Le "rapport Lalande" intitulé "Quel aménagement du territoire français en 2050 ? Un plan Freycinet pour le XXIe siècle" et commandé par le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan a été publié le 24 septembre 2026.
Qu'est-ce que le plan Freycinet ?
Le plan Freycinet de 1879 est "un exemple historique marquant de planification" de grands projets d'infrastructures et d'aménagement du territoire, notamment pour la construction de voies ferroviaires. Ce plan prévoyait la construction et la réhabilitation de 18 000 kilomètres de voies de chemin de fer, dont 181 nouvelles lignes ferroviaires, de 1 400 kilomètres de canaux de gabarit uniforme et de 76 ports. La majeure partie de ces infrastructures a été réalisée entre 1879 et 1914, au prix d’un investissement total de plus de 6 milliards de francs, soit 30% du produit national brut (PNB) de 1879.
Les XXe et le début du XXIe siècles ont vu se développer les infrastructures des transports, de l'énergie, des télécommunications, du numérique mais aussi de l'eau. Le "paradigme de la construction s'impose moins dans un pays détenant un héritage consistant qu’il convient de valoriser" estime le rapport. Selon les rapporteurs, "les besoins d’entretien, de renouvellement, de régénération, voire de reconversion ou de réorientation du patrimoine existant doivent être priorisés, par rapport à la création de nouvelles infrastructures".
Quatre priorités
Le rapport détermine quatre priorités dans la réalisation d'infrastructures pour les prochaines décennies.
Il s'agir d'abord d'intégrer les "infrastructures naturelles", en considérant que les milieux naturels (forêt, zone humide, fleuve, cordon dunaire...) "sont tout aussi indispensables au fonctionnement du pays" que les constructions (route, barrage, centrale, ligne électrique...).
Selon le rapport, les trois autres priorités qui doivent guider la réalisation de projets d'infrastructures reposent sur l'objectif de :
- garantir une continuité de service de l'ensemble des infrastructures dans un monde à + 4 degrés Celsius en renforçant la robustesse et la résilience des infrastructures avec notamment un Fonds national d'adaptation climatique des infrastructures ;
- mettre les infrastructures au service de nouveaux usages et services décarbonés ("accès à une énergie abordable, souveraine et bas-carbone" en privilégiant les usages électrifiés) ;
- mieux capter les flux européens et internationaux des infrastructures nationales (la France est un "pays-carrefour") avec la généralisation des contrats de corridors européens et le développement d'une éco-contribution des poids lourds par exemple.