Interview de M. Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué chargé des transports, à France Info le 25 janvier 2021, sur l'offre de transport en France et en Europe face aux variants du Covid-19 et la situation de la SNCF, d'Eurostar et d'Air France KLM.

Texte intégral

LORRAIN SENECHAL
Bonjour Jean-Baptiste DJEBBARI.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Bonjour à vous.

LORRAIN SENECHAL
On saura mercredi, dans deux jours, si le couvre-feu a eu des effets suffisants sur l'épidémie mais il faudra probablement confiner, martèle déjà le président du Conseil scientifique, Jean-François DELFRAISSY. Alors, est-ce que cette question, elle est réglée ? Est-ce que c'est juste une question de jours ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non, cette question, elle n'est pas réglée mais elle sera débattue en conseil de défense mercredi, vous l'avez dit et dans les proportions que vous avez décrites, c'est-à-dire de savoir si effectivement le couvre-feu nationale à 18h qui a déjà d'ailleurs démontré des résultats tangibles quand il a été pris au niveau local quelques semaines avant, a eu des effets suffisants pour être prolongé ou si d'autres mesures …

LORRAIN SENECHAL
Il y a encore une chance d'échapper au confinement ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Mais d'abord moi, ce n'est pas directement ma responsabilité. Les débats auront lieu, les débats auront lieu sur à la fois les données observées sur ces 3, 4, 5 dernières semaines et sur les données épidémiologiques qui sont prévues, qui prennent évidemment pleinement compte des variants, de leur propagation, de leur dynamique. Et c'est sur ces données objectives, scientifiques et ces projections scientifiques que les décisions seront prises par le président de la République et le Premier ministre !

SALHIA BRAKHLIA
Jean-Baptiste DJEBBARI, est-ce que vous vous rendez compte de ce que provoque ce suspense créé par le gouvernement chez les Français ? Tout ce week-end, les Français se sont posé la question, est-ce qu'on va être confiné ? Quand est-ce que ça va arriver ? Dans les jours à venir ? Est-ce que ce sera plus tard ? Est-ce que vous vous rendez compte de ça ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non mais je m'en rends parfaitement compte, pour d'ailleurs vivre en France avec des Français qui me posent à moi les mêmes questions et évidemment, ce qui est le plus dur, je crois, c'est le manque de projection personnelle. On parlera peut-être des vacances mais c'est ça qui est le plus dur face à un virus qui emprunte des trajectoires parfois un peu inconnues avec des dynamiques qu'on a du mal parfois à appréhender et pour lequel le pouvoir politique, l'autorité politique doit décider des mesures sanitaires de restrictions qu'elle juge le plus pertinent dans l'instant pour protéger les Français.

SALHIA BRAKHLIA
Justement hier, si on lisait la presse …

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Je comprends parfaitement ce que vous dites !

SALHIA BRAKHLIA
…c'était confinement immédiat. Une heure après la parution du Journal du dimanche quand les Français ont lu le matin le Journal du Dimanche, l'Elysée, la présidence disait : non, non, il n'est pas question pour le président de parler cette semaine. Vous qui êtes au gouvernement vous avez des infos ? Le président va s'exprimer cette semaine ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Ecoutez, moi, je n'ai pas cette information-là mais c'est peut-être la raison pour laquelle il faut parfois savoir prendre le temps de décider. Vous savez qu'il y a des échéances de rencontres régulières autour du président de la République pour, à la fois, poser tous les éléments objectifs sur l'ensemble des secteurs, essayer de prendre les meilleures décisions. Je comprends bien qu'on commente au jour le jour, on en reparlera peut-être mais c'est vrai que ce n'est pas forcément la meilleure façon de rassurer, de rasséréner les Français, c'est une responsabilité collective.

LORRAIN SENECHAL
C'est ça que vous, vous dites aux personnes qui vous contactent par SMS ? C'est la réponse que vous leur faites ? C'est un petit peu long par message ! Pour les rassurer, vous leur dites : on va voir, on attend deux jours, trois jours !

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non mais je crois que d'une manière générale, d'abord en un an, on a vécu l'arrivée d'un virus qu'on ne connaissait pas du tout qui fait beaucoup de morts, qui fait beaucoup de morts en France, 72 000 morts, qui fait beaucoup de morts partout dans le monde et qui a complètement déstructuré les économies mondiales. On a réussi en un an à produire, à concevoir, à produire, à distribuer des vaccins qui se développent aujourd'hui et qui sont distribués un peu partout dans le monde. C'est la politique vaccinale la plus rapide de l'histoire de l'humanité ! Donc il y a dans cette crise …

SALHIA BRAKHLIA
Pas en France ! Ça rame un peu !

