Interview de M. Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué chargé des transports, à LCI le 11 janvier 2021, sur les mesures de contrôle aux frontières du variant britannique du Covid, les transports en commun et la situation à Air France et à la SNCF.

Texte intégral

JEAN-MICHEL APATHIE
Bonjour Jean-Baptiste DJEBBARI.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Bonjour à vous.

JEAN-MICHEL APATHIE
Vous êtes le ministre des Transports. Ce qui nous intéresse, ce qui nous préoccupe ce matin, bien entend, c'est le variant du virus, qui infecte, alors on le retrouve un peu sur le territoire, en divers points du territoire, mais aujourd'hui c'est Marseille qui est le problème. Le maire de Marseille, Benoit PAYAN, a déclaré ceci hier : ""Marseille est une ville qui dispose d'un aéroport international – donc ça vous concerne Jean-Baptiste DJEBBARI, en tant que ministre des Transports – je veux – dit Benoit PAYAN – que le gouvernement intensifie les contrôles aux aéroports et je demande au ministre de mettre en place des mesures drastiques pour contrôler les entrées et les sorties du territoire". Quelqu'un qui vient de Londres, il y a des vols Londres – Marseille j'imagine.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui, mais…

JEAN-MICHEL APATHIE
On sait si ce quelqu'un est contrôlé, sanitairement ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Les contrôles sont systématiques et je le rappelle à Benoit PAYAN, depuis le 23 décembre d'abord nous avons coupé pendant 48 heures tout trafic de marchandises et de passagers depuis le Royaume-Uni, justement pour se prévenir de ce variant britannique, le temps de mettre en place les bons contrôles, et depuis le 23 décembre, tant pour les trafics de marchandises que pour le trafic de passagers, par l'Eurostar au par l'avion, y compris en arrivant à Marseille, vous devez être muni d'un test dans les 72 heures, que ce test soit PCR ou antigénique, qui détecte le variant. Donc les contrôles, pour répondre à monsieur PAYAN…

JEAN-MICHEL APATHIE
Le variant ou le virus ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Le variant britannique, donc le virus évidemment, mais y compris…

JEAN-MICHEL APATHIE
Le virus. Il n'y a pas de tests qui détectent le variant spécifiquement.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non mais par contre, nous avons qualifié sur l'ensemble des tests disponibles, de mémoire plus d'une centaine, nous avons qualifié 65, qui détectent évidemment le virus mais aussi de variant britannique, et donc les tests, pour répondre à monsieur PAYAN, sont systématiques depuis le 23 décembre, et d'une manière générale de toute façon, je ne veux pas laisser prospérer l'idée que les personnes qui viennent en France aujourd'hui ne sont pas très généralement testées, puisque vous savez que les pays rouges, quasiment une centaine de pays rouges, vous devez pour venir en France, avoir un motif impérieux, essentiellement de voyage professionnel ou familial, et vous devez avoir disposé d'un test négatif sur les 72 dernières heures.

JEAN-MICHEL APATHIE
Quelqu'un qui n'a pas le test, n'embarque pas sur l'avion.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Soit il n'embarque pas sur l'avion, et dans les pays où on ne peut pas faire de tests, il y a un test antigénique à l'arrivée.

JEAN-MICHEL APATHIE
Ça vaut aussi pour l'Eurostar ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Ça vaut aussi, ce que je viens de dire, évidemment pour l'Eurostar, pour les transports internationaux, d'une manière générale entre le Royaume-Uni et la France, et d'ailleurs aussi pour l'Afrique du Sud, vous savez qu'il y a un variant sud-africain, qu'on regarde évidemment, qu'on essaie de comprendre précisément, et par exemple à compter d'aujourd'hui, au départ de Mayotte vers la métropole, il y a obligation d'avoir un test PCR pour se prémunir là aussi du variant sud-africain.

