Communiqué du ministère de l'environnement, en date du 1er octobre 2001, sur la prévention des risques industriels après l'explosion de l'usine AZF à Toulouse.

Intervenant(s) :

Circonstance : Explosion de l'usine AZF à Toulouse le 21 septembre 2001

Prononcé le

Texte intégral

Le Premier Ministre a annoncé cet après-midi à Toulouse une série de mesures destinées à venir en aide aux habitants de la ville dramatiquement touchés par l'explosion de l'usine AZF. Les circonstances de l'accident restent encore à élucider. Une enquête administrative a été lancée dès lundi dernier par Yves COCHET, Ministre de l'aménagement du territoire et de l'environnement. Ses conclusions sont attendues sous un mois. Tous les moyens seront mis en uvre pour que la lumière soit faite sur ce qui s'est réellement passé.
Parmi les mesures annoncées en matière de prévention des risques industriels et de maîtrise de l'urbanisation autour de ces sites :
- Les usines toulousaines de la SNPE et de Tolochimie ne sont pas aujourd'hui en état de fonctionner, et la question de leur redémarrage n'est donc pas à l'ordre du jour. dans les conditions d'aujourd'hui. Un audit en matière de sécurité sera réalisé par un expert extérieur en liaison avec la DRIRE.
- Les Toulousains ont le droit d'être informés dans la plus complète transparence sur les résultats de l'enquête. Ils le seront. Dans l'immédiat, et à titre de précaution, tous les sites industriels qui utilisent le même type de matériaux sont en cours d'inspection.
- Dans le but de renforcer nos moyens d'évaluation et de contrôle, le ministère de l'aménagement du territoire et de l'Environnement voit ses moyens accrus de 100 nouveaux postes d'inspecteurs des installations classées pour contrôler les risques, qui s'ajouteront aux 50 inspecteurs qui devaient être recrutés dans les DRIRE en 2002 par cette administration.
- Afin de garantir une expertise indépendante, l'Institut National de l'Environnement Industriel et des Risques (INERIS) sera renforcé.
- Yves COCHET veillera à la constitution de comité locaux de prévention des risques associant tous les acteurs et capables de jouer un rôle réel d'interpellation, d'information, d'alerte et de mise en garde. Ces comités, présidés par une personnalité qualifiée indépendante, devront être généralisés dès la fin de cette année. Ils devront être dotés de moyens pour pouvoir remplir pleinement leur fonctions, susciter lorsque cela s'avère nécessaire des contre expertises, émettre un avis sur les installations.
- Des plans de prévention des risques technologiques (PPRT) autour des sites industriels à risque vont être créés. Ils se feront sur le modèle des plans de prévention des risques naturels qui existent déjà. Les PPRT permettront directement d'interdire les constructions neuves dans les zones à risques et de prescrire des normes de construction pour la création de bâtiments nouveaux. Ce nouvel outil devra être inscrit dans la loi.
Yves Cochet organisera, avec Marie-Noëlle Lienemann, secrétaire d'Etat et au logement et Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, un débat sur la cohabitation des activités à risque et des populations associant tous les acteurs concernés : industriels, organisations syndicales, élus , scientifiques pour dégager ensemble des réponses équilibrées sous forme d'une table ronde nationale et de débats dans les principales régions concernées.
Yves Cochet entamera dès la semaine prochaine une série de rencontres bilatérales avec chacun de ces acteurs et se rendra sur plusieurs sites industriels à risque.

(source http://www.environnement.gouv.fr, le 31 octobre 2001)