Le gestionnaire du Réseau de transport d’électricité (RTE) a publié, le 2 janvier 2026, les premières tendances du bilan électrique 2025 en France.
Une consommation stable
La consommation d’électricité française, corrigée des aléas météorologiques, s’élève à environ 449 térawattheures (TWh) en 2025, après 449,2 TWh en 2024. Pour la troisième année consécutive, elle est inférieure d’environ 6% (30 TWh) à son niveau moyen de la période 2014-2019. Elle n’est donc pas alignée sur ses objectifs de décarbonation et de réindustrialisation.
La stratégie de décarbonation visant la neutralité carbone en 2050 conduirait à abaisser la part des énergies fossiles importées dans la consommation finale de 60% aujourd’hui à 30-35% d’ici 2035. Les émissions de gaz à effet de serre diminueraient de moitié, conformément aux objectifs nationaux et européens. Atteindre ces objectifs suppose d’économiser l’énergie et d’électrifier rapidement l’économie française. Or l’électrification a pris du retard depuis 2023.
Dans son bilan prévisionnel 2025-2035, paru en décembre 2025, RTE juge probable une trajectoire de décarbonation lente. Elle se traduirait par une remontée modeste et tardive (pas avant 2028) de la consommation, qui ne permettrait pas d’aboutir à la neutralité carbone à terme. Dans cette trajectoire, la consommation ne retrouverait son niveau antérieur aux crises sanitaire et énergétique qu’en 2030.
Une production en légère hausse
La production d’électricité en France atteint 544 TWh, soit 1% de plus qu’en 2024. Elle retrouve son niveau moyen d’avant-crise. Comme en 2024, elle est issue à 95% de filières bas-carbone (nucléaire et renouvelables).
L’abondance de la production bas-carbone place le pays dans une position très favorable pour se décarboner rapidement et réduire sa dépendance aux énergies fossiles. RTE, dans son Bilan prévisionnel, appelle les pouvoirs publics à enclencher la dynamique d’électrification pour passer d’une trajectoire de décarbonation lente à une trajectoire rapide permettant l’atteinte des objectifs.
Un solde exportateur record
La France enregistre à nouveau le solde exportateur net le plus élevé de son histoire : 92,3 TWh. Le solde de 2024 (89 TWh) dépassait déjà son précédent record (76 TWh en 2002, année durant laquelle le pays avait été importateur net pour la première fois depuis 1980).
Elle a exporté massivement vers la plupart de ses voisins :
- l’Italie (+26,2 TWh) ;
- l’Allemagne et la Belgique (+23,1 TWh) ;
- la Grande-Bretagne (+22,6 TWh) ;
- la Suisse (+20,1 TWh).
Avec l’Espagne, le solde des échanges est proche de l’équilibre (+0,2 TWh, contre +2,8 TWh en 2024).