JEAN-MICHEL APATHIE
Avec cette actualité la demande risque de croître, en gros, fermez les frontières, évitez que des gens de l'étranger ne viennent en France, ou on ne circulent même dans la zone européenne, parce que parce que le variant britannique on va le retrouver en Italie, en Espagne, partout, enfin on a l'impression que le virus nous pose un problème, dont la seule solution sera de fermer les frontières et de bloquer le pays. On se trompe ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Vous savez, d'abord il y a des dynamiques, c'est vrai qu'au départ on a vu l'activité beaucoup s'arrêter, les Chinois étaient très étanches sur leur circulation, vous voyez bien qu'aujourd'hui, dans certaines zones de Chine le virus reprend, donc le virus ne s'arrête pas aux frontières, nous l'avons toujours dit, mais c'est une réalité. En revanche on peut faire ensemble de diminuer beaucoup les flux pour éviter d'avoir des taux de contamination à ces nouveaux variants qui sont importants. Et puis après effectivement il y a toutes les actions que nous menons en européens, de manière à prémunir, à nous prémunir de la circulation du virus, et par ailleurs il y a parfois entre pays des exigences supplémentaires, ça a été le cas avec le Royaume-Uni tant qu'elle était européenne, et puis je le dis pour que chacun ait bien ça en tête, pour les pays rouges hors Union européenne, pour être simple, pour venir en France, pays rouges, plus de 100 pays, vous devez vous munir d'un test PCR négatif, et donc vous ne pouvez pas accéder au territoire français si vous n'avez pas démontré que vous n'est pas porteur du virus.

JEAN-MICHEL APATHIE
Est-ce que vous envisagez Jean-Baptiste DJEBBARI d'aller plus loin ? Puisque nous sommes en période de vaccination, aller plus loin, ce serait par exemple conditionner l'accès à un avion ou un train à quelqu'un qui est vacciné, et quelqu'un qui n'est pas vacciné n'accède pas à un moyen de transport collectif. Est-ce que c'est une pensée à laquelle vous réfléchissez ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
C'est tout le sujet du passeport vaccinal et de savoir si vous pouvez permettre à certains, à certaines personnes vaccinées, l'accès à certains types d'activités, que ce soit du voyage ou l'accès à des théâtres…

JEAN-MICHEL APATHIE
On parle des voyages.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
On parle des voyages, mais c'est un peu la même logique. C'est un peu la même logique.

JEAN-MICHEL APATHIE
Oui, je sais que c'est la même logique. Mais on parle des voyages.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Moi je pense que le sens de l'histoire, et on le voit, c'est qu'on a aujourd'hui une campagne de vaccination qui partout dans le monde commence, commence avec la volonté d'aller très vite et d'avoir, si possible, au plus tard à l'automne prochain, une forme d'immunité collective internationale, disons-le comme ça. Donc le à mon avis, le sens de l'histoire c'est d'accélérer force, la vaccination, de manière à se créer cette défense un peu définitive, et de pas recourir à des segmentations de la population. D'abord Olivier VERAN l'a rappelé hier, tout le monde ne peut pas être vacciné, parfois pour des raisons médicales, et puis je crois qu'en termes d'unité nationale, au moment où la recherche aussi, on la cherche en tout cas, il est important de ne pas avoir des populations, des catégories de populations et de sérier en quelque sorte ceux qui ont accès ou pas à certains types d'activités que ce soit du voyage…

JEAN-MICHEL APATHIE
La réponse est plutôt non alors ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
La réponse est plutôt non, dans la mesure où nous avons en ce moment un processus de vaccination collectif, partout en Europe, partout dans le monde, qui permettra de…

JEAN-MICHEL APATHIE
C'est-à-dire que vous n'exigerez pas que ne montent dans les avions que des gens vaccinés. Ce n'est pas une exigence à laquelle vous réfléchissez.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
D'abord ce sont les autorités sanitaires et là encore une fois si vous le faites au niveau français, il y a quand même…

JEAN-MICHEL APATHIE
Oui mais les autorités sanitaires, c'est votre collègue du gouvernement, j'imagine que vous en parlez avec lui.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui oui, bien sûr, mais enfin vous voyez bien, tout à l'heure vous disiez : le virus – à raison – franchit les frontières, il ne s'arrête pas aux frontières, de la même façon si vous prenez une mesure en France, isolée, et que cette mesure elle n'est pas au moins faite au niveau européen et au moins et à maxima faite au niveau international, vous voyez bien qu'il n'y a pas d'efficacité de la mesure.

