Interview de Mme Brigitte Klinkert, ministre déléguée à l'insertion, à France Bleu Alsace le 23 septembre 2020, sur la communauté européenne d'Alsace.

Texte intégral

LE JOURNALISTE
La communauté européenne d'Alsace deviendra une réalité dans 100 jours.

AURELIE LOCQUET
Oui, la collectivité européenne d'Alsace, dont les deux artisans sont réunis en direct ce matin sur France Bleu, Frédéric BIERRY, le président du Conseil départemental du Bas-Rhin et Brigitte KLINKERT, ancienne présidente du département du Haut-Rhin, aujourd'hui ministre déléguée aux Solidarités. Bonjour à tous les deux. Merci d'avoir accepté de former ce duo ce matin…

FREDERIC BIERRY
Bonjour…

BRIGITTE KLINKERT
Bonjour à vous…

AURELIE LOCQUET
Pour les auditeurs de France Bleu Alsace. Alors la collectivité européenne d'Alsace, c'est demain, c'est dans ces dans 100 jours, les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin vont fusionner, Frédéric BIERRY, c'est le retour de l'Alsace.

FREDERIC BIERRY
Ah, c'est un retour institutionnel de l'Alsace qui était attendu fortement par les Alsaciens. Et la collectivité européenne d'Alsace mettra les Alsaciens au coeur de son action, et c'est effectivement une attente forte de nos concitoyens, on va pouvoir la mettre en oeuvre avec une collectivité qui sera proche de nos concitoyens, qui répondra à leurs attentes, qui développera une politique publique encore plus qualitative, parce qu'on va tirer le meilleur parti de ce que faisait le Haut-Rhin, le meilleur parti de ce que faisait le Bas-Rhin.

AURELIE LOCQUET
Brigitte KLINKERT, quelle sera la différence finalement avec la région Alsace qu'on avait avant les grandes régions ?

BRIGITTE KLINKERT
Vous savez, la collectivité européenne d'Alsace qui va naître maintenant dans 100 jours, avec les compétences des deux départements, mais aussi avec des compétences nouvelles qui nous viennent de l'Etat et qui nous viennent de la région va être véritablement l'alliée des Alsaciens, des associations, des élus locaux et des entrepreneurs dans leur quotidien. La collectivité européenne d'Alsace va nous permettre d'agir concrètement, par exemple, avec le transfert des routes, nous allons pouvoir agir pour mettre fin à la situation catastrophique que nous connaissons sur l'A35, mettre fin aux bouchons à répétition, une situation tout à fait inacceptable actuellement. Demain, avec la collectivité européenne d'Alsace, chaque petit Alsacien aura aussi la chance de devenir bilingue, nous lui ouvrirons un bassin d'emplois à 360 degrés avec les meilleures opportunités, et puis, et c'est d'actualité, c'est la possibilité aussi pour les fédérations sportives, culturelles et professionnels de s'organiser à l'échelle locale, parce que la proximité est un facteur très, très important, c'est la priorité de la collectivité européenne d'Alsace, proximité et efficacité au service des Alsaciens.

AURELIE LOCQUET
On reviendra plus dans le détail un petit peu plus tard sur certaines compétences, on évoquait à l'instant les routes, le bilinguisme aussi.

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FREDERIC BIERRY
(…) Et pour que ça fonctionne, il faut que les gens se sentent appartenir à un territoire, ils se sentent Alsaciens, ils ne se sentiront jamais Grand-Estiens, Grand-Estois.

AURELIE LOCQUET
Brigitte KLINKERT, c'est votre avis aussi ?

BRIGITTE KLINKERT
Alors, justement, vous savez, nous, les Alsaciens, nous sommes connus pour être travailleurs et perfectionnistes, mais autorisons-nous un instant à lever la tête et à voir tout le chemin que nous avons parcouru depuis les deux dernières années puisque le retour à l'Alsace a longtemps été tout, sauf une évidence, il a fallu se battre, il a fallu se mobiliser, et sans ce projet, l'Alsace aurait certainement définitivement disparu. Alors c'est vrai, c'est une première étape, et l'Alsace avec la loi sur la différenciation va pouvoir acquérir des compétences supplémentaires, par exemple en matière de coopération sanitaire, et j'ai rencontré récemment Olivier VERAN, nous travaillons sur le sujet de la coopération sanitaire et transfrontalière, dans le domaine de l'économie de proximité également, je travaille également avec Jacqueline GOURAULT, et je tiens à saluer son engagement sur le sujet, parce que cette collectivité européenne d'Alsace est le résultat d'une véritable co-construction entre les Alsaciens et le gouvernement, puisque le président de la République nous a proposé de construire une collectivité à l'échelle de l'Alsace, j'échange également avec Jean-Baptiste DJEBBARI sur le transfert des routes nationales et la régulation du trafic de transit…

