Interview de M. Jean-Michel Baylet, ministre de l'aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales, à Public Sénat et Sud Radio le 3 mai 2016, sur la loi Travail El Khomri, la politique de réforme du gouvernement, le débat sur les élections primaires à gauche, "Nuit Debout", le RSA et la dénomination des nouvelles régions.

Texte intégral

CYRIL VIGUIER
Bonjour et bienvenu dans la matinale d'info de Public Sénat et de Sud Radio avec la presse quotidienne régionale. Aujourd'hui notre invité est Jean-Michel BAYLET. Bonjour Jean-Michel BAYLET.
JEAN-MICHEL BAYLET
Bonjour.
CYRIL VIGUIER
Vous êtes ministre de l'aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités locales. Pour vous interviewer à mes côtés ce matin, Véronique JACQUIER de Sud Radio et Gilles LECLERC de Public Sénat, de retour de vacances et bronzé. Jean-Michel BAYLET, la loi Travail El Khomri arrive à l'Assemblée nationale. C'est une loi emblématique, la dernière grande loi du quinquennat Hollande sans doute. Il y a des gens dans la rue, il y a cinq mille amendements. Est-ce que ce n'est pas là que se joue la fin du quinquennat de François HOLLANDE ?
JEAN-MICHEL BAYLET
La fin du quinquennat est dans douze mois, mais je ne vois pas en quoi il y aurait un symbole de fin du quinquennat avec cette loi qui est une grande réforme. Nous avions en 2012 dit que nous allions réformer la France, nous nous y sommes attachés et la loi El Khomri entre dans ce cadre. J'entends depuis toujours qu'il faut réformer le Code du travail, qu'il faut aérer, qu'il faut davantage de souplesse, que c'est archaïque. On entend ça de tous bords, des syndicats, le patronat, la classe politique. Et comme toujours dans ce magnifique pays de France, dès qu'on se lance dans une réforme, tous les conservatismes se dressent, les choses sont compliquées. Moi, je trouve que Myriam EL KHOMRI d'abord a un courage remarquable. C'est une très bonne ministre, déterminée, et de surcroît elle a largement consulté pendant des mois, des mois et des mois. Elle a su mener la concertation, elle a su faire évoluer son texte. Nous arrivons dans le débat parlementaire. Il y a cinq mille amendements, ce qui est considérable. Ce texte va encore bouger et j'espère qu'il sera adopté avec la majorité la plus large parce qu'il est indispensable pour les entreprises et pour les salariés. C'est une loi de progrès pour les salariés et c'est une loi de progrès pour les entreprises.
GILLES LECLERC
Vous parlez de choses un peu compliquées, vous parlez de conservatisme. On a un peu l'impression quand même qu'il s'agit surtout d'un débat entre la gauche et la gauche. C'est un peu paradoxal quand même sur une loi Travail, puisque les critiques viennent de la rue – Cyril VIGUIER en parlait – et aussi évidemment d'une gauche y compris à l'intérieur du Parti socialiste. Est-ce que ça, ce n'est pas compliqué à gérer ?
JEAN-MICHEL BAYLET
Elles viennent de tous bords. Elles viennent du patronat, elles viennent de la droite et elles viennent effectivement de la gauche et de certains socialistes - mais qui ne sont pas critiques particulièrement sur ce texte - qui depuis le début du quinquennat, de manière assez incroyable et inattendue, sont critiques sur toute l'action gouvernementale. François HOLLANDE l'a répété toute sa campagne électorale : nous voulons changer la France, nous voulons réformer la France. Nous nous y sommes attelés avec détermination, avec beaucoup de volonté. Certains considèrent que rien ne doit bouger, que l'on doit rester figé. Moi, je suis de ceux qui considèrent que nous avons à changer les choses et en particulier sur ce sujet. Il n'y a pas si longtemps, je dirigeais quand même une grande entreprise avec mille huit cents salariés, donc je sais ce que c'est que le Code du travail.
GILLES LECLERC
S'il manque des voix, il faudra aller jusqu'au fameux 49-3. Vous y êtes, vous, favorable ?
JEAN-MICHEL BAYLET
On n'en est pas là. Le 49-3 est un outil parlementaire prévu par la constitution, mais on ne peut y recourir qu'en toute dernière extrémité. Il est toujours préférable d'avoir un vote favorable.
VERONIQUE JACQUIER
Ce n'est pas quelque chose que vous excluez.
