Interview de Mme Maud Bregeon, porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée, chargée de l'énergie, à BFM TV le 18 juin 2026, sur les tests salivaires anti-drogue, la baisse des prix du carburant et du gaz, le versement de l'aide "grands rouleurs", le budget, l'interdiction du concert organisé par La France insoumise pour la fête de la musique et les propos de Bally Bagayoko.

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Média : BFM TV

Texte intégral

APOLLINE DE MALHERBE
Vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Maud Bregeon.

MAUD BREGEON
Bonjour.

APOLLINE DE MALHERBE
Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes la porte-parole du Gouvernement, vous êtes ministre déléguée en charge de l’Énergie. Je vais évidemment vous interroger sur les propos d’Emmanuel MACRON hier soir qui, à l’issue du dîner à Versailles, a promis une bonne nouvelle : que les prix du carburant et du gaz allaient baisser. Mais je voudrais d’abord vous demander si vous avez passé le test salivaire.

MAUD BREGEON
Alors pas encore, mais je le ferai tout à l’heure. Je vous enverrai les résultats si vous voulez.

APOLLINE DE MALHERBE
Ah ! Vous ferez tout à l’heure le test, test salivaire pour savoir si vous avez consommé de la drogue.

MAUD BREGEON
C’est une question d’exemplarité. On va le demander à nos collaborateurs, on va le demander aux directeurs d’administration, et c’est normal, le Premier ministre l’a fait lui-même, que, au plus haut niveau de l’État, on montre l’exemple. Encore une fois, le message qui est envoyé, ce qu’on veut dire par cette directive, c’est quoi ?

APOLLINE DE MALHERBE
Les tests salivaires inopinés et obligatoires pour les fonctionnaires notamment, et les membres de cabinets ministériels.

MAUD BREGEON
On a un problème, vous le savez, vous en parlez souvent sur vos plateaux, face au narcotrafic. Le narcotrafic, il y a des vendeurs et il faut évidemment s’y attaquer. Et puis il y a des consommateurs. On ne peut pas ignorer qu’aujourd’hui les consommateurs de drogues, qui qu’ils soient et peu importe la drogue dont on parle, ont une responsabilité centrale jusqu’aux drames qu’on voit se passer dans certains de nos quartiers ou dans certaines de nos villes. Et donc ça concerne tout le monde, ça traverse peut-être plus qu’avant les classes sociales, les secteurs géographiques ; ce n’est plus uniquement dans les grandes villes, c’est aussi dans les petites villes de province.

APOLLINE DE MALHERBE
Mais cela veut dire quoi ?

MAUD BREGEON
Et donc le message qu’on envoie, c’est que pour des questions d’exemplarité, pour des questions d’autonomie dans la prise de décision, notamment au plus haut sommet de l’État... On voit bien ce que tout cela pourrait embarquer comme conséquences…

APOLLINE DE MALHERBE
Sur la lucidité, sur la disponibilité mentale quand on prend une décision.

MAUD BREGEON
Sur la lucidité, sur l’autonomie, sur le fait de ne pas avoir d’addiction, de ne pas être dépendant de quelqu’un ou de quelque chose. C’est quand même ce qu’on attend des plus hauts fonctionnaires et, évidemment, des ministres. Donc voilà, c’est toute cette démarche-là qu’on met en œuvre, et on recentre la place du consommateur. On ne peut pas pleurer le week-end les morts que l’on déplore dans les quartiers dus au narcotrafic, et en même temps consommer de la drogue le samedi soir, ça ce n’est pas possible. Il y a aujourd’hui une hypocrisie qui est réelle dans la société française sur ces questions.

APOLLINE DE MALHERBE
Avec quelles conséquences ? La question qui se pose — et d’ailleurs elle s’était posée, semble-t-il, lorsqu’un des membres du cabinet du Premier ministre avait visiblement consommé de manière jusqu’à faire une sorte de malaise, qui était un des conseillers agriculture, semble-t-il, de Sébastien LECORNU, il n’est plus en cabinet aujourd’hui. C’est ce qui, semble-t-il, a fait prendre conscience à Sébastien LECORNU de cette urgence aussi à dépister — mais je vous pose la question : quelles conséquences ? C’est-à-dire que si vous répondiez positivement à un test salivaire, vous ou quelques membres de votre cabinet, c’est quoi ? C’est un licenciement derrière ?

