Interview de Mme Élisabeth Borne, ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, à CNews le 25 septembre 2020, sur la situation pour les restaurateurs marseillais, les mesures prises pour les accompagner et la situation générale au vu des chiffres de l'épidémie.

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Texte intégral

LAURENCE FERRARI
Bonjour Elisabeth BORNE.

ELISABETH BORNE
Bonjour.

LAURENCE FERRARI
Bienvenue sur le plateau de la matinale de CNews. Les restaurateurs marseillais ont l'impression d‘être punis, on va mourir, disent-ils. Qu'est-ce que vous leur répondez ? Ils manifestent ce matin devant le tribunal de commerce de Marseille.

ELISABETH BORNE
Eh bien, d'abord, que ce sont des décisions difficiles, mais qu'elles sont aussi indispensables compte tenu de l'évolution de la situation sanitaire à Marseille…

LAURENCE FERRARI
Difficiles pour eux, d'abord ?

ELISABETH BORNE
Eh bien, difficiles à prendre aussi, parce que, évidemment, on préférerait ne pas à voir à prendre ce genre de mesures, mais quand on voit la situation jeudi à Marseille où on est à cinq fois le taux qui est un taux d'alerte en France et en Europe, quand on voit l'augmentation du nombre de patients en réanimation, évidemment, il faut agir, et il faut agir maintenant pour éviter de se retrouver dans la situation qu'on a connue au mois de mars.

LAURENCE FERRARI
Est-ce que vous pensez que les élus locaux jouent avec la maladie, ce qu'a dit le Premier ministre hier soir ?

ELISABETH BORNE
Je pense qu'il ne l'a pas dit comme ça, il a dit qu'il y avait un moment où l'Etat doit prendre ses responsabilités pour décider des mesures qui peuvent évidemment être impopulaires, avec Bruno LE MAIRE, on a échangé avec les représentants du secteur dès hier, on leur reparlera tout à l'heure, cet après-midi. Et le Premier ministre l'a dit…

LAURENCE FERRARI
Avec des mesures concrètes…

ELISABETH BORNE
Oui, le Premier ministre l'a dit, ce sont des secteurs qui ont été accompagnés massivement depuis le début de la crise, et on va encore renforcer le dispositif, que ce soit l'activité partielle, pour assurer la rémunération des salariés sans que ça ne coûte rien à l'entreprise…

LAURENCE FERRARI
Donc 100 % de prise en charge…

ELISABETH BORNE
100 %, 100 % de prise en charge.

LAURENCE FERRARI
Jusqu'à quand ?

ELISABETH BORNE
Eh bien, écoutez, le temps évidemment de la fermeture de ces établissements, ils seront accompagnés avec cette activité partielle prise en charge à 100 %. Il y a aussi évidemment l'annulation des charges sociales et fiscales, et puis le fonds de solidarité qui va être beaucoup plus généreux, plus puissant que ce qu'il y avait jusqu'à présent…

LAURENCE FERRARI
1.500 euros, c'est ça, ce sont les chiffres ?

ELISABETH BORNE
Ça va passer à 10.000 euros par mois…

LAURENCE FERRARI
10.000 euros par mois.

ELISABETH BORNE
10.000 euros par mois.

LAURENCE FERRARI
Et ça leur permettra, vous pensez, de couvrir la période de fermeture ?

ELISABETH BORNE
L'objectif, c'est évidemment qu'on puisse couvrir leurs charges fixes et qu'ils ne soient pas mis en difficulté malgré cette mesure qui est indispensable.

LAURENCE FERRARI
Le chômage partiel, on en est où aujourd'hui en termes de personnes au chômage partiel ?

ELISABETH BORNE
Alors, heureusement, le nombre de personnes qui ont besoin de ce chômage partiel a beaucoup baissé, on était, vous savez, à 9 millions au plus fort de la crise, on était au mois d'août à 1,3 million.

LAURENCE FERRARI
D'accord. Ce qui frappe, c'est que…

ELISABETH BORNE
Ça veut dire que l'activité reprend.

LAURENCE FERRARI
Elle reprend. Est-ce qu'elle ne va pas être justement complètement ralentie et cassée par ces mesures de reconfinement partiel, parce que le mot confinement a d'ailleurs été évoqué hier par le Premier ministre ?

