Interview de M. Gabriel Attal, secrétaire d'État, porte-parole du gouvernement, à BFM TV le 19 mai 2021, sur les modalités du déconfinement, le plan de relance, la prise en charge de la dépendance et les relations police justice.

Texte intégral

JEAN-JACQUES BOURDIN
Gabriel ATTAL, bonjour.

GABRIEL ATTAL
Bonjour.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Nous gardons l'image, vous avez vu, enfin, vous étiez au courant.

GABRIEL ATTAL
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, vous étiez au courant.

GABRIEL ATTAL
Je ne vais pas vous mentir.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous n'allez pas me mentir, c'est rue de Miromesnil à Paris, je crois.

GABRIEL ATTAL
C'est ça.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le président de la République. C'est un café, oui, c'est un café, un café avec le Premier ministre, Jean CASTEX. J'aimerais bien savoir ce qu'ils sont en train de se dire…

GABRIEL ATTAL
Ah, on aimerait tous le savoir…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous le savez, non ?

GABRIEL ATTAL
Non, ça, je ne le sais pas…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, non, Gabriel ATTAL, non ? Vous êtes certain, vous êtes certain ?

GABRIEL ATTAL
Mais en tout cas, elles font plaisir ces images, pas uniquement pour le président et le Premier ministre, mais ce qu'on voit depuis ce matin…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, enfin, c'est un peu de la com. quand même !

GABRIEL ATTAL
Non, mais ce qu'on voit depuis ce matin, ces images des Français qui retournent sur leurs terrasses, et puis, de tous ces Français qui travaillent dans les restaurants, les bars, qui peuvent recommencer à travailler, ça fait plaisir, voilà.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, ça fait plaisir, mais c'est une bonne opération de communication, normal...

GABRIEL ATTAL
Mais c'est important, c'est aussi un jour symbolique. Vous savez, aujourd'hui, c'est le plus grand pas qu'on fait vers la vie d'avant depuis plus de 6 mois, c'est extrêmement important ce qui se passe, c'est des centaines de milliers de Français qui peuvent recommencer à travailler, qui étaient empêchés de travailler, et puis, c'est la vie sociale aussi qui peut reprendre sur les terrasses de nos cafés, et puis, dans nos cinémas, dans nos théâtres.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous êtes impressionné, là, non ? On voit le président de la République en train de discuter avec un serveur du café, vous connaissez ce café ?

GABRIEL ATTAL
Alors, je ne sais pas où c'est…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, vous ne savez pas où c'est, rue de Miromesnil, je crois, par-là…

GABRIEL ATTAL
Mais je reconnais un peu la place Beauvau pas très loin, donc…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, ce n'est pas très loin de l'Élysée, de la place Beauvau…

GABRIEL ATTAL
C'est proche de l'Elysée.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, le président de la République et le Premier ministre en train de discuter, si j'ai bien compris, avec le serveur ou propriétaire du café voilà, voilà, avec, oui, cette journée importante, optimisme, envie et prudence en même temps, Gabriel ATTAL ?

GABRIEL ATTAL
Oui, bien sûr, je pense qu'il ne faut pas se priver de se réjouir parce qu'on revient de loin…

JEAN-JACQUES BOURDIN
On revient de loin et rien n'est terminé !

GABRIEL ATTAL
Et rien n'est terminé, c'est ce que j'allais dire…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ne l'oublions pas.

GABRIEL ATTAL
Il faut rester vigilant. Il ne faut pas baisser la garde, c'est pour ça qu'on a un calendrier de réouverture qui est prudent, c'est : réouverture prudente, réouverture confiante, voilà, on fait les choses progressivement par étapes, mais il ne faut pas se priver de se réjouir, parce que la réalité, c'est qu'il y a encore 1 mois, 2 mois, on était dans une situation qui était extrêmement difficile. Et d'ailleurs, moi, je me réjouis aussi, je le dis, parce que le choix qu'on a fait et qu'a fait le président de la République, avec les mesures qui avaient été annoncées fin mars, c'est le choix de faire confiance à la responsabilité des Français, vous vous souvenez quand on avait annoncé ces mesures, un certain nombre de gens dans l'opposition nous ont dit : mais attendez, ce n'est pas un vrai confinement, vous dites aux gens qu'ils peuvent sortir, vous leur faites confiance, ça ne va pas marcher vos mesures, qu'est-ce qu'on voit aujourd'hui, que la situation s'est améliorée très nettement, qu'elle continue à s'améliorer, donc on a eu raison de faire confiance à la responsabilité des Français.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je regarde le président de la République, pas de masque, donc on va pouvoir sortir, s'installer en terrasse sans masque ?

