Texte intégral
18 septembre 1992
La Croix
"En matière monétaire, pourquoi faire naître une querelle idéologique là où le pratique se chargera de nous mettre d'accord ?"
La Croix : Alors que les sondages n'ont cessé de démontrer que le oui et le non étaient au coude à coude, êtes-vous optimiste sur l'issue du référendum ?
Édouard Balladur : Le débat sur l'Union européenne a montré à ceux qui en doutaient que les Français s'intéressaient à la politique dès lors que l'enjeu qu'on leur propose est important.
Il s'agit cette fois de l'avenir de la France et de l'avenir de l'Europe. Je me félicite que cette campagne ait permis de débattre sérieusement de ce sujet essentiel. Quant à l'issue du référendum, je souhaite que les Français choisissent, en votant oui, l'intérêt de la France et l'intérêt de l'Europe.
La Croix : Pensez-vous qu'à trop plaider sur le fond, les partisans du oui ont occulté l'idéalisme et l'enthousiasme européen ?
Édouard Balladur : Les questions qui revenaient le plus souvent dans le courant de la campagne ont révélé l'inquiétude des Français.
Chaque jour, dans les médias, dans leurs réunions publiques, les adversaires de l'Union européenne ont alimenté ces craintes. Nous devions y répondre et démontrer, point par point, en quoi le traité de Maastricht préparait une meilleure prospérité pour la France, en quoi il créait les conditions d'une meilleure défense de l'Europe et comment les intérêts de notre pays, sa force, sa prospérité, son existence même en tant que nation étaient préservés.
C'est à répondre à ces questions que, pour ma part, je me suis attaché en soulignant le fait que la construction de l'Europe, création originale, était l'espoir que nous devions offrir à notre jeunesse. Je l'ai fait avec toute ma conviction.
La Croix : Cette campagne référendaire a-t-elle suffisamment coupé le lien entre politique intérieure et enjeu européen ?
Édouard Balladur : Pour ma part, c'est en fonction du seul intérêt de la France que je me suis décidé à voter oui à ce référendum. Appartenant à l'opposition, il était sans doute plus commode pour moi de prôner le non en invitant les Français à dire non à la fois à l'Europe et aux socialistes. Je n'ai pas voulu me prêter à cette confusion, dangereuse à tous égards. C'était faire peser une menace sur l'Europe, sur l'avenir de la France, sur sa prospérité, et c'était mettre en danger l'union de l'opposition.
Le ton qu'a pris par moments la campagne a malheureusement montré que tout le monde n'avait pas toujours fait nettement la séparation entre la politique intérieure et l'enjeu européen. Je le regrette.
La Croix : Quelles seraient les conséquences européennes et intérieures d'une victoire du non ?
Édouard Balladur : Il est clair que l'élan de la construction européenne serait stoppé. Pour l'Europe, ce serait un coup d'arrêt et sa position en serait naturellement affaiblie dans les négociations internationales comme le Gatt ou dans le dialogue que nous devons avoir avec les Japonais, par exemple.
Le résultat, c'est que nos agricultures ne seraient pas défendues comme elles devraient l'être et que les centaines de milliers d'emplois du secteur automobile seraient menacés plus encore qu'ils ne le sont aujourd'hui par la concurrence japonaise que nous affronterions en ordre dispersé.
Pour la France, personne ne peut raisonnablement soutenir que sa position, au sein de la Communauté comme dans les enceintes internationales, n'en serait pas affaiblie.
Sur le plan intérieur, il y a plusieurs semaines de cela, je disais qu'un vote négatif au référendum entrainerait des troubles dans l'opposition. Pourtant, les intentions des uns et des autres sur le référendum ne sauraient, si peu que ce soit, fonder une quelconque recomposition politique.
Ceux qui, dans l'opposition, répondent oui au traité sont résolus, autant que d'autres, à s'opposer aux socialistes, à préparer l'alternance, à changer la politique de la France, à apporter à notre société les profondes réformes dont elle a besoin.