JEAN-MICHEL APATHIE
Il n'y a pas déjà des compagnies aériennes qui conditionnent l'accès à leur avion, au vaccin ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non, d'abord, vous savez, je pense que dans la majeure partie des pays c'est illégal, une compagnie aérienne n'a pas le droit de décider de mesures de règles sanitaires. C'est QANTAS, les Australiens, qui avait proposé cela, qui n'avait pas d'ailleurs été repris en l'état par le gouvernement australien. Moi je pense qu'encore une fois nous sommes dans une séquence de vaccination, que c'est ces vaccins qui doivent nous permettre à terme de recouvrer de la liberté, y compris pour voyager, y compris pour profiter des biens culturels et de toute forme d'activités et je crois que c'est un peu ça que nous devons soutenir plutôt que de compartimenter la population, leurs droits à raison de leur caractère, vacciné ou pas.

JEAN-MICHEL APATHIE
Je voudrais que nous regardions ensemble des images, Jean-Baptiste DJEBBARI, de transports en commun, alors ce sont des images de métro, c'est à Paris, mais ça peut être ailleurs, les gens s'entassent, là, la distanciation physique elle n'existe pas, à certaines heures on est comprimé, évidemment dans des wagons de métro, dans des bus, là, la précaution sanitaire, les précautions sanitaires ne sont pas respectées, comment vous…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
D'abord les précautions sanitaires…

JEAN-MICHEL APATHIE
Comment vous inspirent ces images ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Les précautions sanitaires sont respectées. Il y a un protocole sanitaire depuis mai…

JEAN-MICHEL APATHIE
Oui, il y a un masque, mais il n'y a pas de distanciation, elle est cuite.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Depuis mai, oui mais c'est la raison pour laquelle nous avons mis en place les gels, que nous évitons les croisements, que le masque est porté de façon systématique et très bien porté depuis le début, que nous nettoyons, que nous désinfections, bref qu'il y a un protocole sanitaire strict, qui est d'ailleurs le même que dans beaucoup de pays, plutôt plus strict que beaucoup de pays, on est à peu près au même niveau que l'Italie en termes d'exigence, et je le dis, nous avons fait des études, nous continuons à faire des études, nous regardons évidemment ce qui se passe à l'international, et en moyenne…

JEAN-MICHEL APATHIE
Des études ? Sur quoi ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Des études sur l'impact des diffusions du virus dans les transports en commun.

JEAN-MICHEL APATHIE
Ah, vous avez des études ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Nous poursuivons les études. Il y a des études de Santé publique France, là je lance une étude avec le CEA, vous voyez, le Commissariat à l'Energie Atomique, qui s'occupe de bien d'autres choses, et qui nous a proposé quelque chose en lien avec d'autres laboratoires, nous allons le faire. Nous regardons ce qu'ont fait le Royaume-Uni et la Corée du Sud qui eux aussi ont des études. D'une manière générale on nous dit que les transports en commun sont plutôt moins propagateurs que d'autres, du notamment aux lieux familiaux, dans la mesure où vous portez un masque, vous y restez plutôt pas très longtemps et vous parlez plutôt peu ou pas. Donc c'est ça aujourd'hui…

JEAN-MICHEL APATHIE
Donc peu de risques dans les transports en commun.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
En tout cas, documents, moi vous savez je reste très précautionneux par rapport à tout ça, mais tel que documentés maintenant, c'est plutôt ce qu'on nous dit. Nous continuons à mettre des mesures au fil de l'eau, dès que celles-ci sont disponibles. Nous abordons la situation avec beaucoup de lucidité et j'espère de la clairvoyance, mais il y a un protocole sanitaire strict, et je le dis, les transports en commun, les transports d'une manière générale, sont beaucoup moins remplis que d'habitude, nous avons eu, nous avons ce moment à peu près 50% de la fréquentation, pour 100% des trains, des bus, des trams, ce qui fait qu'on voit toujours des images comme celles-ci, que vous avez montrées à l'instant, mais qu'en moyenne il y a quand même une fréquentation qui est à peu près moitié moindre que la fréquentation habituelle.

