Déclaration de M. Gérard Dantin, secrétaire national de la CFDT, le 1er octobre 1992, sur le projet de loi de finances pour 1993.

Prononcé le 1er octobre 1992

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Texte intégral

Budget de l'État 1993 : attentisme économique et politique

Selon le projet de loi de Finances pour 1993 arrêté par le gouvernement, le budget de l'État restera serré en 1993, pour la seconde année consécutive.

1) Globalement, les dépenses de l'État n'évolueront guère plus que les prix (3,4 % soit 0,6 point d'écart), nettement en-deçà de la richesse créée (2 points d'écart) ; encore faut-il souligner l'incertitude générale concernant les prévisions de croissance de l'économie.

Avec ces + 0,6 % en volume, il faudra payer le surcroit de charge de la dette et les priorités budgétaires : éducation, justice, emploi, sécurité … qui sont aussi les nôtres. La CFDT note avec intérêt l'effort consacré en direction du ministère du Travail ; cela devrait lui permettre de participer aux efforts de formation pour lutter contre le chômage, en particulier à ceux demandés par les signataires de l'accord UNEDIC. Les autres actions de l'État vont subir, globalement un recul de leurs moyens, donc des missions assurées. Certains crédits vont être particulièrement touchés (transports, affaires sociales et solidarité hors RMI). On note cependant que l'État créera plus d'emploi qu'il n'en supprimera (3 700 au total, mais 8 500 dans les ministères civils).

Au total, un budget peu dynamique dans sa dépense, accompagnant la langueur générale de l'économie plutôt que stimulant la reprise de celle-ci.

2) Les recettes pour financer les dépenses nécessaires font aujourd'hui défaut. C'est une conséquence du ralentissement prolongé de la croissance. On paie aussi des choix fiscaux du passé contestables et contestés par la CFDT : des évolutions trop aventureuses et rapides qui aboutissent naturellement au creusement actuel du déficit.

Réformer la fiscalité, oui, mais pas au détriment des services publics offerts aux habitants de notre pays. Hélas les mesures fiscales annoncées pour 1993 s'inscrivent dans un immobilisme certain et ne règlent aucun problème de fond. La CFDT se félicite cependant des mesures pour les familles dans la mesure où elles concernent l'ensemble des ménages.

3) La CFDT attend du débat parlementaire des inflexions importantes au projet gouvernemental. Elle concentrera ses interventions sur l'emploi.

Un programme exceptionnel d''investissements publics d'infrastructure (transports, logements, environnement) doit amorcer la reprise trop attendue, financée par un emprunt moins coûteux que le recours au déficit. Coordonné au niveau européen, un tel programme manifesterait la volonté des gouvernants de traduire en actes la volonté de coopération contre la crise que les peuples attendent de l'Europe.