Ceux qui répondent non et qui sont des nôtres ne peuvent davantage, j'en suis certain, avoir pour intention de constituer une majorité nouvelle avec les partis de l'extrême droite et de l'extrême gauche.
Le 21 au matin, l'opposition tout entière devra se retrouver, il y va de l'intérêt de la France.
La Croix : Continuez-vous à rejoindre certains partisans du non sur leur opposition à la monnaie unique ?
Édouard Balladur : En matière monétaire, la situation d'aujourd'hui, c'est que nous, Français, nous sommes le plus souvent mis devant le fait accompli. Ce que propose le traité d'Union européenne, c'est un double pas en avant.
Il s'agit d'abord de donner leur indépendance aux banques centrales des Douze et, ensuite, d'instituer une monnaie européenne, gérée par une banque centrale européenne, réunion de l'ensemble des banques centrales nationales. Que le calendrier très précis, prévu par le traité, soit suivi n'est évidemment pas certain ; déjà le gouverneur de la banque centrale allemande nous dit que, pendant de longues années, les monnaies nationales, et donc le mark et le franc, subsisteront déjà les ministres des finances de la Communauté nous indiquent que les critères de convergence fixés par le traité de Maastricht devront être adaptés.
Pourquoi donc faire naître une querelle idéologique de plus là où la pratique se chargera bien de mettre tout le monde d'accord ?
La récente décision de la Bundesbank de baisser les taux d'intérêt montre bien, au surplus, que la monnaie ne peut être gérée selon des critères uniquement techniques. Il en sera toujours ainsi.
La Croix : Que diriez-vous aux nombreux électeurs et militants du RPR qui ont choisi le non pour les convaincre ?
Édouard Balladur : Si je vote oui à ce référendum, c'est parce que je suis convaincu que la France pourra continuer à être elle-même une fois le traité ratifié. Personne ne pourra lui imposer de faire ce qu'elle ne veut pas faire et personne ne pourra l'empêcher de faire ce qu'elle veut. Pour moi, c'était là l'essentiel.
19 septembre 1992
Le Quotidien de Paris
À quelques heures du référendum, le député RPR de Paris donne ses arguments pour le "oui" en déplorant que les socialistes aient occulté le vrai débat. Il s'explique pour Tour Eiffel 95.2 et "Le Quotidien".
Le Quotidien : La tempête monétaire est-elle de nature à influencer le vote de dimanche prochain ?
Édouard Balladur : Je ne le sais pas. Ce qui me paraît évident c'est que cela renforce la nécessité pour la France d'entrer dans l'union européenne. La crise monétaire que nous vivons est due essentiellement à une organisation et à une coopération insuffisante au sein du Système monétaire européen. Or, l'union monétaire a pour objectif, entre autres, d'accroître la coopération entre les différents pays. Je pense que cette crise monétaire démontre non pas que nous avons besoin de moins d'Europe, mais que nous avons besoin de plus d'Europe.
Le Quotidien : Ne craignez-vous pas que le désordre actuel ne renforce les craintes des Français vis-à-vis de l'Europe et n'alimente le courant du "non" ?
Édouard Balladur : Il y a toujours deux lectures des événements. La première réaction peut être de dire : "L'Europe, c'est le désordre !" Ça, c'est la réaction instinctive et irrationnelle. L'autre manière de réagir, c'est la mienne, consiste à dire que nous avons justement besoin de davantage de coopération. Si nous avions eu une meilleure organisation et davantage de coopération économique et monétaire, cette crise n'aurait pas eu lieu : parce que chacun n'aurait pas été totalement libre d'augmenter ou de diminuer ses taux d'intérêt de façon discrétionnaire. S'il y avait eu une Europe organisée, la politique des taux d'intérêt de la Bundesbank n'aurait pas pu être la même et c'est quand même l'une des causes de la crise. De la même manière, la gestion de l'économie italienne aurait été plus prudente en ce qui concerne le déficit budgétaire, et n'aurait pas conduit à un endettement italien absolument gigantesque. C'est bien la démonstration que nous avons besoin de davantage d'Europe.
