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Finances publiques : quelles voies pour le redressement ?

Temps de lecture  3 minutes

Par : La Rédaction

Le Conseil d'analyse économique (CAE) estime l'effort d'assainissement des finances publiques, nécessaire pour stabiliser la dette, à au moins 125 milliards d'euros jusqu'en 2032. L'ajustement devrait être concentré sur 2027 et 2028. Le CAE fait également plusieurs propositions afin de renforcer la gouvernance budgétaire actuelle.

Le Conseil d'analyse économique, qui a pour mission "d'éclairer, par la confrontation des points de vue et des analyses, les choix du gouvernement en matière économique", réalise, "en toute indépendance, des analyses économiques pour le gouvernement et les rend publiques. Il est composé d'économistes universitaires et de chercheurs reconnus pour leurs travaux en économie, de sensibilités diverses." Le 8 octobre 2026, il a présenté un focus sur le redressement des finances publiques.
 

L'ampleur de la consolidation

En 20 ans, la dette publique a doublé en pourcentage du PIB passant de 60% en 2000 à 119% en 2026. Selon le Conseil d'analyse économique (CAE), cette hausse résulte d'au moins 4 facteurs :

  • le ralentissement durable de la croissance, processus engagé depuis plus de 40 ans ;
  • les crises économiques qui ont entraîné des dépenses exceptionnelles ;
  • l'augmentation de certaines dépenses sociales (retraite notamment) à un rythme supérieur à la croissance potentielle, essentiellement en raison du vieillissement démographique ;
  • une baisse récente du taux de prélèvements obligatoires. 

Sous l'effet de la hausse récente des taux d'intérêt, la charge de la dette devient de plus en plus lourde à supporter pour le budget : 1,8% du PIB en 2023, mais déjà 2,6% en 2026.


Pour stabiliser la dette publique au niveau actuel, le CAE considère que l'effort de maîtrise des dépenses publiques devrait être porté à au moins 125 milliards d'euros d'ici 2032. Le CAE insiste sur le fait qu'il s'agirait d'une borne inférieure compte tenu du rythme actuel de progression du taux d'emprunt de la France. L'article propose un chiffrage de plus de 150 mesures (sur les recettes, les dépenses et des réformes structurelles), censé offrir "un point d'appui pour l'analyse des propositions budgétaires formulées" lors des prochaines échéances électorales.

Quelles institutions pour rendre la trajectoire crédible dans la durée ?

Une telle consolidation demande une gouvernance budgétaire solide. Pour le CAE, la gouvernance actuelle doit être revue car "les outils existants peinent à fournir une image claire et transparente des efforts budgétaires nécessaires, ce qui peut engendrer des biais dans la prise de décision et un certain manque de débat démocratique éclairé." Le Conseil formule deux propositions :

  • adopter une loi de programmation des finances publiques (LPFP) véritablement contraignante, afin d'encadrer davantage les écarts à la trajectoire et renforcer la visibilité à moyen et long terme ;
  • inscrire une règle budgétaire (règle d'or) dans la Constitution. Une telle règle, qui existe dans d'autres pays (en Allemagne, en Espagne, en Suède), est une contrainte constitutionnelle imposant l'équilibre budgétaire ou plafonnant le déficit. 

Outre un renforcement des pouvoirs des institutions budgétaires indépendantes (le Haut Conseil des finances publiques par exemple) et une clarification de la répartition des compétences entre État et collectivités territoriales, le CAE appelle également à construire désormais les budgets "avec des marges de sécurité significatives".