MAUD BREGEON
Je pense que quand vous avez aujourd’hui une dépendance aussi importante qu’une dépendance à la drogue, vous ne pouvez pas rester à des fonctions où vous êtes amené à prendre des décisions pour 65 millions de Français. Ensuite, c’est à la discrétion du ministre. C’est précisé, tout cela est détaillé dans la circulaire. Mais je crois qu’encore une fois, on ne peut pas demander l’exemplarité aux Français et en même temps au plus haut sommet de l’État avoir des dérives aussi importantes.

APOLLINE DE MALHERBE
Est-ce que ça a vocation à être généralisé, y compris dans les entreprises ? Ça a été évoqué.

MAUD BREGEON
La question n’est pas posée de cette manière-là. Et vous savez qu’il y a un cadre légal, mais c’est un message qui est envoyé. Encore une fois, c’est un message qui est envoyé : c’est la responsabilité du consommateur.

APOLLINE DE MALHERBE
Est-ce que le haut fonctionnaire... puisque ça a vocation, si je comprends bien, à être fait dans les cabinets, dans les ministères, mais aussi vis-à-vis des fonctionnaires… est-ce que les hauts fonctionnaires devront démissionner ou être licenciés s’ils consomment de la drogue ?

MAUD BREGEON
On va attendre de voir les résultats.

APOLLINE DE MALHERBE
Mais je vous donne un exemple, on en a un sous les yeux. Il y a un an tout pile, l’ancien directeur de l’INA, souvenez-vous, qui a été suspendu après son interpellation pour achat de cocaïne — il venait de dépenser 600 Euros auprès d’un dealer de cocaïne. Suspendu, ça ne veut pas dire licencié. Il a ensuite de lui-même démissionné. Il est membre de la fonction publique, il est énarque, il est, semble-t-il, en tout cas membre de la direction du Trésor. Je ne sais pas si, au moment où on se parle, il est revenu à la direction du Trésor ou pas. Mais est-ce que typiquement, sur cet exemple-là très concret, est-ce qu’il a vocation à rester membre de la haute fonction publique ?

MAUD BREGEON
Il y a trois choses : il y a l’exemplarité, la morale et le droit du travail. Le droit du travail s’applique pour chacun, évidemment en fonction de votre statut, en fonction de la direction dans laquelle vous êtes. Quand vous travaillez au ministère de l’Intérieur ou au ministère des Armées, la situation n’est pas tout à fait la même que dans d’autres services.

APOLLINE DE MALHERBE
Cela veut dire qu’au Trésor on peut être drogué ?

MAUD BREGEON
Non. Je dis qu’il y a, encore une fois, le droit du travail qui s’applique, et nous devons aussi l’appliquer. Chacun le comprend. Et puis ensuite, il y a une question, encore une fois je le redis, d’exemplarité et de morale. Quand vous parlez sur vos plateaux télé des jeunes qui meurent à coups de kalachnikov dans certains quartiers en France, tout le monde s’en émeut pendant quelques jours. Eh bien ceux qui sont... pardon, mais ceux qui font part de leur émotion ne peuvent pas être les même s’ils consomment de la drogue.

APOLLINE DE MALHERBE
Soyons très clairs... J’ai parfaitement compris l’aspect symbolique, comme vous le dites, il faut montrer l’exemple. Je voudrais savoir concrètement…

MAUD BREGEON
Ce n’est pas uniquement symbolique parce que s’il n’y avait pas de consommateurs, s’il n’y avait pas d’acheteurs, il n’y aurait pas de vendeurs. Vous voyez. C’est un lien qui peut paraître un peu…

APOLLINE DE MALHERBE
Mais ce que je veux dire c’est que… vous ne me répondez pas. Le test salivaire pour les fonctionnaires, s’il est positif, est-ce qu’ils peuvent rester fonctionnaires ?

MAUD BREGEON
Aujourd’hui, encore une fois, il y a un droit du travail qui s’applique.

APOLLINE DE MALHERBE
Donc ils peuvent rester fonctionnaires.