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
C'est rapide partout. On en reparlera si vous voulez, on peut se comparer mais c'est rapide partout. Donc je comprends parfaitement ces frustrations dans une société hyper médiatique mais si on prend le temps de réfléchir quelques instants …

LORRAIN SENECHAL
Surtout que les vacances se profilent, fin de la semaine prochaine pour les Dijonnais, les Bordelais entre autres. Est-ce que les Français vont pouvoir partir en vacances d'abord ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
D'abord, je peux vous dire deux choses, c'est que s'agissant des transports, on a toujours adapté l'offre de transport en lien avec la SNCF par exemple en fonction des mesures sanitaires, quand on a eu des restrictions très dures, on a mis moins de trains pour le faire de façon schématique et quand on a eu la possibilité de se déplacer, on a mis ensemble …on a mis en ligne en quelque sorte plus de trains d'ailleurs que de que de demandes. Aujourd'hui, on a des baisses – pour répondre très concrètement à votre question très concrètement – on a environ 50% de réservations en moins, notamment sur les destinations hivernales, notamment la montagne. Et par ailleurs, nous avons demandé, ce qu'elles ont fait, aux différents compagnies aériennes, à la SNCF de faire en sorte que les billets qui sont déjà achetés, qui sont déjà réservés soient échangeables, annulables jusqu'à 3 jours avant le départ pour la SNCF et jusqu'à septembre pour AIR FRANCE ; donc y compris les Français qui ont déjà réservé peuvent aborder cette incertitude avec une forme de sérénité puisqu'ils savent qu'ils seront remboursés le cas échéant.

LORRAIN SENECHAL
Et remboursés sur leur compte en banque, ça ne sera pas un voucher comme on dit parfois, ça sera …

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Absolument …

LORRAIN SENECHAL
…pas un ticket sur ...pour plus tard …

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Echangeable ou remboursable sans frais sur leur compte en banque.

SALHIA BRAKHLIA
Mais là ce matin, est-ce que vous dites aux Français "oui vous pouvez réserver vos billets de train pour les prochaines vacances de février" ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Je dis deux choses. D'abord, les Français attendent et ils le font depuis l'été dernier.

SALHIA BRAKHLIA
Donc là vous leur dites d'attendre !

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Donc je leur dis – d'ailleurs Jean-Yves LE DRIAN à votre micro hier a plutôt tenu ce discours de bon sens, de dire que tant que …

LORRAIN SENECHAL
Ah ça tombe bien que vous en parliez, on va l'écouter Jean-Yves LE DRIAN justement, il avait un discours assez catégorique disons-le.

JEAN-YVES LE DRIAN, MINISTRE DE L'EUROPE ET DES AFFAIRES ETRANGERES
Le principe de base, c'est qu'il ne faut plus voyager et la recommandation que fait le ministère des Affaires étrangères à cet égard c'est : il est strictement recommandé de ne pas se déplacer. Aujourd'hui le principe, c'est : on ne voyage pas. Ne voyagez pas sauf s'il y a un mort dans votre famille qui habite le Luxembourg ou un autre pays mais autrement ne voyagez plus !

LORRAIN SENECHAL
C'est quand même clair, il le dit 4 ou 5 fois "ne voyagez pas". Il ne dit pas d'attendre ; il dit de ne pas partir.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Alors, il parlait des voyages en intra-européen, on aura peut-être le l'occasion d'y revenir mais moi je pense qu'il faut être … encore une fois les Français ont parfaitement compris que la situation sanitaire était fragile, qu'effectivement elle était évaluée semaine par semaine, jour après jour et que les mesures de restrictions sanitaires étaient prises pour leurs bénéfices pour éviter que la circulation se diffuse et que in fine, on ait beaucoup plus de morts à la fin. Je le dis ; les Français font preuve de bon sens, aujourd'hui ils ont peu réservé, ils vont faire certainement comme en été, c'est-à-dire attendre les 5, 6, 7 jours avant de réserver si la situation le permet et donc moi, c'est le message …

SALHIA BRAKHLIA
Jean-Baptiste DJEBBARI, on vient d'entendre votre collègue Jean Yves LE DRIAN. Imaginons qu'on ait une famille qui a réservé pour aller en Espagne là pendant les vacances de février, vous leur dites quoi ce matin ? "Bah non, en fait annulez tout, reportez votre voyage". On vient d'entendre votre collègue qui dit "ne voyagez plus".