Il faut que les Français soient bien conscients du fait que leur prospérité dépend finalement de tout cela. Nous vendons presque 20 % de notre production chez nos onze partenaires européens. Cela permet d'occuper 3 millions d'emplois. Si le commerce intra-européen venait à diminuer en raison du désordre monétaire, nos exportations en direction de nos onze partenaires en souffriraient ; et l'emploi en souffrirait encore davantage.
Le Quotidien : Comme ancien responsable de l'économie et des finances, quel jugement portez-vous sur l'attitude du gouvernement pendant cette crise ?
Édouard Balladur : S'agissant de la politique monétaire suivie depuis quatre ans, j'ai dit et je répète qu'elle me paraît bonne. Car je ne vois pas où serait l'intérêt de la France d'avoir une monnaie faible et une inflation forte.
Mais le reproche que je fais à la politique du gouvernement socialiste est d'avoir été mauvaise sur le plan budgétaire et sur le plan fiscal. Nous avions laissé un déficit de 100 milliards en 1988, au lieu de 200 milliards aujourd'hui. Nous avions laissé 1 100 milliards d'endettement – j'avais commencé à désendetter la France grâce aux privatisations –, il y en a 2 000 milliards aujourd'hui. Nous dépensions de l'ordre de 110 milliards par an pour désendetter la France, ils dépensent aujourd'hui près de 200 milliards. Le résultat est que l'investissement qui augmentait lorsque nous gouvernions, est aujourd'hui en baisse. La croissance a été quasi nulle en 1991, et le chômage n'a jamais été à un tel niveau dans notre pays. Alors je demande que l'on ne confonde pas tout. La politique monétaire, c'est une chose. Ce n'est pas toute la politique économique. Et pour avoir mené une politique budgétaire gravement inadaptée aux besoins du pays, les gouvernements socialistes, depuis 1988, ont fait baisser l'investissement et augmenter le chômage.
La cohabitation n'est pas contraire à nos institutions. Deuxièmement, cela ne veut pas dire qu'il faut y recourir en toutes circonstances. C'est justement affaire de moment. Et c'est un débat qu'il faudra que nous ayons
Le Quotidien : Ce référendum aura été pollué par des questions sans rapport avec l'affaire européenne. Parmi les derniers événements de nature à troubler les Français au moment du vote, il y a l'annonce de la maladie du président. Vous qui avez été secrétaire général de l'Élysée dans une période difficile, puisque c'était au moment de la maladie de Georges Pompidou, croyez-vous qu'il fallait annoncer aux Français, à quatre jours du scrutin, que le chef de l'État était atteint d'un cancer ?
Édouard Balladur : Je crois que le calendrier était imposé par la nature. L'expérience prouve que ce genre de secret est impossible à garder. Pour ma part, je me réjouis de la transparence et je crois que les choses ne pouvaient pas se passer différemment. Je ne veux pas faire d'autres commentaires sur des questions qui concernent la vie privée et l'intimité d'un homme public qui, de surcroît, se trouve être le président de la République.
Le Quotidien : La maladie du président n'a pas été le seul élément de politique intérieure qui a perturbé le débat sur l'Europe...
Édouard Balladur : J'ai constamment demandé au cours de cette campagne qu'on mette de côté les problèmes de politique intérieure et qu'on se concentre sur une seule question : "Est-ce que l'Union européenne est ou non conforme aux intérêts de la France ?" Pour ma part, je suis convaincu qu'il est de l'intérêt de la France d'entrer dans l'Union européenne. Et c'est là-dessus que je me détermine pas du tout en fonction de mon opinion sur la gestion de l'actuel gouvernement que je crois mauvaise.
Le Quotidien : Il n'empêche que le débat de politique intérieure a eu lieu et aura lieu encore avec plus d'âpreté à partir de lundi. Ne croyez-vous pas, en cas de victoire du "oui", la tentation du président de la République de mener une opération de recomposition ?