JEAN-MICHEL BAYLET
Ce n'est pas à moi de le décider et, de toute façon, ce n'est pas d'actualité. Myriam EL KHOMRI l'a encore rappelé ce matin ou hier soir. Je pense quand même qu'avec cinq mille amendements – un certain nombre seront adoptés – ce texte va être encore amélioré, que les points de vue de certains députés seront pris en compte et qu'on arrivera à un vote largement majoritaire. Le Parlement sert à ça. Ensuite le Sénat, lui aussi, suivra cette ligne de raison, de sagesse et de modernité.
VERONIQUE JACQUIER
Avec cinq mille amendements dont la plupart proviennent de la gauche, les trois quarts proviennent de la gauche, vous pensez vraiment que les débats peuvent être sereins ? Sur quels points ça peut bouger d'après vous ?
JEAN-MICHEL BAYLET
Si on ne débattait pas, on dirait : tout est bouclé, regardez.
VERONIQUE JACQUIER
Cinq mille amendements, c'est autant que pour la loi sur le mariage pour tous.
JEAN-MICHEL BAYLET
Mais c'est la même chose. La loi sur le mariage pour tous, au départ le débat était très tendu, tout le monde le critiquait et à la fin, ç'a été voté avec une large majorité parce que le texte a été amendé, a été amélioré. C'est la responsabilité du Parlement que de faire cela dans notre démocratie.
GILLES LECLERC
Et vous, Jean-Michel BAYLET, vous auriez préféré la version 1 ou vous préférez la version 2 ? Je prends un exemple, la surtaxation des CDD. Vous y êtes favorable ?
JEAN-MICHEL BAYLET
D'abord, c'est une expression qui a été prise qui ne correspond pas à la réalité du texte. Deuxièmement, je l'ai déjà dit, ce n'est pas ma mesure préférée parce que les CDD sont indispensables à la gestion d'une entreprise. Mais les choses ont été rectifiées, Myriam EL KHOMRI a précisé sa pensée et son texte, et je crois que nous allons quand même tranquillement – je l'espère, madame, avec sérénité – arriver à un accord et un consensus le plus large possible.
GILLES LECLERC
Si je vous dis ce matin quand même que pour faire adopter cette loi, heureusement que votre formation est là, que le PRG est là, pour aider la majorité socialiste et François HOLLANDE. Vous ne me dites pas le contraire.
JEAN-MICHEL BAYLET
Bien naturellement. Les Radicaux sont très progressistes sur le plan sociétal, et très libéraux sur le plan économique. Donc nous souhaitons ce texte même si chez nous, il y a aussi débat. Le bureau national du parti la semaine dernière a souhaité présenter également des amendements que porteront nos parlementaires. C'est le débat démocratique, le Parlement est là pour cela. Sauf que la gauche au pouvoir, le débat a vraiment lieu, les choses ne sont pas cadenassées et, du coup, ça prend des proportions parfois un peu puissantes dirons-nous.
VERONIQUE JACQUIER
Comment François HOLLANDE peut-il quand même reprendre la main pour 2017 ? Parce que même si on espère que tout va se passer le plus sereinement possible, on voit que là il y a quand même un climat de tension dans notre pays. Pas mal de cadeaux ont été faits à l'électorat de gauche, il faut dire les choses : prime pour les enseignants détaillée aujourd'hui, des mesures pour les jeunes. Est-ce que ça va être suffisant pour préparer la présidentielle ?
JEAN-MICHEL BAYLET
Vos propos démontrent ce que je venais de dire : ce pays est difficile à réformer parce que quoi que l'on fasse, on est critiqué. Quand nous avons en 2012 constaté que le pays était dans une situation très grave sur le plan économique et sur le plan budgétaire, nous avons pris un certain nombre de mesures courageuses pour redresser les finances publiques. On nous a accusé de mener une politique de droite, d'être trop rigoureux, d'être trop sévère et de ne pas assez lâcher. Quand maintenant, de manière justifiée, nous reconnaissons qu'un coup de pouce aux enseignants est nécessaire, qu'il faut tendre la main aux jeunes, vous me dites que ce sont des cadeaux.
VERONIQUE JACQUIER
Mais pourquoi les mesures qui ont été prises depuis le début de l'année ne l'ont pas été au début du quinquennat ?
JEAN-MICHEL BAYLET
Parce qu'il s'est agi dans un premier temps de redresser les comptes publics.
VERONIQUE JACQUIER
Là les mesures, c'est entre quatre et six milliards, six milliards qui ne sont pas budgétés.
