Déclaration de M. Bernard Bosson, ministre de l'équipement du transport et du tourisme, sur la promotion de l'architecture, la définition d'un cadre institutionnel organisant les relations entre professionnels et les grandes lignes de la réforme de l'enseignement de l'architecture, Paris le 19 novembre 1993.

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Intervenant(s) : 
  • Bernard Bosson - Ministre de l'équipement, des transports et du tourisme

Circonstance : Remise des grands prix nationaux 1993 de l'architecture, à Paris le 19 novembre 1993

Texte intégral

Communiqué de presse

Grand prix national de la promotion de l'architecture 1993 sur proposition du jury réuni le 13 octobre 1993, Bernard Bosson, ministre de l'Équipement, des Transports et du Tourisme a décerné le grand prix de la promotion de l'architecture 1993 à Francine Fort et Michel Jacques, créateurs d'Arc-en-Rêve, à Bordeaux

Par leur ténacité, leur esprit d'ouverture, leur savoir-faire aujourd'hui reconnu, et la qualité de leur communication, Francine Fort et Michel Jacques ont fait de la promotion et de la sensibilisation à l'architecture contemporaine, à Bordeaux et dans la région Aquitaine, leur combat.

Depuis 1980, leur parcours original les a menés de la pédagogie de l'architecture à la réalisation d'un projet culturel global ambitieux et réussi : Arc-en-Rêve, centre d'architecture.

Avec sa galerie d'expositions, son laboratoire de recherche et de projet, son atelier pour enfants et ses publications, Arc-en-Rêve constitue un carrefour obligé de la création, de la recherche et de la diffusion de l'architecture et de l'urbanisme, au rayonnement désormais national et international.

Une mention a par ailleurs été attribuée à Hubert Tonka, pour ses qualités de mise en scène éditoriale dans le domaine de l'architecture.


Communiqué de presse, grand prix national de la critique architecturale 1993, sur proposition du jury réuni le 13 octobre 1993, Bernard Bosson, ministre de l'Équipement, des Transports et du Tourisme a décerné le grand prix de la critique architecturale 1993, à François Chaslin, journaliste

Critique écouté et reconnu pour la force de ses prises de position, la rigueur et l'acuité de ses analyses, François Chaslin est un animateur essentiel du débat architectural.

Homme de culture, passionné et curieux, attaché à l'indépendance de son esprit critique, il a toujours mis son talent au service d'une meilleure connaissance de l'architecture et de ses enjeux.

François Chaslin est actuellement rédacteur au chef de "l'Architecture d'Aujourd'hui", après avoir assumé de multiples responsabilités dans la presse (Techniques et Architecture, Macadam, le Monde, Libération, le Nouvel Observateur…)

Dans le cadre de ses travaux, le jury a proposé la création d'un grand prix national de la recherche architecturale qui pourrait être décerné en complément du grand prix national de la critique architecturale.

Ce prix permettrait ainsi de reconnaître l'apport fondamental des chercheurs, historiens et hommes de culture, matière préalable au travail critique et au débat architectural.

 

19 novembre 1993

Monsieur le ministre,
Mesdames, Messieurs,

Il m'est particulièrement agréable aujourd'hui de remettre les grands prix nationaux de l'architecture et de l'urbanisme et je suis très heureux cette année de le faire avec mon collègue et ami Michel Barnier, ministre de l'Environnement, pour le trophée du paysage.

Notre réunion avec le rassemblement des professionnels du cadre de vie est l'occasion de célébrer le mot de Vitruve rappelé par le Palladio si sensible aux paysages vénitiens : "toute construction doit être utile, solide et belle".

Je voudrais y rajouter une phrase, et ta présence mon cher Michel, renforcerait s'il en était besoin ma propre conviction : notre environnement résulte autant de la construction des édifices que de leur distribution dans l'espace et cela interpelle directement les architectes, les urbanistes, les paysagistes et bien sûr les politiques.

C'est que la place de l'architecture est singulière dans notre société : acte social par excellence, elle est l'expression d'un dialogue ; acte de partage, elle implique une organisation claire des responsabilités, politique, opérationnelle, juridique, etc.

