Texte intégral
APOLLINE DE MALHERBE
Il est 8h28 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Maud BREGEON,
MAUD BREGEON
Bonjour,
APOLLINE DE MALHERBE
Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes porte-parole du Gouvernement et vous êtes ministre déléguée en charge de l'énergie. J'ai évidemment prévu des questions sur les municipales sur cette entre-deux-tours. Mais l'énergie, on l'apprend à l'instant, le gaz européen s'envole plus 30 % à l'aube ce matin. Comment vous réagissez ?
MAUD BREGEON
C'est la conséquence évidemment directe de ce qui se passe en Iran depuis plusieurs semaines maintenant. Vous le savez, le détroit d'Ormuz est toujours bloqué et ce détroit d'Ormuz voit circuler, en temps normal, 20 % du pétrole et 20 % du gaz à l'échelle mondiale. L'urgence, et c'est ce que fait le président de la République, c'est de porter des initiatives et de tout mettre en œuvre avec nos partenaires régionaux. Mais au-delà, avec toutes les puissances qui sont directement touchées, je pense à l'Asie, je pense à l'Inde par exemple, pour débloquer ce détroit de façon à retrouver une situation la plus normale possible. On le fait déjà, en Mer Rouge depuis 2024, on participe à une opération de sécurisation du transit des navires dans le cadre d'une opération dite ASPIDES.
APOLLINE DE MALHERBE
Mais vous êtes bien d'accord que ça ne va pas se faire tout de suite ?
MAUD BREGEON
J'appuie dessus parce que ce que je veux dire c'est qu'on sait le faire et on le fait déjà en Mer Rouge avec 20 autres États membres de l'Union Européenne. Mais effectivement, cela prend un peu de temps. Le président de la République s'est exprimé hier à ce sujet en expliquant, et chacun peut le comprendre, que pour sécuriser le transit des navires sur place, il faut qu'il y ait les conditions de sécurité réunies.
APOLLINE DE MALHERBE
Je suis bien d'accord, tout ça, ça part du détroit d'Ormuz. Mais ça ne va pas changer en un jour. Entre temps, on a tous les prix qui s'envolent. On a le prix du gaz évidemment. À l'instant, on va en voir les conséquences. Notre prix de l'électricité, il est encore quand même calculé sur le prix du gaz.
MAUD BREGEON
Ça n'a rien à voir avec ce qu'on a connu en 2022. Je vous explique pourquoi.
APOLLINE DE MALHERBE
Donc, vous ne redoutez pas une hausse des prix de l'électricité ?
MAUD BREGEON
On est bien davantage protégés. Je vous explique pourquoi. En 2022, le prix de l'électricité était fixé 75 % du temps en moyenne par le prix du gaz. Pour une raison, on avait à l'époque près de la moitié du parc nucléaire à l'arrêt pour des raisons d'avarie technique, de corrosion sous contrainte, je ne vais pas y revenir. Aujourd'hui, le parc nucléaire tourne à plein. On a produit 373 TWh l'année dernière. C'est une bonne nouvelle. Ce que ça veut dire concrètement pour les Français, c'est que le nucléaire joue ce rôle de tampon et que l'électricité est bien moins dépendant des prix du gaz en France que ce que c'était en 2022. Nous sommes donc bien davantage protégés. Et pardonnez-moi, davantage protégés que d'autres pays en Europe.
APOLLINE DE MALHERBE
Donc vous voulez être rassurant sur la question de prix de l'électricité. Mais restons un instant sur le prix du gaz, sur le prix de l'essence. Je vais évidemment vous interroger aussi sur ce que font nos voisins. L'Italie qui annonce une baisse des prix à la pompe. Maud BREGEON, si on reste un instant sur ce prix du gaz, plus 30 % sur le gaz européen. Quelles conséquences sur la facture des Français, est-ce que vous pouvez déjà l'anticiper ? Et sur l'inflation ?