JEAN-MICHEL APATHIE
On redoute un nouveau confinement, un troisième confinement ? Puisque dans l'ordre ça doit être ce chiffre-là, mais on va y couper ou pas d'après vous Jean-Baptiste DJEBBARI ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Eh bien cette semaine nous aurons des éléments intéressants, nous aurons le retour sur les variants, le variant anglais, vous avez parlé des chiffres tout à l'heure à Marseille, et puis nous aurons le retour sur ce brassage familial, appelons-le comme ça, qui s'est produit pendant les fêtes, et nous verrons si la tendance est stable ou un peu à la hausse, si ce plateau est un peu ascendant et il y aura aussi des instances de décision pour prendre les mesures adaptées sur la base des faits objectifs. Moi je ne sais pas dire aujourd'hui évidemment qu'elles seront les décisions prises ou non…

JEAN-MICHEL APATHIE
Un Conseil de défense 'est organisé demain, c'est ça ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
En milieu de semaine, je ne sais plus exactement quel jour, mais…

JEAN-MICHEL APATHIE
Vous y participez ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Quand il y a des sujets transport, oui.

JEAN-MICHEL APATHIE
Et là, demain ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Nous n'avons pas encore les convocations, donc, voilà.

JEAN-MICHEL APATHIE
Donc trop tôt, trop tôt pour le dire, et avec probablement des annonces du Premier ministre vers la fin de la semaine, peut-être jeudi. Si 100% des transports continuent à fonctionner et s'il y a seulement une fréquentation de 50%, le trou financier doit devenir extrêmement important, peut-être même inquiétant, pour les entreprises de transport.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui, vous savez que nous avons recapitalisé la SNCF à hauteur de 5 000, quasiment 5 milliards d'euros, que nous avons compensé les pertes financières, par exemple pour la région Ile-de-France à hauteur de plus de 2 milliards d'euros donc les pertes financières sont effectivement tout à fait conséquentes, les pertes fiscales, les pertes de recettes, de la billetterie pour être concret. Donc c'est sûr que d'une manière générale, il y a tout l'effort que l'État a fait pour soutenir tous les opérateurs, au moment le aigu de la crise, 5 milliards de prêts pour RENAULT, le soutien à AIR FRANCE-KLM, le soutien pour secteur ferroviaire, pour l'ensemble des opérateurs d'ailleurs, les gros comme les petits, et que nous devrons, et j'espère que le vaccin nous aidera à aborder la deuxième partie de l'année, d'une façon plus nominale, vers un retour à la normale qui permettra aussi de retrouver l'équilibre des modèles économiques, sinon effectivement à moyen terme et à long terme nous aurons ce sujet simplement très important de financement des transports en commun.

JEAN-MICHEL APATHIE
AIR FRANCE devrait perdre 2 milliards d'euros en 2021.Je ne sais pas si...

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui, c'est à peu près les... De toute façon, vous savez, avec - 80% d'activité sur le long-courrier, qui est en général le facteur d'équilibre ou des performances de ces compagnies aériennes, c'est l'ensemble du secteur aérien qui est très très durement touché.

JEAN-MICHEL APATHIE
AIR FRANCE est une entreprise menacée aujourd'hui ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non, parce que l'État a fait ce qu'il fallait, en lien d'ailleurs avec les Néerlandais pour soutenir le groupe, je le disais, 8 milliards d'euros de prêts, mais c'est vrai qu'aujourd'hui, et encore aujourd'hui il y a beaucoup moins de transport aérien, c'est un peu mieux sur le domestique et le grand régional, mais évidemment le transport long-courrier est très affecté, et les premières études nous disent que le niveau de 2019 ne se retrouvera pas avant 2023, 2024, donc l'objectif de l'État c'était de soutenir l'ensemble des opérateurs, son opérateur principal pour le dire comme ça, et puis de bien regarder ce qui va se passer dans l'après-crise, parce qu'il y aura très certainement des entreprises en difficulté et il faudrait être réactif dans un marché en très grande consolidation.

JEAN-MICHEL APATHIE
Il n'y a pas que le virus, il y a d'autres problèmes, le Brexit par exemple. Ça se passe comment aux frontières, la circulation des marchandises entre la Grande-Bretagne et le continent ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
En ce moment on cumule un peu à la fois l'effet des mesures de protection du variant anglais, et le Brexit stricto sensu. Sur la partie Brexit…

JEAN-MICHEL APATHIE
Ça fait beaucoup, non ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui, ça fait beaucoup pour les Anglais surtout, ce n'est pas forcément une bonne nouvelle pour eux et d'ailleurs quand on voit ce qui se passe en Ecosse ou en Irlande, l'Ecosse avec l'indépendance, l'Irlande qui veut plus que jamais être européenne, c'est peut-être une bonne nouvelle pour les Européens, cette volonté d'unité et d'affiliation, et une moins bonne nouvelle à mon est pour les Anglais.

