Communiqué des services du Premier ministre, en date du 18 février 2020, sur les principaux axes de travail concernant la réforme de la haute fonction publique.

Communiqué des services du Premier ministre, en date du 18 février 2020, sur les principaux axes de travail concernant la réforme de la haute fonction publique. Services du Premier ministre 18022020 rapport Thiriez fonction publique Remise au Premier ministre du rapport de Frédéric Thiriez sur la réforme de la haute fonction publique, à Paris le 18 février 2020

Le Premier Ministre a confié le 14 mai dernier à M. Frédéric Thiriez, avocat, une mission relative à la réforme de la haute fonction publique.

Après un riche travail d'instruction et une large consultation de l'ensemble des acteurs concernés (260 auditions), F. Thiriez a remis aujourd'hui son rapport qui comprend 42 propositions.

Le Premier ministre a confié à Olivier Dussopt, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Action et des Comptes Publics, le soin de procéder à l'instruction de ces propositions et retient d'ores et déjà les cinq axes de travail suivants :

1/ Un plan ambitieux de diversification sociale et géographique des recrutements, qui comprendra notamment :

- la création de classes "égalité des chances" sur l'ensemble du territoire ;
- l'intégration systématique d'un quota de boursiers dans l'ensemble des masters et classes préparatoires aux grandes écoles de la fonction publique ;
- des actions de tutorat à destination des élèves dès le collège.

Jean-Michel Blanquer, Frédérique Vidal et Olivier Dussopt sont chargés de présenter les détails de ce plan, d'ici fin avril.

2/ Le décloisonnement des formations des hauts fonctionnaires, quelle que soit leur future filière de spécialisation (administrative, judiciaire, technique, santé, territoriale), et notamment le développement d'un tronc commun de formation, ainsi que d'expériences de travail en commun durant la scolarité. L'ENA sera remplacée par une école du management public, avec une vocation élargie.

3/ Le renforcement du caractère opérationnel et de la "dimension terrain" de la formation avec :

- au stade du concours : la refonte totale du contenu des concours dans un sens moins académique, avec au moins une épreuve de mise en situation et le renforcement du potentiel de « leadership » comme critère de recrutement ;
- au stade de la formation : un stage long en territoire et un engagement citoyen obligatoires et/ou une préparation militaire, à réaliser en cours de scolarité ;

4/ La fin de la titularisation et de l'avancement automatiques dans les grands corps.

Titularisation et avancement seront désormais conditionnés à la réalisation réussie d'un temps d'apprentissage dans le corps et de missions de terrain en administration active. Ces corps seront parallèlement davantage ouverts à la promotion interne des cadres des administrations.

5/ La création d'un Institut des hautes études du service public chargé de la détection et de la formation continue des agents destinés aux postes de cadres dirigeants.

Lorsqu'elles nécessitent une modification de nature législative, ces mesures seront intégrées à l'ordonnance prévue par la loi de transformation de la fonction publique qui sera présentée avant la fin du deuxième trimestre.

Les concours 2020 et 2021 auront lieu selon les anciennes modalités. L'année 2022 sera la première année de mise en œuvre des nouvelles modalités de sélection et de formation des hauts fonctionnaires.


Source https://www.gouvernement.fr, le 21 février 2020 
 

Fonction publique Haut fonctionnaire Formation Filiere de formation Concours de recrutement Mixite Grande ecole 202000473
Date et heure de mise à jour

Déclaration de Mme Florence Parly, ministre des Armées, sur les efforts du gouvernement en faveur de la diversité sociale à l'École polytechnique, à Paris le 14 octobre 2019.

Déclaration de Mme Florence Parly, ministre des Armées, sur les efforts du gouvernement en faveur de la diversité sociale à l'École polytechnique, à Paris le 14 octobre 2019. Florence Parly 14/10/2019 Ecole polytechnique Remise des rapports sur l'ouverture sociale dans les grandes écoles

Mesdames les ministres, chère Frédérique, chère Geneviève,
Monsieur le directeur de l'Ecole normale supérieure,
Messieurs les présidents et directeurs de l'Ecole polytechnique, des Ecoles normales supérieures de Lyon, Paris-Saclay et Rennes, d'HEC Paris, de l'ESSEC et d'ESCP Europe,
Mesdames et Messieurs,


Frédérique Vidal et moi-même partagions les mêmes objectifs et surtout une même vision : l'excellence n'a et ne doit avoir aucune autre origine que le talent et le travail consciencieux et acharné. A ce titre, accroître significativement la diversité sociale dans nos grandes écoles est bien plus qu'une exigence qui doit nous guider, c'est une nécessité.