Elle est enfin un acte de courage car la pédagogie du projet est celle de la résistance, de la mise à l'épreuve de l'authenticité d'une idée.

La politique que je souhaite mener à bien, s'inscrit dans ces trois dimensions à travers 3 axes majeurs.

1. Faire reconnaître sa place à l'architecture française en Europe et dans le monde

2. Organiser clairement les responsabilités

3. Construire un projet d'avenir pour l'enseignement de l'architecture.


1. Faire reconnaître sa place à l'architecture française

Nous sommes avec la remise des grands prix dans le vif du sujet puisque leur création en 1980 voulait justement "donner à voir" la vigueur et l'originalité du milieu professionnel. Je souhaite assumer à mon tour cette ambition pour faire rayonner en Europe et dans le monde la qualité des professionnels.

La compétence de la France dans le domaine de l'architecture n'est pas contestée. Le préambule de la directive européenne reprend le premier article de notre loi nationale.

"L'architecture est une expression de la culture : la création architecturale, la qualité des constructions, leur insertion harmonieuse dans le milieu environnant, le respect des paysages naturels ou urbains ainsi que du patrimoine sont d'intérêt public".

Je sais combien l'on doit pour cela à la présence discrète, patiente et efficace de quelques architectes français dans les groupes de travail européen. Merci M. Schweitzer.

Vous me permettez de saluer à cette occasion le travail accompli sur d'autres terrains pour la promotion de notre architecture par quelques Héraults de cette entreprise.

Nous reviendrons tout à l'heure sur le jeune architecte dont l'œuvre trace déjà un trait d'union entre Berlin et Paris, entre les disciplines du corps et celles de l'esprit.

Laissez-moi d'abord rappeler celui dont il peut s'honorer être l'élève, Joseph Belmont dont le dévouement inlassable au service de la promotion internationale de l'architecture française de Shanghai à Lisbonne permet d'en illustrer très concrètement la compétence.

Je souhaite également souligner le travail de coopération de l'institut français d'architecture avec des institutions étrangères prestigieuses de Francfort, Rome ou Londres pour n'en citer que quelques-unes.

J'ai l'intention d'aider au niveau de l'État l'exportation de ce savoir-faire particulier et je peux vous dire que la direction des affaires économiques et internationales de mon ministère y travaille.

Promouvoir l'architecture, c'est aussi en faire mémoire et encourager l'innovation : c'est une tâche inépuisable et qui est une œuvre collective. Je voudrais seulement citer trois exemples du travail mené avec l'appui de l'État.

L'institut français d'architecture aura ouvert le printemps 1993 avec la publication d'une remarquable anthologie de l'architecture due à Jean Pierre Epron qui clôture avec ce chef d'œuvre une carrière de chercheur bien remplie.

Au début de l'année 1994, j'irai à Roubaix ouvrir la première grande exposition du centre des archives du monde du travail sur le béton armé, résultat d'une ambition partagée entre les professionnels, les chercheurs, le ministère et mon ami André Diligent, maire de la ville.

Mais la mémoire doit aussi servir d'élan pour l'innovation, et la mobilisation des concepteurs. Cela passe également par les actions de recherche et d'expérimentation comme celles du plan construction architecture, du plan urbain ou des écoles d'architecture, que je souhaite dynamiser encore davantage sur l'architecture et l'urbanisme.

Les entretiens de l'architecture que je souhaite organiser en 1994 sur le "modèle des entretiens de Bichat" avec les professionnels en seront l'illustration.

Cette recherche doit aussi pouvoir trouver ses objectifs d'expérimentation et d'innovation par un soutien public, sur des thèmes prioritaires et en des lieux où les savoir-faire sont insuffisants.

Je souhaite que l'innovation puisse intervenir sur des projets parfois modestes mais déterminants pour la qualité du cadre de vie quotidien.