ELISABETH BORNE
Ce que le Premier ministre a dit, c'est qu'il faut agir maintenant si on ne veut pas avoir à nouveau des services de réanimation saturés, et donc c'est bien ce qu'on est en train de faire, l'activité économique, elle doit continuer. Et c'est vraiment l'objectif d'éviter cette hausse des patients en réanimation. En entreprise, il y a des mesures qui sont très strictes, le nouveau protocole sanitaire qui s'applique depuis début septembre, il permet aux salariés de revenir en confiance sur leur lieu de travail, et effectivement, d'avoir leur santé protégée. Et on constate que toutes les entreprises qui appliquent ces mesures, il n'y a pas de chaînes de contamination, donc on peut effectivement aller en entreprise, appliquer tous les gestes barrières et avoir sa santé qui est protégée.

LAURENCE FERRARI
Effectivement, pas de cluster en entreprise, pour celles qui appliquent le protocole sanitaire, c'est une bonne chose. Vous aviez parié sur près de 600.000 emplois détruits, est-ce qu'on ne va pas aller au-delà ?

ELISABETH BORNE
Pour l'instant, les indications qu'on a, elles sont plutôt positives, puisque, vous savez, on avait eu une hausse très forte du chômage de catégorie A, c'est-à-dire les demandeurs d'emploi qui n'ont aucune activité. Et on voit depuis le mois de mai que ce nombre de demandeurs d'emploi baisse à nouveau. Alors c'est des gens qui se retrouvent dans les catégories où on a une activité réduite, en fait, voilà, on ne travaille pas à 100 %, mais on a rattrapé à peu près la moitié de la hausse d'un million, et j'espère bien que les chiffres qu'on aura tout à l'heure permettront de continuer cette tendance.

LAURENCE FERRARI
On va parler des jeunes dans un instant, parce qu'il y a beaucoup de dispositifs qui fonctionnent pour eux, est-ce que vous avez téléchargé l'application StopCovid, c'était la question piège hier pour le Premier ministre ?

ELISABETH BORNE
Je vous confirme que j'ai téléchargé cette application…

LAURENCE FERRARI
Hier soir après la fin de l'émission ou pas ?

ELISABETH BORNE
Non, non, mais parce que je prends aussi les transports en commun. Peut-être le Premier ministre ne les prend pas, il l'a dit, dans le cadre de ses fonctions, et je pense que c'est bien d'avoir effectivement cette application.

LAURENCE FERRARI
Et elle ne fonctionne pas tellement bien aujourd'hui, parce qu'il n'y a pas assez de monde, voilà, il n'y a pas assez de monde qui l'a téléchargée, elle ne fonctionne qu'à 20 millions de téléchargements…

ELISABETH BORNE
Je pense que c'est important de se dire que c'est aussi un outil pour être bien informé si on a croisé quelqu'un qui avait effectivement attrapé la Covid.

LAURENCE FERRARI
Ce qui me frappe dans la décision qui est prise pour les restaurateurs marseillais, aujourd'hui, parisiens demain, on ne sait pas si les restaurants ne vont pas fermer aussi en Ile-de-France ou ailleurs, c'est le manque de concertation, le manque de bases chiffrées, est-ce que vous avez le nombre de contaminations dans les restaurants aujourd'hui en France ?

ELISABETH BORNE
Le Premier ministre l'a dit, c'est deux plus que dans les autres secteurs, est trois fois plus dans les bars, donc ce sont des décisions qui s'appuient sur les avis des scientifiques, et je vous dis, elles permettent aussi de casser, en tout cas, c'est l'objectif, cette croissance de l'épidémie et d'éviter d'avoir à prendre des mesures plus difficiles.

LAURENCE FERRARI
C'est-à-dire le confinement.

ELISABETH BORNE
C'est-à-dire le confinement. Et personne n'a envie de revenir dans la situation du mois de mars et d'avril.

LAURENCE FERRARI
Néanmoins, c'est un scénario qui est à l'étude sur votre dossier ?

ELISABETH BORNE
Mais, vous savez, on voit aujourd'hui qu'on a 20 % en moyenne des lits de réanimation qui sont occupés, avec des augmentations très fortes, à Marseille, on est à peu près à saturation des capacités en réanimation, évidemment, elles vont être augmentées. Mais si France entière, on se retrouve avec des capacités en réanimations saturées, vous voyez bien qu'on sera amené à prendre des décisions beaucoup plus difficiles.