AURELIE LOCQUET
Ça, c'est un sujet important Brigitte KLINKERT, ce côté trafic. On va l'évoquer dans quelques instants, restez avec nous, parce que les artisans de la collectivité européenne d'Alsace, Frédéric BIERRY et Brigitte KLINKERT, sont en direct ce matin sur France Bleu, à 100 jours de la création de la CEA, alors dans quelques instants, on va aussi évoquer des sujets qui fâchent un petit peu, le siège la collectivité, la présidence aussi, et puis, les économies qu'on peut faire ou pas.

LE JOURNALISTE
Le siège de la collectivité justement, on va en parler avec les Haut-rhinois ce matin, nous sommes en direct depuis Colmar où Laure BASTERREIX se balade aux abords de la gare, à la rencontre donc des habitants. (…)

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AURELIE LOCQUET
A 100 jours du lancement de cette collectivité européenne d'Alsace, les artisans sont avec nous en direct ce matin. Alors, on vient de l'entendre, le siège, c'est évidemment quelque chose qui pose question. Brigitte KLINKERT, Strasbourg ou Colmar pour le siège de la CEA ?

BRIGITTE KLINKERT
Alors, je voudrais déjà répondre une intervenante que nous avons entendue tout à l'heure, et je vous le dis, la collectivité européenne d'Alsace, ce n'est pas une lubie politique, c'est réellement un piédestal pour mettre en valeur tous les talents et toutes les énergies de l'Alsace. Pour le siège, vous savez les accords de Matignon, que nous avons signés il y a deux ans, prévoyaient que ce soit les élus alsaciens qui soient souverains pour choisir le siège de la collectivité, tant le Parlement que le gouvernement respectent cet engagement, puisque l'ordonnance institutionnelle va nous donner jusqu'au 30 juin 2021, et ce sont les conseillers d'Alsace qui fixeront leur siège. La décision sera prise par les élus, par ceux qui auront élus à la collectivité européenne d'Alsace.

AURELIE LOCQUET
Vous, Brigitte KLINKERT, vous avez certainement une préférence quand même ?

BRIGITTE KLINKERT
Le siège va devoir s'inscrire dans une vision globale et un plan global de gouvernance, nous y travaillons, et quel que soit le siège, la collectivité européenne d'Alsace sera une collectivité de proximité ancrée dans tous les territoires, car la collectivité européenne d'Alsace n'est justement pas un projet de centralisation ou que cela soit, et donc, les réunions devront se tenir aussi bien à Colmar qu'à Strasbourg, voire dans d'autres communes alsaciennes.

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FREDERIC BIERRY
(…) La seule chose la plus importante pour nos concitoyens, c'est des politiques qu'on fait à leur intention, comme on les protège, comment on prend soin d'eux dans l'action publique du quotidien, et en même temps, on voit comment organiser cette collectivité pour qu'elle soit, dès le 1er janvier, en capacité d'agir, finalement, c'est ça, l'important pour nos concitoyens.

AURELIE LOCQUET
Important aussi quand même…

BRIGITTE KLINKERT
Si vous permettez, je voudrais rajouter que nous avons oeuvré ensemble, nous continuons à oeuvrer ensemble et nous continuerons bien sûr à le faire, il y a des débats, et c'est fort heureux, si à 100 jours d'une révolution institutionnelle si importante, nous n'en avions pas, je m'inquiéterais même, nous savons nos responsabilités face aux Alsaciens, et elles vont nous guider jusqu'à la réussite de ce projet.

AURELIE LOCQUET
Et il va falloir aussi, Brigitte KLINKERT, vous mettre d'accord sur la présidence, même si je sais très bien que vous allez me répondre que ce sont les conseillers départementaux qui désigneront le président, il y aura quand même des candidats. Est-ce que vous, Brigitte KLINKERT, vous serez candidate à la présidence ?

