Interview de Mme Roselyne Bachelot, ministre de la culture, à France Inter le 18 octobre 2021, sur la taxation des grandes plates-formes numériques et l'état du secteur culturel après la crise du Covid-19.

Texte intégral

NICOLAS DEMORAND
Bonjour Roselyne BACHELOT.

ROSELYNE BACHELOT
Bonjour à vous deux !

LEA SALAME
Bonjour !

NICOLAS DEMORAND
Et merci d'être à notre micro ce matin. On va parler dans quelques instants de l'offensive des grandes plates-formes numériques, de leur capacité d'attraction sur les réalisateurs, acteurs, scénaristes français mais d'abord tour d'horizon de l'état du secteur culturel après un an et demi de pandémie. Confinement, déconfinement, reconfinement, jauges, pass sanitaire, l'année a été évidemment difficile pour tout le monde mais notamment pour le monde de la culture. Dites-nous donc comment vous qualifiez ce matin la situation pour le cinéma, le spectacle vivant, les théâtres, les musées. Est-ce une situation fragile, contrastée ou sérieusement inquiétante pour certains secteurs ?

ROSELYNE BACHELOT
Je dirais que la situation est contrastée ou en demi-teinte et il faut la juger, l'analyser secteur par secteur. Dans le secteur du cinéma, la baisse de fréquentation moyenne depuis la réouverture des salles est environ de 25% mais là aussi, on assiste à une sorte de bipolarisation du secteur avec des films qui marchent très, très bien et les films moyens, ceux qui faisaient quand même l'audience, beaucoup plus impactés. Toutefois, on note qu'il y a reprise qui commence à s'amorcer. Je ne dis donc pas que la situation est inquiétante.

LEA SALAME
Pour les théâtres ?

ROSELYNE BACHELOT
Alors, voilà, le spectacle vivant, là aussi des situations extrêmement différentes, je prends un exemple, l'Opéra de Paris, on observe des très bonnes fréquentations, des bonnes jauges remplies mais on ne sait pas à l'avance, c'est-à-dire que les abonnements et les réservations à l'avance, là où en début de saison, 45% des places étaient réservées, achetées par abonnement ou en avance, il y a 25%. Donc là, il y a vraiment, sur le plan du modèle économique des difficultés ; à La Comédie françaises, les choses sont là aussi, les jauges sont très, très bonnes. Par contre …

LEA SALAME
Et les théâtres privés ? C'est ce que j'allais vous dire parce que Michel GUERRIN dans Le Monde parlait de septembre noir pour les théâtres et c'est vrai que, quand on va au théâtre, en tout cas ça a été beaucoup le cas au début du mois de septembre, c'était catastrophique !

ROSELYNE BACHELOT
Autant il est facile de voir la fréquentation sur les cinémas puisque tous les mardis soirs, le chiffre, à une unité près, tombe, le secteur du spectacle vivant, et en particulier du théâtre privé, est tellement contrasté, tellement émietté que nous faisons remonter des chiffres, petit à petit, je pense que ce sera tout à fait consolidé à la fin du mois, à la fin du mois d'octobre mais là aussi, il y a des spectacles qui marchent très bien, d'autres qui marchent moins bien. Qu'est ce qui est en train de se passer ? Est-ce qu'on est en face d'une sortie de crise ou de changement durable des modes de consommation ?

LEA SALAME
C'est la grande question !

ROSELYNE BACHELOT
C'est la grande question !

LEA SALAME
Et quel est votre avis, Madame la ministre ?

ROSELYNE BACHELOT
Je pense un peu des deux !

LEA SALAME
Ah, c'est-à-dire que vous pensez qu'il y a des secteurs qui vont disparaître au fond !

ROSELYNE BACHELOT
Non, qui ne vont pas disparaître, il faut réinterroger les pratiques culturelles, nous avons lancé une grande étude avec un grand institut d'études d'opinion et avec l'appui du département des études du ministère, sur 3 000 personnes encore actuellement pour 52% des gens, pour la moitié des gens, c'est la peur de sortir, la peur de se faire contaminer qui prévaut. Ce n'est absolument pas d'ailleurs la question du pass sanitaire. Cette question-là est réglée, les gens l'ont …

LEA SALAME
Vous ne pensez pas que ça …

NICOLAS DEMORAND
Ça a été une barrière ?

