À plusieurs reprises lors de la première cohabitation, François Mitterrand refuse de signer des ordonnances prises en conseil des ministres, concernant des mesures qui sont normalement du domaine de la loi :
Dans le contexte des dénationalisations, François Mitterrand rappelle : « Il se trouve que le gouvernement a choisi ce qu'on appelle la voie des ordonnances. Le Parlement a voté une loi très courte, donnant quelques directions, donnant la liste des soixante cinq entreprises à privatiser. Et puis - on vient de le voir - les règles viennent d'être complétées, précisées, sur des points principaux, par le Conseil constitutionnel, et interprétées par le Conseil d'État. Il va falloir intégrer ces observations dans la loi et c'est au Parlement, à l'Assemblée nationale d'abord, qu'il incombe d'intégrer ces observations dans la loi. Cela ne peut pas être simplement la décision du gouvernement. Et moi, personnellement, je n'ai pas à apporter ma caution à l'élaboration de textes qui ne seraient pas passés d'une façon approfondie, car le sujet est très difficile, très complexe et très important, sur le plan national. C'est au Parlement de prendre ses responsabilités.» Dans cet extrait, François Mitterrand prend acte du caractère parlementaire du régime de la Ve République : le gouvernement peut définir la politique de la nation mais avec l'accord du Parlement.