Texte intégral
Le ministre de l'intérieur a présenté un bilan des élections municipales 2026.
Les élections municipales et communautaires se sont tenues les dimanches 15 et 22 mars 2026. Les opérations électorales ont débuté en Nouvelle-Calédonie, à 22h le samedi, heure de Paris, et se sont achevées en Polynésie française, à 6h le lundi, heure de Paris.
Les élections municipales et communautaires constituent un défi organisationnel majeur pour les services du ministère de l'intérieur et les communes. Elles recouvrent en effet 12 modes de scrutin différents, pour 48,7 millions d'électeurs appelés aux urnes dans 70 000 bureaux de vote afin de départager plus de 900 000 candidats répartis en près de 50 000 listes. Ce sont en tout plus de 5 000 agents du ministère de l'intérieur qui ont été mobilisés pour préparer le scrutin, depuis près d'un an, et jusqu'en soirée électorale.
Les élections de 2026 ont été marquées par l'entrée en vigueur de trois réformes majeures :
- la loi n° 2025-444 du 21 mai 2025 visant à harmoniser le mode de scrutin aux élections municipales afin de garantir la vitalité démocratique, la cohésion municipale et la parité, étendant le scrutin de liste paritaire aux communes de moins de 1 000 habitants, représentant 71 % des communes françaises ;
- la loi n° 2025-658 du 18 juillet 2025 relative au droit de vote par correspondance des personnes détenues, supprimant la possibilité de vote par correspondance dans un bureau de vote dérogatoire pour les élections à ancrage territorial, dont les élections municipales, aux 57 500 détenus en capacité de voter ;
- la loi n° 2025-795 du 11 août 2025 visant à réformer le mode d'élection des membres du conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et de Marseille, instaurant deux scrutins distincts pour l'élection des conseillers de Paris et des conseillers municipaux, d'une part, et des conseillers d'arrondissement, d'autre part, représentant près de 2,1 millions d'électeurs concernés.
Au total, c'est près de 45 % du corps électoral, soit 25 millions d'électeurs, qui était concerné par ces évolutions des modes de scrutin.
L'action engagée par le Gouvernement pour accompagner ces réformes a permis un accompagnement renforcé des services de l'Etat et des communes, ainsi qu'une information des électeurs.
Les opérations électorales se sont très bien déroulées, sur l'ensemble du territoire national, sans aucun incident d'ordre public particulièrement signalé, au premier comme au second tour.
Au premier tour de scrutin, le taux de participation est de 57,10 %, soit un taux plus élevé qu'en 2020 (44,66 %) mais inférieur aux taux de 2014 (63,55 %) et de 2008 (66,11 %).
Au second tour de scrutin, le taux de participation est de 57,03 %, soit un taux plus élevé qu'en 2020 (41,86 %) mais inférieur aux taux de 2014 (62,13 %) et de 2008 (65,24 %).
68 communes n'avaient aucune liste candidate : dans ces communes, des délégations spéciales, chargées d'administrer la commune et d'organiser de nouvelles élections dans un délai de trois mois, seront installées par les préfets.
1,1 million de procurations ont été établies depuis le 1er janvier 2026, dont près de 70 % de façon dématérialisée (partiellement ou totalement) via la télé-procédure Maprocuration. Depuis le décret du 3 novembre 2025, il est possible d'établir et résilier sa procuration de façon entièrement dématérialisée avec l'identité numérique certifiée France Identité. Ainsi, 6,4 % des procurations ont été établies de façon entièrement dématérialisée.
A l'issue du premier tour, un second tour était nécessaire dans 1 590 circonscriptions, à savoir 1 526 communes de droit commun, 17 communes de Polynésie française (dont 1 de moins de 1 000 habitants), 8 sections électorales en Polynésie française, 29 secteurs ou arrondissements à Paris, Lyon et Marseille et 10 circonscriptions de la Métropole de Lyon.
Un second tour était ainsi nécessaire dans seulement 0,8 % des communes de moins de 1 000 habitants, mais dans 59,04 % des communes comprises entre 30 000 et 100 000 habitants et dans 90,48 % des communes de plus de 100 000 habitants. Dans ces 1 590 circonscriptions où un second tour était nécessaire, on comptait 4 404 listes rassemblant 129 293 candidats dans 1 590 circonscriptions.
Au premier tour, les femmes représentent 48,11 % des élus au premier tour et 24,06 % des têtes de listes. Au second tour, elles représentent 48,77 % des élus et 25,69 % des têtes de listes élus.
Au total, les femmes représentent 48,16 % des élus en 2026, contre 42,39 % en 2020 et 24,20 % des têtes de liste élues, contre 21,28 % en 2020.