JEAN-MICHEL APATHIE
L'unité de la Grande Bretagne, pas de questionnaire.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Et sur l'aspect des frontières, des contrôles aux frontières, nous nous y étions préparés, notamment avec les services douaniers, donc les choses sont assez fluides, les procédures sont essentiellement dématérialisées, mais nous restons évidemment vigilants, parce que les conséquences du Brexit c'est aussi, c'est les circulations là maintenant et la fluidité des circulations, mais c'est aussi beaucoup les conséquences économiques, industrielles, financières, dans un moyen terme, mais il faut que l'Europe soit en mesure de bien résister et de continuer à être conquérante.

JEAN-MICHEL APATHIE
Pour l'instant, il n'y a pas trop de problèmes, pas trop de difficultés, de…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non, pour l'instant il n'y a pas de difficultés pratiques et opérationnelles, le sujet, le diable se cache un peu dans le détail de l'exécution du Brexit, et nous serons très vigilants évidemment que l'Europe et la France au sein de l'Europe, ait sa part et en tout cas y préserve ses intérêts.

JEAN-MICHEL APATHIE
On parle beaucoup de voitures électriques.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui.

JEAN-MICHEL APATHIE
Aujourd'hui il y a 30 000 bornes sur le territoire, c'est ça qui permet de…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
36. 36 000, objectif de 100 000 fin de l'année prochaine.

JEAN-MICHEL APATHIE
Fin de l'année prochaine, ah je croyais que c'était fin 2021. Fin 2022.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Fin 2021, vous avez raison.

JEAN-MICHEL APATHIE
Fin de cette année, d'accord. On a changé d'année, vous savez.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
J'ai un petit peu de retard. Et nous avons…

JEAN-MICHEL APATHIE
Vous allez le tenir cet objectif ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
En tout cas nous allons faire tout pour le tenir, parce que c'est important, c'était un peu la poule et…

JEAN-MICHEL APATHIE
Mais c'est jouable ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui c'est jouable, d'abord parce que nous avons mobilisé des moyens, parce qu'aussi beaucoup d'opérateurs ont pris des engagements et en fait la poule et l'oeuf qui consistait à ne pas avoir suffisamment de voitures électriques et pas suffisamment de bornes, cette équation-là est en train de se résoudre. Nous avons fait + de 250% de ventes de véhicules électriques, quand il y a encore quelques années tout le monde nous disait que c'était de l'ordre de l'illusion, et nous avons déjà 36 000 bornes, et l'ensemble des opérateurs, y compris avec des financements de l'État, ont pris des engagements très forts pour atterrir, pour acquérir, mettre en place, installer 100 000 bornes à l'horizon de la fin de cette année et donc nous ferons en sorte d'être au rendez-vous de cet objectif.

JEAN-MICHEL APATHIE
Alors, comment produire autant d'électricité ? Ces derniers jours des EDF disait : plutôt que de chauffer votre appartement, mettez un pull, ce qui est quand même assez cocasse, alors, si jamais le parc s'électrise on se dit qu'ils vont avoir des difficultés du côté d'EDF.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Bon, mais ce qui est sûr c'est qu'il y a évidemment le sujet des grands froids et du niveau de production électrique, il y a aussi le sujet des économies d'énergie, et un des grands leviers de ces prochaines années c'est d'économiser l'énergie chez nous et partout, et ça représente quand même, on le dit, de 25 à 30% de l'énergie produite. Donc on voit que l'on a aussi tout à chacun des efforts qui sont des efforts normaux, aidés par la technologie parfois, à faire de manière à préserver notre énergie qui est notre bien commun.

JEAN-MICHEL APATHIE
Il n'y a pas beaucoup de bonnes nouvelles, dans l'actualité.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Ça viendra.

JEAN-MICHEL APATHIE
Ça viendra, on n'est qu'au début de l'année, ça ira mieux ensuite.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Faut-il croire.

JEAN-MICHEL APATHIE
Merci Jean-Baptiste DJEBBARI d'avoir accepté l'invitation de LCI.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 12 janvier 2021