LAURENCE FERRARI
Olivier VERAN se rend cet après-midi à la Timone, il faut faire de la pédagogie, peut-être plus de pédagogie que ce qui n'a été fait jusqu'auparavant ?

ELISABETH BORNE
Je pense qu'il faut que chacun ait en tête que c'est notre responsabilité à chacun d'éviter la propagation du virus, de pouvoir continuer, et c'est l'objectif du gouvernement, que l'école puisse continuer à fonctionner, que les activités culturelles fonctionnent, et moi, je souhaite évidemment que les salariés puissent continuer à aller au travail ; on a besoin de pouvoir faire repartir notre économie, c'est l'objet du plan de relance, et chacun effectivement doit aussi être responsable pour freiner la propagation de cette épidémie.

LAURENCE FERRARI
Mais ma question, c'était sur la pédagogie, est-ce qu'il y a un manque de pédagogie de la part du gouvernement, on a tout dit et son contraire aux Français : ne portez pas les marques, ça ne sert à rien, quand on aura les tests, on sera sauvé, aujourd'hui, on a les masques, on a les tests, et on est au bord du reconfinement…

ELISABETH BORNE
Je pense aussi, vous savez, que c'est un virus qu'on ne connaissait pas, il y a quelques mois, nous, on suit les avis des scientifiques qui ont aussi évolué au rythme de la connaissance du virus, en tout cas, je pense qu'aujourd'hui, appliquons tous les gestes barrières, soyons tous prudents, et ça évitera effectivement des décisions difficiles.

LAURENCE FERRARI
Mais pour vous, il n'y a pas eu d'erreur de communication du gouvernement, vous avez du mal à me répondre…

ELISABETH BORNE
Eh bien, écoutez…

LAURENCE FERRARI
Et dire : oui, on n'a pas dit forcément des choses très sensées…

ELISABETH BORNE
Manifestement, enfin, l'équilibre, il est difficile entre ne pas inquiéter tout le monde, en même temps, être conscient que c'est un virus qui peut, chez les personnes vulnérables, avoir des conséquences graves, eh bien, manifestement, on doit pouvoir mieux faire et on va continuer à faire de la pédagogie.

LAURENCE FERRARI
La concertation, est-ce qu'elle existe dans notre pays, parce que, là, les élus locaux ont été mis devant le fait accompli, on l'a bien vu à Marseille, ils ont à peine été prévenus, une heure avant par le ministre et le préfet. C'est une blague la concertation aujourd'hui ?

ELISABETH BORNE
La concertation elle existe depuis des semaines à Marseille, je pense que ça fait des semaines qu'on alerte sur cette situation, qu'il y a des échanges avec les collectivités, maintenant, il y a des grands principes qui ont été définis au niveau national, on a aussi une demande clarté, vous savez, les organisations patronales avec lesquelles moi, j'échangeais hier, elles veulent aussi des règles claires. Quand on n'a pas les mêmes règles d'une métropole à l'autre, on nous dit aussi : c'est compliqué, ayez au moins des principes clairs, on a ces principes clairs, et il y a de la place pour de la discussion aussi avec les élus, et c'est ce qui se fait actuellement.

LAURENCE FERRARI
Après coup, après avoir pris la décision…

ELISABETH BORNE
Les principes, ils sont clairs, et maintenant, il y a une discussion sur les modalités de mise en oeuvre.

LAURENCE FERRARI
On va parler des jeunes parce que c'est extrêmement important, 700.000 jeunes arrivent sur un marché du travail qui est sinistré évidemment, la solution, finalement, c'est la bonne vieille prime à l'embauche que vous aviez supprimée en arrivant au gouvernement, et que vous rétablissez en cours de route…

ELISABETH BORNE
Vous savez, l'objectif, c'est vraiment de ces jeunes, tous ces jeunes qui arrivent, qu'on soit capable de leur proposer une réponse en fonction de leur situation, on a un plan massif qui a été annoncé dès le mois de juillet, et on a des signaux positifs, des bonnes nouvelles. Vous savez que, évidemment, les recrutements sur l'année 2020 étaient en dessous chaque mois de ce qu'ils étaient en 2019, la bonne nouvelle, c'est qu'au mois d'août, on a 9 % de recrutements de plus qu'en 2019, 180.000 jeunes qui ont été recrutés. Eh bien écoutez, voilà, on ne va pas crier victoire, mais en tout cas, c'est une bonne nouvelle.