MAUD BREGEON
Il y a un droit du travail qui s’applique. Moi, ce que je peux vous dire vis-à-vis des membres de mon cabinet, c’est que c’est une décision ministérielle qui est discrétionnaire. En revanche, j’estime qu’à un certain niveau de responsabilité, vous ne pouvez pas avoir des femmes ou des hommes qui seraient dans une grande dépendance.

APOLLINE DE MALHERBE
Est-ce qu’il faut leur interdire de rester s’ils sont testés positifs ? Je pense aussi aux élus. Il y a eu le cas du sénateur Joël GUERRIAU qui a fini par démissionner et qui était non seulement en train de droguer une de ses consœurs, mais visiblement lui-même aussi en train de consommer de la drogue. Il y a eu le député Andy KERBRAT... Est-ce qu’ils sont toujours... Lui, il est toujours député. Est-ce qu’on peut être député et consommer de la drogue ? Vous disiez : "On a du mal à… c’est une altération de la prise de décision."

MAUD BREGEON
Oui. Je me permets juste de mentionner que dans le premier cas que vous avez cité, il s’agissait de soumission chimique.

APOLLINE DE MALHERBE
Tout à fait, mais là je ne parlais pas de la soumission chimique pour laquelle il a été poursuivi de manière pénale. Je vous parle aussi du test. En fait, ce que je veux savoir simplement, c’est : est-ce que le test salivaire, c’est juste on fait le test, ou est-ce qu’on fait le test et cela a des conséquences ?

MAUD BREGEON
Aujourd’hui, quand vous êtes élue maire ou députée, vous avez deux manières de quitter votre mandat : soit les Français ne vous réélisent pas à la prochaine échéance électorale, soit il y a une décision de justice qui fait de vous une femme inéligible. Donc c’est dans ce cadre-là que l’on se place. Ensuite, je crois qu’on est tous responsables, encore une fois, face à notre miroir, du mandat et de la confiance que les Français nous ont donnée.

APOLLINE DE MALHERBE
Ce sera le signe de la confiance.

MAUD BREGEON
Et il y a, encore une fois, des échéances électorales : on revient devant les Français, on leur redemande ou pas leur confiance. Et lorsqu’on fait quelque chose d’interdit dans le cadre de nos fonctions, les juges peuvent nous déclarer inéligibles. Il ne s’agit pas, encore une fois, de pointer du doigt l’ensemble des fonctionnaires qui font, pour l’immense majorité, un travail remarquable, et pour l’ensemble des élus qui sont dévoués à leurs électeurs et à la population française. Ce que l’on dit, c’est qu’à tout niveau, l’exemplarité est nécessaire.

APOLLINE DE MALHERBE
C’est compris. Maud BREGEON, porte-parole du Gouvernement, ministre déléguée en charge de l’Énergie. Emmanuel MACRON hier, après la signature à Versailles de l’accord entre les États-Unis et l’Iran, a déclaré : "Cet accord permet de mettre fin au conflit. C’est une très bonne nouvelle. Les prix du carburant et du gaz vont normalement baisser." Quand ?

MAUD BREGEON
Le plus rapidement possible, je l’espère. Vous savez qu’on est évidemment très prudents sur les prédictions d’évolution des prix. Nous, on dit une chose simple : d’abord, c’est une très bonne nouvelle pour les consommateurs et pour les Français qui vont partir en vacances dans les semaines à venir. Et une très bonne nouvelle pour les entreprises, je pense notamment aux entreprises les plus exposées, aux agriculteurs, aux pêcheurs, au secteur des transports évidemment, au secteur du BTP. Donc ça, c’est la première chose. Et ensuite, on demande aux distributeurs, dans une logique d’équité, de justice et de bon sens, de répercuter les baisses aussi vite que les hausses.

APOLLINE DE MALHERBE
Qu’est-ce qu’ils vous ont répondu lorsqu’on leur avait demandé ça ?

MAUD BREGEON
Ils se sont engagés à le faire. Je constate que dans la majorité des stations-services, ces baisses commencent à se voir.

APOLLINE DE MALHERBE
C’est un centime par jour sur le sans-plomb, c’est deux centimes sur le gazole.

MAUD BREGEON
Le prix du gazole n’a pas été aussi bas depuis le 9 mars dernier. Donc ça, c’est une bonne nouvelle, encore une fois, pour les Français. Ça doit continuer à baisser.