Nous avons reçu ce matin des rapports d'une très grande qualité qui doivent nous permettre d'atteindre ces objectifs – et je parlerai maintenant de l'école militaire dont le ministère des Armées est très fier d'avoir la tutelle et que nous finançons en très grande partie, l'Ecole Polytechnique.

Depuis de nombreuses années, l'X a multiplié les actions en vue de promouvoir l'égalité des chances, en agissant dans les collèges et les lycées des quartiers prioritaires, puis en faveur des élèves boursiers en classe préparatoire. L'ensemble de ces initiatives a eu des effets positifs sur l'admission d'élèves boursiers à l'X. Mais nous le savons, nous devons aller plus loin et c'est pourquoi nous sommes ici ce matin. Nous le savons et nous avons toutes les raisons d'être motivés et de vouloir ouvrir plus grand les portes de l'Ecole Polytechnique : le classement de sortie de l'X montre que les élèves boursiers admis à l'école réussissent aussi bien que les autres.

Notre objectif est dont simple : doubler le nombre de boursiers admis à l'X d'ici 5 ans. A cette fin, le président de l'Ecole Polytechnique, Eric Labaye et ses équipes m'ont fait une série de propositions concrètes pour agir autour de 3 grands axes :

- Agir tout d'abord sur les concours ;
- Agir ensuite sur la préparation et l'accompagnement des candidates et candidats boursiers ;
- Agir enfin sur la détection des talents et des élèves méritants, ainsi que sur leur accompagnement.

Certaines de ces propositions rejoignent celles des autres écoles et se situent très en amont du concours et c'est indispensable : il est assez édifiant de comparer les résultats du concours de mathématiques Kangourou au collège ou celle des lauréats du concours général avec celle des admis à l'X et à l'ENS, quelques années plus tard.

Beaucoup se joue en amont de la fin du cursus en classe préparatoire. Certes, ce constat force à l'humilité. Mais il doit aussi nous mener à agir, avec constance et détermination. Il est important que nous détections et accompagnions les potentiels scientifiques dont notre pays a besoin et ceci, où qu'ils se trouvent. Ce que nous engageons aujourd'hui est un effort de long terme.

Mais nous avons aussi le pouvoir d'agir dès aujourd'hui. Je pense en particulier à une proposition du président de l'Ecole Polytechnique que nous avons retenue : celle d'une base de données ouverte pour permettre à toutes et à tous d'avoir accès aux annales des épreuves orales. Les annales en open data, cela ne coûte rien, et c'est si précieux lorsqu'on prépare un concours, d'autant plus quand on étudie dans une prépa qui ne dispose pas de sa propre base de données.

Nous lançons aussi dès aujourd'hui une étude pour installer sur le plateau de Saclay, une classe préparatoire à l'enseignement supérieur ouverte aux élèves boursiers les plus méritants, dans laquelle les élèves de l'X seraient directement impliqués pour apporter du soutien et du tutorat. Mettre le pied à l'étrier de ces jeunes est un devoir. Nous rechercherons la collaboration des meilleures classes préparatoires pour les accueillir ensuite, en vue de la préparation du concours.

Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que ce n'est pas la diversité contre l'excellence. C'est, au contraire, l'excellence par la diversité. Nous avons la ferme intention de prolonger cette recherche d'ouverture sociale en demandant à nos grandes écoles d'officiers, et je pense à Saint-Cyr, l'Ecole Navale et l'Ecole de l'Air, de nous faire des propositions concrètes en ce sens dans les mois prochains.


Je vous remercie.


Source https://www.defense.gouv.fr, le 17 octobre 2019

Enseignement supérieur Grande ecole Integration sociale Bourse d'etudes 193002133

Interview de Mme Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation à France-Info le 5 juin 2019, sur la mixité sociale dans les grandes écoles et la réforme de l'ENA.

Interview de Mme Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation à France-Info le 5 juin 2019, sur la mixité sociale dans les grandes écoles et la réforme de l'ENA. Frédérique Vidal 5/06/2019 mixité sociale grandes écoles réforme ENA
  • Frédérique Vidal - Ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation

MARC FAUVELLE
L'info ce matin, c'est également le gouvernement qui veut ouvrir les portes des grandes écoles dans la foulée de la réforme de l'ENA. Ce sont désormais HEC, Polytechnique, Normale Sup ou encore l'Essec qui y sont priés de faire de la place à d'autres profils d'étudiants et surtout à plus de mixité sociale. Bonjour Frédérique VIDAL.

