Plan France 2030 : 30 milliards d'euros d'investissement sur les technologies de pointe

Hydrogène vert, véhicules électriques, agriculture, biomédicaments, composants électroniques... Doté de 30 milliards d’euros sur cinq ans, le plan d'investissement France 2030 présenté le 12 octobre 2021 vise à renforcer les secteurs technologiques de pointe pour redynamiser le tissu économique et industriel.

Châssis d'une voiture hybride dans un atelier de montage automobile.
Le secteur des transports se voit octroyer 4 milliards d'euros avec notamment l’objectif de production de 2 millions de véhicules électriques et hybrides d'ici 2030. © Sergii Chernov - stock.adobe.com

Une commission internationale d'économistes présidée par Olivier Blanchard et Jean Tirole avait remis au président de la République, en juin 2021, un rapport sur les grands défis économiques concernant la France.

C'est pour répondre à ces nombreux défis dans un contexte de transition écologique mais aussi pour accompagner certains secteurs comme l'automobile, l'aéronautique ou encore l'espace que le président de la République Emmanuel Macron a présenté, le 12 octobre 2021, le plan d'investissement France 2030.

Dix objectifs sur des technologies d'avenir

Ce plan de 30 milliards d'euros a pour but d'accélérer les investissements publics, créateurs de croissance, d'emplois mais aussi d'indépendance industrielle. Il prévoit ainsi des investissements importants dans les secteurs technologiques de pointe (numérique, recherche quantique, technologies de la santé) à destination des entreprises et des startups.

Dix objectifs ont été fixés. Ils concernent notamment :

  • le secteur de l'énergie (8 milliards d'euros investis), avec trois objectifs pour une industrie du nucléaire davantage orientée vers la gestion des déchets et la création de réacteurs nucléaires de petite taille, un développement de la production de l’hydrogène vert (projet de deux gigafactories d’électrolyseurs) et une décarbonation de grands secteurs industriels générant des émissions de CO2 (aciéries, cimenteries, industries chimiques) tout en mettant en place un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières ;
  • et le secteur des transports du futur (4 milliards d'euros investis), avec un objectif de 2 millions de véhicules électriques et hybrides et un autre objectif pour la réalisation du premier avion bas-carbone.

Les autres objectifs touchent les secteurs de :

  • l'alimentation (saine, durable et traçable) et de l'agriculture en investissant dans le numérique, la robotique et la génétique ;
  • la santé avec une médecine plus personnalisée et plus prédictive mais aussi une production de biomédicaments contre les cancers et les maladies chroniques en particulier ;
  • la culture (production de contenus à l’image des plateformes comme Netflix et construction de grands studios) ;
  • l'aérospatiale (développement de mini-lanceurs réutilisables et de microsatellites...) ;
  • et l'exploration des fonds marins (recherche de métaux rares, innovations en termes de biomimétisme...).

Conditions de réussite et méthode

Pour assurer la réussite du plan, plusieurs grandes conditions sont néanmoins posées, parmi lesquelles :

  • la sécurisation de l’approvisionnement en matériaux et composants et les capacités de recyclage ;
  • la prévision des besoins en compétences humaines ;
  • un changement de la fiscalité pour mieux accompagner les entreprises dans la croissance.

Enfin, le plan est assorti d'une méthodologie axée sur une simplification de la gouvernance et des procédures pour accélérer la mise en œuvre des projets. De cette manière, ce plan sera  finalisé en 2022 et piloté par une commission et un jury composé d’universitaires, de chercheurs, d’investisseurs et d'acteurs de grands groupes privés.
 

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