Édouard Balladur : Les tentations sont une chose. Les réalités en sont une autre. La vie politique est faite de tentations inachevées. Je suis certain qu'il n'y a dans l'opposition qui se partage à peu près par moitié entre partisans du "oui" et parti- sans du "non" aucune tentation de recomposition parmi les partisans du "oui" ni parmi les partisans du "non".
Depuis 1988, et j'ai parfois été bien seul, j'ai constamment rappelé en quoi notre politique était différente de celle des socialistes.
Je crois qu'il ne faut pas tout mélanger. La politique européenne c'est fort important, mais il y a le reste. Il y a par exemple la politique sociale, la politique universitaire et scolaire, la politique économique et toutes les réformes que la France doit apporter à sa société, pour entrer dans l'Union européenne avec les meilleures chances de succès. Ce sera cela le grand débat à l'occasion des prochaines élections législatives. Et si je souhaite que la France entre dans l'Union européenne, c'est parce que ce sera le meilleur stimulant à la réforme.
Le Quotidien : Parmi les débats inévitables en matière de politique intérieure, la question de la cohabitation sera reposée dès lundi...
Édouard Balladur : Le débat sur la cohabitation renaîtra à chaque élection législative. Il a eu lieu avant les élections de 1973, au temps du Président Pompidou. Il a eu lieu avant 1978, quand beaucoup prévoyaient une victoire de la gauche. Il a eu lieu en 1986. Et il a lieu aujourd'hui.
Je voudrais dire deux choses. Premièrement, la cohabitation n'est pas contraire à nos institutions. Deuxièmement, cela ne veut pas dire qu'il faut y recourir en toutes circonstances. C'est justement affaire de moment. Et c'est un débat qu'il faudra que nous ayons.
Le Quotidien : Il y aura d'autres problèmes politiques à régler. Notamment celui de la cohabitation au sein du RPR entre ceux qui auront voté "oui" et ceux qui auront voté "non". Cette cohabitation-là sera-t-elle possible ?
Édouard Balladur : Nous avons donné un exemple, dont beaucoup d'autres partis feraient bien de s'inspirer, celui de la liberté et de la démocratie, chacun choisissant en conscience ce qu'il y a lieu de faire.
C'est toujours une expérience originale, intéressante et parfois difficile. Je suis sûr que Jacques Chirac a eu tout à fait raison d'adopter cette attitude.
On ne pourra pas dire non plus que ceux des membres du RPR qui ont pris position pour le "oui" étaient mus par des considérations d'opportunisme. Si des hommes comme Jacques Chirac ou moi-même, avons pris la position que nous avons prise, c'est que nous estimions que cela correspondait à notre conception de l'intérêt national. C'est de ce point de vue-là que je me suis constamment placé Quel est l'intérêt de la France ? Je ne suis pas un idéologue de la mythologie européenne. La France a intérêt à une Europe bien organisée, mieux organisée qu'aujourd'hui. L'affaire monétaire le démontre, et s'il en était besoin, dans un autre domaine qui est militaire, l'affaire yougoslave le montre aussi : nous avons besoin d'une Europe plus solidaire. La France y trouve son intérêt. Elle ne court aucun risque de voir sa personnalité nationale se diluer, et c'est pour cela que je vote "oui".
Le Quotidien : Rétrospectivement, compte tenu des incertitudes de ce scrutin, fallait-il vraiment préférer la voie référendaire à la voie parlementaire ?
Édouard Balladur : Je voudrais rappeler d'abord que nous avions demandé le référendum sur la réforme de la Constitution. J'ajoute par ailleurs que je suis partisan de l'extension du champ d'application et de l'usage du référendum. C'est pourquoi je souhaite qu'on ne politise pas ce type de consultation en y mêlant des considérations de politique intérieure.
Si, comme c'est le cas pour tous les gaullistes, on pense que c'est le peuple qui doit décider dans les circonstances importantes, il fallait à coup sûr en faire un sur ce sujet-là.