BRIGITTE KLINKERT
Nous avons engagé l'Alsace dans un processus institutionnel exceptionnel et inédit, il impose un vrai sens des responsabilités, il impose de la hauteur de vue, de l'humilité. Je crois que nous sommes tout à fait d'accord là-dessus. Donc la première étape, c'est le projet, c'est de construire, de terminer la construction de cette collectivité, ensuite, nous pourrons choisir qui est le mieux à même de les porter et de les mettre en oeuvre ; je crois vraiment que les Alsaciens, et ils me le disent tous les jours, ne veulent pas de guerre des chef ou d'aventures personnelles, ce qu'ils veulent, c'est du collectif, une équipe Alsace à leur service. Je suis pour ma part à 1000 % dans cet état d'esprit, au travail, encore au travail et toujours au travail au service des Alsaciens. Les Alsaciens, je le disais tout à l'heure, veulent une Alsace qui marche sur ses deux pieds, le Haut-Rhin et le Bas-Rhin, et nous en sommes ensemble les garants.

AURELIE LOCQUET
Ça veut dire, Brigitte KLINKERT, tout de même, que vous allez continuer à oeuvrer pour cette collectivité, vous serez candidate aux élections cantonales pour siéger à la collectivité européenne d'Alsace ?

BRIGITTE KLINKERT
Alors, je suis une femme de terrain et attachée à ce que c'est d'être une élue locale, je serai donc, bien sûr, candidate dans mon canton de Colmar 2 en mars prochain. Vous savez, dans ce projet, il y a un mot auquel je ne renoncerai jamais, c'est le « nous », dans mon dictionnaire, le « nous » est synonyme de réussite collective et de développement. Alors avec l'ensemble de mes collègues, j'oeuvrerai à la conception et à la concrétisation de ces projets et je prendrai mes responsabilités, comme je l'ai toujours fait, aucune possibilité n'est à écarter.

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AURELIE LOCQUET
Il nous reste deux petites minutes, donc je vais vous demander d'être assez court tous les deux, parce que c'est un sujet qui intéresse vraiment les Alsaciens, vous avez parlé des routes, Brigitte KLINKERT, à plusieurs reprises, est-ce qu'on va arriver à mettre en place une écotaxe, est-ce qu'on va réussir à cesser de voir ces files de camions sur les autoroutes en Alsace ?

BRIGITTE KLINKERT
Alors, oui, quand chaque semaine, on compte plusieurs accidents, chaque jour, des bouchons, les travailleurs, les artisans, les entrepreneurs perdent des heures dans ces bouchons, quand on connaît aussi les pics de pollution, il faut trouver une solution ; je ne connais pas d'Alsaciens qui me disent que tout va bien dans le domaine des routes et qu'il ne faut surtout rien changer sur la gestion de nos routes. Nous avons entendu les Alsaciens, pris nos responsabilités, la mobilité est une compétence essentielle, et nous travaillerons avec les professionnels locaux pour adopter le meilleur système de régulation du trafic de transit, et nous travaillerons avec le gouvernement pour trouver les meilleures modalités de mise en oeuvre…

AURELIE LOCQUET
Oui, parce que ça va être compliqué de trouver quelque chose qui permette de ne pas trop faire payer les transporteurs alsaciens, mais tout de même, les transporteurs qui viennent d'Allemagne qui évitent de passer par l'Allemagne pour paye…

BRIGITTE KLINKERT
Vous savez, rien n'est impossible, il y a quelques années, on nous disait aussi que la création d'une collectivité d'Alsace serait impossible, là, on est à 100 jours de la construction de la collectivité.

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AURELIE LOCQUET
J'aimerais vous remercier vraiment tous les deux, Brigitte KLINKERT, l'ancienne présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin…

FREDERIC BIERRY
Bonne journée Brigitte !

BRIGITTE KLINKERT
Belle journée à tous…

AURELIE LOCQUET
Qui est ministre aux Solidarités, et puis, Frédéric BIERRY qui était donc avec nous aujourd'hui en studio, le président du Conseil départemental du Bas-Rhin.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 25 septembre 2020