Il s'agit de la vigilance à porter aux territoires urbains les plus fragiles ; il ne doit pas y avoir de délaissés de l'architecture ou de l'aménagement urbain, comme l'on parle des délaissés d'autoroutes. L'exigence de qualité est indivisible : elle s'applique aussi aux entrées de ville, ou aux quartiers de banlieues construites à la va-vite et trop souvent restées inachevés.

Il n'est pas acceptable que des habitants vivent dans des quartiers auxquels on ne donne pas le nom de villes, car leur architecture trop souvent monotone et fonctionnelle, les médiocres possibilités de transports, l'absence de qualité des espaces publics ne le permettent guère.

C'est le sens de l'appel à concepteurs qu'avec Mme le ministre d'État, chargée de la ville, nous avons initié cet été et qui sera l'occasion à la fois de nouvelles commandes et de débats sur de nouvelles pratiques entre maîtres d'ouvrages et concepteurs.

Cette volonté de créer une égalité de traitement de l'espace urbain, qu'il soit à l'intérieur des centres anciens ou dans les grands ensembles, doit être la démonstration lisible et claire de notre volonté de recréer le lien social et culturel dans la ville.

Vous aurez compris avec ces quelques phrases que je souhaite que l'architecture tienne sa place au quotidien dans l'ensemble des politiques conduites par l'État. J'avais évoqué hier sa place dans la réalisation des infrastructures et leur insertion dans le paysage. J'aurai l'occasion de revenir sur cette coordination des politiques, avec la nécessaire coopération entre la politique du patrimoine et celle du logement, que je compte développer dans les secteurs sauvegardés avec le ministre du Logement.

L'architecture, acte social par excellence, trouve sa place à travers un dialogue dont elle est l'expression.

C'est donc un acte de partage et c'est sous ce signe que je situe le deuxième axe de mon intervention.

2. Promouvoir l'architecture c'est organiser clairement les responsabilités

Si les relations entre les maîtres d'ouvrage et les concepteurs doivent rester ouvertes tout au long du déroulement du projet, il faut que la méthode de travail respecte chacun des partenaires.

Je souhaite y contribuer d'une part en définissant un cadre institutionnel, d'autre part en facilitant l'ouverture et les échanges au sein des milieux professionnels.

Sur le premier point : la profession attend, à juste titre, des textes d'application des titres Il et III de loi sur la maîtrise d'ouvrage publique et la prise en compte des conclusions du groupe de réflexion sur le concours de 1992. J'ai récemment insisté auprès du ministre de l'Économie sur la nécessité de prendre, sans tarder, l'arrêté interministériel relevant les seuils relatifs aux concours et à la compétition simplifiée, et d'intégrer dans les travaux de transposition de la directive "services" qu'il mène actuellement, les principales conclusions de ce groupe concours.

En ce qui concerne les décrets d'application de la loi sur la maîtrise d'ouvrage publique pour lesquels je me suis investi dès mon arrivée, je peux enfin vous annoncer leur publication prochaine. À ce jour, tous les ministres ont signé et la publication au Journal officiel n'est plus qu'une affaire de jours.

Je vous rappelle la philosophie de ces textes qui reprennent des idées essentielles de la loi. Ils réaffirment l'importance fondamentale des études, gage de qualité architecturale. Ils définissent une mission de base obligatoire pour les ouvrages de bâtiment. Ils réglementent les indemnités allouées aux candidats écartés dans les concours et définissent les conditions d'utilisation et la procédure de conception-réalisation.

Ces textes affirment enfin la responsabilité de chaque partenaire dans l'acte de bâtir en laissant une marge de manœuvre plus grande à chaque acteur, en permettant par la négociation de la rémunération de définir clairement les rôles respectifs.

Sur le second point, celui de l'ouverture du milieu professionnel je me bornerai à 2 remarques essentielles et démonstratives de l'esprit dans lequel je travaille.