FREDERIQUE VIDAL
Bonjour.

MARC FAUVELLE
Vous êtes la ministre de l'Enseignement supérieur. C'est vous qui venez d'ouvrir ce chantier. Qu'est-ce qui ne va pas aujourd'hui dans ces grandes écoles ?

FREDERIQUE VIDAL
En fait ce que nous disent les directeurs même de ces grandes écoles, c'est qu'ils ont besoin de plus de diversité au sein de leurs étudiants de façon à ce que les jeunes qui sont formés dans ces écoles ressemblent plus à notre pays et à notre société.

MARC FAUVELLE
Il y a un chiffre qui est particulièrement frappant : la proportion d'élèves boursiers dans l'enseignement supérieur. On est environ à 40 % d'élèves boursiers. A Polytechnique par exemple, on est à 11 %. Est-ce qu'il faut mettre en place des quotas ?

FREDERIQUE VIDAL
Alors moi, j'ai demandé aux écoles de faire des propositions sur ce qui leur paraissait important pour augmenter cette diversité et maintenir le niveau d'excellence qui fait que ces écoles sont reconnues dans le monde entier. Donc c'est à elles de faire ces propositions. Moi je n'exclus rien.

MARC FAUVELLE
C'est une possibilité, les quotas de boursiers ?

FREDERIQUE VIDAL
Oui. La loi orientation et réussite des étudiants de l'an dernier a introduit des quotas de boursiers dans les classes préparatoires déjà, ce qui nous permet d'avoir au sein des classes préparatoires 28 % de boursiers. C'est déjà une façon évidemment d'élargir le vivier et d'avoir des jeunes beaucoup plus divers qui peuvent accéder aux concours.

MARC FAUVELLE
Frédéric THIRIEZ, qui est lui chargé de la réforme de l'ENA et qui était à votre place avant-hier sur Franceinfo, disait qu'il n'excluait pas, lui, de faire de la discrimination positive. Est-ce que c'est également votre cas ?

FREDERIQUE VIDAL
Une fois de plus, moi j'ai demandé des solutions pragmatiques qui permettent que l'on sorte d'un discours que l'on entend depuis de très nombreuses années sur ce besoin de diversité et qu'on arrive à ce que, effectivement, on observe cette diversité simplement. On ne se contente pas de regretter qu'elle n'existe pas. Donc une fois de plus, tout est ouvert, c'est sans tabou. Ce sont des propositions qui devront être évidemment ambitieuses puisque l'objectif, et nous en avons parlé avec Frédéric THIRIEZ, c'est vraiment de faire en sorte qu'aussi bien dans la haute Fonction publique que dans les cadres des grandes entreprises ou, de façon générale, dans les différents emplois à l'issue de ces écoles, il y ait plus de la diversité.

MARC FAUVELLE
Frédérique VIDAL, vous entendez sans doute ces derniers jours les réticences déjà de la part de certaines de ces écoles. Voilà ce que dit par exemple François BOUCHER, le directeur général de Polytechnique.

FRANÇOIS BOUCHER, DIRECTEUR GENERAL DE POLYTECHNIQUE
Quand j'entends parler de quotas, quand j'entends parler de fixer des objectifs d'ores et déjà, je pense qu'il faut bien regarder de quoi on parle. On peut créer de nouvelles voies. Après, j'insiste beaucoup sur le fait que toute voie à créer devra quand même préserver la sélectivité et l'excellence.

MARC FAUVELLE
Vous les entendez les réticences là, c'est clair.

FREDERIQUE VIDAL
Bien sûr mais nous avons échangé évidemment avec les directeurs de ces écoles avant que je leur confie cette mission et bien sûr j'entends ce besoin d'excellence. Je ne leur demande pas de baisser leur niveau d'exigence, je leur demande de diversifier les profils dans leurs écoles. Je ne pense pas que l'excellence académique soit liée à une quelconque origine sociale.

MARC FAUVELLE
Il y a une épreuve, Frédérique VIDAL, qui est souvent décriée, c'est celle de culture g��nérale qui est parfois un vrai mur à franchir quand on n'a pas eu la chance d'aller dans sa jeunesse au musée, au cinéma ou de lire les livres, tout simplement parce qu'il n'y a pas de livres à la maison. Est-ce qu'il faut la revoir cette épreuve ou même la supprimer pour favoriser cette mixité ?

