Fatigue, incivilités, manque de reconnaissance et de moyens... 44% des maires ont hésité ou renoncé à briguer un nouveau mandat lors des élections municipales de mars 2026. Toutefois, ils sont près de la moitié (49%) à considérer cet engagement comme une évidence. Leur motivation principale : améliorer la cadre de vie et le quotidien des habitants pour 73% d'entre eux.
C'est l'une des principales conclusions de l'étude Ipsos BVA présentée par la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation du Sénat jeudi 5 février 2026. 1 010 élus locaux ont répondu à un questionnaire sur leurs motivations, la préparation à l’élection, la constitution d’une équipe municipale. Près de 90% d’entre eux sont issus de communes de moins de 5 000 habitants.
Les difficultés du mandat
Les maires sont confrontés à différentes formes de difficultés. Les hésitations à renouveler leur mandat sont liées aux incivilités (violences verbales, tension), à la fatigue, ainsi que la difficulté à concilier mandat et vie personnelle (50%) ou encore le manque de moyens (40%).
L'étude souligne par ailleurs les problèmes spécifiques aux petites communes. Les candidats ont ainsi rencontré des difficultés pour constituer une liste et pour respecter la parité. Les rôles et responsabilités des élus sont mal compris.
Les élus évoquent également des problèmes de recrutement. "Pour une commune de moins de 1000 habitants, pas de directeur général des services (DGS) ou autre. Grosses difficultés à trouver un(e) secrétaire de mairie compétent qui peut accompagner l'équipe municipale. Ce sont les élus et plus particulièrement le maire qui fait tout contrairement aux grandes villes où le maire a à sa disposition du personnel et un cabinet."
"L’un des principaux freins rencontrés dans les 100 premiers jours concerne l’intégration des nouveaux élus et la mise à jour administrative liée au changement de maire", pointe les participants à l'étude.
L'organisation du mandat : la priorité des premiers mois
Une fois élus, la majorité maires (60%) perçoivent les 100 premiers jours comme une phase de lancement de projets. Il s'agit toutefois de ne pas aller trop vite pour 58% d'entre eux. Les élus déclarent s'occuper en priorité des délégations aux adjointes ou adjoints au maire (60%) et de l'élaboration d'un projet de mandat (53%). Viennent ensuite la délégation de compétences du conseil municipal au maire et l'organisation de la formation des nouveaux élus (rôle du conseil, procédures administratives règlementation, marchés publics, finances notamment). L'aménagement, l'urbanisme et les services techniques comme la voirie sont les délégations prioritaires.
En matière budgétaire, les trois premières mesures du mandat sont consacrées à la recherche de subventions (68%), la maîtrise de la masse salariale (43%) et la réduction des dépenses publiques (37%).
Les maires ont aussi des attentes : des compétences et de la loyauté de la part de leur équipe et collaborateurs, mais aussi de la part de l'État (qualité relationnelle avec le préfet et le sous-préfet, accompagnement dans les nouvelles fonctions, notamment en formations).