LAURENCE FERRARI
C'est sûr que pour ces 180.000, ça fait toute la différence, mais il y en a 700.000 qui arrivent sur le marché du travail, comment les accompagner et les aider ?

ELISABETH BORNE
Eh bien, on incite vraiment les entreprises à ne pas différer les embauches, à embaucher maintenant, c'est le sens de la prime, on a aussi des aides très importantes pour encourager l'apprentissage. 8.000 euros si vous signez un contrat d'apprentissage avec un majeur. Et, enfin, avant l'été, on nous disait : l'apprentissage, ça va s'effondrer, certains secteurs nous disaient : on sera à moins 30 %, le retour qu'on a aujourd'hui, les chiffres ne sont pas encore totalement consolidés, mais, moi, je suis confiante sur le fait qu'on aura autant de contrats d'apprentissage en 2020 qu'en 2019. Et donc pour chaque jeune, on a une solution de formation, d'embauche, d'accompagnement, et c'est vraiment l'objectif, c'est aucun jeune sans solution.

LAURENCE FERRARI
C'est un engagement que vous prenez, vous vous engagez à ce qu'il y ait autant d'apprentis cette année que l'an dernier ? C'est un objectif difficile à atteindre…

ELISABETH BORNE
Je crois que cet objectif, il est à notre portée, évidemment, il ne dépend pas que de moi, mais moi, je me réjouis que les centres de formation des apprentis, que les collectivités, que les branches professionnelles soient mobilisés, je pense que tout le monde est conscient que notre responsabilité collective, c'est de permettre aux jeunes d'arriver à trouver, soit, une formation, soit, un emploi, soit d'être accompagnés vers l'emploi, tout le monde est mobilisé, je pense que c'est une bonne chose, et qu'on va réussir ensemble.

LAURENCE FERRARI
Est-ce que les mesures qui ont été prises hier par le gouvernement, il y en aura sans doute d'autres la semaine prochaine, ne sont pas de nature à freiner la croissance, la reprise économique que vous appeliez de vos voeux, Eric de RIEDMATTEN citait un chiffre de 17 % de rebond cet été, moins 4 % pour l'automne ?

ELISABETH BORNE
Les mesures qui sont prises, elles doivent nous permettre d'éviter un reconfinement général, de nous permettre à continuer à vivre…

LAURENCE FERRARI
Bien sûr, sur la croissance et l'économie…

ELISABETH BORNE
Et c'est vraiment le sens de ces mesures, et c'est évidemment tout le sens du plan de relance, vous savez, 100 milliards d'euros, 15 milliards sur l'emploi et la formation, mais 100 milliards d'euros pour faire repartir notre économie, et effectivement, l'objectif, c'est que tous les acteurs, entreprises collectivités, s'en saisissent le plus vite possible, comme je pense qu'ils sont en train de le faire avec le Plan Jeunes.

LAURENCE FERRARI
Mais vous imaginez bien que ce signal de fermeture de certains établissements, et avec d'autres menaces évidemment qui vont arriver la semaine prochaine, n'est pas de nature à encourager ceux qui veulent investir, ceux qui veulent entreprendre ?

ELISABETH BORNE
Moi, je suis consciente qu'il faut de la confiance, la confiance, c'est de dire qu'aujourd'hui, on a des bonnes règles en entreprise qui permettent à la fois de travailler tout en étant protégé, c'est aussi les aides massives qu'on donne pour la rénovation des bâtiments, pour développer la mobilité propre, c'est l'effort massif qu'on fait pour protéger les emplois dans les entreprises avec l'activité partielle de longue durée. Donc on a toute une série de mesures…

LAURENCE FERRARI
On a énuméré déjà tout ça, moi, je vous parle de confiance, c'est-à-dire, est-ce que les Français aujourd'hui font confiance au gouvernement, aux annonces qui sont faites, au chiffre de 100 milliards qui est annoncé, de façon un peu magique, c'est un peu la pensée magique, l'épargne des Français n'a jamais été aussi haute pour l'instant, ils ne croient pas à la parole du gouvernement…

ELISABETH BORNE
Ecoutez, ça veut dire que – vous citez cette épargne – ça veut dire qu'on a chacun notre responsabilité pour arrêter la propagation du virus, on a chacun notre responsabilité pour faire repartir l'économie, on met des mesures massives, évidemment, il faut que chacun s'en saisisse.