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Mais cette famille, je vois à peu près comment elle va réagir, elle va attendre de voir quelles sont les décisions qui sont prises par ce gouvernement, le gouvernement espagnol et en fonction, elle probablement exercera ses capacités…

SALHIA BRAKHLIA
Un voyage en Espagne, ça se prépare un peu !

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non mais j'imagine qu'elle a déjà essayé …

SALHIA BRAKHLIA
Et les vacances, c'est dans 15 jours.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Et très concrètement cette famille, elle pourra annuler sa réservation, elle pourra annuler ses billets d'avion et être remboursée sans frais. Donc si je me mets à la place de cette famille, c'est exactement ce que je ferai, donc j'attendrai quelques jours et je crois que c'est ce qu'elle va faire, cette famille.

SALHIA BRAKHLIA
La présidente de la Commission européenne, Ursula VON DER LEYEN déconseille donc tous les voyages non essentiels, c'est quoi un voyage non essentiel ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
D'abord pour le dire et pour revenir après sur l'intra-européen mais depuis le 17 mars dernier, il y a un contrôle strict des voyages qui sont faits vers l'Union européenne et pour les motifs, les motifs qui sont permis sont ceux qui sont des motifs professionnels, des motifs de regroupement familial par exemple ou des motifs pour aller porter assistance à quelqu'un qui est de votre famille …

LORRAIN SENECHAL
Donc ce ne sont pas des vacances !

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Donc ce ne sont pas des vacances et d'ailleurs, nous avons 5 fois moins de personnes qui viennent aujourd'hui en Europe depuis les frontières extérieures que quand on compare au trafic habituel. En intra-européen vous savez qu'il y a eu un Conseil européen jeudi dernier qui a décidé de mesures complémentaires pour s'assurer …

SALHIA BRAKHLIA
On va en parler !

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
…on va en parler pour s'assurer qu'effectivement ceux qui ont à se déplacer se munissent d'un test PCR négatif dans les 72 heures de manière à éviter les flux de circulation. C'est à cela que faisait référence Jean-Yves LE DRIAN hier à vos antennes et il a raison, c'est d'ailleurs de bon sens et d'ailleurs, en ce moment, il y a peu de vacances à l'échelle de l'Union européenne, il y a peu de déplacements de loisirs et les Français ont très bien compris – et c'était utile d'ailleurs de le rappeler aussi – mais ont très bien compris que la situation sanitaire est fragile.

LORRAIN SENECHAL
On va continuer de parler de ces nouvelles règles européennes justement et de ces tests PCR à l'entrée de la France avec vous Jean-Baptiste DJEBBARI, le ministre en charge des Transports juste après un coup d'oeil sur le fil info. Jean-Baptiste DJEBBARI, ministre des Transports, qui nous demande donc d'attendre avant de planifier nos vacances, qui arrivent, je le précise, à la fin de la semaine prochaine. Depuis la semaine dernière, pour toutes les personnes et notamment les ressortissants européens qui arrivent en France, un test PCR est obligatoire à l'arrivée, négatif, de moins de trois jours. C'est uniquement le cas quand vous arrivez par avion ou par bateau. Et pourquoi ça n'est pas le cas si on arrive par train ou même en voiture ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI 
Peut-être, pour compléter, depuis maintenant trois semaines, depuis le Royaume-Uni, vous savez que nous sommes actuellement en train de nous construire, en quelque sorte, des défenses contre le variant venu du Royaume-Uni, nous avons imposé pour les voyageurs qui viennent par le train ou par l'avion un test PCR négatif de 72 heures.

LORRAIN SENECHAL
Depuis le Royaume-Uni.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Depuis le Royaume-Uni. Et nous avons complété cette mesure de manière à ce que dans les aéroports et dans les ports, quand vous vous présentez pour voyager en intra européen, vous soyez muni d'un test PCR négatif. Pourquoi nous exemptons le transport routier et les travailleurs transfrontaliers, qui sont en fait la très grande majorité de ceux qui circulent entre nos frontières, et donc qui répond à vos questions sur la route et le train, c'est parce que c'est pratiquement difficilement contrôlable, vous avez par exemple 12 autoroutes transfrontalières, et que par ailleurs on ne va pas demander à des gens de faire des tests tous les 3 jours quand ils se rendent à 50 km, de Thionville vers le Luxembourg ou d'autres pays, pour aller travailler.