APOLLINE DE MALHERBE
Est-ce que cette baisse, à vos yeux, doit retrouver le niveau d’avant-guerre ?

MAUD BREGEON
Mais cela dépendra de l’évolution de la situation, notamment internationale. Je ne sais pas vous dire sous combien de jours ou combien de semaines le détroit d’Ormuz réouvre, sous combien de jours ou combien de semaines les tankers qui sont actuellement bloqués pourront circuler. Vous savez qu’il y a un risque assurantiel qui est pris en compte dans les prix. Il y a la question du brut, il y a la question des produits raffinés. Donc il y a l’ensemble d’une chaîne. Pour autant, le prix du baril de Brent avoisine et est passé hier, je crois, sous les 80 Dollars. Il a été à plus de 120 – 130 Dollars courant du mois d’avril.

APOLLINE DE MALHERBE
Il est à 76 Dollars ce matin. Est-ce que vous dites, on peut viser, que les gens qui pourront partir en vacances en juillet, ou alors ce sera plutôt pour août qu’ils auront des prix à la pompe, disons à peu près de l’ordre de ceux d’avant ?

MAUD BREGEON
Je ne peux pas m’engager là-dessus, et je mentirais aux Français, ou je prendrais le risque de mentir aux Français, en m’engageant sur le prix de l’essence et du gazole à horizon quelques semaines. Ce que je peux dire, c’est que ça a commencé à baisser et que ça doit continuer à baisser. C’est une bonne nouvelle pour les gens et qu’en tout état de cause, si cet accord se confirme et que tout avance dans le sens que l’on espère, on en voit le bout.

APOLLINE DE MALHERBE
Est-ce que l’aide gros rouleurs a été touchée par les Français ? Est-ce qu’elle est sur le compte en banque des Français ?

MAUD BREGEON
L’aide gros rouleurs a été touchée par les Français. Elle a commencé à être versée en début de semaine. Vous savez qu’il faut parfois quelques heures ou quelques jours, le temps que ça arrive sur votre compte. Et donc ces premières aides sont arrivées, commencent à arriver sur le compte des Français.

APOLLINE DE MALHERBE
Est-ce qu’on les prolonge ces aides ?

MAUD BREGEON
Il y a un million de Français qui ont fait cette demande. Un certain nombre ont déjà reçu l’aide, les autres vont la recevoir.

APOLLINE DE MALHERBE
Un million, c’est à peu près ce que vous imaginiez de ceux qui souffraient de ces hausses de carburants ?

MAUD BREGEON
Écoutez, nous, on a ouvert cette aide pour 3 millions de Français. Il faut faire une demande évidemment justifiée d’un certain nombre de critères, vous le savez : les critères de revenus, être en activité et utiliser sa voiture plus de 25 kilomètres par jour pour aller travailler. Aujourd’hui, il y a environ 1 million de Français qui ont formulé cette demande et qui donc ont touché, ou vont toucher dans les jours à venir, cette aide.

APOLLINE DE MALHERBE
Vous la prolongez cette aide ?

MAUD BREGEON
Elle était annoncée pour trois mois avec un versement unique. Et il y a, en revanche, les aides aux secteurs d’activité les plus exposés. Aujourd’hui, 30 000 agriculteurs ont fait une demande d’aide suite aux annonces qui ont été faites. Vous savez, 0,15 Euro par litre d’aide. Pour le bâtiment, c’est environ 1 000 demandes, et pour les transports, c’est environ 850 demandes...

APOLLINE DE MALHERBE
850 seulement ?

MAUD BREGEON
8 500, pardon.

APOLLINE DE MALHERBE
Ah ! J’étais étonnée.

MAUD BREGEON
Excusez-moi, 8 500. Ces aides seront maintenues jusqu’au mois d’août, et on voit que c’était utile.

APOLLINE DE MALHERBE
Elles seront maintenues jusqu’au mois d’août. C’est-à-dire que même si dans deux semaines, en trois semaines, le carburant a vraiment baissé...

