris. C'est une vision qui pourra ne pas être partagée par tous, mais c'est la mienne.
Là, encore, c'est une part importante de la crédibilité et de la représentativité de votre conseil qui se jouera.
Je fais confiance aux membres fondateurs du CREFOM et, bien sûr à son président, pour être porteurs de toutes ces valeurs et de ces exigences pour agir avec efficacité, indépendance et transparence au bénéfice des Outre-mer, de leurs citoyens, de leurs originaires et de tous ceux qui aiment et se sentent proches des Outre-mer.
Les outre-mer, les sujets qui les concernent et les préoccupent, méritent cette belle unité là !
Je veux d'ailleurs saluer particulièrement deux anciens ministres des Outre-mer, Brigitte GIRARDIN et Dominique PERBEN, dont la présence ici symbolise l'existence de ces amis connaisseurs et défenseurs des outre-mer qui seront d'un apport précieux pour le CREFOM.
A nous, chacun dans notre rôle, chacun dans notre champ de faire vivre cette unité dans la diversité, selon la devise européenne qui correspond bien à l'esprit qui est le vôtre et qui anime une belle vision des Outre-mer dans la République.
Je vous remercie.Source http://www.topoutre-mer.com, le 27 mars 2014