LEA SALAME
…a ralenti la fréquentation ?

ROSELYNE BACHELOT
Non, non, je dirais même au contraire, ça apporte une sécurité pour beaucoup de personnes mais il est évident qu'il y a des gens qui ont pris l'habitude de regarder un certain nombre de spectacles en streaming, pardon d'utiliser ce terme anglais, il y a le télétravail qui éloigne un certain nombre de personnes des lieux de culture. On est au bureau à Paris ou dans une grande métropole et, en sortant, on va au théâtre ; si évidemment, on est chez soi à 50 kilomètres de l'offre culturelle, on sort moins. Donc je crois qu'il y a tout un travail de réacculturation au spectacle vivant, de dire que rien ne vaut le contact avec les vrais acteurs, une vraie salle, les échanges. Et c'est tout cela qu'on doit porter dans le secteur de la culture.

NICOLAS DEMORAND
Roselyne BACHELOT, Mathieu KASSOVITZ a dit que le Covid était l'accélérateur d'une crise déjà présente, que la défense de la salle de cinéma s'apparentait à la défense d'une espèce en voie de disparition. Est-ce que … vous disiez qu'il pouvait y avoir des éléments qui dans le paysage allaient ou pouvaient substantiellement bouger. Est-ce que la question par exemple de la disparition de la salle ou de l'amoindrissement de la salle de cinéma vous semble aujourd'hui une question qui se pose ?

ROSELYNE BACHELOT
Qu'il y ait des révolutions à faire, de repenser les salles de cinéma certainement mais nous avons le réseau le plus dense de salles de cinéma (2 000 salles, près de 7 000 écrans) et ce que j'ai noté c'est que au cours de la crise, nous avons maintenu en France ce secteur, nous l'avons maintenu parce qu'il y a eu des aides massives, des aides publiques massives ; nous avons aussi gardé la seule industrie cinématographique européenne. Nous l'avons fait parce qu'il y a une politique d'Etat, ce n'est d'ailleurs pas moi qui l'ai créée, c'est une politique qui a été continue entre les gouvernements quelle que soit leur couleur politique. Ca, ça montre bien qu'une action publique volontariste permet de garder la culture et nous allons, nous allons la continuer, c'est d'ailleurs ce que j'ai annoncé avec les aides à la diffusion de films que j'ai annoncées au dernier congrès de Deauville pour la Fédération nationale du Cinéma français. Donc il y a une puissance publique et c'est elle qui maintient la culture et qui la maintient en état.

LEA SALAME
Mais puisqu'on est sur le cinéma, on ne peut pas ne pas parler de NETFLIX qui est à l'offensive en France, la plate-forme a annoncé mercredi la signature d'un contrat pluriannuel annuel avec Omar SY, il n'y a pas qu'Omar SY, la créatrice de la série « 10% », Fanny HERRERO est sous contrat NETFLIX, le réalisateur Jean-Pierre JEUNET prépare un film pour NETFLIX. Le quotidien L'Opinion citait une figure de la production audiovisuelle qui déplore que nos talents soient confisqués par les plates-formes. Aujourd'hui, diriez-vous que NETFLIX a une telle force de frappe que nous sommes face à un risque d'asphyxie de la production locale ? Est-ce de l'impérialisme culturel ?

ROSELYNE BACHELOT
Mais là aussi, il faut lutter avec nos armes et ce que nous avons fait pour le cinéma, nous allons le faire aussi pour les plates-formes et les séries. Nous allons le faire de plusieurs façons : d'ores et déjà, il y a un plan d'investissement d'avenir de 400 millions d'euros qui déjà est sur place pour voir les pratiques innovantes ; nous menons aussi tout un ensemble, une architecture de régulation à travers un certain nombre de directives européennes, ce qu'on appelle le décret SMAD, les services de médias audiovisuels à la demande.

NICOLAS DEMORAND
N'est-ce pas trop lent, voire trop tard déjà, Roselyne BACHELOT ?