GABRIEL ATTAL
Alors, vous connaissez les règles dans les restaurants, c'est important de les donner pour les personnes qui nous écoutent, effectivement, quand vous êtes attablé et qu'on vous sert quelque chose à boire ou à manger, vous pouvez retirer votre masque.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et pour discuter aussi ? On peut discuter sans masque ?

GABRIEL ATTAL
Eh bien, quand vous êtes en train…

JEAN-JACQUES BOURDIN
A la terrasse d'un café ?

GABRIEL ATTAL
Quand vous êtes en train de boire, par définition, oui. Mais les règles, elles ont été données, il y a le port du masque…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Parce que d'autres convives portent le masque, je vois…

GABRIEL ATTAL
Eh bien, vous voyez le monsieur, son café ne lui a pas encore été servi, donc j'imagine qu'il va l'enlever son masque pour boire son café, sinon, ça va être compliqué.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, non, mais ça, on est bien d'accord. D'ailleurs, le masque, j'ai une question à propos du masque, est-ce que le masque sera bientôt... est-ce que nous serons démasqués bientôt, est-ce que, bientôt, nous n'aurons plus besoin de masque à l'extérieur ? Parce que vous avez vu que New-York démasquait.

GABRIEL ATTAL
En tout cas, en extérieur, oui…

JEAN-JACQUES BOURDIN
En extérieur, oui, bientôt ?

GABRIEL ATTAL
Ça, c'est évidemment le sens de l'histoire et de la vaccination…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Avant l'été ?

GABRIEL ATTAL
On protège de plus en plus de Français.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Avant l'été ?

GABRIEL ATTAL
Eh bien, on l'espère, on espère…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais on l'espère, mais…

GABRIEL ATTAL
Eh bien…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Si ça continue comme ça, avant l'été, on tombe le masque ?

GABRIEL ATTAL
Si ça continue à s'améliorer, probablement que, à l'été, je ne sais pas vous dire exactement quand, je veux dire, Olivier VERAN, qui était sur votre antenne lundi soir, ne l'a pas dit, et moi, je ne peux pas en dire plus que lui. Mais évidemment, dès qu'on considérera que c'est raisonnable et responsable de dire qu'on peut retirer son masque en extérieur, on le fera…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc nous passerons l'été sans masque ?

GABRIEL ATTAL
Parce que tout le monde en a marre du masque. Ça, c‘est sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Nous passerons l'été sans masque ?

GABRIEL ATTAL
On l'espère.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On l'espère, Gabriel ATTAL…

GABRIEL ATTAL
On l'espère fortement. Il faut que ça continue à s'améliorer, c'est aussi pour ça qu'il faut continuer à être vigilant et faire des efforts.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, bien sûr, bien sûr. Alors, j'ai plein de questions à vous poser, peut-être que le président de la République et le Premier ministre abordent les sujets que nous allons aborder tous les deux. Nous allons rester avec…

GABRIEL ATTAL
On a un Conseil de défense à 9h.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Eh bien, oui, vous avez un Conseil de défense tout à l'heure. Nous allons rester en image avec le président de la République et le Premier ministre, on ne sait jamais, je ne sais pas... non, ils s'entendent bien, tout va bien ?

GABRIEL ATTAL
Ah oui, ça, je vous rassure…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ils ne vont pas se fâcher, là, et quitter la table ? Non, bon, d'accord. Gabriel ATTAL, les soldes prévus du 23 juin au 20 juillet, décalage ou pas ?

GABRIEL ATTAL
Ça sera décidé d'ici à la fin du mois, il y a eu une réunion importante hier qui a eu lieu à Bercy avec mon collègue…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est pour ça que je vous pose la question…

GABRIEL ATTAL
Mon collègue Alain GRISET, qui est ministre chargé des PME, a rencontré les responsables des fédérations des commerces, de l'habillement, pour échanger avec eux sur ce sujet, pour recueillir leur avis, vous avez certaines fédérations qui disent : on souhaite reporter les soldes, comme ça avait été fait l'an dernier, et puis, vous en avez d'autres qui disent : c'est important pour nous que les soldes soient maintenus à la date prévue, c'est-à-dire le 23 juin. Donc il a recueilli tout ça. Il va y avoir une réflexion, et sans doute d'autres échanges dans les jours qui viennent. Et d'ici à la fin du mois, il y aura une décision qui aura été prise, c'est-à-dire, d'ici à la fin de la semaine prochaine.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que vous pensez qu'il y aura décalage des dates ?