LORRAIN SENECHAL
Mais on n'a pas les moyens en fait, de contrôler…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non mais, une bonne politique sanitaire ce sont des règles claires et qui sont contrôlables, qui sont applicables. Donc là il fallait décider jeudi pour une mise en en œuvre dimanche matin. Ce qu'il était possible de décider et possible de contrôler, c'était effectivement de vérifier que dans les ports et dans les aéroports, ceux qui se présentent soient munis de tests PCR. Et par c'est par ailleurs, d'ailleurs…

SALHIA BRAKHLIA
Ça veut dire qu'il est possible dans les jours à venir de contrôler aussi les routes ? Puisque vous avez plus de temps pour vous préparer.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Mais à ce stade, je vous confirme qu'il y a des discussions au niveau européen, j'étais encore hier soir avec mon homologue italienne, avec mon homologue allemand, mais ce que je veux dire c'est qu'il faut faire deux choses : il faut à la fois s'occuper des flux les plus importants, or les flux plus importants en intra européens aujourd'hui, hors les déplacements…

SALHIA BRAKHLIA
C'est les avions et les bateaux.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Absolument, donc nous avons posé un cadre de ce point de vue-là. Il y a des discussions qui vont évidemment se poursuivre, continuer, mais…

LORRAIN SENECHAL
On en arrive à des situations ubuesques avec le Royaume-Uni, où les routiers sont obligés de se tester eux-mêmes, avant le départ du Royaume-Uni, vers la France.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non…

LORRAIN SENECHAL
On leur fournit des kits pour qu'ils se testent eux-mêmes.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non. Alors, ce qui s'est passé c'est qu'on a mis en place, vous savez, quand on a fermé les frontières avec le Royaume-Uni fin décembre, on a mis en place un protocole de tests avec effectivement nos amis britanniques. Plusieurs dizaines de milliers de tests ont été faits. Et les routiers ne se testent pas eux-mêmes, ils se prélèvent nasopharyngés eux-mêmes, sous contrôle…

LORRAIN SENECHAL
Donc ils doivent mettre le coton-tige au fond de la narine eux-mêmes.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui, sous contrôle d'un personnel médical. Et vous savez que, parce que vous me posez la question, nous nous sommes posés la question aussi, nous avons envoyé une équipe vérifier que les pratiques qui étaient faites sur place et les résultats obtenus étaient bien conformes à ce que nous obtenions côté français, nous avons les mêmes résultats en termes de positivité, ce qui prouve bien que le protocole sanitaire au Royaume-Uni et en France, sont d'un niveau d'efficacité similaire.

LORRAIN SENECHAL
Je ne sais pas pour vous, mais moi je serais bien incapable d'aller enfoncer un coton-tige jusqu'au fond de la narine, mais vous me confirmez qu'ils le font bien.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Ecoutez, c'est fait sous surveillance médicale, et j'imagine qu'ils ont tous les conseils médicaux requis pour pratiquer ce test dans les bonnes conditions.

SALHIA BRAKHLIA
Lorrain parlait de l'Angleterre, mais vous êtes au courant Monsieur le Ministre, qu'en Espagne par exemple à Madrid, les restos, les bars sont ouverts, il y a beaucoup de Français qui s'y rendent d'ailleurs, on approche des vacances de février, encore une fois, s'il n'y a pas de tests sur la route, ça veut dire qu'on peut faire des allers-retours tranquillement.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Mais encore une fois, vous parlez d'une minorité.

SALHIA BRAKHLIA
Il suffit d'un cas, Jean-Baptiste DJEBBARI, pour contaminer en France.

LORRAIN SENECHAL
Ça peut être quelques centaines, quelques milliers de personnes.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Il suffit d'un cas. Et vous aurez toujours, de tout temps, pour tout type d'activité, face à quelques mesures sanitaires ou autres que ce soit, des gens qui vont contourner les règles, de tout temps. C'est aussi un appel…

SALHIA BRAKHLIA
Mais là, il n'y a pas de règle.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non non, mais c'est aussi un appel à la responsabilité. Et ce que disait Jean-Yves LE DRIAN "ne voyagez pas", c'est un appel à la responsabilité. Chacun a conscience que ce virus circule et qu'on a tous une part à prendre dans nos contacts sociaux, dans nos pratiques, et évidemment il faut essayer de se prémunir collectivement de ce type d'attitude, de comportements, qui ne fait pas du bien à la collectivité.