MAUD BREGEON
Vous avez environ 16 millions de personnes qui se chauffent au gaz. Sans ces 16 millions de personnes, il y en a plus de la moitié qui sont à des prix bloqués, à des prix fixés. Donc pour eux, ça ne bougera pas d'ici au renouvellement de leur contrat. Pour les autres, ils peuvent s'attendre à des hausses fonction de la durée du conflit. Nous sommes, vous savez, dans une période où les particuliers consomment moins de gaz qu'en hiver, puisque chacun comprend qu'on se chauffe moins en mai ou en juin évidemment qu'en décembre ou en janvier. Mais c'est une possibilité qu'on suit de près. Je pense aussi au secteur économique, quant à la question du gaz, mais quant à la question évidemment du carburant. Nous avons reçu l'ensemble des secteurs touchés, nous continuerons à le faire. Je pense aux pêcheurs, je pense aux agriculteurs évidemment.
APOLLINE DE MALHERBE
Mais Maud BREGEON, je vous arrête tout de suite. Au transporteur. Là, j'ai l'impression que vous avez trois mètres de retard.
MAUD BREGEON
Pardon ?
APOLLINE DE MALHERBE
Vous les recevez. Vous avez reçu la semaine dernière, vous l'avez déjà fait.
MAUD BREGEON
On les a reçus.
APOLLINE DE MALHERBE
Vous avez reçu non seulement ceux qui en sont victimes aujourd'hui. Vous parliez des pêcheurs, pas des agriculteurs. Les routiers évidemment. Vous avez aussi reçu les distributeurs. Mais vous les recevez, vous leur parlez, vous écoutez leurs doléances. Pendant ce temps-là, pardon de le dire, en Grèce, on a décidé de plafonner jusqu'au 30 juin le bénéfice maximum des distributeurs. En Allemagne, les stations-services ont désormais la possibilité d'augmenter leur prix qu'une fois par jour. Ils ont pris des mesures. L'Italie annonce aujourd'hui une période, et pour une période minimum de 20 jours, une réduction de 25 centimes sur le prix de chaque litre de carburant. L'Espagne baisse la TVA. L'Autriche va baisser la taxe sur le carburant, plafonner les marges des distributeurs.
MAUD BREGEON
Pardonnez-moi, je ne peux pas vous laisser dire qu'on a trois mètres de retard, pour reprendre votre expression. Depuis les premières heures de la crise, on a mis en place un suivi avec mon collègue Roland LESCURE, avec évidemment le Premier ministre et l'ensemble des ministres concernés, quotidien. On suit ce qui se passe, on reçoit les distributeurs, on s'assure, pardonnez-moi, qu'il n'y ait pas d'augmentation de marge qui ne s'expliquerait pas de, par l'augmentation des cours du baril. Donc, tout ça est évidemment suivi comme le lait sur le feu.
APOLLINE DE MALHERBE
Mais je ne dis pas du tout que vous ne le suivez pas, soyons très clairs. Vous suivez, vous écoutez, vous recevez.
MAUD BREGEON
Nous avons toujours dit que notre responsabilité a été double. C'est, d'une part, ce que fait le Président de la République à l'échelle internationale, parce que c'est évidemment ça, le principal nœud qui permettra de revenir à une situation normale, et au niveau national, d'envisager tous les scénarios. Ce conflit a débuté il y a maintenant trois semaines. Personne ne sait dire dans quelle mesure il va évoluer dans le temps et dans l'espace. Et donc, toutes les options sont sur la table. Nous aurons une réunion avec le Premier ministre en fin de matinée pour faire le point sur la situation, pour envisager les différentes possibilités en fonction de la durée du conflit, en fonction de la difficulté que rencontrent les secteurs économiques. Nous avons toujours été au rendez-vous pour protéger les Français et pour protéger les secteurs économiques durant les différentes crises que nous avons traversées. Pour autant, Apolline DE MALHERBE, je pense qu'il faut aussi porter un discours de vérité. La tenue de 5 % de déficit cette année, ce qui est déjà haut, est une nécessité et ça a de la valeur, y compris pour le fonctionnement du pays, pour les secteurs économiques et pour notre capacité à investir ensuite. Donc, j'entends ceux qui voudraient qu'on débourse d'ores et déjà des milliards pour aider des gens, dont j'entends les difficultés. Je sais bien que pour les Français qui se chauffent au gaz, que pour tous ceux qui vont travailler et n'ont pas d'autre choix que d'aller aux stations-service, c'est une difficulté nécessaire. Mais il faut aussi porter ce discours de vérité. Il y a une réalité des finances publiques qu'on ne peut pas ignorer
APOLLINE DE MALHERBE
Vous avez dit : "On doit tenir". En fait, ce qu'on vit maintenant, c'est les conséquences de ce qui s'est passé sur le budget.
