Interview de Mme Dominique Voynet, ministre de l'aménagement du territoire et de l'environnement, dans "Le Parisien" du 22 septembre 1999, sur la campagne pour "la journée sans voiture" dans les villes.

Intervenant(s) :

  • Dominique Voynet - Ministre de l'aménagement du territoire et de l'environnement

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Texte intégral

Le Parisien : De nombreuses grandes villes ne participent pas à la journée sans voitures. Certains maires estiment qu’il s’agit d’un « gadget ».

Dominique Voynet : Ils ont raison. Si cette opération se limite à proposer à la population un événement spectaculaire mais sans lendemain, cela ne sert à rien. Si, au contraire, cette journée permet de tester grandeur nature de nouvelles zones piétonnes ou des systèmes de véhicules propres en accès libre, alors c’est formidable. C’est une journée civique ! L’idée est de créer une dynamique, de faire réfléchir sur nos habitudes de déplacement en ville.

Le Parisien : Pourquoi n’y a-t-il que 68 villes inscrites ?

Dominique Voynet : C’est compréhensible. Le cahier des charges pour participer à l’opération est cette année beaucoup plus exigeant que l’année dernière. De plus, les maires qui ont déjà engagé des réflexions dans leurs communes sur les déplacements urbains ou mis en place des solutions pour limiter l’usage de la voiture n’ont pas besoin d’une telle journée. Mais j’espère bien susciter un déclic chez les autres élus ainsi que chez nos voisins européens. Je suis d’ailleurs dans la bonne voie dans ce domaine : 99 villes italiennes se joignent à l’opération cette année.

Le Parisien : Et comment comptez-vous convaincre les automobilistes ?

Dominique Voynet : L’idée n’est pas de punir les gens qui utilisent leur voiture mais de les amener à se poser des questions. Plus de la moitié des déplacements en ville se font pour des trajets de moins de trois kilomètres. Est-ce que ça vaut vraiment le coup de prendre sa voiture dans ces conditions au risque de rester coincé dans les embouteillages ? Si, un jour sur deux, on se comportait de façon plus civique, ce serait déjà bien.

Le Parisien : Pourquoi ne pas proposer d’autres journées sans voiture pendant l’année ?

Dominique Voynet : C’est aux élus de s’organiser s’ils le souhaitent. Pas à moi. Encore une fois, ma démarche est de faire réfléchir, d’essayer de convaincre, mais je ne peux pas contraindre les villes.