Interview de M. Hervé de Charette, ministre du logement, à France-Inter le 22 septembre 1993, sur les mesures favorables à l'accession sociale à la propriété et sur l'UDF.

Prononcé le

Intervenant(s) : 

Média : France Inter

Texte intégral

A. Ardisson : Il y a aussi ceux qui ont de l'argent, qui pourraient l'investir et qui ne le font pas. Pour ceux-là dans le budget 1994 il y a des mesures d'incitation : exonération de l'impôt sur les plus-values pour les fonds tirés des SICAV monétaires, exonération partielle des droits de succession. Cela concerne les gens qui ont du bien au soleil. Vous n'avez rien prévu pour les accédants à la propriété ?

H. de Charrette : Vous n'avez pas bien vu les choses. En réalité, nous avons deux objectifs permanents depuis que je m'occupe de la politique du logement : la première c'est l'accession à la propriété, c'est-à-dire permettre aux familles et d'abord aux familles à revenus modestes et moyens d'accéder à la propriété. Nous avons fait un effort très important et les dernières dispositions : une baisse des taux d'intérêts des prêts, qui sont maintenant entre 6,5 et un peu moins de 7 %. Ce sont des taux records, très incitatifs. Deuxièmement l'intervention du 1 % logement à contribution des employeurs à l'effort du logement très significatif, puisque ce sont des prêts qui, dans la région parisienne, peuvent aller jusqu'à 150 000 francs, à un taux de 2 à 2,5 % maximum, qui sont des contributions très forte à l'accession sociale à la propriété. Nous avons des premiers signes positifs.

A. Ardisson : Cela repart ?

H. de Charrette : Oui, pas au triple galop, mais cela repart. Le rythme actuel de consommation de ces prêts spéciaux est de plus 20 % par rapport à l'année dernière. C'est un bon signe, deuxième action : permettre à ceux qui ont du bien, un peu d'épargne, de pouvoir placer leur argent pour accéder eux-mêmes ou pour louer. Nous avons pris une forte mesure pour eux, à cette rentrée, c'est la possibilité de sortir leur argent des SICAV en exonération de tous droits sur les plus-values, dès lors qu'ils consacrent cet argent à construire des logements.

A. Ardisson : N'est-ce pas cornélien pour vous d'être président des Clubs Perspective et réalité, une pure création giscardienne, et ministre d'E. Balladur ?

H. de Charrette : Pas du tout. Si vous avez suivi ces deux jours de travail, c'était tout à fait significatif et clair. Notre message est simple : l'UDF soutient bien entendu à fond l'action du gouvernement. Nous faisons partie de la majorité, nous sommes la deuxième formation politique en France et de la majorité, nous sommes très actifs et très heureux de nous y trouver. C'est vrai aussi que nous avons le sentiment à l'UDF d'avoir des convictions et des valeurs, notamment notre très grand attachement à tout ce qui concerne la décentralisation, les responsabilités locales, la capacité de gens de prendre leur destin en mains, c'est une idée très forte de l'UDF. Deuxième idée : nous sommes des Européens convaincus et que dans cette période de crise de l'Europe, nous pensons que nous avons des choses à dire.

A. Ardisson : Vous êtes complètement en phase avec E. Balladur ?

H. de Charrette : Oui, nous sommes les uns et les autres de la majorité. Il appartient à l'UDF mais si un jour le Premier ministre voulait entrer à l'UDF, personne ne ferait la gueule, on serait ravi.