MAUD BREGEON
Pardonnez-moi, ce qu'on vit maintenant, c'est les conséquences de ce qui se passe en Iran. Et par ailleurs, lors des crises…
APOLLINE DE MALHERBE
Je ne vous parle pas, évidemment, bien sûr que c'est les conséquences. Non, mais attendez. Évidemment que c'est les conséquences de ce qui se passe en Iran, il n'y a aucun doute. Ce que je veux simplement dire, c'est pourquoi est-ce que nos voisins ont plus d'élasticité que nous ? C'est parce que nous, on n'a plus de sous, on est pieds au plancher.
MAUD BREGEON
Nous, on a bien davantage protégé les Français et encore une fois les entreprises pendant les différentes crises. Je pense à la crise du Covid, je pense à la crise énergétique de 2022-2023, ce qui nous a d'ailleurs permis d'avoir une inflation inférieure à ce que c'était ailleurs en Europe. Les prix de l'énergie sont bien plus bas en France. Je pense notamment à l'électricité qu'en Italie, qu'en Allemagne ou qu'en Espagne. Et ça, c'est grâce à notre part nucléaire qui va continuer à protéger les Français. Encore une fois, je n'ai pas de boule de cristal. Je ne suis pas en mesure de vous dire avec quelle intensité ce conflit va durer dans les semaines à venir.
APOLLINE DE MALHERBE
Maud BREGEON, je voudrais qu'on s'arrête un instant. Vous avez dit deux choses. Vous avez dit, un, qu'il y aura une réunion en fin de matinée, aujourd'hui, autour du Premier ministre pour décider des différents scénarios. Ça veut dire qu'au moment où on se parle, Maud BREGEON, le scénario d'une baisse des taxes est sur la table.
MAUD BREGEON
Le scénario d'une baisse des taxes n'est pas envisagé à l'heure où on se parle. En revanche, on entend les difficultés, par exemple sur la trésorerie. On recevait les transporteurs qui font face à des difficultés de trésorerie réelles. Les pêcheurs, le gasoil pêche est passé d'environ 60 centimes le litre. Il n'est pas taxé à un euro le litre. Là aussi, on peut regarder les mesures qui peuvent être mises en place pour faciliter ce moment difficile. Mais là encore, je crois qu'il ne faut pas oublier la réalité de la situation budgétaire française. Je pense que les Français en ont conscience.
APOLLINE DE MALHERBE
Mais c'est une question d'arbitrage. Vous avez fait des choix jusqu'à présent où il n'y avait pas forcément de baisse de dépense. Donc aujourd'hui, en effet, il n'y a pas de réserve. Nous aussi, on a un problème de trésorerie.
MAUD BREGEON
On a fait le choix, Apolline DE MALHERBE, de ne pas augmenter l'impôt des Français lors dernier projet de loi de finances. Et ça, c'était extrêmement important. Maintenant, je crois qu'encore une fois, quand on est aux responsabilités, on peut tout à fait entendre les difficultés auxquelles les gens sont confrontés, suivre et accompagner au mieux les secteurs, et en même temps avoir ce discours de vérité sur les finances publiques. Je crois que nous n'avons plus les moyens, du quoi qu'il en coûte, tels qu'il a été mis en œuvre il y a deux ou trois ans de ça. Et par ailleurs, la situation n'a absolument rien à voir. Nous ne sommes pas dans la situation de 2002.