GABRIEL ATTAL
Eh bien, très franchement, la décision n'a pas été prise, donc…

JEAN-JACQUES BOURDIN
N'a pas été prise…

GABRIEL ATTAL
Et vraiment, ce que je comprends, Jean-Jacques BOURDIN, c'est aussi pour ça que c'est parfois compliqué de faire des choix politiques, c'est qu'il y a des opinions qui sont différentes selon les fédérations ou les associations de commerçants. Et donc il faut, voilà, chercher le consensus le plus large possible 

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je regarde l'écran en même temps…

GABRIEL ATTAL
Mais vous avez raison…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vous regarde et je regarde l'écran en même temps pour voir ce qui se passe. Dites-moi, des contrôles, est-ce qu'il y aura des contrôles, parce qu'il y a des jauges sur les terrasses, il y a des jauges dans les cinémas, il y a des jauges dans les commerces, qui ouvrent aujourd'hui, est-ce qu'il va y avoir beaucoup de contrôles aujourd'hui ?

GABRIEL ATTAL
Il va y avoir des contrôles évidemment pour…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et puis, couvre-feu à 21h…

GABRIEL ATTAL
Et couvre-feu à 21h, il va y avoir évidemment, pour le couvre-feu, des contrôles qui vont se poursuivre le soir après 21h et jusqu'à 6h du matin, et puis, évidemment qu'il y a des contrôles dans les établissements recevant du public pour l'application des protocoles sanitaires, il y aura évidemment des contrôles, après, vous savez que, à chaque fois qu'on a mis en place des mesures nouvelles, on a toujours fait attention à avoir quelques jours de tolérance, parce que la réalité, on ne va pas arriver tout de suite et sanctionner alors que les règles sont en train de se mettre en place, que les choses s'appliquent.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui. Le Premier ministre est en train d'essayer de convaincre le président de la République, apparemment, je ne sais pas sur quel sujet…

GABRIEL ATTAL
Je ne sais pas lire sur les lèvres…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Moi, j'ai quelques sujets, non, c'est vrai, oui, mais j'ai quelques sujets, la discothèque, les discothèques, soirée test, il va y avoir une soirée test ?

GABRIEL ATTAL
C'est une possibilité…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais c'est une possibilité ou c'est une réalité ?

GABRIEL ATTAL
Mais ça n'a pas été acté, moi, il me semble que ce serait une bonne idée de le tester, en tout cas, ce qui est acté, c'est que, à la mi-fin juin…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mi-fin juin, mi-juin ou fin juin ?

GABRIEL ATTAL
Entre mi-juin et fin juin, voilà, dans la deuxième partie du mois de juin, les patrons de discothèques en sauront davantage sur leur réouverture, moi, je vais vous dire, je les comprends, ça fait plus d'un an qu'ils sont fermés, c'est le seul lieu, je crois, qui n'a jamais rouvert depuis le début de la pandémie, et donc c'est extrêmement difficile pour eux, il y a aussi beaucoup de Français qui ont envie de pouvoir retourner en boîte, comme on dit, et donc il faut qu'on puisse donner des perspectives, c'est aussi un lieu où on sait que c'est plus à risque pour le virus, parce que la réalité, c'est que, quand vous allez en discothèque, c'est quand même plutôt pour avoir des contacts avec les autres, et que, quand vous avez un peu bu, vous êtes peut-être moins attentif au respect des gestes barrières, et donc ce sont des endroits en lieux clos, où le virus peut circuler. Et donc il faut être prudent là aussi.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le pass sanitaire, pass sanitaire, 1 000 personnes, c'est cela, manifestations de plus de 1 000 personnes ?

GABRIEL ATTAL
C'est ça, les salons, les grands concerts, les grandes foires…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est pass sanitaire d'attestation de vaccination, attestation de non-maladie, test négatif, attestation de guérison, c'est ça le pass sanitaire ?

GABRIEL ATTAL
C'est ça.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pass sanitaire, uniquement pour ces rassemblements de plus de 1 000 personnes, uniquement ?