LORRAIN SENECHAL
Alors, depuis ce week-end l'Académie de médecine recommande de ne plus parler quand on est dans les transports en commun. Ça aussi c'est une recommandation que vous faites aux Français ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Eh bien d'abord, vous avez vu que les avis sont contrastés sur le sujet. Moi j'ai appris deux choses de ces 10 mois, quasiment un an…

LORRAIN SENECHAL
On ne parle plus mais on peut manger quand même à sa place.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Moi j'ai appris, j'ai lu toutes les études britanniques, françaises, américaines, sud-asiatiques, sud-est asiatiques, sur ce sujet. J'ai retenu quelque chose d'assez consistant, d'assez cohérent sur la faible contamination dans les transports en commun. Il y a en général trois causes : d'abord on y reste peu de temps, ensuite on porte le masque, et d'une manière générale on parle peu ou pas. Et ça c'est toutes les études qui le disent, donc j'ai l'impression que cette demande qui peut paraître de bon sens, elle est déjà très clairement et très pratiquement satisfaite par nos comportements en même temps.

LORRAIN SENECHAL
Est-ce qu'il faut serrer la vis, imposer par exemple masque FFP2 qui est plus protecteur, comme le font par exemple les Allemands en Bavière ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui, alors, les Allemands, pour en avoir discuté avec eux, ont beaucoup de masques artisanaux, peu protecteurs, or nous, vous savez que nous avons des masques grand public qui ont des très hauts niveaux de protection, plus de 90%. Donc les Allemands ont fait le choix de faire un saut, pour avoir plus de protection, mais Olivier VERAN a eu l'occasion de le rappeler, d'abord la très grande majorité des masques ils sont vendus, il a dit 95 à 99%, sont des masques qui protègent, très bien, et je crois que d'autres autorités sanitaires ont dit qu'en l'état les masques français, les masques grand public français permettaient d'avoir une bonne protection et donc que le saut vers le masque chirurgical n'était pas requis.

SALHIA BRAKHLIA
Donc pour résumer, on peut encore parler dans les transports en commun, on peut encore manger dans les transports en commun ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Mais vous savez, moi je prends le métro, ça m'arrive encore, et tant mieux, et très peu…

SALHIA BRAKHLIA
Et vous parlez ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non mais très peu de personnes parlent dans le métro, en vérité…

SALHIA BRAKHLIA
Il y en a qui parlent au téléphone.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
D'accord, mais ça reste très marginal, ça reste très marginal et je pense que…

LORRAIN SENECHAL
Ils peuvent continuer de le faire, en tout cas.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
A ce stade, il n'y a pas de recommandations.

LORRAIN SENECHAL
Est-ce qu'il faut adapter l'offre des transports, Jean-Baptiste DJEBBARI ? Vous parlez justement du métro, la présidente de région Valérie PECRESSE, en Ile-de-France, a annoncé qu'elle allait étaler, avancer l'heure de pointe à 15h30, c'est le cas d'ailleurs à Paris et sa région. C'est le genre de mesures qu'il faut prendre, pas seulement à Paris, à Marseille, à Lyon, à Lille ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
En fait, nous avons fait trois choses depuis le début de cette crise sanitaire, quand les circonstances nous y portaient. Nous avons déjà généralisé le télétravail, et c'est encore le cas aujourd'hui, même si effectivement on s'aperçoit que socialement ça peut poser parfois quelques sujets de socialisation. Ensuite nous avons, ce qu'on appelle étendu, essayé de faire en sorte que les personnes arrivent au travail sur des plages horaires un peu plus longues le matin et le soir. Et effectivement le couvre-feu nous oblige, en lien avec les collectivités concernées, à réagir, et nous avons fait en sorte de toujours, alors, du coup, pour répondre à votre question, les propositions de Valérie PECRESSE sont intéressantes, et nous avons fait en sorte de toujours maintenir le plus de trains, de bus, de métros, de RER possibles, par rapport à une fréquentation qui a très largement diminué. Je le disais, mais c'est encore le cas, nous avons environ 50% de la fréquentation habituelle, et nous allons garder notamment aux heures de pointe 100% de l'offre de trains, de métros, trams, de bus.