ROSELYNE BACHELOT
Je m'y emploie tous les jours !

NICOLAS DEMORAND
C'est une guerre de mouvement là, c'est une guerre de mouvement très rapide !

ROSELYNE BACHELOT
Si je peux aller jusqu'au bout de ma démonstration, nous allons demander, nous allons imposer un financement à ces grandes plates-formes, c'est d'ores et déjà l'année prochaine 250 millions d'euros qui vont être taxés sur les grandes plates-formes pour financer la production française et puis dans le plan France 2030, 600 millions d'euros pour justement créer les studios qui permettent de tourner des séries mais de la formation parce que nous avons un problème, c'est que nous sommes très bons dans l'écrit, les jeunes professionnels sur l'écriture cinématographique, nous avons besoin de mieux les former sur l'écriture de séries. Donc voilà, il faut jouer sur les structures, la formation.

NICOLAS DEMORAND
Mais là-dessus, NETFLIX pour un jeune, jeune acteur, jeune actrice, jeune réalisateur, jeune réalisatrice, cet attrait n'est-il pas irrésistible au fond ? A part la magie du cinéma et la magie de la salle …

ROSELYNE BACHELOT
Non, je ne pense pas …

NICOLAS DEMORAND
…qu'est-ce qu'on peut opposer comme argument quand on voit qu'on peut faire des films, qu'on peut faire des séries peut-être plus vite, plus facilement et plus librement ?

ROSELYNE BACHELOT
D'abord, il ne s'agit pas de dire que NETFLIX n'a pas le droit d'exister bien entendu de la même façon qu'existent des grandes majors, des grandes majors américaines dans le monde du cinéma, ce qui n'a pas empêché à un cinéma français d'exister. Il faut avoir une politique publique active qui soit un véritable levier tant sur le plan des contenants que des contenus, c'est ce que nous sommes en train de bâtir !

LEA SALAME
Roselyne BACHELOT, vous avez vu Squid Game, le carton mondial absolu de NETFLIX, sud-coréen, ultraviolent ?

ROSELYNE BACHELOT
Alors je n'ai pas vu Squid Game mais je sais exactement ce dont il s'agit ; ça appelle un certain nombre de réflexions. D'abord, en soi c'est une critique sanglante du monde de la téléréalité, c'est une fable évidemment parce qu'on ne tue pas les gens qui ne gagnent pas dans les jeux de la téléréalité mais ça montre bien à quel point des dérives dans les jeux de téléréalité vis-à-vis des personnes les plus faibles et les plus démunies, combien ces techniques sont violentes. Deuxième point alors là plus général, à quel point on est maintenant, et ça rejoint ce que disait Nicolas DEMORAND à l'instant, on est devant des offres culturelles entre guillemets globales qui irriguent l'ensemble de la planète. Et troisième point alors beaucoup plus important qui a été soulevé d'ailleurs par Jean-Michel BLANQUER …

LEA SALAME
C'est ce que j'allais vous dire !

ROSELYNE BACHELOT
…la plupart de élèves de CM2 ont vu Squid Game alors que …

NICOLAS DEMORAND
C'est réservé aux plus de 16 ans !

ROSELYNE BACHELOT
Exactement Nicolas DEMORAND !

LÉA SALAME
Alors, qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce que c'est grave parce que honnêtement moi, je connais beaucoup de gamins de 10, 12 ans qui ont vu ce Squid Game ? On ne parle que de ça …

ROSELYNE BACHELOT
Ils miment dans les cours d'école la façon dont on tue les perdants dans le jeu.

LEA SALAME
Qu'est-ce qu'on fait face à cela quand on est ministre et qu'on a ça comme problème ?

ROSELYNE BACHELOT
C'est-à-dire, on en appelle à la responsabilité des parents ! On ne laisse pas des enfants devant de tels spectacles ! Oui, j'en appelle à la responsabilité des parents.

LEA SALAME
Donc c'est un message d'alerte que vous dites, « attention, vos enfants regardent Squid Game et il ne faut pas » ?

