Texte intégral
La situation économique en France, en Europe, la gravité de la situation nécessite de la part de tous les acteurs une vraie prise de responsabilité ; le chômage, la précarisation de l'emploi, la marginalisation, le quart-monde à nos portes, les structures familiales fragilisées doivent nous amener à éviter les affrontements et à engager une réflexion afin d'éviter une déstabilisation de nos sociétés.
Que nous le voulions ou non, nous savons maintenant que nous ne sortirons pas de nos difficultés uniquement par une reprise de la croissance et que le chemin sera long pour retrouver le plein emploi.
Des solutions structurelles doivent être recherchées :
Les technologies de pointe sont-elles systématiquement nécessaires pour toutes les fabrications compte tenu de leur coût élevé par rapport à l'intérêt de conserver l'emploi dans une localité ou une région ?
Pour les salariés privés d'emploi sans formation professionnelle avons-nous vraiment recherché tous les gisements d'emplois disponibles, dans les services aux personnes, dans l'environnement, dans les services à la clientèle, dans l'organisation de l'entreprise privée ou publique etc. ?
Il est clair aussi que nous ne pourrons sortir de la crise qu'ensemble et qu'une solidarité justement répartie doit voir le jour.
Dans ce cadre pourquoi ne pas concevoir moins de placements financiers et plus d'initiatives pour la création d'entreprises et d'emplois ?
Pourquoi ne pas associer les représentants des salariés à la recherche de solutions dans l'organisation de la branche professionnelle et de l'entreprise au lieu de leur infliger d'une façon unilatérale, par l'intermédiaire du législateur, un plan emploi mal équilibré et mal compris ? Le syndicalisme doit changer, mieux associer les militants aux décisions, être moins technocratique, s'adapter et non battre en retraite, à mesure que les difficultés augmentent, ressassant des vieux schémas qui étaient valables en période de grande croissance mais qui deviennent suicidaires dans une société qui se cherche. Cette analyse est bien sûr valable pour les structures syndicales patronales publiques ou privées qui partent à l'assaut des avantages acquis sans étudier dans la concertation les meilleures solutions à travers des aménagements acceptés par les uns mais aussi des contreparties octroyées par les autres dans des accords librement consentis.
L'aménagement, la réduction de la durée du travail, la répartition des solidarités ne sont-ils pas des sujets qui méritent rapidement cet examen dans le cadre de la politique contractuelle au niveau des branches professionnelles et dans les entreprises en difficulté ?
Il faut rétablir un véritable partenariat, la branche professionnelle qui réussit, l'entreprise qui réussit sont généralement celles qui négocient avec les salariés les adaptations, les transformations, les impliquent à la marche de l'entreprise et les intéressent aux résultats.
Ne passons pas à côté de l'histoire, ne laissons pas se faire les changements qui s'imposent sans participer, certes, avec le droit à la différence, au refus de certaines propositions fondamentalement contraires aux intérêts des salariés, mais animés d'un véritable esprit constructif face à la réorganisation du tissu économique et social auquel nous n'échapperons pas.
L'avenir du syndicalisme est à ce prix.
Dans notre action nous nous inspirons des principes de la morale sociale chrétienne et nous plaçons l'homme au centre de tout. Face à la crise qui nous frappe nous devons être les premiers à comprendre que la société doit s'adapter afin de ne pas laisser toujours plus nombreux des hommes et des femmes au bord du chemin. C'était, avant que je quitte mes responsabilités nationales à la CFTC – et non la CFTC – le message que je souhaitais vous adresser.