SALHIA BRAKHLIA
Mais on voit quand même des gens entassés, juste avant 18h00, pour que les gens puissent rentrer chez eux.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Raison pour laquelle nous travaillons avec les collectivités pour faire en sorte d'étaler cette pointe le plus possible. Nous l'avions déjà fait. Ça améliore la situation, mais le principe, et ça c'est un principe un peu intangible, c'est que le matin et le soir, les gens vont et repartent du travail. Nous faisons en sorte effectivement de prendre les mesures d'amélioration les plus efficaces possibles.

SALHIA BRAKHLIA
Jean-Baptiste DJEBBARI, j'ai une question qui me trotte dans la tête depuis ce week-end, parce que dans les trains, il n'y a plus de protocole un siège sur deux qui est respecté, les voitures-bars sont fermées, mais les passagers ont le droit d'emmener leur nourriture, donc on mange dans le train sans masque, par définition, dans un espace confiné qui est le wagon, pendant plusieurs heures, dans un espace confiné parce qu'il y a des trajets de trains qui font 3 heures, 5 heures, franchement quelle est la différence avec un restaurant ? A part que dans un restaurant on peut ouvrir les fenêtres et on peut espacer les tables.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non mais d'abord, pour l'avoir vu, fait, quand vous allez dans le train, vous avez tout un protocole sanitaire, vous avez le masque, mais vous avez aussi le gel, enfin tout…

LORRAIN SENECHAL
On n'a pas le masque quand on mange, par définition.

SALHIA BRAKHLIA
Quand on mange, on…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non mais j'y viens. Evidemment. Vous avez le gel, vous avez l'ensemble des protocoles qui font, qui fait en sorte qu'on évite que les flux se croisent, on affiche les quais de façon anticipée, etc. et. Bref.

SALHIA BRAKHLIA
Je parle dans le train, dans le wagon.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui, bien sûr, et dans le train, vous avez des trains qui sont désinfectés, avec des produits virucides, en profondeur, pour l'ensemble du secteur des transports. Ensuite, quand vous mangez, en général ça ne dure pas 3 heures, vous tirez votre masque, vous mangez, 5 minutes, 7 minutes, et vous remettez votre masque. Et par ailleurs aujourd'hui, vous le disiez, nous n'avons plus le siège sur deux, mais en moyenne les trains sont à moitié remplis, en moyenne. Il y a des trains qui sont un peu moins remplis, des trains qui sont un peu plus remplis, mais en moyenne, et d'ailleurs y compris dans les périodes d'affluence comme pendant la période de Noël, on a eu environ 70% de la fréquentation habituelle, en moyenne vous avez 60% de taux de remplissage dans les trains. Donc ça assure aussi en quelque sorte, parce que nous avons choisi de mettre plus de trains, ce qui a un coût évidemment, mais de mettre plus de trains par rapport à la fréquentation, par rapport aux réservations, de manière à ne pas avoir ces effets d'engorgement, de congestion.

LORRAIN SENECHAL
Jean-Baptiste DJEBBARI, on va parler du "quoi qu'il en coûte", dans un instant, c'est bientôt terminé dit déjà un de vos collègues au gouvernement. D'abord un coup d'oeil sur le fil info à 08h50 avec Mélanie DELAUNAY.

Flash info

SALHIA BRAKHLIA
Alors, votre collègue, le ministre des Comptes publics, Olivier DUSSOPT a estimé que l'année 2021 doit marquer la fin de la politique du "quoi qu'il en coûte". Pourtant, dans votre secteur, la situation, elle va mal, il va falloir plusieurs années pour se relever. Exemple : Eurostar a prévenu qu'elle risquait de se retrouver en cessation de paiement à la fin du printemps, le chiffre d'affaires ayant baissé de 82% l'an dernier. Comment vous, vous comptez sauver la compagnie ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Deux éléments rapides, d'abord Eurostar a déjà bénéficié d'aides de ses actionnaires, dont la SNCF et donc de l'État français au travers la SNCF pour 210 millions d'euros de manière à lui permettre effectivement d'assumer cette période qui est un peu compliquée. Je suis … nous sommes en contact avec nos homologues britanniques, notamment le ministre des Transports, Grant SHAPPS, qui est très actif sur le sujet, nous leur avons demandé de prendre leur part dans cette entreprise de pérennisation de la ligne Eurostar puisqu'ils sont évidemment les premiers concernés. Il est important donc que le Royaume-Uni prenne sa part et l'État français, très concrètement à travers la SNCF, sera présent de manière à pérenniser Eurostar évidemment.