MAUD BREGEON
C’était notre engagement. D’abord, ils ont traversé une période difficile. On s’est engagé en mai à des aides pour trois mois sur juin, juillet, août. Nous n’avons pas de raison de reprendre aux Français ce que nous avons donné ou ce que nous avons promis. Encore une fois, quand vous avez 30 000 agriculteurs qui sont venus faire ces demandes-là, c’est qu’ils en ont besoin. Et donc c’est normal d’être à leurs côtés jusqu’au bout. Maintenant, il faudra aussi tirer les conséquences de cette crise. Je veux redire devant vous qu’on a fait ce choix d’aides ciblées, d’aides respectueuses des finances publiques, et je crois que c’était la bonne solution.

APOLLINE DE MALHERBE
Mais dans un contexte où les finances publiques vont largement se dégrader, je voudrais quand même vous rappeler les prévisions de croissance à la baisse annoncées hier par le gouverneur de la Banque de France. On passe de 0,9 % de perspectives de croissance à 0,5 %. Parallèlement, l’inflation qui était prévue pour 1,25 % est prévue finalement aux alentours de 2,5 %. C’est une très mauvaise nouvelle. Est-ce que, honnêtement, le budget tient toujours ?

MAUD BREGEON
D’abord, je voudrais finir sur la question des aides en disant une chose : si on avait écouté, par exemple, le Rassemblement national il y a deux mois, on aurait 12 milliards d’Euros de trou dans la caisse puisque la baisse de la TVA sur l’ensemble des produits énergétiques (carburant, électricité, gaz), c’est 12 milliards d’Euros. Si on avait écouté la France Insoumise, on aurait bloqué les prix avec probablement, en ce moment, vos caméras en train d’observer des pénuries dans certaines stations-services en France. La gestion de crise, je le dis, ça demande un peu de sang-froid et je crois qu’encore une fois, faire ce choix respectueux des finances publiques, notamment au regard de ce que vous venez de dire, c’était important.

APOLLINE DE MALHERBE
Je vous repose la question : est-ce que notre budget, qui était prévu avec une croissance de 0,9 % et qui finalement va se retrouver avec une croissance de 0,5 % au mieux, est-ce que ce budget tient toujours ?

MAUD BREGEON
Nous, nous maintenons l’objectif de 5 % de déficit. Les prévisions qui ont été publiées ne tiennent pas compte de la réouverture du détroit et donc d’une relance la plus importante possible, on l’espère, de l’économie, et notamment de l’économie française. Pour autant, ne cachons pas aux Français que nous sommes dans une situation qui est une situation difficile, avec un contexte international, un contexte européen qui est difficile. Et donc il faut continuer, encore une fois, à gérer les choses et à gérer l’argent qui est l’argent des contribuables avec sérieux, tout simplement.

APOLLINE DE MALHERBE
Maud BREGEON, dimanche soir, Fête de la musique, et les Insoumis avaient prévu un grand concert militant place de la République. La Préfecture de police de Paris a décidé de l’interdire. Comment vous réagissez ?

MAUD BREGEON
La Préfecture de police de Paris est dans son rôle. Elle constate des risques de troubles à l’ordre public du fait d’invités qui ont tenu par le passé des propos injurieux notamment à l’encontre des forces de l’ordre.

APOLLINE DE MALHERBE
Mais la plupart de ceux qui sont évoqués par la Préfecture de police ne seront pas sur scène.

MAUD BREGEON
Il y a plus d’une cinquantaine de zones pour, encore une fois, nos policiers à sécuriser. Et moi, je les remercie du travail qu’ils vont faire dans des conditions qui, pour des raisons d’affluence, pour des raisons de météorologie, ne seront pas faciles. Et donc je crois qu’ils font un travail, encore une fois, essentiel pour l’ensemble de la population.

APOLLINE DE MALHERBE
Donc ce n’était pas le lieu, pas le jour.

MAUD BREGEON
Et on voit bien dans la réaction de la France insoumise qu’ils sont encore dans une stratégie de conflictualisation de toutes les décisions, y compris lorsqu’elles sont prises par des représentants de la République. Le préfet de Paris fait un travail absolument remarquable.

APOLLINE DE MALHERBE
Ils ont fait appel de sa décision.