19 septembre 1992
Le Figaro
La tribune de Maastricht
Avoir confiance dans la France
Par Édouard Balladur
Tout a été dit, tous les arguments échangés. Le peuple doit décider. Je me réjouis que le référendum le lui permette. Quel qu'en soit le résultat, la démocratie y aura gagné.
La décision que nous allons prendre pose une question, une seule : avons-nous des raisons d'avoir peur de l'avenir ou d'avoir confiance en la France ? Là est le partage entre les partisans du "non" et les partisans du "oui".
Je vote "oui" sans hésitation parce que je crois qu'entrer dans l'Union européenne est une chance pour elle, car elle peut y tenir une très grande place, à condition de le vouloir.
Le désordre économique et monétaire auquel nous assistons depuis quelques jours a du moins un mérite : celui de démontrer qu'à défaut de coopération fortement organisée au sein des Douze, nous subissons tous les effets de la disparité des situations économiques et monétaires. Ce qui se passe depuis quelques jours n'est que le reflet des divergences entre une économie forte ayant une monnaie solide : mais qui finance sa réunification par l'endettement en élevant ses taux d'intérêt, et des économies plus faibles ayant des finances publiques moins bien gérées et donc plus fragiles, donc aussi des monnaies moins solides.
Si l'union monétaire existait, de pareils désordres ne seraient pas possibles, et la France y gagnerait. La crise monétaire actuelle le montre : ce n'est pas de moins d'Europe que la France a besoin, mais, au contraire, de davantage d'Europe, davantage de solidarité organisée entre les Douze.
Nos compatriotes ne doivent pas avoir peur, peur de plus de chômage, de plus d'immigration, de plus d'insécurité, peur du lendemain, peur de voir la France se diluer dans un plus vaste ensemble, peur qu'elle y perde son âme. L'Union européenne nous garantit mieux contre les risques et nous permet de défendre efficacement les intérêts de la France.
Le traité lui en donne tous les moyens Nul ne pourra imposer à la France de faire ce qu'elle ne veut pas faire puisqu'aucune décision essentielle ne pourra être prise sans son accord. En revanche, elle tirera un surcroît de prospérité, de progrès et d'autorité internationale de son association avec ses partenaires au sein de l'Europe des Douze. C'est pourquoi je souhaite résolument que le traité soit ratifié.
Regardons au-delà du 20 septembre. Il y aura des enseignements à tirer de ces quelques semaines que nous venons de vivre.
Le premier c'est que, il est vrai, il peut exister une incompréhension entre une bonne partie du peuple et ceux qui le dirigent ou qui le représentent. La campagne référendaire a montré que cette incompréhension existait. Sachons en tirer la leçon : ne pas faire vivre la politique en circuit fermé, nous expliquer davantage devant nos concitoyens débattre des grandes questions de notre avenir national plus fréquemment. Si cette campagne du référendum a durablement cet effet-là, nous devrons nous en réjouir.
Le deuxième, c'est qu'il faudra tenir compte des préoccupations qui se sont manifestées au cours de cette campagne. La politique européenne de la France doit accentuer le contrôle du pouvoir politique sur la bureaucratie, du Parlement national sur la législation communautaire, des États européens sur les dépenses de la Communauté : il nous faut nous préparer aussi à aller plus loin dans l'organisation de la défense de l'Europe par elle-même. Si tant de Français, ils s'inquiètent, il nous appartient de dissiper leur inquiétude. La ratification de ce traité n'est pas un aboutissement, c'est un point de départ.
Le troisième, c'est que nous n'entrerons dans l'Union européenne que si nous changeons profondément les structures de notre société, que si nous sommes capables de proposer à nos concitoyens des réformes hardies dans tous les domaines pour que la France tienne sa place dans cette association d'un type nouveau, qu'elle y soit plus forte, plus écoutée, qu'elle en retire un surcroit d'influence internationale.
C'est là que le référendum prépare la prochaine alternance. Si nous répondons "oui", c'est que nous avons confiance dans la capacité de la France à se moderniser, à se réformer pour jouer un rôle déterminant en Europe.
Je souhaite que les Français aient confiance en eux, confiance en la France.