Interview de Mme Élisabeth Borne, ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, à France Bleu Bourgogne le 8 octobre 2021, sur sa visite de l'école des métiers à Longvic et le dispositif "1 jeune 1 solution".

Texte intégral

CYRIL HINAUT
Les ministres aiment décidément beaucoup la Côte-d'Or. Ce matin, c'est la ministre du Travail Elisabeth BORNE qui est avec nous. Elle vient rendre une visite aux apprentis du CFA La Noue à Longvic et faire le point sur le dispositif 1 jeune 1 solution.

ANNE-LAURE LABALETTE
Bonjour Elisabeth BORNE.

ELISABETH BORNE
Bonjour.

ANNE-LAURE LABALETTE
Un petit mot d'abord très rapide sur la réforme de l'assurance chômage puisque deux syndicats appellent ce matin au rassemblement juste avant votre visite du CFA de Longvic.

ELISABETH BORNE
Effectivement, la réforme de l'assurance chômage est rentrée pleinement en vigueur depuis le 1er octobre avec un nouveau mode de calcul de l'allocation chômage qui s'applique aux demandeurs d'emploi qui se sont inscrits depuis le 1er octobre. Ce qu'on veut avec cette réforme, c'est encourager le travail et faire que ceux qui peuvent travailler davantage le fassent, mais c'est aussi lutter contre les contrats courts, le recours excessif aux contrats courts avec notamment un système de bonus-malus pour les entreprises pour les inciter à proposer des contrats plus longs. Et quand on voit la situation économique, la situation de l'emploi – vous savez, l'INSEE nous prévoit un taux de chômage à 7,6 % au troisième trimestre et d'ici la fin de l'année - c'est-à-dire que non seulement on est revenu au niveau de chômage d'avant la crise sanitaire mais on est même au niveau d'avant la crise de 2008. Je pense que c'est le bon moment pour faire cette réforme.

ANNE-LAURE LABALETTE
Alors aujourd'hui, l'image de l'apprentissage, puisque c'est le but de votre visite aujourd'hui en Bourgogne, elle a encore un petit peu la dent dure. C'est vrai que pour certains profs, pour certains parents c'est encore un petit peu poussiéreux l'apprentissage. Comment vous faites aujourd'hui pour donner envie aux jeunes de se lancer dans l'apprentissage ?

ELISABETH BORNE
Moi, je voudrais dire aux jeunes que c'est vraiment une voie d'excellence pour accéder à l'emploi. C'est la possibilité de se former à des très beaux métiers qu'on ne connaît peut-être pas assez : les métiers de l'artisanat, du bâtiment, de l'industrie, en ayant un contrat de travail donc en étant rémunéré. Et puis non seulement on se forme mais en plus on découvre le monde de l'entreprise et c'est très souvent un job à la clef.

ANNE-LAURE LABALETTE
On sait que dans le département, ça fonctionne bien. Est-ce qu'on a des chiffres sur la Côte-d'Or par exemple ?

ELISABETH BORNE
Le nombre d'apprentis a augmenté de plus de 60 % entre 2017 et 2020. On était à peu près à 2 500 apprentis en 2017, on était à plus de 4 000 en 2020 et je suis sûre qu'on va faire encore mieux en 2021.

ANNE-LAURE LABALETTE
Alors quand on est apprenti en Côte-d'Or, on est vraiment sûr aujourd'hui de ressortir avec un travail ?

ELISABETH BORNE
Ça, c'est clair, vraiment. Vous savez, on n'en parle beaucoup, il y a des tensions de recrutement et notamment sur tous ces métiers auxquels on peut se former par l'apprentissage.

ANNE-LAURE LABALETTE
Parce que c'est vrai que c'est bien beau de se lancer dans une formation, mais si derrière il n'y a rien…

ELISABETH BORNE
Non, non. Il y a vraiment un emploi à la clef et, vraiment, c'est la voie d'excellence pour trouver un emploi.