LORRAIN SENECHAL
A travers la SNCF mais la SNCF est déjà elle-même en grande difficulté !

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui mais vous avez compris que la SNCF est actionnaire à 55% …

LORRAIN SENECHAL
55% oui !

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Eurostar est une entreprise dont le siège est britannique, je le précise. On n'a pas les mêmes capacités d'action pour une entreprise dont le siège est au Royaume-Uni que pour une entreprise française mais nous avons déjà, je le dis au travers la SNCF, aidé Eurostar et nous considérons qu'Eurostar est un maillon stratégique qui nous lie évidemment avec nos amis britanniques.

SALHIA BRAKHLIA
Mais du coup, concrètement, est-ce que ça veut dire que l'État français va remettre de l'argent dans Eurostar via la SNCF ou pas ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Ça veut dire qu'il y aura une clause de revoyure avec la SNCF qui continue évidemment dans la crise sanitaire à engranger des pertes, il y a une grosse clause de revoyure dans les prochains mois et que l'ensemble de ces paramètres seront évidemment pris en compte.

LORRAIN SENECHAL
Et l'Angleterre va également remettre de l'argent dans Eurostar ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
C'est l'état d'esprit dans lequel nous nous sommes parlé la dernière fois …

LORRAIN SENECHAL
Mais ça n'est pas encore décidé ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Si, si, je crois que c'est très largement en cours chez eux mais c'est important que, évidemment le Royaume-Uni prenne sa part.

LORRAIN SENECHAL
L'autre fleuron français, là pour le coup 100% français, qui est en grande difficulté, c'est AIR FRANCE. Votre collègue de l'Economie a déjà dit, Bruno LE MAIRE, qu'AIR FRANCE allait probablement avoir besoin d'aide et que l'État serait là, vous confirmez ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Je confirme, il y a eu une première phase au moment le plus aigu de la crise, en tout cas au début de la crise, de prêts et d'avances d'actionnaires pour 7 milliards, d'ailleurs pour 10 milliards en tout avec nos collègues néerlandais.

LORRAIN SENECHAL
Et ça ne suffit pas ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
En tout cas, ça ne suffit pas à assurer la pérennisation de l'entreprise. Donc il y aura, comme l'a dit Bruno LE MAIRE, un processus de recapitalisation, coordonné avec nos amis néerlandais et je le dis aussi, je salue parce que, dans le même temps, il y a un très grand processus de transformation à l'intérieur du groupe AIR FRANCE-KLM et notamment des acteurs syndicaux et des salariés qui sont très engagés, très responsables et qui mènent à bien la transformation du groupe dans des conditions compliquées.

LORRAIN SENECHAL
C'est une condition pour que l'État vienne en aide à AIR FRANCE, il faut d'abord qu'AIR FRANCE se transforme comme vous le dites ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
D'abord, c'est plus qu'une condition, c'est une nécessité pour l'entreprise qui, vous le savez très bien, notamment sur le réseau domestique perd beaucoup d'argent et donc, et c'était d'ailleurs antérieur à la crise, elle avait déjà commencé à se restructurer, à se réorganiser. Donc c'est devenu une nécessité que nous accompagnons et encore une fois, je peux saluer ceux qui, aujourd'hui, à l'intérieur du groupe AIR FRANCE-KLM, prennent toute leur part, notamment les acteurs syndicaux.

SALHIA BRAKHLIA
Un mot sur le montant de la rallonge. Est-ce que vous l'avez déjà évalué ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Nous l'avons déjà évalué mais c'est des montants sur lesquels nous ne pouvons pas communiquer dans la mesure où le groupe est coté, vous vous en doutez.

LORRAIN SENECHAL
Mais ça sera du même ordre que cette première enveloppe de 7 milliards d'euros, ça sera dans cet ordre de grandeur là ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Je suis vraiment désolé de vous frustrer ce matin ! Je …des questions mais je ne peux pas commenter !

LORRAIN SENECHAL
Ce n'est pas que nous, c'est pour les salariés d'AIR FRANCE, c'est pour …

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
En tout cas, ce sera d'un montant suffisant pour assurer la pérennité du groupe, notre connectivité à l'international pour un groupe qui, vous l'avez compris, est stratégique pour la France.

LORRAIN SENECHAL
Et ça sera sous la forme de prêt ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Et pour le Royaume-Uni.

