Interview de Mme Nathalie Élimas, secrétaire d'État à l'éducation prioritaire, à CNews 1 le 4 janvier 2022, sur le projet de loi installant le passe vaccinal, la rentrée scolaire, les détecteurs de CO2, le port du masque, les tests et le nouveau protocole sanitaire.

Texte intégral

ROMAIN DESARBRES
On est en direct avec Nathalie ELIMAS, plus qu’en direct, vous êtes avec nous sur le plateau, bonjour Madame la ministre.

NATHALIE ELIMAS
Bonjour.

ROMAIN DESARBRES
Vous êtes secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports chargée de l’Education prioritaire plus précisément. On va parler de la rentrée, évidemment, des détecteurs de CO2 qui se font attendre, du port du masque et des tests, et de ce nouveau protocole sanitaire. Tout d’abord ce qui s’est passé à l’Assemblée nationale hier soir, l’examen du projet de loi qui vise à installer ce pass sanitaire, ce pass vaccinal pardon, à partir du 15 janvier, l’examen du texte a été suspendu par un vote des députés de l’opposition. Qu’est-ce qui s’est passé, c’est un gros cafouillage, c’est une claque au gouvernement, c’est un camouflet ?

NATHALIE ELIMAS
Non, ce n’est pas un cafouillage. Vous savez, moi avant d’être membre du gouvernement j’ai été députée pendant 3 ans, donc j’ai siégé à l’Assemblée et j’ai vu ça plusieurs fois, on dit que, en tout cas les oppositions disent qu’il y a… nous font un procès en déni de démocratie, il n’y a pas de démocratie dans ce pays depuis qu’il y a la crise sanitaire, etc., c’est la 12e fois, c’est le 12e texte depuis le début de la pandémie, première chose. Deuxièmement, les députés sont libres, ils font ce qu’ils veulent, la preuve ils ont décidé de suspendre et de reporter, eh bien écoutez libre à eux et puis de toute façon on va avancer dans le texte. Ils n’ont pas voulu siéger cette nuit, je peux le comprendre, je pourrais penser qu’ils siègent ce week-end à la place, ils font comme ils veulent.

ROMAIN DESARBRES
Mais comment est-ce qu’on en est arrivé là, il y a un président de groupe, La République en Marche… ?

NATHALIE ELIMAS
Il y a des présidents de groupe…

ROMAIN DESARBRES
Christophe CASTANER, qu’est-ce qui… il va se faire taper sur les doigts ou pas ?

NATHALIE ELIMAS
Ah bah ça on verra, en tout cas il y aura une conférence des présidents ce matin, qui va fixer un nouveau calendrier, et les députés vont siéger, c’est vrai qu’ils se sont couchés un peu plus tôt hier soir, mais je pense qu’ils vont passer leur week-end à Paris.

ROMAIN DESARBRES
Mais ça veut dire que le pass vaccinal sera repoussé, ça ne sera pas mis en place à partir du 15 janvier ?

NATHALIE ELIMAS
A priori non, il vaut voir encore une fois ce qui va être décidé ce matin et le nouveau calendrier à l’Assemblée nationale parce que, après, je vous rappelle, il faut que ça parte part au Sénat, d’ailleurs ça devait être examiné aujourd’hui en séance au Sénat, en tout cas en commission, donc ça va être légèrement décalé, mais je pense qu’il n’y a pas vraiment de surprise sur l’issue et que le pass vaccinal bien sûr sera voté, voilà, c’est un petit jeu des oppositions. Je siégeais au moment où on a étudié le texte sur les retraites, je vous rappelle qu’il y avait des amendements qui pleuvaient, des sous-amendements, etc., on connaît ces techniques, voilà. La preuve, en tout cas, c’est que les députés sont libres et que la vie démocratique est bien là présente, elle bat son plein dans notre pays et je crois que c’est l’essentiel.

ROMAIN DESARBRES
La rentrée scolaire. Hier nouveau protocole sanitaire, quand il y a un cas dans une classe il y a trois tests en quatre jours pour chaque élève, on dit que c’est un peu l’usine à gaz. Comment ça s’est passé hier la rentrée ?

NATHALIE ELIMAS
La doctrine a évolué, cette histoire de tests faits par les familles c’est déjà en place depuis le début du mois de décembre. Je rappelle que précédemment quand il y avait un cas dans une classe on fermait la classe, ensuite on a dit quand il y a un cas dans une classe on fait tester tous les élèves, les élèves négatifs reviennent, évidemment les élèves positifs restent isolés. Oui aujourd’hui on évolue, on a fait évoluer bien sûr les règles, on ne cesse de s’adapter, de s’ajuster, et en effet notre objectif c’est de ne pas fermer les écoles, ça vous l’avez bien compris.

ROMAIN DESARBRES
Ça on a bien compris.