JEAN-MICHEL BAYLET
Parce qu'il s'est agi dans un premier temps de redresser les comptes publics et qu'aujourd'hui nous considérons que les fonctionnaires par exemple, qui depuis 2010 n'avaient pas été augmentés, méritent une augmentation. C'est quand même la moindre des choses. Mais, je vous le répète, quoi que nous fassions nous sommes critiqués. Il y a à l'encontre de ce gouvernement un bashing qui est extraordinaire. Nous, nous traçons notre route, nous savons où nous voulons aller et François HOLLANDE également. Puis ensuite, il dira lui-même à la fin de l'année, comme il l'a annoncé, ce qu'il compte faire.
GILLES LECLERC
Et vous, vous souhaitez qu'il soit justement le candidat de la gauche, François HOLLANDE ?
JEAN-MICHEL BAYLET
Le président de la République sortant est toujours le candidat légitime pour l'élection suivante s'il en a envie.
GILLES LECLERC
Donc pour vous, c'est le champion.
JEAN-MICHEL BAYLET
Bien naturellement. Et puis, regardez, les résultats commencent quand même à être au rendez-vous. Tout le monde s'est moqué de nous quand nous avons dit : vous verrez, ça va aller mieux. Ça va vraiment mieux, c'est la réalité des choses.
VERONIQUE JACQUIER
Est-ce que ça ne va pas un peu moins mal ?
JEAN-MICHEL BAYLET
Le pouvoir d'achat des Français a augmenté, la consommation des ménages a repris, la croissance est supérieure à ce que nous avions pensé, nous sommes à 3,5 %, même 3,2, du déficit alors que nous étions à 7,5 % et même le chômage – même s'il faut être prudent en la matière – même le chômage a commencé à reculer.
GILLES LECLERC
Jean-Michel BAYLET, vous étiez candidat à la primaire de la gauche socialiste en 2012.
JEAN-MICHEL BAYLET
La gauche citoyenne. La primaire citoyenne.
GILLES LECLERC
Ça veut dire que là en 2017, les Radicaux de gauche n'existeront pas dans cette présidentielle ?
JEAN-MICHEL BAYLET
Si le président de la République est candidat, je le répète, il sera le candidat légitime. Si le président de la République, pour des raisons qui lui sont personnelles, décidait de renoncer et de ne pas solliciter un second mandat, à ce moment-là il faudra – un peu dans l'urgence, je vous l'accorde – organiser une primaire et les Radicaux de gauche seront candidats.
GILLES LECLERC
Donc vous pourriez être candidat. C'est ce que vous dites un peu ce matin.
JEAN-MICHEL BAYLET
Moi ou d'autres.
VERONIQUE JACQUIER
Le Parti socialiste se met en ordre de bataille derrière François HOLLANDE puisqu'il lance aujourd'hui une campagne baptisée « Le progrès en plus ». Quel pourrait être le slogan justement des Radicaux de gauche ?
JEAN-MICHEL BAYLET
Pour la primaire ?
VERONIQUE JACQUIER
Pour soutenir François HOLLANDE.
JEAN-MICHEL BAYLET
Ecoutez, là vous me prenez au dépourvu. Mais la politique ne se fait pas au travers de slogans. La politique se fait sur un bilan – je viens d'en parler – et elle se fait sur des projets. Les Radicaux sont en train de travailler à construire leur projet. Nous avons un congrès à La Rochelle au mois de septembre qui, après le débat qui aura lieu tout l'été dans les fédérations, adoptera le projet Radical et nous le présenterons à ce moment-là. Ce sera comme je le disais : un projet qui sera extrêmement progressiste sur le plan sociétal et plutôt libéral sur le plan économique. C'est notre ADN.
GILLES LECLERC
Comme vous êtes plutôt les bons soldats – je parle des Radicaux – votre mouvement par rapport à l'exécutif et à François HOLLANDE, ça veut dire que vous allez vous montrer très fermes pour les investitures pour les prochaines législatives ?
JEAN-MICHEL BAYLET
Nous n'en sommes pas là non plus.
GILLES LECLERC
Vous ne discutez pas encore avec les socialistes là-dessus ?
JEAN-MICHEL BAYLET
Non, mais bien naturellement il faudra des accords électoraux. C'est une tradition. Là aussi, ça démarre dans la difficulté et puis on y arrive toujours. Parce que nous avons intérêt quand même à avoir une majorité solide, et plus solide que cette fois-ci, en particulier du côté socialiste.