LORRAIN SENECHAL
A nouveau ? Ça, vous pouvez le dire ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Une recapitalisation est rarement sous la forme de prêt mais puisque l'idée c'est de restaurer les fonds propres du groupe de manière à ce que le groupe puisse se développer, les prêts servaient essentiellement à assurer la trésorerie de l'entreprise pour qu'elle puisse passer la crise et faire face à ses coûts. Donc travaillons l'ingénierie financière, je serai ravi de revenir vous en parler.

SALHIA BRAKHLIA
Jean-Baptiste DJEBBARI, deux compagnies aériennes, EMIRATES et ETIHAD, ont annoncé qu'elles utiliseront bientôt un travel pass pour leurs voyageurs, une application qui va leur permettre de savoir si les voyageurs ont réalisé des tests PCR, s'ils ont été vaccinés. Sachant que nous, nous sommes à la traîne concernant la campagne de vaccination, même si on vient de passer le cap du million de vaccinés, est-ce que vous, vous allez empêcher ces compagnies aériennes d'imposer un passeport vaccinal pour voyager ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non mais le principe en Europe, c'est que ce ne sont pas les compagnies aériennes qui imposent un passeport vaccinal. Qu'il y ait des informations, tout ça est très bien mais ce sont les autorités sanitaires, a minima à l'échelle d'un pays, à l'échelle de l'Europe, ce sera encore mieux que ce soit évidemment à l'échelle de l'OMS qui imposent les conditions dans lesquelles …

LORRAIN SENECHAL
Ça veut dire qu'elles n'ont pas le droit, à ce stade, de recueillir ce type d'information ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Elles n'ont pas compétence, les compagnies aériennes pour imposer quelque restriction que ce soit sur des bases médicales, il faut être très clair sur le sujet !

SALHIA BRAKHLIA
Donc là, le travel pass, c'est avec l'accord de chaque État.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Mais ensuite, il y aura, et je crois que Charles MICHEL l'a dit d'ailleurs à une antenne hier …

LORRAIN SENECHAL
Le président du Conseil européen.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Le président du Conseil européen de façon très transparente, il y a un débat qui est aujourd'hui prématuré, vous avez seulement quelques pour-cent de la population mondiale et européenne qui est aujourd'hui vaccinée et une campagne de vaccination qui poursuit son cours, vous l'avez rappelé. Peut-être que le débat effectivement des restrictions, de la prise en compte de la vaccination dans les transports se posera à un moment mais cette question, qui est prématurée aujourd'hui, devra se poser à l'échelle d'une zone pertinente, et singulièrement à mon sens de l'échelle européenne.

LORRAIN SENECHAL
Et vous y êtes favorable, vous à titre personnel, de la mise en place de ce passeport vaccinal pour les transports comme pour aller au restaurant, au cinéma ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Moi, ce que j'observe …Alors, déjà, c'est deux questions différentes parce qu'il y a aujourd'hui des prérequis quand vous voulez vous déplacer. Nous en avons parlé, vous devez avoir un test PCR de 72 heures ; donc qu'il y ait des conditions d'accès au transport, c'est déjà le cas et qu'à un moment, quand ce sera suffisamment mature, le vaccin soit pris en compte, ce sera certainement un débat politique à poser. La deuxième question que vous posez, c'est de savoir s'il doit y avoir deux types de population au sein d'un même pays, ceux qui sont vaccinés et ceux qui ne sont pas vaccinés. Moi, voilà je suis assez dubitatif sur le sujet sur le plan simplement de l'équité et de la solidarité commune. J'ai l'impression que nous vivons tous cette même aventure qui est compliquée et il paraît difficile dans une population …

LORRAIN SENECHAL
Mais la question c'est, est-ce que les restaurateurs, est-ce que les cinémas auront le droit ou non de demander à leurs clients potentiels d'être vaccinés avant de rentrer ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Je crois qu'encore une fois, ce n'est pas à des acteurs économiques de demander à des clients d'être vaccinés ou non ; c'est aux autorités sanitaires de nous dire comment d'abord elles pensent accélérer cette campagne de vaccination, ce qui est en cours en France et, je le redis, nous avons passé le million, vous l'avez rappelé et faire en sorte que quand nous avons atteint un niveau de vaccination populationnel suffisant, nous puissions reprendre les activités …

LORRAIN SENECHAL
Ces questions se poseront à ce moment-là. Jean-Baptiste DJEBBARI, merci beaucoup, ministre des Transports d'avoir été l'invité de France-Info ce matin, bonne journée


source : Service d'information du Gouvernement, le 26 janvier 2021