NATHALIE ELIMAS
Donc on teste massivement les élèves pour garder les classes ouvertes.

ROMAIN DESARBRES
Mais est-ce que le vrai système en fait ce n’est pas le système D avec les profs qui se débrouillent un peu comme ils peuvent, dans la réalité ?

NATHALIE ELIMAS
Quel système D ? On fait tester tout le monde de façon extrêmement régulière, et puis encore une fois, si je regarde un petit peu en arrière, rappelez-vous il y a quelques mois, que disaient les oppositions ? Mais c’est très simple, « on a qu’à faire tester les élèves massivement », c’est vrai, eh bien voilà, c’est exactement ce que l’on fait aujourd’hui. Alors je ne vous dis pas que c’est simple, pour les élèves, pour les familles, et même pour les professeurs, je le reconnais. Vous savez, moi je suis mère de famille, mon fils est rentré hier, il est positif, voilà, eh bien je vais faire la série de tests comme tout le monde. Pour les professeurs évidemment c’est compliqué, parce qu’il faut vérifier, puisqu’une fois qu’on a fait le test, antigénique ou PCR, il y a deux autotests, et donc il faut une attestation des familles, etc., donc oui c’est compliqué, mais qu’est-ce qu’on veut, qu’est-ce qu’on veut pour nos élèves, est-ce qu’on veut les confiner, est-ce qu’on veut fermer les écoles, ou bien voilà, est-ce qu’on joue ce jeu-là, qui est un petit peu difficile, mais au final tout le monde reste en classe.

JEROME BEGLE
En quoi est-ce que le nombre de professeurs éventuellement contaminés par la Covid ou cas contact pourrait venir perturber les cours normaux, fermer des classes ou créer un gros absentéisme dans l’Education nationale ?

NATHALIE ELIMAS
Les professeurs ne sont pas autrement que les autres et il y a déjà des…

JEROME BEGLE
Vous avez des chiffres là-dessus ?

NATHALIE ELIMAS
Pas à ce jour, on aura un état à la fin de la semaine, comme chaque semaine on a des remontées académiques et on saura précisément pour les élèves et pour les professeurs, et le nombre de classes fermées, ça c’est certain. Il y a des professeurs malades, oui, il y a même des professeurs qui ne peuvent pas venir parce qu’ils ont un enfant malade, donc il faut les remplacer, alors on va renforcer les présences des personnels remplaçants et puis il y a une ultime solution, encore, qui est de mettre aussi certaines classes en distanciel, on l’a fait tout au long de la crise, malheureusement on a un peu d’expérience, et donc on peut encore faire ça aussi pour permettre cette continuité pédagogique.

ROMAIN DESARBRES
Madame la Ministre, il y a eu aussi une question qui revient très souvent, les détecteurs de CO2, on en parle, on en parle, on ne les voit pas.

NATHALIE ELIMAS
C’est très simple.

ROMAIN DESARBRES
Alors, le ministère a débloqué 20 millions d’euros, ils sont où ?

NATHALIE ELIMAS
C’est très simple.

ROMAIN DESARBRES
J’avais un maire, le maire de Viry-Châtillon, pardon, sur le plateau…

NATHALIE ELIMAS
Les élus, le Parlement…

ROMAIN DESARBRES
Il m’a dit « je n’ai pas vu le début d’un euro. »

NATHALIE ELIMAS
Ecoutez, le Parlement a voté 20 millions d’euros, ça c’est clair, c’est la contribution de l’Etat, parce que dans le principe ces capteurs de CO2 c’est d’abord la responsabilité des collectivités, les mairies pour les écoles, les conseils départementaux pour les collèges, et bien sûr les conseils régionaux pour les lycées, je rappelle au passage qu’il y a un lycée sur deux équipé de capteurs de CO2. Alors, vous savez qu’il y a une candidate LR, candidate à la présidentielle, qui est aussi présidente de région, eh bien déjà il faut qu’elle commence par les équiper. Ensuite, dans la pratique, il y a eu une note qui a été passée la semaine dernière encore…

ROMAIN DESARBRES
Même pendant l’épidémie, c’est la campagne.

NATHALIE ELIMAS
Aux préfets, aux recteurs, justement pour le process, donc c’est très simple, si les collectivités veulent équiper des classes, et d’ailleurs ce n’est pas toutes les classes, ce n’est pas nécessaire, on peut aérer ces classes, parfois c’est plus compliqué, donc si les collectivités disent là ou là il faut des capteurs, on s’adresse au préfet, on s’adresse au recteur, et il y a un financement de l’Etat qui a été voté à hauteur de 20 millions d’euros.

ROMAIN DESARBRES
Nathalie ELIMAS, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Education nationale, merci beaucoup d’être venue ce matin sur le plateau de « La matinale », bonne journée à vous.

NATHALIE ELIMAS
Merci à vous.


Source : Service d’information du Gouvernement, le 5 janvier 2022