ANNE-LAURE LABALETTE
Le dispositif 1 jeune 1 solution, on le rappelle, il prévoit des aides pour les entreprises allant de 5 000 euros pour le recrutement d'un apprenti mineur jusqu'à 8 000 euros pour le recrutement d'un apprenti majeur donc en contrat d'apprentissage. Ça fonctionne plutôt bien en Côte-d'Or. Vous étiez venue il y a un an à Gilly-les-Cîteaux, à la fromagerie DELIN. Vous aviez pu voir la mise en place de ce plan in situ. Qu'est-ce qu'on vous avait dit à ce moment-là et est-ce que ça marche bien encore aujourd'hui ?

ELISABETH BORNE
Oui. Moi j'avais rencontré des jeunes qui s'engageaient dans l'apprentissage mais aussi des jeunes qui étaient passés par cette voie et qui avaient un CDI dans l'entreprise. Et puis je pense que c'est important aussi d'avoir en tête que quand on part sur ces métiers de l'apprentissage, par exemple les métiers de l'artisanat, non seulement on a un emploi quand on a fini son apprentissage, mais derrière souvent c'est aussi la possibilité de reprendre l'entreprise quand votre patron part à la retraite. Et donc vraiment, c'est une voie d'excellence pour s'insérer dans la vie professionnelle et avoir des parcours très intéressants.

ANNE-LAURE LABALETTE
Mais à côté de ça, le gouvernement donne de l'argent pour pouvoir prendre ces jeunes. Ça veut dire que les patrons sont peut-être encore un peu frileux à l'idée de les prendre ; il faut un peu la carotte au bout du bâton.

ELISABETH BORNE
C'est des aides qu'on a mis en place dans la crise pour qu'on n'ait pas effectivement une rupture dans cette belle dynamique de l'apprentissage. C'est vrai que ç'a fonctionné, on dirait, au-delà de nos espérances. Je pense que c'est important de permettre à des entreprises de découvrir cette voie de l'apprentissage. Et moi je suis persuadée que toutes ces entreprises qui, avec les aides, font que ça ne coûte quasiment rien la première année en apprentissage. Quand ils auront essayé l'apprentissage, qu'ils auront vu à quel point c'est formidable de permettre à un jeune de découvrir ces métiers, et puis ça permet aussi à l'entreprise de former les talents dont elle va avoir besoin dans les prochaines années, je suis persuadée qu'elles continueront sur cette voie.

ANNE-LAURE LABALETTE
Un dernier mot, Elisabeth BORNE, sur les chiffres du chômage, très rapidement. L'INSEE prévoit donc une forte baisse, 7,6 % au troisième trimestre contre 8 % au deuxième. Ce serait un point de moins qu'il y a deux ans. Finalement est-ce qu'on peut dire que la crise Covid n'a pas fait tant de dégâts que ça ?

ELISABETH BORNE
Je crois qu'on a fait ce qu'il fallait aussi pour qu'on protège effectivement les entreprises et les emplois.

ANNE-LAURE LABALETTE
Ça vous fait plaisir, ça.

ELISABETH BORNE
Vous savez, c'est le ?quoi qu'il en coûte?. Enfin, parfois on a des oppositions aujourd'hui qui nous disent : ? vous avez dépensé beaucoup d'argent. ? On a protégé les entreprises, on a protégé les Français. Ça veut dire que les entreprises ont pu garder leurs salariés et quand l'activité économique repart, elles peuvent en profiter à plein. Donc c'est effectivement une bonne nouvelle de voir que ce ?quoi qu'il en coûte?, c'était la bonne stratégie. Avec les réformes aussi qui ont été engagées depuis le début du quinquennat, on retrouve des taux de chômage qu'on n'avait pas connus depuis des années et c'est une bonne nouvelle pour notre pays.

ANNE-LAURE LABALETTE
Merci beaucoup Elisabeth BORNE, ministre du Travail, d'avoir été avec nous ce matin. On rappelle le chiffre que vous nous avez donné ce matin : une augmentation de 60 % des apprentis entre 2017 et 2020. Vous êtes ce matin au CFA La Noue de Longvic. Merci beaucoup et bonne journée.

ELISABETH BORNE
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 8 octobre 2021