Une grande majorité de Français qui ne sont pas partis en vacances au cours des douze derniers mois évoquent une raison financière. Mais le motif financier n'explique pas tout souligne le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc) dans une étude publiée en juin 2026. Le rôle du lien social et la méfiance envers les réservations en ligne sont aussi des facteurs qui peuvent freiner les départs en vacances.
Le frein financier, loin devant les autres motifs
Selon le Crédoc, le motif financier arrive largement en tête. Plus précisément parmi les 15-69 ans :
- 47% estiment que leurs revenus sont insuffisants pour partir ;
- 38% estiment que leurs revenus sont trop variables ou incertains pour programmer un séjour ;
- 37% se restreignent sur les dépenses essentielles (alimentation, santé) afin de conserver malgré tout un budget vacances ;
- 33% font passer le départ de leurs enfants avant le leur lorsque le budget familial ne permet pas de partir tous ensemble.
Cette contrainte financière pèse particulièrement sur certains publics : 70% des chômeurs, 64% des bas revenus, 62% des familles monoparentales et 57% des locataires du parc social déclarent ne pas avoir les moyens de partir.
Au global, 14% des Français ne partent jamais en vacances, une proportion qui passe à 28% chez les personnes au foyer, 24% chez les personnes séparées ou divorcées et 23% chez les chômeurs.
Le lien social, un déterminant important
Le Crédoc identifie le lien social comme un réel déterminant du départ en vacances : 62% des personnes ayant répondu à l'enquête jugent difficile de voyager seul. 53% estiment qu'il est compliqué de se mettre d'accord avec la famille ou les amis pour partir ensemble. Cette difficulté à organiser un départ collectif ou à partir seul pèse sur la décision de certains Français, indépendamment de leur niveau de revenu.
Par ailleurs, quatre personnes sur dix associent les vacances à des facteurs de stress par rapport au fait de :
- devoir s'adapter aux imprévus (43%) ;
- quitter son domicile en laissant logement ou animaux sans surveillance (42%) ;
- organiser son séjour (41%)
Les scrupules liés à l'impact environnemental des vacances restent un frein minoritaire. 25% s'en disent préoccupés.
La méfiance envers internet, frein supplémentaire
La réservation en ligne suscite également des réticences : crainte des arnaques, difficulté à se faire une idée d'un logement à partir d'une annonce, inquiétudes sur la sécurité du paiement. Seuls 16% des personnes interrogées ne formulent aucune de ces réticences.
Quatre profils de "non-partants"
En croisant ces freins, le Crédoc distingue quatre profils de non-partants :
- les "durablement éloignés des vacances" (34%), qui cumulent difficultés financières, d'organisation et défiance envers internet ;
- les parents qui font passer "les vacances des enfants avant tout" (11%) ;
- les "vacanciers sous contraintes" (25%), empêchés par des raisons familiales ou de santé ;
- les "casaniers" (30%) qui préfèrent rester chez eux par choix personnel.