GABRIEL ATTAL
Oui, c'est le choix qu'on a fait, c'est typiquement de ne vous demander un pass sanitaire pour aller boire un café en terrasse en bas de chez vous, voilà, l'important, c'est d'être pragmatique, de l'utiliser, cet outil, là où c'est vraiment nécessaire, c'est-à-dire dans les lieux qui brassent beaucoup de monde, et donc…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, et est-ce qu'il y aura harmonisation en Europe ?

GABRIEL ATTAL
Ah oui, bien sûr, vous savez qu'il y a un trop travail qui est fait au niveau européen…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est décidé, harmonisation en Europe ?

GABRIEL ATTAL
Je crois que le Parlement européen doit se prononcer prochainement, donc moi, je respecte les institutions, mais c'est certain, et notamment pour les déplacements entre les différents pays.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et tests gratuits dans toute l'Europe cet été ?

GABRIEL ATTAL
Alors ça, pour le coup, je n'ai pas d'information sur ce sujet...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon, il y a eu une réunion importante hier soir…

GABRIEL ATTAL
En France, les tests sont gratuits, et c'est important de le dire, la France est un des seuls pays à avoir cette politique de tests gratuits, quand je dis gratuits, c'est la Sécurité sociale qui paie, donc quelque part, c'est les Français, mais en tout cas, on ne vous demande pas de frais quand vous allez vous faire tester, et ça c'est extrêmement important en France en tout cas qu'on le maintienne tant que l'épidémie se poursuit.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que le plan de relance sera renforcé ?

GABRIEL ATTAL
Il va y avoir un deuxième temps de la relance…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire, un premier plan de relance et un deuxième plan ?

GABRIEL ATTAL
Quand je dis deuxième temps de la relance, c'est qu'il y a un plan de relance qui a été annoncé à 100 milliards d'euros pour relancer notre économie. Je vais vous dire, ce plan, il démarre très fort et il démarre très bien. Il y a déjà 30 milliards qui ont été dépensés, c'est les Français qui rénovent leur logement, qui ont une aide jusqu'à 20 000 euros par mois, MaPrimeRenov', c'est des entreprises qui développent des chaînes de production, et donc pour répondre à votre question, quand je dis qu'il y a 30 milliards sur les 100 milliards qui ont été engagés, ça veut dire qu'il reste 70 milliards de ce plan à engager. Et donc quand je dis deuxième temps de la relance, c'est qu'il va y avoir un travail pour regarder s'il faut de nouvelles priorités, comment est-ce qu'on peut faire pour accélérer…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc, pas plus de 100 milliards ?

GABRIEL ATTAL
Aujourd'hui, ce n'est pas prévu, mais évidemment, on adaptera si c'est nécessaire, en tout cas, il faut une nouvelle mobilisation…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Aujourd'hui, 100 milliards et c'est tout ?

GABRIEL ATTAL
Aujourd'hui, c'est 100 milliards…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le quoi qu'il en coûte, c'est 100 milliards, pour la relance, je parle, je parle de la relance…

GABRIEL ATTAL
Pour la relance.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien sûr, bien sûr. Est-ce qu'il y aura des chèques consommation ? Est-ce qu'il y aura des chèques pour plus modestes dans le cadre de ce plan de relance ?

GABRIEL ATTAL
Alors, on a beaucoup agi depuis plus d'un an, depuis début de cette crise, pour garantir le pouvoir d'achat, et donc la consommation de tous les Français, le chômage partiel, ça a quand même permis de garantir le salaire et de verser le salaire, et encore aujourd'hui, vous avez plusieurs millions de salariés qui sont en activité partielle de longue durée, et donc c'est l'État qui finance au moins une partie de leur salaire, pour qu'ils puissent garder leur pouvoir d'achat. Et pour les plus modestes, les plus précaires, je rappelle que, à deux reprises, on a versé des aides exceptionnelles en plus des minima sociaux dont bénéficient les plus précaires. Une famille qui est aux minima sociaux avec deux enfants, elle a reçu il y a un an 400 euros en plus de ces minima sociaux, elle a eu son allocation de rentrée scolaire renforcée de 200 euros en août dernier, et en décembre, elle a reçu à nouveau 400 euros, ça fait 1 000 euros. Donc évidemment, on est au rendez-vous pour accompagner le pouvoir d'achat de ceux qui en ont besoin dans notre pays, et on va continuer cette action.

