Texte intégral
Les états généraux des entreprises ont un triple objet :
1. Rassembler les chefs d'entreprise, de toutes tailles et de tous les secteurs, pour qu'ils manifestent leur unité et leur solidarité face aux périls qui menacent les entreprises et l'économie toute entière. Car nos entreprises vivent une période dramatique !
2. Montrer à l'opinion comme aux pouvoirs publics le rôle véritable du chef d'entreprise mais aussi le rôle irremplaçable de l'entreprise comme créatrice de richesses, créatrice d'emplois et comme garante de l'indépendance nationale. L'affaiblissement constant des entreprises conduirait la France à la ruine !
3. Elaborer des propositions concrètes pour rendre aux entreprises leur compétitivité sans laquelle l'avenir des Français serait durablement compromis.
* Une organisation à trois niveaux
C'est le 15 décembre 1981, devant l'assemblée générale qui m'a élu président du CNPF, que j'ai décidé d'organiser des états généraux des entreprises à trois niveaux.
1. Dans un premier temps, à partir de janvier 1982, des groupes de travail ont rassemblé, à travers toute la France, des chefs d'entreprises petites, moyennes ou grandes, appartenant à tous les secteurs de l'économie et adhérents des fédérations professionnelles, des unions patronales interprofessionnelles mais aussi des organismes de réflexion patronaux comme le CJD, l'ETHIC, le Patronat chrétien, l'Association des femmes chefs d'entreprise, etc.
Ces groupes de travail ont élaboré des cahiers de propositions sur les problèmes qui les préoccupent. Ces cahiers serviront de trame aux travaux des états généraux régionaux et nationaux. Plus de cent cahiers de propositions sont ainsi déjà parvenus au CNPF.
2. Des états généraux régionaux vont se tenir dès le 15 septembre 1982 à travers toute la France sur des thèmes aussi divers que la création d'emplois, l'expression et la participation des salariés, la liberté du travail, la liberté d'entreprendre, etc.
Près de 30 manifestations régionales ou départementales sont d'ores et déjà programmées. Elles seront, dans certains cas, accompagnées « d'opérations portes ouvertes sur l'entreprise ».
3. Les états généraux nationaux se tiendront à Villepinte, près de Roissy, le 14 décembre 1982 sur le thème de « L'entreprise en péril ».
Cette manifestation sera la plus importante mobilisation des chefs d'entreprise jamais réalisée. Nous attendons plus de 15 000 chefs d'entreprise, délégués de toutes les communes, de tous les départements et de toutes les régions de France.
J'ai adressé, le 1er septembre, une lettre accompagnée d'un bulletin d'inscription, à 100 000 chefs d'entreprise, pour les inciter à participer à ces états généraux nationaux. En 8 jours, plus de 1 000 chefs d'entreprise - pour l'essentiel des chefs de petites entreprises - ont déjà répondu à cet appel.
L'ampleur et la rapidité des réponses témoignent de l'extrême inquiétude des chefs d'entreprise face à l'avenir de l'économie nationale et de leur volonté d'agir.
La journée du 14 décembre 1982 se déroulera en trois temps :
- le rôle du chef d'entreprise : « Les chefs d'entreprise sont, eux aussi, des travailleurs », ils luttent contre le chômage, pour la qualité de la vie, pour la richesse du pays et l'indépendance nationale ;
- le rôle de l'entreprise : « Ne cassez pas l'outil de travail ! », non aux charges croissantes, non aux entraves à l'efficacité, oui à la liberté du travail ;
- en conclusion, sera présenté un manifeste de l'entreprise qui rassemblera les principales propositions d'actions des chefs d'entreprise.
Ce sont les travaux de milliers de chefs d'entreprise, menés depuis 10 ans dans toutes les régions de France, qui donneront le ton à ces états généraux.
En prolongement des états généraux, nous ferons de l'année 1983 « L'année de l'entreprise ».
Nous organiserons des forums dans toutes les villes de France au cours desquels des chefs d'entreprise expliqueront aux Français le rôle de l'entreprise, ses limites mais aussi ses possibilités.
Car la reconnaissance par les Français du rôle national et essentiel des entreprises est la condition première du relèvement de notre économie et donc du pays.
Nous voulons faire partager aux Français notre conviction. Leur avenir dépend de la vitalité et de la force de leurs entreprises. Les entreprises françaises sont en mesure de relever les défis du futur et de maintenir la France au rang de grande nation.
Mais il faut - et d'urgence - stopper la dégradation de la situation des entreprises, leur rendre la liberté d'agir et les moyens de se développer.