ROSELYNE BACHELOT
Regardent Squid Game et il ne faut pas ! C'est un jeu interdit …c'est un spectacle, pas un jeu, c'est un spectacle interdit aux moins de 16 ans !

LEA SALAME
Vous dites « jeu » parce que vous vous êtes mise aux jeux vidéo ?!

ROSELYNE BACHELOT
Oui, je joue un petit peu aux jeux vidéo ! J'ai commencé il y a très longtemps avec « Donjons et dragons ». Je suis une vieille du jeu vidéo mais j'en reviens au jeu vidéo. Ce que je fais personnellement n'a aucun intérêt, c'est un secteur créateur de valeur extraordinaire. La France a d'excellents jeux vidéo. Je suis d'ailleurs allée à Lyon qui est l'une des capitales françaises enfin après Paris du jeu vidéo et il y a vraiment des jeux vidéo qui irriguent l'ensemble du marché international ; il ne s'agit pas de nous faire piquer notre place !

LEA SALAME
D'accord !

NICOLAS DEMORAND
Dans le droit fil de la question de notre auditrice, une dizaine de potentielles victimes présumées ont été recensées à ce stade dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte pour agressions sur mineurs à l'encontre d'un enseignant du Conservatoire national de Paris, il a été exclu par l'institution le 9 septembre pour un an. Le 2 octobre dans une interview au Parisien, Roselyne BACHELOT, vous déclariez suivre l'affaire de près et attendre le rapport de l'Inspection générale que vous aviez diligentée le 15.

ROSELYNE BACHELOT
Je ne l'ai pas encore !

NICOLAS DEMORAND
Ah, vous ne l'avez pas, c'était le 15 octobre. Enfin à ce stade, on est le 18, vous ne l'avez pas ?

ROSELYNE BACHELOT
Oui mais ça c'est une question d'heures !

NICOLAS DEMORAND
Très bien !

ROSELYNE BACHELOT
Il y avait le week-end entre-temps et je n'ai pas regardé la chose pendant le week-end.

NICOLAS DEMORAND
Ok !

LEA SALAME
Roselyne BACHELOT, Dominique SEUX en parlait encore il y a quelques jours à ce micro, il y a beaucoup de questions autour du non renouvellement d'Isabelle de SILVA à la tête de l'Autorité de la Concurrence. Est-ce qu'elle paye de son poste sa supposée opposition au projet de fusion TF1 / M6 ?

ROSELYNE BACHELOT
Ecoutez, moi, je n'ai aucun élément dans ce domaine qui me permet de répondre à votre question ; je serai très attentive à ce que l'Autorité de la Concurrence qui réagira – c'est une autorité administrative indépendante –, en toute indépendance, regarde que la concurrence, eh bien, les lois de la concurrence, les règlements de la concurrence soient bien respectés.

LEA SALAME
Cette fusion TF1 / M6, vous la soutenez ?

ROSELYNE BACHELOT
Je n'ai pas à la soutenir ni à la critiquer. Je pense qu'on a besoin dans un secteur audiovisuel dont on vient de parler de géants, enfin de géants, d'entreprises qui atteignent une certaine taille critique, oui.

LEA SALAME
On est à 6 mois de l'élection présidentielle et c'est le moment des bilans, il y a un paradoxe sur le quinquennat concernant la culture. Jamais le budget de la culture n'a été aussi haut, n'a autant augmenté en tout cas, plus 7,5% encore dans le budget 2022, ce qui est beaucoup. L'Etat, on vient de le dire, a mis le paquet pendant le Covid et pourtant quand on interroge les artistes, les écrivains, les créateurs, ils restent circonspects, Roselyne BACHELOT. Certains disent que le quinquennat d'Emmanuel MACRON pour la culture aura été un rendez-vous raté, que la rencontre ne s'est jamais vraiment faite entre le président et ce milieu-là. Qu'est-ce que vous répondez quand vous entendez ça ?

