Texte intégral
Spécial Apprentissage : Quel rôle assignez-vous à l'apprentissage ?
Michel Giraud : J'ai toujours pensé, notamment comme président de Région, et en comparant avec la situation de nos voisins, que l'apprentissage était resté le parent pauvre de notre système de formation. Avec environ 100 000 jeunes concernés, ses effectifs globaux ont stagné depuis dix ans, malgré les efforts de plusieurs conseils régionaux, très impliqués dans la rénovation de l'apprentissage. Or, parallèlement, on assiste à une inadéquation des filières traditionnelles, ce qui conduit beaucoup de jeunes, sans les qualifications requises, sur le marché du travail.
L'apprentissage qui repose sur un contrat de travail, offre aux jeunes une formation alternée entre enseignement théorique et formation dans les entreprises. Il leur permet d'être en prise directe avec les vrais besoins des entreprises. L'apprentissage, c'est la formation sur mesure et en temps réel.
Spécial Apprentissage : Quels sont les apports de l'apprentissage pour les entreprises ?
Michel Giraud : L'apprentissage offre trois principaux atouts aux entreprises :
– une meilleure gestion des ressources humaines puisqu'il favorise l'adéquation entre leurs besoins et les ressources du marché du travail ;
– l'assurance pour les entreprises qui participent directement à la formation, d'avoir un personnel opérationnel déjà acquis à leur culture d'entreprise ;
– enfin, la motivation des apprentis ayant choisi volontairement de se professionnaliser et qui se sentent déjà, par leur contrat de travail, un vrai salarié et non plus un élève ou un étudiant.
Spécial Apprentissage : Quelles mesures entendez-vous prendre ?
Michel Giraud : Les mesures que je compte prendre associent deux impératifs : accroître le nombre des apprentis ; améliorer la qualification pour accroître la performance des entreprises et faciliter, ainsi, la reprise.
J'ai proposé, dans le cadre de la politique sociale du gouvernement, trois mesures immédiates :
– un crédit d'impôt généralisé qui s'appliquera, désormais, non plus à l'embauche du seul premier apprenti, mais à tous les contrats d'apprentissage conclus en 1993 ;
– un crédit d'impôt augmenté, puisque désormais, les entreprises pourront déduire de leur charge d'impôt un quart du coût occasionné par un apprenti, soit 7 000 F pour les entreprises de moins de 50 salariés, ou 5 000 F pour celles de plus de 50 salariés.
Cette mesure est rétroactive au 1er janvier 1993, les crédits d'impôts étant déductibles dès 1994.
Une aide de 5 000 F pour l'embauche d'un apprenti, pour tous les contrats conclus entre le 1er juillet 1993 et le 30 juin 1994, mesure qui s'ajoute au crédit d'impôt.