Le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace et la ministre de l’action et des comptes publics ont chargé, en janvier 2026, Jérôme Fournel et Gilles Roussel de piloter les Assises du financement des universités. Les deux rapporteurs ont présenté leurs conclusions le 24 juin 2026.
Les travaux, qui portent sur la période 2018-2025, ont eu lieu en concertation avec France Universités, les organisations syndicales (OS) et les organisations représentatives étudiantes (ORE), ainsi que les administrations centrales, notamment.
Une dégradation de la situation financière
Le rapport met en évidence les transformations du paysage universitaire français dans la période récente : insertion dans le cadre de référence européen et international, mise en place du système licence-master-doctorat, autonomie accrue, loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants, développement des appels à projets , regroupement des établissements selon des formules de plus en plus intégratrices...
En parallèle, les moyens financiers octroyés à l’université ont augmenté entre 2018 et 2025 et cette augmentation a été portée en grande majorité par des ressources publiques.
Pourtant, les principaux indicateurs financiers des universités se dégradent (baisse du résultat financier de 145% entre 2018 et 2025, diminution de la capacité d’autofinancement). Les universités peinent de plus en plus à couvrir leurs charges qui augmentent sous l’effet des charges de personnel. Pour les rapporteurs, "il existe donc un risque majeur d’appauvrissement et de dysfonctionnement d’un nombre croissant d’universités si le modèle reste en l’état. Selon une projection à grands traits des tendanciels de dépenses et de recettes, le résultat financier des établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPSCP) pourrait se dégrader fortement à horizon 2030."
Une nécessaire diversification des recettes
Pour les rapporteurs, l’amélioration durable de la situation doit passer par une diversification accrue des recettes tout en conservant le modèle d'une université ouverte et essentiellement financée par des ressources publiques.
Dans ce cadre, il s'agirait :
- de procéder à une hausse modérée des droits d’inscription en activant deux axes :
- le développement de cursus payants en parallèle des diplômes nationaux dont les droits sont fixés par l’État et doivent demeurer modérés conformément aux jurisprudences du Conseil constitutionnel et du Conseil d’État,
- l'augmentation des droits d’inscription pour les diplômes nationaux (coût des années de licence porté à 900 euros environ et des années de master à 1 300 euros par exemple),
- de diversifier les recettes propres des universités : formation professionnelle, appels à projets nationaux et européens, valorisation de l'immobilier des universités...
Dans tous les cas, la subvention pour charge de service public (SCSP) devrait continuer d’être la ressource principale des universités. Les rapporteurs proposent que la SCSP bénéficie d’une trajectoire haussière régulière et modérée, compatible avec la contrainte budgétaire existante.