CYRIL VIGUIER
Jean-Michel BAYLET, là où ça ne va pas mieux, c'est chez Nuit Debout. La préfecture a décidé que c'était terminé à Paris place de la République. Que va-t-il se passer à Toulouse, place du Capitole où ils sont réunis ? Est-ce que la préfecture va prendre le même type d'arrêté préfectoral ?
JEAN-MICHEL BAYLET
Nuit Debout est parti d'un mouvement sympathique qui donnait de l'oxygène à la vie publique, les jeunes qui avaient envie de débattre et qui le faisaient toute la nuit. C'est très bien. C'est la jeunesse et que la jeunesse s'intéresse à la politique, c'est une excellente chose. Sauf que ça a désormais dérapé avec des casseurs qui systématiquement non seulement brisent les vitrines, brûlent les voitures mais affrontent les forces de l'ordre. Il est un moment où il faut dire : ça ne peut pas durer, et ce d'autant plus que les riverains sont excédés et que ça finira par un drame. Ensuite, je ne suis pas ministre de l'Intérieur, je suis ministre des Collectivités, donc je ne peux pas vous dire les instructions qu'a reçues le préfet à Toulouse concernant la place du Capitole.
CYRIL VIGUIER
Mais votre sentiment ? Vous avez envie que ça cesse place du Capitole ?
JEAN-MICHEL BAYLET
Mon sentiment, c'est qu'un mouvement doit à un moment cesser et s'arrêter, surtout quand les organisateurs ne sont pas en situation de maîtriser leur manifestation.
VERONIQUE JACQUIER
Mais l'Etat n'a-t-il pas été trop conciliant justement avec Nuit Debout en plein état d'urgence en plus, de surcroît ?
JEAN-MICHEL BAYLET
Là encore, on nous accuse soit d'être trop conciliant, soit de ne pas être assez ferme. La droite dit : vous auriez dû les virer tout de suite, c'est inacceptable. Certains à gauche disent : mais non, il faut laisser ces jeunes s'exprimer. Moi, je trouve que Bernard CAZENEUVE, le ministre de l'Intérieur, fait un travail tout à fait remarquable parce qu'il le fait avec discernement et que, grâce à son sang-froid, on a pu éviter les drames et grâce aussi, il faut bien le dire, au sang-froid de la police qui est quand même agressée, qui est attaquée et qui est même vilipendée au travers de certaines affiches.
GILLES LECLERC
Il y a une deuxième affiche de la CGT qui pose un peu question ce matin. Le slogan, c'est « stop à la répression policière ». C'est une affiche qui vous choque ou c'est la liberté d'expression ?
JEAN-MICHEL BAYLET
Elle me choque surtout à cause de la tache de sang.
CYRIL VIGUIER
On la voit à l'écran d'ailleurs.
JEAN-MICHEL BAYLET
Il ne faut pas réduire les policiers à cela. Ils font un travail tout à fait remarquable et ils maintiennent quand même l'ordre et la sécurité dans notre pays. On doit les en remercier et les en complimenter plutôt que de les attaquer. C'est ridicule et c'est inacceptable.
VERONIQUE JACQUIER
Vous êtes ministre de l'Aménagement du territoire. A un an de la présidentielle, on sent quand même toujours une grande fracture entre les grandes métropoles et les campagnes qui se sentent abandonnées. Qu'est-ce qui manque et qui pourrait rassurer les campagnes selon vous ?
JEAN-MICHEL BAYLET
Nous avons fait beaucoup pour la ruralité et nous avons fait beaucoup pour qu'il n'y ait pas cette fracture, à commencer par la reconstruction de mon ministère qui lie les collectivités – car c'est elles désormais qui aménagent le territoire, la DATAR a vécu – et la ruralité, le périurbain et l'urbain. Pour la première fois, tout le monde est dans le même ministère, donc au lieu de les opposer, nous les mettons en complémentarité. Il y a eu deux comités interministériels de ruralité l'année dernière. Je vous annonce que nous allons en tenir un troisième le 20 mai où, au-delà des soixante-sept mesures déjà annoncées et qui sont très efficaces comme les maisons de service au public, qui pour la première fois – il y en aura mille à la fin de l'année – ramènent le service public dans la zone rurale. C'était une grande demande mais jamais rien n'avait été fait. Comme les maisons de santé, même réponse pour la santé de proximité. Nous allons au-delà des soixante-sept mesures annoncer de nouvelles mesures pour la ruralité. Nous prenons garde à la ruralité et là encore, je veux dire que c'est le premier gouvernement qui se soucie vraiment des ruraux. C'est reconnu, je me déplace beaucoup sur le territoire et les politiques… sont appréciées. Il faut aller plus loin sur le développement numérique et sur la téléphonie mobile.
