Élection présidentielle 2007 : ses spécificités

Pour la première fois lors d'une élection présidentielle, les Français des départements, collectivités ou territoires d'outre-mer ainsi que certains Français inscrits à l'étranger votent un jour plus tôt pour leur permettre de voter sans connaître les estimations des résultats nationaux.

Un contexte de changement

2007, c’est un passage de relais : Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, François Bayrou, Marie-George Buffet, José Bové sont nés entre 1951 et 1955.

Entrés en politique depuis trois décennies, ils ont été ralentis dans leur marche au pouvoir suprême par des personnalités à la longévité politique remarquable : François Mitterrand né en 1916, Valéry Giscard d’Estaing en 1926, Jacques Chirac en 1932.

Ils revendiquent, chacun à leur manière, une autre façon de faire de la politique et incarnent l’arrivée au sommet de l’État de la génération des baby boomers.

Rupture illustrée par le mécanisme de primaires internes et de débat au sein du Parti socialiste pour le choix de son candidat, l’UMP adoptant la même démarche. Cette forme de désignation répond à une revendication de transparence des militants et des électeurs.

Rupture du fait que pour la première fois, en France, une femme se trouve en situation éligible. Rupture qui s’exprime aussi dans les offres programmatiques du fait des attentes de l’électorat, des défis économiques et sociaux à relever (déficits publics, chômage, retraites…), de la nécessité de redonner une lisibilité à la politique européenne et de moderniser les institutions.

Rupture par l’importance de la place qu'occupent dans la campagne électorale des thèmes sociétaux tels le mariage et l’adoption homosexuels ou encore le droit de mourir dans la dignité.

Rupture concrétisée aussi par un scrutin de véritable choix, comme en 1974 et 1981, aux enjeux clairement exposés par les candidats.

Une longue pré-campagne électorale

On peut du côté de l’UMP dater le début de la campagne le jour où Nicolas Sarkozy est devenu le président de l’UMP, le 28 novembre 2004. Déjà, il avait à plusieurs reprises annoncé son intention de se présenter tout en se démarquant sur plusieurs options importantes du président de la République et du Premier ministre, Dominique de Villepin, qui était aussi un concurrent sérieux jusqu'aux événements qui signent l’échec du contrat première embauche (CPE).

Au Parti socialiste, depuis 2002, les candidats potentiels sont connus : François Hollande, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Jack Lang, Lionel Jospin. La vie interne du parti est rythmée par les positionnements des uns et des autres, ce qui apparaît en pleine lumière lors du référendum sur la Constitution européenne (mai 2005).

Le résultat de ce dernier va aussi influer sur l’extrême gauche et l’hypothèse d’une candidature unique de la gauche anti-libérale. L’arrivée non prévue de Ségolène Royal à partir de l’automne 2005, fortifiée par une vague importante de nouveaux adhérents, puis la campagne interne de désignation du candidat mobilisent toutes les énergies à partir du début 2006.

Du côté des autres postulants, de François Bayrou à Arlette Laguiller en passant par Jean-Marie Le Pen, le constat est le même, tous se mettent en mouvement au lendemain du référendum européen du printemps 2005.