ROSELYNE BACHELOT
Bon, je fais la part de la polémique, je fais la part aussi de la souffrance parce que la situation de la pandémie avec la fermeture des lieux culturels a créé vraiment beaucoup d'anxiété, beaucoup de souffrance. Elle a, comme le disait Nicolas DEMORAND il y a quelques minutes, accéléré des phénomènes, des phénomènes consubstantiels à la culture. Je comprends que les artistes se posent des questions devant les mutations de notre société, devant la révolution numérique qui agit comme un bulldozer sur le monde culturel, devant les changements de pratiques culturelles et que cela, ça pose cette anxiété, cette souffrance, je l'entends mais je ne peux pas dire que ce soit un rendez-vous, un rendez-vous raté. Il n'y a pas que l'argent mais ça compte quand même cette volonté de sauver le monde de la culture, de l'avoir accompagné d'une façon qui n'existe dans aucun autre pays du monde, il y a d'ailleurs au moins une chose qui est intéressante, c'est que, avec la sortie de crise et le fait que à nouveau les artistes aient rencontré les artistes d'autres pays qui leur disent « mais vous ne vous rendez pas compte, ça n'existe dans aucun autre pays du monde ! »

NICOLAS DEMORAND
Alors sur le budget de la culture qui est en hausse, Léa le disait, il y a une nouvelle fois un perdant qui est l'audiovisuel public, Roselyne BACHELOT FRANCE TELEVISIONS, RADIO FRANCE, ARTE, l'INA voient leur enveloppe baisser. Pourquoi cette baisse à nouveau des budgets de l'audiovisuel public ? N'est-ce pas important d'avoir un audiovisuel public fort, très fort dans le paysage médiatique aujourd'hui et démocratique même, dirais-je ?

ROSELYNE BACHELOT
Oui, bien sûr. Il y a un audiovisuel très fort et il y a eu une trajectoire d'assainissement des finances publiques ; pour autant, l'audiovisuel public est massivement, massivement soutenu dans notre pays. Je dois dire que j'ai été assez étonnée de voir une des candidates majeures, si je puis dire, à l'élection présidentielle …

LEA SALAME
Marine LE PEN …

ROSELYNE BACHELOT
…en l'occurrence Marine LE PEN proposer la suppression de l'audiovisuel public et sa privatisation, je dois dire dans un silence assez assourdissant de la part d'un certain nombre de défenseurs précisément de l'audiovisuel public alors qu'un audiovisuel public puissant est une condition majeure de la démocratie, de la démocratie culturelle et de la démocratie tout court dans notre pays. L'audiovisuel public est un financeur de la création artistique et – vous en témoignez – un acteur indispensable de l'information et Dieu sait si nos compatriotes ont besoin d'une information de qualité dans un monde bouleversé sur ce thème. Véritablement, je me bats pour l'audiovisuel public.

LEA SALAME
Merci Roselyne BACHELOT !

ROSELYNE BACHELOT
Ça y est, c'est déjà fini ?

LEA SALAME
Bah oui, vous voulez rester ?!

NICOLAS DEMORAND
Il y a encore un petit mot …

LEA SALAME
Ah il y a un petit mot, Nicolas !

NICOLAS DEMORAND
Oui parce que la question revient sur Bertrand CANTAT, la musique qu'il produit pour un spectacle au Théâtre de la Colline, Tiphaine, notre première auditrice nous demandait si vous trouviez ça normal. Que pouvez-vous lui répondre ?

LEA SALAME
Il y a deux choses : il y a la liberté de création bien entendu, la question est à poser à Wajdi MOUAWAD, qui ne peut pas, dans ce domaine, être accusé de la moindre complaisance en ce qui concerne la lutte contre les violences – Wajdi MOUAWAD qui est le patron de La Colline, je précise – qui ne peut pas être accusé de la moindre complaisance dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes. Je n'ai pas à intervenir dans la gestion de La Colline ; je regrette que Bertrand CANTAT ait été invité néanmoins !

NICOLAS DEMORAND
Merci Roselyne BACHELOT.

LEA SALAME
Là, c'est vraiment fini.

NICOLAS DEMORAND
Voilà !

LEA SALAME
Merci beaucoup !

NICOLAS DEMORAND
Merci Madame la ministre de la Culture !


Source : Service d'information du Gouvernement, le 19 octobre 2021