VERONIQUE JACQUIER
La fin des zones blanches, ce serait pour quand ? Vous avez une date ?
JEAN-MICHEL BAYLET
Oui. La fin des zones blanches en 2G c'est pour la fin de l'année, et en 4G c'est pour 2022.
GILLES LECLERC
Jean-Michel BAYLET, au-delà de la ruralité, les collectivités locales souffrent en ce moment ; je pense aux départements mais pas seulement. Vous distribuez, ou en tout cas le gouvernement, distribue de l'argent aux enseignants et à d'autres catégories. Est-ce que pour les collectivités locales d'ici la fin du quinquennat vous allez faire plus qu'un geste ? Je pense aux départements qui ont des grosses difficultés, avec notamment le RSA ?
JEAN-MICHEL BAYLET
Les départements ont demandé que le RSA, qui a été décentralisé en 2004 par Jean-Pierre RAFFARIN, soit recentralisé sans toucher à ce que l'on appelle les recettes dynamiques, c'est-à-dire les DMTO et la CVAE. Le gouvernement a répondu oui. C'est une mesure, pour répondre à votre question, le gouvernement distribue aux autres à sept cents millions d'euros tout de même. Nous sommes en discussion et j'espère que nous aboutirons à un accord. En tout cas, nous avons tendu la main et nous avons pris la perche, j'ai envie de dire, que nous tendaient les départements puisque nous avons dit oui exactement à ce qu'ils souhaitaient.
CYRIL VIGUIER
Jean-Michel BAYLET, dans le choix du nom de la région, de votre région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, vous vous êtes prononcé plutôt pour le nom Languedoc alors que les sondés sont plutôt pour Occitanie.
JEAN-MICHEL BAYLET
Oui.
CYRIL VIGUIER
Qu'est-ce qu'il va en advenir ? Parce que je crois que c'est le 1er juillet que le nom définitif doit être calé.
JEAN-MICHEL BAYLET
Ce n'est pas moi qui décide. Il y a un référendum. C'est la présidente de la région et l'équipe des conseillers régionaux.
CYRIL VIGUIER
Vous êtes en opposition avec vos concitoyens.
JEAN-MICHEL BAYLET
Non, pas en opposition mais tout simplement parce qu'historiquement, Toulouse était la capitale du Languedoc et non Montpellier. Les Etats du Languedoc se réunissaient à Toulouse et le Languedoc, c'était exactement la nouvelle grande région. Moi, je me réfère à l'Histoire et je me réfère à la réalité. Maintenant si c'est Occitanie, va pour Occitanie. Mais l'Occitanie était beaucoup plus vaste que la nouvelle région puisque ça allait jusqu'à l'Allier et même dans une partie de l'Italie.
CYRIL VIGUIER
Elle commence bien Carole DELGA ?
JEAN-MICHEL BAYLET
Oui. Le boulot est bien fait, nous nous sommes rencontrés, nous avons parlé contrat de plan Etat-région puisque c'est moi qui gère les clauses de revoyure et ça avance bien. Il faut quand même le temps de mettre en osmose ces deux régions qui étaient différentes avec des traditions, une culture et des politiques différentes.
GILLES LECLERC
Vous êtes le ministre des Collectivités locales mais on parle aujourd'hui beaucoup mondialisation et de ce fameux traité transatlantique entre les Etats-Unis et l'Europe. Votre collègue Matthias FEKL vient de dire que cet accord était finalement assez – pardon de l'expression – assez mal parti. Est-ce que pour vous, tel qu'il est aujourd'hui, est-ce qu'il faut signer cet accord ?
JEAN-MICHEL BAYLET
Nous devons défendre nos intérêts culturels, nos intérêts économiques, nous devons défendre les intérêts de la France et les intérêts de l'Europe. Aujourd'hui, cet accord n'est pas vraiment un accord équilibré. Vous savez, les Américains quand ils négocient, ils n'y vont pas avec le dos de la cuillère. Matthias FEKL mène un beau combat, la France défend ses intérêts, les Européens défendent leurs intérêts. Là encore, je suis sûr qu'à un moment on arrivera à un point de consensus mais on n'y ait pas tout à fait.
CYRIL VIGUIER
Merci Jean-Michel BAYLET d'avoir été l'invité de cette matinale d'infos.
JEAN-MICHEL BAYLET
Merci à vous.
CYRIL VIGUIER
Vous êtes ministre de l'Aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités locales.Source : Service d'information du Gouvernement, le 4 mai 2016