JEAN-JACQUES BOURDIN
2018, Emmanuel MACRON promettait une loi sur la dépendance des personnes âgées, et il va y avoir une réunion demain à Matignon importante, est-ce qu'un projet de loi sera discuté à l'Assemblée nationale après l'été ?

GABRIEL ATTAL
Alors, il y a une réunion, vous l'avez dit, c'est un engagement du président de la République…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Qui sera tenu avant la fin du quinquennat ?

GABRIEL ATTAL
Il y a eu depuis la crise sanitaire, et donc…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, ça a retardé…

GABRIEL ATTAL
Ça a retardé, et forcément, il reste un peu moins d'un an, il y a un agenda parlementaire qui est contraint, donc il y a des arbitrages à faire, des choix à faire, ce qui est certain, c'est que là, ce qu'on fait, c'est que, on se met en situation d'avoir un projet de loi qui est prêt pour être examiné, ensuite, il y aura une décision qui sera prise…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le projet de loi sera prêt, et donc probablement examiné après l'été ?

GABRIEL ATTAL
En tout cas…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est la volonté du président de la République ou pas ?

GABRIEL ATTAL
Evidemment que notre volonté, c'est d'avancer pour mieux prendre en charge la dépendance et garantir l'autonomie des personnes âgées…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce qu'avant la fin du quinquennat, il y aura un projet de loi sur la dépendance ?

GABRIEL ATTAL
Je vais vous dire, le projet de loi sera prêt, mais je ne peux pas vous dire quand est-ce qu'il sera examiné au Parlement…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais il sera prêt ?

GABRIEL ATTAL
Il sera prêt.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il sera proposé et présenté ?

GABRIEL ATTAL
Il sera prêt, voilà.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et il sera présenté ?

GABRIEL ATTAL
Evidemment que, on annoncera les mesures qu'on veut prendre, et ce qu'on envisage de faire, concrètement, c'est quoi, c'est de dire que, il faut mieux prendre en charge les personnes âgées dans notre pays, arriver à ce fameux tournant du domicile, parce qu'il y a beaucoup de personnes âgées qui ont envie de pouvoir rester chez elles plutôt qu'aller en maison de retraite, et donc revaloriser les métiers et les carrières des personnes qui accompagnent les personnes âgées chez elles, on valoriser aussi les métiers des personnes qui interviennent dans les maisons de retraite. Tout ça, c'est un enjeu très fort. Et donc, on y travaille, c'est ma collègue Brigitte BOURGUIGNON, qui est ministre déléguée chargée de ce sujet, qui est activement à la tâche.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Autre événement aujourd'hui, ce rassemblement de policiers devant l'Assemblée nationale, alors, j'ai plusieurs questions à ce propos. Gérald DARMANIN s'y rendra, le ministre de l'Intérieur, n'y a-t-il pas confusion tout de même, Gabriel ATTAL, voilà le ministre de l'Intérieur qui va se rendre devant l'Assemblée nationale pour partager les revendications des policiers qui exigent quoi, un durcissement des lois, il y a confusion.…

GABRIEL ATTAL
D'abord, vous savez, moi, j'ai entendu…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et la séparation, et la séparation des pouvoirs, où est-elle ?

GABRIEL ATTAL
D'abord moi j'ai entendu les responsables syndicaux de la police, en tout cas une bonne partie d'entre eux, dire que ce n'était pas une manifestation syndicale, mais une marche citoyenne, pour soutenir nos policiers dans leur action du quotidien alors qu'ils sont régulièrement agressés, attaqués, et qu'il y a, oui, un manque de respect d'un certain nombre de personnes vis-à-vis de nos policiers.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous avez raison, sauf qu'il va y avoir des discours, des discours de policiers, et des discours syndicaux, est-ce que vous pensez que dans ces discours syndicaux il n'y aura pas de revendications ?

GABRIEL ATTAL
Il y aura probablement des revendications, Jean-Jacques BOURDIN, mais moi je vais vous dire, pour moi le ministre de l'Intérieur, qui est le premier policier de France, comme on dit, qu'il soit avec ses troupes, avec ses hommes, dans un moment où il y a une émotion très forte, qui les saisit non pas seulement eux, mais tous les Français, après ce qu'on a vu, après ce qui est arrivé à Madame MONFERME à Rambouillet, qui a été tuée dans son commissariat par un terroriste islamiste, ce qui est arrivé à Monsieur MASSON qui a été tué en opération alors qu'il faisait un contrôle antidrogue, la réalité c'est quoi ? C'est qu'on a des policiers qui sont dévoués pour protéger les Français, et d'ailleurs qui savent qu'ils prennent des risques quand ils interviennent pour protéger les Français, mais la réalité aussi c'est que depuis des années les agressions ont augmenté, en 15 ans elles ont doublé les agressions contre les policiers, il y a des refus d'obtempérer qui se multiplient aussi.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est ce que disent aussi les policiers, vous dites la même chose.