LAURENCE FERRARI
Télétravail, c'est impossible que ça devienne la norme, il y a des secteurs dans lesquels, on l'a bien vu pendant confinement, c'est impossible, mais est-ce que ça veut dire qu'il va y avoir une réorganisation durable de la façon dont on va travailler demain ?

ELISABETH BORNE
Alors, on l'a vu pendant le confinement, effectivement, ça s'est imposé, pas forcément avec toute la préparation voulue, ce n'était pas la façon idéale de télétravailler, aujourd'hui, on continue à recommander fortement le télétravail. Et puis la question qui se pose, c'est comment on s'organise dans la durée pour tirer tous les avantages du télétravail, c'est moins de fatigue, moins de déplacements, c'est moins de pollution aussi, si vous prenez moins votre voiture, donc ça a beaucoup d'avantages. Moi, je me réjouis que les partenaires sociaux aient décidé d'engager des négociations pour avoir un accord qui donnera des repères pour que le télétravail s'organise au mieux dans les entreprises…

LAURENCE FERRARI
Avec un droit à la déconnexion possible pour le salarié, parce que c'est ça aussi le risque, c'est qu'on soit corvéable à merci…

ELISABETH BORNE
Ça fait partie justement des thèmes qui vont être abordés dans la négociation, le droit à la déconnexion, évidemment, le double volontariat, de l'entreprise et du salarié, la possibilité de revenir en arrière, donc de retourner travailler dans son entreprise, c'est des repères importants qui pourront être donnés dans l'accord en discussion entre les partenaires sociaux, pour que les entreprises, les branches qui s'en saisissent aient des bons repères.

LAURENCE FERRARI
Une dernière question sur le congé paternité qui va être allongé à 28 jours, c'est formidable pour l'égalité entre hommes et femmes, néanmoins, il y a beaucoup de patrons, notamment de petites entreprises, qui sont très inquiets, parce qu'ils se disent qu'ils ne vont pas s'en sortir si deux ou trois salariés leur demandent en même temps ces 28 jours, est-ce qu'il y a une possibilité pour eux d'adapter cette mesure ou pas ?

ELISABETH BORNE
Donc c'est une avancée importante, on a veillé à ce que ce soit zéro charge supplémentaire pour les entreprises, c'est la Sécurité sociale qui finance les 14 jours supplémentaires. Et puis, je vous confirme qu'il y a un espace de discussions sur les modalités de mise en oeuvre, par exemple, sur les délais de préavis, sur la possibilité de fractionner le congé paternité, donc on va continuer la discussion avec les partenaires sociaux sur ces modalités.

LAURENCE FERRARI
Ça veut dire qu'on pourra prendre ces 28 jours, que les pères pourront prendre ces 28 jours, une fois 7 jours, une fois 7 jours, une fois 7 jours ?

ELISABETH BORNE
Oui, de façon fractionnée, il y a une semaine à la naissance de l'enfant, et ensuite, il y a des discussions à mener pour voir comment on peut… enfin, permettre au mieux de prendre ce congé paternité dans l'intérêt du papa, de l'enfant et aussi en prenant en compte les contraintes de l'entreprise.

LAURENCE FERRARI
Vous savez combien de pères ont demandé l'an dernier, mettons, le congé paternité ?

ELISABETH BORNE
On sait que 750.000 jours ont été pris par les salariés…

LAURENCE FERRARI
Mais on ne sait pas combien de pères ça représente…

ELISABETH BORNE
Ça représente, en fait, on a, à peu près, aujourd'hui, les trois quarts des papas qui prennent les jours de congé paternité auxquels ils ont droit.

LAURENCE FERRARI
Et ça, c'est un progrès.

ELISABETH BORNE
Mais je pense que c'est une très bonne chose, à la fois pour l'enfant, et puis, sur l'égalité entre les hommes et les femmes, et ce congé paternité, je pense que c'est aussi une avancée attendue par beaucoup de Français, des papas, des mamans, et donc je pense que c'est effectivement une bonne chose.

LAURENCE FERRARI
Merci beaucoup Elisabeth BORNE d'être venue ce matin sur CNews, dans la matinale.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 29 septembre 2020