J'affirme ma volonté de mettre les réseaux d'expertise et de compétence du ministère de l'Équipement au service des maîtres d'ouvrage et des professionnels : l'appui donné par les directions régionales et départementales de l'Équipement, les directions régionales de l'Environnement, les services départementaux de l'architecture, les architectes conseils, etc., pour organiser l'appel à concepteurs lancé par l'ordre des architectes avec tous les professionnels du cadre de vie, cet été, en est une illustration très concrète. Il y en a et il y en aura bien d'autres…

L'un des premiers résultats visibles de cet appel est effectivement la formation de jeunes équipes pluridisciplinaires qui se sont associées pour répondre, répondant au message lancé par la synergie des organisateurs maîtres d'ouvrage et professionnels.

Ma deuxième remarque s'emploiera à dissiper une inquiétude : celle qui semble peser sur l'avenir de la "formation diplômante" à la suite d'un malentendu avec nos partenaires européens : j'affirme très solennellement que j'entends assurer la continuité de cette formation qui enrichit socialement et professionnellement le métier d'architecte.

3. Enfin, je voudrais en venir, en troisième lieu, à ce qui demande le plus de courage et de modestie au ministre : la construction d'un projet d'avenir pour l'enseignement de l'architecture

Il s'agit d'inscrire dans la réalité avec détermination et ténacité le parcours idéal tracé par le recteur Armand Fremont, auquel je tiens à rendre hommage, dans son rapport "Architecture 2000".

Je reprendrai en 3 volets (le constat, les orientations politiques et les premières mesures) le travail accompli depuis mon arrivée.

Le constat : ce que j'ai trouvé en arrivant

D'abord une grande misère matérielle depuis plus de 20 ans malgré un effort récent.

Des locaux trop petits et complétement vétustes : - 7,50 m2 par étudiant actuellement contre 10 m2 en 1986/88 et alors que l'UNESCO propose 12 m2 pour les écoles européennes.

Il a fallu reconstruire complétement l'école de Nancy ; à Paris les seuls travaux de mise en sécurité ont absorbé les crédits d'investissement disponibles en 1993.

Une mauvaise répartition des écoles sur le territoire : 8 en Île-de-France avec pratiquement la moitié des 16 500 étudiants français, et 14 en province.

Ensuite, une pédagogie très dispersée et un faible encadrement des étudiants :

La réforme de 1984 a organisé l'enseignement autour de multiples certificats dont le projet architectural n'est qu'une matière équivalente aux autres. L'encadrement pédagogique est faible : il y a un enseignant permanent pour 19 étudiants en 1992/93 contre 1 pour 11 dans les IUT, et 1 pour 8 dans les écoles d'ingénieurs. Je ne reviens pas sur la grande précarité de situation des personnels enseignants, contractuels ou vacataires sans évolution de carrière. Y remédier a été ma priorité absolue.

Le "prix" de l'étudiant en architecture, et ses conditions de vie se ressentent de cette misère.

Le coût de l'étudiant, en architecture, représente, les deux/tiers de celui d'un IUT et la moitié de celui d'un élève d'une école d'ingénieur.

Sa situation sociale (bourses – accès aux services d'hébergement et de restauration) était également inférieure à celle des étudiants en général.

Il faut compléter ce tableau par deux observations :

Un nombre d'étudiants en progression constante (environ 6 % de plus par an depuis 1988) avec un allongement progressif de la durée réelle des études (tendant vers 8 ans au lieu de 5 ans).

Un problème réel d'insertion professionnelle et d'évolution de l'exercice professionnel.

70 % des diplômés ont une vue très critique de la qualité de leurs études.

40 % recherchent une formation complémentaire.

48 % de ceux qui exercent sont salariés.

Et malgré cela, un engagement des enseignants et un enthousiasme des élèves qui explique le renom actuel de l'architecture française.

Les orientations politiques

L'objectif est celui d'une meilleure qualification des architectes, de l'extension et de la diversification de leurs compétences.

J'ai déjà dit combien j'appréciai les orientations du rapport Architecture 2 000 élaboré par le recteur Armand Frémont.

Les grands axes de la réforme :

Le recentrage de la pédagogie autour de l'enseignement du projet architectural, et l'organisation d'un stage professionnel d'un an.

