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© Kai Köpke - stock.adobe.com

Renseignement : plus de 100 000 demandes de surveillance en 2025

Temps de lecture  4 minutes

Par : La Rédaction

La Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR) chargée de contrôler les techniques utilisées par les services de renseignement en France a publié son dixième rapport d'activité portant sur l'année 2025.

25 332, c'est le nombre de personnes qui ont fait l'objet d'une mesure de surveillance en 2025 selon le rapport de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR) publié le 25 juin 2025. Si, en 2024, les mesures de surveillance concernaient principalement la lutte contre le terrorisme et les atteintes à la paix publique, l'année 2025 se caractérise par une augmentation des personnes surveillées au titre de la lutte contre la criminalité et la délinquance organisées.

Une activité de renseignement en hausse

En 2025, 25 332 personnes ont fait l'objet d'une surveillance, soit une hausse de 4,2% par rapport à 2024. 

En 2024, la surveillance avait fortement augmenté en lien avec l'organisation des jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, avec une priorité donnée à la lutte contre le terrorisme. En 2025, le nombre de personnes surveillées au titre de la lutte contre le terrorisme baisse de 14,7%. Malgré cette baisse, les demandes liées à la prévention du terrorisme représentent 33,2% des autorisations accordées par le gouvernement en 2025.


À l'inverse, la surveillance liée à la criminalité et à la délinquance organisée progresse : elle représente 18,3% des demandes et concerne environ 30% du total des personnes surveillées en 2025.

Les principales techniques de renseignement utilisées en 2025

Depuis 2021, la technique la plus utilisée reste le recueil de données de connexion en temps différé. De manière plus limitée, on trouve aussi la géolocalisation par exemple.

Parmi les techniques figurent aussi les interceptions de sécurité (écoutes téléphoniques) représentant 14 284 demandes, un niveau stable par rapport à 2024 (14 316). En revanche, les captations de paroles ou d'images augmentent de 7,1%, avec 4 189 demandes.

La progression la plus forte concerne le recueil de données informatiques (RDI) qui a atteint 7 900 demandes en 2025, soit une hausse de 38,2%. Entre 2021 et 2025, le nombre de demandes de RDI a plus que doublé. Le RDI permet le recueil de l'ensemble des données d'un support informatique (ordinateur, téléphone, tablette...). La croissance du nombre de demandes de RDI traduit la substitution progressive du RDI aux interceptions de sécurité.

Par ailleurs, les introductions dans des lieux privés (technique d'appui à d’autres surveillances) augmentent de 6,5%, notamment en raison de l'allongement du délai d'autorisation prévu par la loi de 2025 sur la lutte contre le narcotrafic.

Le taux global d'avis défavorables émis par la CNCTR sur une technique de renseignement reste faible (0,4% en 2025), Selon la commission, ce taux s'explique par un meilleur encadrement des demandes et une doctrine plus précise.

Enjeux futurs du contrôle de la CNCTR

La CNCTR identifie plusieurs défis pour l'avenir du contrôle des techniques de renseignement :

  • elle regrette un accès limité à certains fichiers sensibles (fichiers de souveraineté), ce qui complique son contrôle, et demande un cadre juridique plus clair pour garantir la supervision des données ;
  • elle souligne l'absence d'encadrement légal des échanges d'informations avec les services étrangers, et appelle à un contrôle indépendant renforcé ;
  • elle évoque les enjeux liés aux algorithmes, qui doivent rester strictement encadrés pour protéger la vie privée, ainsi que sur le chiffrement, pour lequel un équilibre doit être trouvé entre sécurité et confidentialité ;
  • elle alerte sur la hausse des demandes et leur complexité croissante, sans augmentation de ses moyens de contrôle.