APOLLINE DE MALHERBE
On l'a bien entendu, on va regarder la situation très précisément.
MAUD BREGEON
L'exemple du gaz, le gaz avait augmenté 2,5 fois plus que ce que c'est aujourd'hui.
APOLLINE DE MALHERBE
Je rappelle le chiffre ce matin, plus 30 % pour le gaz européen. Le prix du gaz, en effet, qui s'envole. Maud BREGEON, l'essence et le gasoil. Je vous ai reçu ici même le 4 mars. Vous aviez dit, je vous cite : "À court terme, on peut s'attendre à une hausse de quelques centimes, compte tenu et limité". On est à plus 30 centimes.
MAUD BREGEON
Ça s'est envolé bien au-delà de ce qu'on pensait. Et je peux faire mon mea culpa devant vous. Je pense qu'il faut savoir dire en politique quand on s'est trompé. Ce que je dis encore une fois, c'est qu'il y a une réelle difficulté principalement sur le gasoil. Davantage que sur le sans-plomb. Il faut peut-être expliquer aussi pourquoi aux gens. Parce qu'on raffine pour 90 % du gasoil que l'on consomme en France. Le raffinage se fait à l'extérieur de l'Union européenne. Ce n'est pas le cas pour le sans-plomb. Et donc, on est bien davantage, là encore, dépendant de choses que l'on fait ailleurs. On paie le coût de nos dépendances. C'est aussi, et je le dis avec beaucoup d'humilité, parce que quand on est en pleine tempête, ce n'est pas évident de porter ce type de discours. Mais tout ça doit aussi nous interroger quant au coût de nos dépendances et sur la façon dont on en sort. On est aujourd'hui dépendant à 60 % d'énergie fossile importée. On voit que lorsque ces imports se bloquent, lorsque les prix augmentent, nous sommes en grande difficulté pour y faire face. Ça doit, pour la suite, nous rappeler l'urgence absolue de sortir de ces dépendances.
APOLLINE DE MALHERBE
Maud BREGEON, il y a les politiques qui vous demandent, le RN vous demande de baisser la TVA et la taxe sur les assises, le volume de vente. Il y a LFI qui demande plutôt un blocage des prix. Mais il y a aussi les distributeurs qui désormais en appellent à vous. Je voudrais que vous écoutiez Thierry COTILLARD. Thierry COTILLARD, c'est le patron du groupement des MOUSQUETAIRES, le patron des INTERMARCHES. Au micro de BFM Business.
THIERRY COTILLARD, PATRON DU GROUPEMENT DES MOUSQUETAIRES
Quand vous avez une essence à 2 euros, retenez un seul chiffre, la moitié va à l'État. Donc c'est 1 euro en taxe, en TVA. Donc, on peut travailler les marges des distributeurs qui font 4 centimes, mais je crois que c'est surtout intéressant de regarder en amont la marge du raffineur, la marge du transporteur et puis surtout, l'État, qu'est-ce qu'il veut faire ? Est-ce qu'aujourd'hui, il veut donner un petit coup de main aux Français et toucher à l'enveloppe qui va percevoir qui est une enveloppe qui n'était pas budgétée ? Puisque la réalité, c'est comme une entreprise, il y a eu un budget de fait pour 2026, cette hausse du pétrole n'était pas prévue et donc la TVA additionnelle n'était pas prévue. Est-ce qu'ils veulent en redistribuer ? C'est la question que je pose aujourd'hui.
APOLLINE DE MALHERBE
Allez-vous redistribuer ?
MAUD BREGEON
Alors d'abord, cette affirmation consistant à laisser penser aux Français que l'État s'enrichirait sur le dos de la crise est un mensonge éhonté. L'État ne s'enrichit pas sur le dos de la crise. L'État ne s'est jamais enrichi pendant des crises pétrolières. Ça n'existe pas. Parce que quand bien même vous avez une légère augmentation des recettes dues à la TVA, vous avez un impact évident sur la consommation, vous avez un impact évident sur la croissance. Et quand vous discutez avec les distributeurs, ils vous le disent. Il y a moins de volume vendu aux stations pour une raison que chacun comprend, parce que le prix est plus important et parce que les Français font attention.