La mise en place d'un nouveau statut pour les écoles d'architecture qui leur permette une plus grande autonomie pédagogique, une meilleure immersion dans le tissu économique et institutionnel local et s'accompagne d'une véritable évaluation.

La reconnaissance du rôle joué par les enseignants des écoles d'architecture et l'ouverture de véritable perspectives professionnelles.

Une véritable articulation de l'enseignement de l'architecture avec l'Enseignement Supérieur et la Recherche, qui assure des équivalences et qui valorise la dimension européenne et internationale.

Les premières mesures affichées au budget 94

Un effort sans équivalent depuis 10 ans qui porte à la fois sur : L'encadrement pédagogique des étudiants, et les moyens des écoles…

Les mesures prises en matière de personnel enseignant permettront à la fois de renforcer l'encadrement des étudiants, et d'améliorer la situation des enseignants contractuels.

D'une part, outre 30 postes vacants, 69 postes nouvellement créés seront pourvus par concours externe ; d'autre part, 150 postes de contractuels seront transformés en postes de titulaires et pourvus par concours interne, soit 250 postes d'enseignants permanents nouveaux en 1994.

Par ailleurs, 16 postes seront créés pour renforcer les personnels administratifs des écoles.

Les moyens accordés à l'enseignement de l'architecture, tant en fonctionnement qu'en investissement, traduisent une forte progression : 15,5 % par rapport à 1993.

Une ligne budgétaire spéciale a été ouverte en 1994 pour la maintenance et l'entretien du patrimoine immobilier des écoles d'architecture.

Les crédits d'équipement immobilier connaissent une progression de 22 % permettant essentiellement de mettre en sécurité et de réhabiliter certains bâtiments, de poursuivre des actions de construction déjà engagées, d'équiper en immobilier des bâtiments réhabilités ou reconstruits.

La croissance des moyens de fonctionnement et de budget de vacations des écoles permettra de poursuivre l'effort d'équipement et de maintenir la capacité d'enseignement face à un effectif étudiant en augmentation.

La forte progression de 28 % des crédits destinés aux bourses des étudiants en architecture permettra leur alignement sur les barèmes de l'enseignement supérieur.

J'ai conscience que, malgré le soutien du Premier ministre pour ces résultats budgétaires, beaucoup reste à faire. C'est pour cela que j'ai placé cette ambition majeure à mes yeux sous le double signe du courage et de la modestie.

C'est cependant, un pas à vos côtés sur la route de l'excellence de l'architecture française, que nous sommes réunis pour honorer :

Le grand prix de la promotion de l'architecture 1993 est attribuée à Francine Fort et Michel Jacques créateurs d'Arc-en-Rêve à Bordeaux pour leur ténacité, et la qualité de leur communication, de leur ouverture d'esprit dans un savoir-faire reconnu.

Remise du trophée

Vous avez fait par la création d'Arc-en-Rêve avec sa galerie d'exposition, son laboratoire de projets, son atelier pour enfants, ses publications, un nouveau lieu de promotion de l'architecture et de l'urbanisme contemporain pour la région Aquitaine mais dont le rayonnement est désormais national et même international.

Ainsi je souhaite que de tels lieux puissent se multiplier à l'échelle des grandes régions françaises pour accroître la sensibilisation et la connaissance de la création française urbaine et architecturale.

Merci pour votre combat et vos réalisations.

(Mention Hubert Tonka)

J'ai décidé également sur proposition de jury d'attribuer au titre de la promotion de l'architecture une mention spéciale à Hubert Tonka pour son activité de créateur dans le domaine de l'édition au service de l'architecture et des architectes. Vous êtes, Hubert Tonka, considéré par beaucoup comme un véritable "metteur en scène de l'édition"

Pour favoriser une meilleure compréhension d'une œuvre d'architecture, vous faites appel à la fois à l'œuvre photographique, à l'écriture critique, et aux techniques modernes des arts graphiques.

Votre regard est à la fois moderne et passionné.