GABRIEL ATTAL
Mais bien sûr qu'on dit la même chose.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous dites la même chose, mais les policiers demandent quoi, tous, les syndicats, tous les syndicats de police, des peines planchers ou peine minimale pour les agresseurs des forces de l'ordre, alors oui ou non ?

GABRIEL ATTAL
Alors, pas tous, Jean-Jacques BOURDIN.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Presque tous.

GABRIEL ATTAL
Non, mais j'entends aussi les responsables syndicaux de la police qui disent eux-mêmes que les peines planchers, quand elles ont été mises en place sous Nicolas SARKOZY à l'époque, n'ont pas fonctionné.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc pas question de remettre des peines planchers ou minimale ?

GABRIEL ATTAL
Mais non, mais pourquoi Jean-Jacques BOURDIN, parce que quand vous regardez la durée moyenne des peines qui étaient prononcées à l'époque des peines planchers, elle était inférieure à la durée moyenne des peines qui ont ensuite été prononcées quand on levé les peines planchers, donc on voit bien que ce n'est pas ça la solution. La solution c'est quoi ? c'est de faire en sorte que la justice soit plus efficace, c'est pour ça qu'on renforce ses moyens, il y a une augmentation historique du budget de la justice, on a franchi le cap symbolique des 9 000 magistrats, on recrute 2 000 personnels supplémentaires dans notre justice, pour que ça soit plus réactif et qu'il puisse y avoir une réponse pénale plus rapide, et ensuite ça veut dire qu'il faut renforcer les peines, ça c'est une demande qu'ils ont, évidemment elle a été entendue, et donc très concrètement, vous le savez, la période de sureté pour les crimes contre un policier ou un gendarme sera portée à 30 ans, les rappels à la loi pour les plus petits délits qui faisaient souvent, on va le dire, rire les voyous, ils rigolaient quand ils ressortaient en disant "je me suis pris un rappel à la loi", eh bien c'est supprimé et ça sera remplacé par des vraies peines, notamment des travaux d'intérêt général et évidemment des mesures alternatives.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, ils rigolent toujours quand ils ressortent au lendemain d'un acte de délinquance, bien souvent, malheureusement…

GABRIEL ATTAL
C'est pour ça qu'on renforce la réponse pénale.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Gabriel ATTAL, la violence après le drame d'Ivry, vous avez vu ce qui s'est passé avec cette adolescente de 17 ans qui a été poignardée, tuée par un gamin, un gamin de 14 ans. Faut-il rendre pénalement, je dis bien pénalement, pas civilement, pénalement, responsables les parents de mineurs auteurs d'infraction ? C'est ce que propose un député de La République en marche.

GABRIEL ATTAL
Oui, il y a un député qui a fait cette proposition, elle n'est pas retenue par le gouvernement…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Elle n'est pas retenue.

GABRIEL ATTAL
Aujourd'hui vous avez un principe dans notre droit, c'est que vous êtes responsable des actes que vous commettez, vous pouvez être considéré, être reconnu complice, ça peut exister, mais le principe quand même intangible de notre droit c'est que vous êtes responsable des actes que vous commettez. Est-ce que ça veut dire qu'il ne faut pas mieux responsabiliser les parents ? Evidemment non, et d'ailleurs on a eu l'occasion de le dire, les parents évidemment qu'ils ont une responsabilité dans ce que font leurs enfants, c'est important de le dire et c'est important de le répéter. L'Éducation nationale a aussi un rôle très important. Il y a un autre projet, qui moi me tient à cœur, c'est moi qui l'ai créé, c'est le Service national universel, qui se déploie, quand on parle de jeunesse…

JEAN-JACQUES BOURDIN
On en est où d'ailleurs ?

GABRIEL ATTAL
Il se déploie, en juin vous aurez plus de 20 000 jeunes qui feront leur service national, quand je l'ai lancé il y en avait 2 000, donc ça prouve bien…

JEAN-JACQUES BOURDIN
20 000 en juin ?

