Rapport de la mission d'étude sur les possibilités de partenariat industriel à long terme avec certains pays méditerranéens

Auteur(s) moral(aux) : Conseil général de l'économie, de l'industrie, de l'énergie et des technologies - Contrôle général économique et financier

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Présentation

La mission qui étudie les possibilités de partenariat industriel à long terme avec certains pays méditerranéens, poursuit un double objectif :

  • identifier les mécanismes de décision relatifs à l’implantation des chaînes de production industrielle en France et dans les cinq pays d’Afrique du Nord riverains de la Méditerranée,
  • conforter la vision politique d’une zone de co-prospérité entre les deux rives par des mécanismes institutionnels pérennes.

Elle prend pour référence celle de l’Hinterland développé entre les acteurs économiques allemands et certains pays de l’Europe de l’Est.
Ce rapport présente un ensemble de recommandations pour l’orientation des politiques publiques susceptibles de promouvoir le co-développement productif durable entre la France et les cinq pays de l’Afrique du Nord, qui s’inspirent directement des entretiens nombreux avec les représentants des industries en France et dans chaque pays ainsi que des visions recueillies auprès des ministres chargés de l’économie et de l’industrie sur les perspectives de développement économique de leur propre pays, et de celles de personnalités et analystes compétents sur ce domaine.

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Sommaire

Introduction

1 La coproduction, -ou colocalisation- représente une des modalités d’internationalisation des entreprises, dotée d’avantage mutuels importants pour tous les partenaires

1.1 Le degré d’internationalisation des entreprises françaises est aujourd’hui satisfaisant et non pas en retard
1.1.1 Les flux d’investissement direct à l’étranger (IDE) des entreprises françaises soulignent un effort d’adaptation internationale important
1.1.2 Les effets sur le « site France » des flux d’IDE étrangers illustrent à la fois son attractivité et une sensibilité aux décisions « externes » accrue
1.1.3 Cette ouverture se révèle particulièrement efficiente en termes d’emploi et de compétitivité

1.2 Les impacts négatifs de la mondialisation sur certaines activités et types d’emploi, avec en premier lieu un mouvement tendanciel de « désindustrialisation », sous-tendent un débat « sociétal » difficile en France
1.2.1 Le mouvement tendanciel de « désindustrialisation » n’est pas particulier à la France mais il est accentué relativement aux économies comparables
1.2.2 Le débat sur la mondialisation paraît plus « anxiogène » en France

1.3 Les colocalisations constituent une des modalités d’investissement des entreprises à l’étranger parmi les plus efficientes
1.3.1 Les IDE peuvent échouer à accroître l’efficience économique globale
1.3.2 La fin du débat sur « l’économie de bazar » a montré que les investissements de coproduction sont à la fois efficients et mutuellement bénéfiques

1.4 Le cas des relations économiques de l’Allemagne avec son « hinterland » d’Europe centrale illustre les conditions de succès des colocalisations, ainsi d’ailleurs que leurs limites
1.4.1 L’industrie automobile allemande a réalisé des « coproductions » majeures en Europe centrale à la fin du XX° siècle
1.4.2 L’intégration à son sommet : Volkswagen
1.4.3 Les rôles respectifs de l’« hinterland » et de l’image de qualité dans les succès industriels allemands sont à prendre en compte
1.4.4 Les facteurs de succès des coproductions allemandes en Europe centrale sont rigoureux et difficilement duplicables
1.4.5 Les limites des succès allemands

2 Une approche nécessairement différenciée par pays et par filière pour identifier des combinaisons entre chaînes de valeur des filières et pays qui soient durables et mutuellement bénéfiques

2.1 Au sein de l'industrie française, la nature des filières et de leur mode d’intégration est différente, celle de leur implantation dans les pays du sud méditerranéen en découle
2.1.1 L'automobile : positionnement comparable à celui de l'automobile allemande, modulo une situation de gamme différente; réalisation marocaine prometteuse; difficultés algériennes à ne pas sous-estimer; l'arc méditerranéen est un volet important mais n'est pas le principal volet de la stratégie des constructeurs, en particulier de Renault (Espagne, Russie, Turquie, Roumanie)
2.1.2 L'aéronautique : un secteur porteur et emblématique, qui peut contribuer à créer une dynamique dans la mécanique, mutuellement bénéfique et durable
2.1.3 Le textile/habillement : un partenariat ancien menacé par l’offre asiatique
2.1.4 Activités pondéreuses de première transformation : Ciment, plâtre, verre : produits « régionaux », fabriqués au plus près du lieu de consommation (situation similaire à celle des services)
2.1.5 Les industries agroalimentaires : le volume des marchés, l’existence de particularismes locaux dans la consommation et d’autres règles locales peuvent donner du potentiel aux implantations, dans un secteur où la distribution reste très atomisée
2.1.6 La pharmacie : un marché segmenté où l'intervention des pouvoirs publics contraint souvent à une production localisée