APOLLINE DE MALHERBE
Et on le voit d'ailleurs dans un certain nombre de stations, c'est déjà moins 15 % environ.
MAUD BREGEON
L'État ne s'enrichit jamais sur le dos des crises. Ensuite, moi, je veux bien qu'on se renvoie à la patate chaude entre l'État, les distributeurs, les raffineurs et les transporteurs. Je ne suis pas certaine que c'est ce qui permet d'avancer de façon la plus efficace, la plus solidaire et la plus intelligente. Chacun doit faire attention. Nous avons demandé aux distributeurs effectivement d'avoir une grande vigilance sur leurs marges et de répercuter les baisses aussi rapidement que les hausses ont été répercutées lors du tout début de la crise. Nous suivons ce qui se passe chez les transporteurs, nous suivons aussi ce qui se passe chez les raffineurs parce qu'effectivement, il faut regarder l'ensemble de la chaîne de valeurs. Et ensuite, quant à la question, on revient au débat qu'on avait tout à l'heure des taxes sur le carburant. Bien sûr qu'elles existent ces taxes. Elles sont peu ou prou dans la moyenne de ce qui se fait à l'échelle de l'Union Européenne. Mais nous sommes, je le redis, face à une responsabilité qui est aussi une responsabilité budgétaire. Et tenir un déficit à 5 %, c'est permettre d'investir ensuite notamment pour la transition énergétique mais pour tous les services publics auxquels les Français sont attachés. Et ça doit aussi rentrer dans l'équation.
APOLLINE DE MALHERBE
On va en venir à la question des arrangements des partis dénoncés par Emmanuel MACRON. Mais un dernier mot concernant la guerre en Iran. On l'a appris cette nuit selon nos informations. Trois Français ont été arrêtés à Dubaï. Ils auraient été arrêtés pour avoir filmé des frappes iraniennes, ce qui est interdit par les autorités depuis le début du conflit. Est-ce que vous en savez plus ?
MAUD BREGEON
Ce que je peux vous dire, c'est qu'ils bénéficient de la protection consulaire, que le Quai d'Orsay est en lien avec eux, avec leurs avocats. Donc, nous suivons la situation avec la plus grande attention. Je n'ai pas de détails et de précisions à vous apporter sur le dossier.
APOLLINE DE MALHERBE
Emmanuel MACRON dénonce des arrangements des partis avec des extrêmes des deux bords qui demeurent aussi dangereux pour la République. Il pense à qui ?
MAUD BREGEON
Il y a de toute évidence une forme de quoi qu'il en coûte électorale pour des postes au détriment des valeurs et au détriment des engagements de chacun. On assiste depuis dimanche soir, lundi matin, depuis le début de ce second tour, à un grand dérèglement politique. Et moi, je me mets à la place des Français. On nage dans la confusion la plus totale. Le parti socialiste qui clamait ne pas avoir d'accord avec la France insoumise s'allie dans des dizaines de villes avec la France insoumise mentionnant un péril fasciste qui en fait concerne des maires centristes et de centre droit. En parallèle, vous avez à Nice la candidate soutenue par EELV et le parti socialiste qui, elle, se maintient alors que l'allié, le principal allié de Marine LE PEN est en position de gagner la ville. Tout ça n'a aucun sens. Regardez ce qui se passe à Avignon. Le candidat socialiste se retrouve avec la France insoumise sur une liste sur laquelle figure un collaborateur de Raphaël ARNAUD dont on a beaucoup parlé sur vos antennes depuis plusieurs semaines.
APOLLINE DE MALHERBE
Dont deux collaborateurs au moins, et l'un a été mis en examen.