GABRIEL ATTAL
Oui, c'est quoi ? C'est des jeunes qui vont se retrouver pendant plusieurs semaines encadrées par des policiers, des gendarmes, des militaires, des associatifs, des membres de l'Éducation nationale, autour de quoi ? Autour des notions de droits et devoirs du citoyen, autour des notions d'autorité, autour des notions de valeurs de la République, c'est ce qui remplace finalement ce qu'était le service militaire à l'époque, ce n'est pas un service militaire, mais on revient à ce moment de creuset républicain.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Un mot sur les régionales. Fusion, alliance, avec Xavier BERTRAND au second tour, dans les Hauts-de-France, si nécessaire ?

GABRIEL ATTAL
Là on est dans le premier tour, on a Laurent PIETRASZEWSKI qui mène la liste de la majorité présidentielle, avec Eric DUPOND-MORETTI…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais imaginons qu'il ne soit pas qualifié. S'il est qualifié, il se maintient ou pas ?

GABRIEL ATTAL
Enfin, moi, tant que le premier tour n'a pas eu lieu je peux difficilement dire ce qu'on fait au deuxième tour, Jean-Jacques BOURDIN, maintenant je vais vous dire très clairement…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous pouvez dire aux électeurs, si nous faisons plus de 10% nous maintiendrons notre liste, vous pouvez le dire.

GABRIEL ATTAL
Ce que je vais vous dire c'est que, pourquoi on présente une liste ? On présente une liste pour que la relance économique du pays qu'on engage bénéficie à tout le monde.

JEAN-JACQUES BOURDIN
D'accord, mais moi je voudrais savoir.

GABRIEL ATTAL
Je vais y venir, et donc qu'est-ce qu'on va regarder au soir du premier tour, quels sont les scores, quel est le rapport de force entre les différentes listes, et qu'est-ce qui garantit le plus que le futur exécutif régional tienne compte de nos priorités en termes de relance économique pour que dans les Hauts-de-France, comme ailleurs…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et ne bascule pas au Rassemblement national.

GABRIEL ATTAL
Pour que dans les Hauts-de-France, comme ailleurs, le plan de relance soit une réalité. Et je vais vous dire, notre logique ça a toujours été le dépassement politique, et donc évidemment que si on considère que c'est nécessaire et que c'est utile qu'il y ait une alliance, évidemment que…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous proposerez cette alliance.

GABRIEL ATTAL
On regarde cela.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous proposerez cette alliance.

GABRIEL ATTAL
On proposera, dans les cas où on sera en tête, d'ouvrir nos listes pour faire des alliances, bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
L'immigration, on a beaucoup parlé d'immigration ces dernières heures, avec ce qui se passe au Maroc et dans l'enclave espagnole de Ceuta, mais est-ce qu'il va y avoir une initiative du gouvernement en matière d'immigration, parce que beaucoup parlent d'immigration zéro, de moratoire sur l'immigration, de référendum sur la politique migratoire, est-ce qu'il va y avoir une initiative du gouvernement, du président de la République ?

GABRIEL ATTAL
Alors, il y a deux choses. Un, il y a la loi qui a été votée en 2018, la loi asile-immigration, je me souviens, j'étais parlementaire à l'époque, qui est une loi qui donne des moyens très puissants, très concrets, pour réduire les délais et pour faire en sorte que soient mieux exécutées les obligations de quitter le territoire et l'intégration des personnes qui ont vocation à rester en France, ça c'est le premier point, et je vais vous dire, avant la crise sanitaire, qui a quand même tous perturbé, ça a produit des résultats, le nombre de personnes éloignées entre 2018 et 2019 a augmenté dans notre pays, il y a moins de naturalisations en France aujourd'hui que dans les quinquennats précédents. Deuxième chose, c'est la question des frontières et la question de l'espace Schengen. Vous vous souvenez que, je crois, il y a six mois, le président de la République a annoncé qu'on doublait le nombre de policiers et de gendarmes à nos frontières, avec l'Espagne et l'Italie, pour contrôler les frontières. Qu'est-ce qui s'est passé depuis six mois ? Le nombre de personnes qui ont été arrêtées et refoulées, d'immigrés qui ont été arrêtés et refoulés à la frontière espagnole, a doublé par rapport à la même période de l'année précédente…

(…) Coupure de l'entretien avec une intervention d'Emmanuel MACRON.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 20 mai 2021