Le grand prix de la critique architecturale 1993 est attribué à François Chaslin pour la rigueur et la force de ses analyses et de ses prises de position au service d'une meilleure connaissance de l'architecture et de ses enjeux.

Remise du trophée

Vous êtes un homme de culture attaché à votre indépendance critique et comme rédacteur en chef d'une revue renommée, vous participez amplement à la connaissance, à la diffusion et à l'amélioration de l'architecture française.

Le monde professionnel a besoin de votre vision également la grande presse, pour éclairer le public sur les valeurs et les atouts d'une architecture à leur service.

Je souhaite que vos réflexions pertinentes irriguent tous les lieux où l'espace architectural est lié à la vie quotidienne de nos concitoyens.

Le grand prix de l'urbanisme et de l'art urbain 1993 est attribué à Bernard Huet pour la dimension exceptionnelle de sa pensée sur la ville et la qualité de ses réalisations.

Remise du trophée

Vous êtes à la fois un praticien et un théoricien qui avez nourri le travail de toute une génération d'architectes et d'urbanistes agissant aujourd'hui sur la ville.

Parce que pour vous, la ville est le lieu où se superpose la mémoire et la créativité, vous êtes l'initiateur et le réalisateur du renouveau urbain contemporain.

Pour vous, la ville ne se réduit pas à une collection d'objets architecturaux exceptionnels. Le temps de la ville se situe dans la longue durée, la permanence et la continuité. C'est le lieu consensuel où se superposent l'histoire et la mémoire collective. Une mémoire active et non nostalgique qui doit marier créativité et respect du patrimoine.

Pour produire l'espace de la ville aujourd'hui, il faut procéder à un renversement complet. Il faut penser ville avant de penser logement, penser, tracé et découpage avant de penser réseaux, règlements et secteurs, penser forme de l'espace public avant de penser architecture. Nous avons encore besoin de votre action pédagogique, de vos convictions et de votre savoir pour la vitalité et le rayonnement de nos villes.

Le grand prix national de l'architecturale 1993 est attribué à Dominique Perrault pour la qualité exceptionnelle de l'ensemble de son œuvre dès aujourd'hui affirmée.

Remise du trophée

Vous êtes l'un des architectes français qui ont contribué à une invention architecturale audacieuse intégrant les technologies contemporaines. Votre trajectoire est des plus rectiligne : vous êtes déterminé dans l'action, vous allez à l'essentiel sur vos projets.

Votre architecture témoigne d'une démarche exigeante et innovante qui vise à l'essentiel. Lisse et directe, elle ne supporte pas le compromis. Elle entretient une relation libre et sereine avec le paysage.

Vous avez su approfondir un savoir architectural par l'histoire urbaine, les sciences sociales, vous êtes présent et disponible pour la recherche et la création. La dimension urbaine commande l'humilité. La complexité contemporaine doit s'habiller de simplicité.

Je souhaite que vous soyez pour des générations d'architectes l'exemple de l'équilibre entre l'apprentissage et l'expérience, l'évolution de la connaissance et le savoir-faire.

Hommage André Bruyère

Je veux également comme le jury me la demandé, rendre Hommage à l'œuvre de André Bruyère dont l'architecture riche d'une poétique s'exprimant dans des formes libres, fut d'une grande innovation mise en œuvre au service de l'utopie.

Vous êtes en effet l'inventeur des premières coques minces en béton armé nécessaires à l'expression de vos désirs d'architecture. Votre exemple de mariage entre la pensée et la technique a donné lieu à de nombreuses vocations.

Le trophée du paysage est décerné conjointement avec le ministre de l'Environnement et je laisserai le soin à Michel Barnier de le remettre.

Ce palmarès de talents, ce soir, reconnus contribue à la connaissance et à l'amélioration du cadre de vie ces Français.

Ils sont l'expression d'une force et d'une vitalité de la création en France qui se démultiplie de plus en plus dans toutes les villes et les territoires.

Cette exigence de qualité de la culture urbaine architecturale et paysagère est une ambition qui doit générer à travers l'opinion publique et les maîtres d'ouvrage un renouvellement de la commande.