Protection et autonomie des personnes accompagnées : trouver le bon équilibre

Entre le principe du respect des droits fondamentaux de chacun et la mise à l'épreuve de ces principes face à la crise sanitaire, la Haute Autorité de santé (HAS) revient sur l'adaptation des services sociaux et médico-sociaux concernant l'accompagnement des personnes fragiles (personnes âgées notamment).

3 minutes
© stock.adobe.com

Comment trouver l'équilibre entre les principes de protection des personnes et le maintien de leur autonomie en temps de crise sanitaire ? C'est la problématique soulevée dans le rapport de la HAS sur la protection et l'autonomie des personnes accompagnées publié le 9 mai 2020 à quelques jours de la fin de l'application des mesures de confinement obligatoire. Les rapporteurs ont choisi de s'appuyer sur le retour d'expérience des professionnels du secteur social et médico-social, sur les solutions mises en oeuvre et les ressources déployées.

Obtenir l'adhésion des personnes accompagnées

Avant de rendre compte des retours d'expérience, le rapport de la HAS insiste sur la nécessité, particulièrement dans le contexte de crise sanitaire, d'une dynamique de questionnement permanent sur les pratiques mises en place.

Il précise les enjeux majeurs qui doivent guider l'action des accompagnants et des personnels médicaux parmi lesquels :

  • la prise en compte de la parole directe des personnes accompagnées en y intégrant également l'entourage (parents, famille, aidants...) ;
  • l'assurance d'une co-construction des projets et des décisions en particulier quand il s'agit par exemple de faire comprendre à ces personnes l'entrée en vigueur de  mesures de restriction de circulation ;
  • le maintien des liens sociaux et d'une vie affective (à l'extérieur, à l'intérieur de la structure, avec l'entourage des personnes) afin de lutter contre leur isolement.

Compiler des retours d'expérience utiles aux professionnels du secteur

C'est autour de ces axes qu'un questionnaire a été adressé aux établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESSMS) qui a permis le recueil des pratiques mises en oeuvre pendant la période de confinement.

Ainsi, par exemple, lorsque les visites des proches étaient restreintes, le lien social pouvait être facilité par l’utilisation d’outils dématérialisés (organisation de visio-conférences, mise en place de dispositifs téléphoniques spécifiques...). Dans d'autres cas, quand les visites étaient possibles, cela pouvait impliquer l'élaboration d'un protocole précis de visite pour les familles (prise de rendez-vous par téléphone, créneaux et durée de visite, application des gestes barrière, zones spécifiques où les familles et le résident pouvaient se voir, respect de l'interdiction des embrassades et des dons).

Cette compilation des ressources utiles et des moyens déployés apporte un éclairage sur les marges d'amélioration de l'application de mesures sanitaires extrêmes auprès des personnes particulièrement fragiles. Ces contributions doivent permettre de partager des expériences de terrain et donner ainsi à tous les professionnels du secteur de nouvelles pistes.