MAUD BREGEON
Et je crois que face à ça, on doit faire preuve de la plus grande clarté. Et donc moi, je veux commencer par remercier ceux qui, au parti socialiste, chez Les Républicains et évidemment dans le Bloc central, ont fait preuve, encore une fois, d'une intransigeance totale et nécessaire sur les valeurs. Au PS, je pense à Raphaël GLUCKSMANN, je pense à François HOLLANDE, je pense à Jérôme GUEDJ, je pense à monsieur PAYAN, je pense à monsieur GREGOIRE. Chez Les Républicains, je pense à Michel BARNIER bien sûr, Gérard LARCHER, Jean-François COPE et d'autres. C'est cette posture qu'on doit tenir.
APOLLINE DE MALHERBE
Je vois que vous ne citez pas Bruno RETAILLEAU. Vous avez peut-être entendu qu'ici même, hier, il a parlé, à propos de Nice, d'une campagne délétère. Il refuse d'apporter officiellement son soutien à Christian ESTROSI sans pour autant appeler à voter Éric CIOTTI. Mais il dit que c'est au Niçois désormais de choisir parce qu'il reproche à Christian ESTROSI, je cite : "D'être coupable d'un appel à la gauche et au communautarisme". Comment vous avez réagi à ça ?
MAUD BREGEON
Vous avez à Nice un candidat de droite républicaine qui est face à l'allié au supplétif de Marine LE PEN. Il ne peut y avoir aucune hésitation possible. Je comprends que Bruno RETAILLEAU a tenté de s'expliquer et de revenir ensuite sur ce qu'il a dit devant vous hier matin. On nage encore une fois dans la plus grande confusion. Quand on a un parti républicain contre un parti extrême, qu'il soit d'extrême gauche ou d'extrême droite, il ne peut y avoir aucune hésitation possible.
APOLLINE DE MALHERBE
Vous n'avez pas d'État d'âme aussi à voter Rachida DATI à Paris ?
MAUD BREGEON
Non, absolument pas. J'avais fait savoir que je la soutenais. Je pense que Paris a besoin d'alternance.
APOLLINE DE MALHERBE
Vous avez regardé le débat hier soir ?
MAUD BREGEON
J'ai regardé une partie du débat qui a été terminée très tard.
APOLLINE DE MALHERBE
Vous deviez vous lever tôt, moi-même aussi. Mais comment est-ce que vous avez vécu effectivement ce moment politique ?
MAUD BREGEON
Écoutez, pour moi, les choses à Paris sont assez simples et assez claires. Vous avez le successeur d'Anne HIDALGO, vous avez la candidate de la France insoumise et vous avez une femme politique, Rachida DATI qui incarne cette alternance portée par la droite et le centre. Je vais vous dire ce que fait Rachida DATI qui a réussi à rassembler à Paris. Et moi, j'en suis sincèrement extrêmement heureuse. C'est ce qu'il faudrait arriver à faire dans les 36 000 communes de France. Parce que ce qu'on vit depuis ce début de semaine nous ramène aussi à la nécessité absolue de rassembler la droite et le centre dans les semaines, dans les mois et dans les années à venir. Et ça nous oblige également vis-à-vis de ce qu'on va vivre à la présidentielle et en 2026.
APOLLINE DE MALHERBE
Vous avez cité Raphaël GLUCKSMANN, ce matin, votre prédécesseur d'ailleurs au ministère de l'énergie, Agnès PANNIER-RUNACHER, lui tendait la main en quelque sorte, elle disait : "Je l'appelle à quitter l'alliance avec le PS et à nous rejoindre". Est-ce que vous dites que Raphaël GLUCKSMANN, il aurait sa place avec vous ?
MAUD BREGEON
En tout cas, Raphaël GLUCKSMANN fait indéniablement partie des responsables politiques avec qui on doit pouvoir discuter. Ma conviction, c'est que l'espace politique, la famille politique dans laquelle nous devons construire, c'est celle avec qui nous sommes au Gouvernement, avec qui nous cheminons à l'Assemblée et au Sénat depuis maintenant deux ans, c'est cette grande famille de la droite et du centre et donc, il faudra un candidat commun dès le premier tour en 2027.
Source : Service d'information du Gouvernement, le 24 mars 2026