2.2 Constat des visites effectuées : les décisions d'implantation sont multifactorielles et relèvent d’une approche stratégique d’ensemble
2.2.1 Le coût salarial est un facteur important mais multiforme : les écarts de salaires sont différents selon les catégories de salariés concernés (management, spécialistes, encadrement, opérateurs) ; la question des compétences (techniques et comportementales) associées et celle du temps de travail sont tout aussi déterminantes
2.2.2 L'écosystème industriel (fournisseurs, Écoles, respect des lois et des principes de droit, respect des contrats) a une importance au moins aussi grande que le coût du travail
2.2.3 Les centres techniques, les « donneurs d'ordre » et les fédérations professionnelles jouent à cet égard un rôle clef dans l'appui aux coproductions dans l'arc sud méditerranéen
2.2.4 Selon les secteurs, d'autres facteurs jouent un rôle important voire clef : clients, logistique, énergie

2.3 Les stratégies d’implantation des industriels relèvent du long terme. Le facteur temps doit être pris en compte pour atteindre l'objectif de co-développement productif durable

3 Les services participent à la segmentation des chaînes globalisées de production et de valeur. Si l’industrie française de service s’insère d’ores et déjà dans cette segmentation, les complémentarités durables doivent faire l’objet d’une approche au cas par cas

3.1 La pertinence d’une prise en compte des services dans les chaînes de valeur avec le Maghreb et le développement durable

3.2 Les facteurs de co-développement durable dans le domaine des services nécessitent une approche différenciée qui conduit à des modalités spécifiques d’investissement direct entre la France et les pays de l’arc sud-méditerranéen

3.3 Les zones dédiées, cas spécifique favorable au co-développement durable d’une catégorie de services

3.4 Les opportunités de déploiement d’une co-production durable de, -ou incluant des services dépendent des situations locales et des secteurs (plus ou moins grande proximité d’infrastructures par exemple)
3.4.1 L’industrie touristique et ses services
3.4.2 Une transformation du contexte des activités de la banque et de l’assurance serait à la fois une source d’opportunités pour les établissements français, notamment au Maghreb, et un facteur favorable au développement
3.4.3 Secteur des technologies de l’information et des communications
3.4.4 Les services publics marchands (utilities)

4 Les succès de coproduction - ou colocalisation - existent dans la région sud- Méditerranée, avec des effets d’échelle macroéconomique limités pour la France, mais leur développement de moyen/long terme et surtout leur généralisation à l’ensemble des pays sont soumis à des conditions exigeantes

4.1 Les pays de l’arc sud-Méditerranée ne constituent pas actuellement une région susceptible de jouer un rôle structurant pour l’économie française qui constitue un obstacle majeur à la généralisation et l’approfondissement des coproductions
4.1.2 La dimension macroéconomique des pays sud-méditerranéens limite l’impact possible des coproductions potentielles sur l’économie française
4.1.3 Trois facteurs essentiels limitent la capacité d’accueil des pays concernés : la disponibilité de main d’oeuvre qualifiée ; les contraintes logistiques et les incertitudes de gouvernance politique
4.1.4 Une « gestion » pragmatique des attentes des partenaires potentiels passe par des cadres de partenariat spécifiques à chaque pays, au moins dans le court terme

4.2 Afin de conforter les acteurs favorables au renforcement d’une co-production industrielle durable dans les pays en mesure de l’adopter, le rôle des pouvoirs publics français reste essentiel
4.2.1 Accompagner les décisions micro-économiques de nature à conforter la coproduction industrielle (y compris de services)
4.2.2 L’aide au développement
4.2.3 Influencer les bâilleurs de fonds et les agences de mise en œuvre des programmes d’aide au développement

Conclusion et recommandations
Annexe 1 : Lettre de mission
Annexe 2 : Liste des personnes rencontrées
Annexe 3 : Liste des missions
Annexe 4 : Fiches « Filières, chaînes de production et de valeur »
Annexe 5 : Statistiques du commerce extérieur
Annexe 6 : Bibliographie

 

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Fiche technique

Type de document : Rapport d'étude

Pagination : 85 pages

Édité par : Ministère de l'économie et des finances : Ministère du redressement productif

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