MAUD BREGEON
Et c’est tout à fait leur droit. Il prend cette décision pour protéger les Parisiens, pour permettre à ce que ces festivités – parce que c’est d’abord un moment festif - se passent dans les meilleures conditions possibles. Et puis, vous voyez, quand je lis la réaction de Jean-Luc MELENCHON et que je vois dans ce tweet qu’au fond, à la fin, le responsable c’est le président du CRIF, je vois qu’on retombe quand même dans ses vieux travers.

APOLLINE DE MALHERBE
Ce que vous voulez dire, c’est qu’en pointant la décision, lui il dit en fait c’est parce que le président du CRIF avait critiqué la tenue de ce meeting.

MAUD BREGEON
Alors c’est marrant parce que, vous voyez Apolline de Malherbe, on est nombreux à avoir critiqué la tenue de ce meeting ou la tenue de ce concert très politique dans un moment qu’on estime ne pas l’être.

APOLLINE DE MALHERBE
Mais il a retenu en effet deux responsables à ses yeux : Yonathan ARFI du CRIF et le maire du centre de Paris, Ariel WEIL.

MAUD BREGEON
Et là encore, on flirte avec quelque chose, on flirte avec quelque chose qui ne dit pas son nom.

APOLLINE DE MALHERBE
Ce que vous voulez dire, c’est que ce sont deux non juifs ?

MAUD BREGEON
Ce que je veux dire, c’est qu’à la fin, le préfet de police prend une décision et que pour Jean-Luc MELENCHON, le responsable, c’est le président du CRIF. Alors je veux bien qu’on nous dise qu’on hallucine quand on voit des divagations à connotation antisémite de la part de Jean-Luc MELENCHON, mais là encore, on retombe dans…

APOLLINE DE MALHERBE
Ce que vous voulez dire c’est que vous êtes prête à vous endosser la responsabilité aussi, avec plein d’autres, d’avoir critiqué la tenue de ce meeting.

MAUD BREGEON
Je constate que de très nombreux responsables politiques ont critiqué la tenue de ce meeting et qu’à la fin, le responsable c’est le président du CRIF. Vous voyez c’est quand même…

APOLLINE DE MALHERBE
Le maire LFI de Saint-Denis, Bally BAGAYOKO, a dit chez mes confrères de L’Opinion hier matin que siffler la Marseillaise dans les stades était, je cite, "un droit légitime à la réplique populaire. Siffler la Marseillaise quand la France se déshonore par ses actes à l’international, c’est un droit à la réplique populaire parce que les enfants de celles et ceux qui sont ici dans les grands stades, ils sont aussi citoyens d’ici mais aussi de là-bas". Comment vous réagissez ?

MAUD BREGEON
Cela en dit long sur leur rapport à la République. Qu’un élu de la République qui porte l’écharpe tricolore, donc les couleurs de la République, puisse dire publiquement qu’au fond il est normal, il est légitime de siffler La Marseillaise. Là encore, ce n’est pas…

APOLLINE DE MALHERBE
C’est un droit. Siffler la Marseillaise est un droit à la réplique populaire. Voilà l’expression.

MAUD BREGEON
Ça, Apolline DE MALHERBE, ce n’est pas un dérapage, c’est une stratégie politique. C’est une stratégie de conflictualité et une stratégie de sédition vis-à-vis de nos valeurs républicaines.

APOLLINE DE MALHERBE
De sédition ?

MAUD BREGEON
Oui. D’ailleurs, on a vu un certain nombre de propos de monsieur BAGAYOKO allant dans ce sens, remettant en cause...

APOLLINE DE MALHERBE
Sur la question de l’insurrection populaire.

MAUD BREGEON
Remettant en cause les fondements mêmes de notre République.

APOLLINE DE MALHERBE
Ce que vous évoquez, j’imagine, c’est la question de l’insurrection populaire possible.

MAUD BREGEON
Notamment.

APOLLINE DE MALHERBE
Voilà ce qu’il disait : "Je ne dis pas que c’est souhaitable, dit Bally BAGAYOKO, mais elle est possible à partir du moment où toutes les digues auraient sauté face à l’extrême droite." Il évoque une éventuelle arrivée de l’extrême droite au pouvoir. Maud BREGEON, merci d’avoir répondu à mes questions ce matin.


Source : Service d’information du Gouvernement, le 19 juin 2026