FREDERIQUE VIDAL
Ça fait partie des pistes qui ont été évoquées avec les directeurs, d'avoir des voies d'accès qui puissent être différentes, d'avoir aussi des enseignements qui puissent être adaptés à cette diversité. Parce qu'évidemment, l'objectif c'est d'avoir des jeunes qui soient aussi bien pendant leurs études. Et moi ce que me disent les étudiants de ces écoles qui viennent de milieux qui sont plus modestes, c'est que ce qui leur manque énormément ce sont les codes. Et donc ça s'apprend aussi, le savoir-être, ce sont des choses qui s'apprennent.

MARC FAUVELLE
Vous n'avez pas fait de grande école vous ?

FREDERIQUE VIDAL
Non, je n'ai pas fait de grande école et je suis la première de ma famille à avoir le bac.

MARC FAUVELLE
Vous aviez des parents qui étaient hôteliers.

FREDERIQUE VIDAL
Mes parents étaient hôteliers, absolument.

MARC FAUVELLE
On peut réussir aussi sans faire de grande école.

FREDERIQUE VIDAL
Absolument, heureusement.

MARC FAUVELLE
Heureusement.

FREDERIQUE VIDAL
Et d'ailleurs l'objectif, c'est que chacun puisse donner son plein potentiel. Et pour ça, évidemment que l'environnement est important et il faut lutter contre l'autocensure. Et moi, c'est ce que j'entends chez beaucoup de jeunes : ce n'est pas la peine que j'essaye, ce n'est pas pour moi.

MARC FAUVELLE
Il faut dire à tous les enfants, qu'ils soient à Guéret, à Mont-de-Marsan ou ailleurs, que les grandes écoles, on peut y arriver.

FREDERIQUE VIDAL
Absolument, c'est vraiment l'objectif. C'est de la mobilité sociale, de la mobilité géographique, de la diversité sociale, de la diversité géographique.

MARC FAUVELLE
Encore un mot Frédérique VIDAL. Vous lancez aujourd'hui un programme de recherche doté de 30 millions d'euros destinés à trouver des alternatives aux pesticides. C'est-à-dire ?

FREDERIQUE VIDAL
En fait, nous avons le sujet du glyphosate et de façon plus générale ce sujet des pesticides. L'idée, c'est comment est-ce que les connaissances qui ont déjà été produites par la recherche ou celles qui pourront être produites grâce à ce plan vont nous permettre de diminuer voire d'éliminer les pesticides dans notre agriculture, tout en permettant de maintenir évidemment cette agriculture et de faire que les agriculteurs puissent toujours vivre de leur travail.

MARC FAUVELLE
C'est l'INRA notamment qui va en bénéficier ?

FREDERIQUE VIDAL
Absolument. C'est l'INRA et c'est évidemment interministériel avec le ministère de la Transition écologique et le ministère de l'Agriculture.

MARC FAUVELLE
Merci à vous Frédérique VIDAL, ministère de l'Enseignement supérieur.

FREDERIQUE VIDAL
Merci à vous.

MARC FAUVELLE
Vous étiez ce matin sur Franceinfo.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 12 juin 2019 

Enseignement supérieur Enseignement superieur Grande ecole Enseignement Mixite Reforme 193001190

Déclaration de Mme Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, sur les grandes écoles de l'enseignement supérieur et de la recherche, Paris le 4 juin 2019.

Déclaration de Mme Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, sur les grandes écoles de l'enseignement supérieur et de la recherche, Paris le 4 juin 2019. Frédérique Vidal 4/06/2019 grandes écoles de l'enseignement supérieur
  • Frédérique Vidal - Ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation

Je suis heureuse d'être parmi vous aujourd'hui pour votre assemblée générale annuelle à laquelle je n'avais malheureusement pas pu me rendre l'année dernière. Nous nous étions vus en 2017 et j'ai bien évidemment eu l'opportunité d'échanger avec beaucoup d'entre vous depuis. Je reconnais de nombreux visages dans la salle et cela ne relève pas du hasard : la C.G.E. et les écoles que vous représentez sont engagées au service de notre enseignement supérieur et de notre recherche, et je sais que vous contribuez chaque année largement aux discussions qui entourent les politiques portées par mon ministère. Votre expertise et votre dynamisme nous sont précieux et je tiens d'emblée à vous dire toute ma gratitude pour cette collaboration. Car si vous exprimez parfois vos inquiétudes et appelez de temps à autre à la vigilance, je sais que vous cherchez à construire et à vous inscrire dans les grands défis que notre enseignement supérieur et notre recherche doivent relever.

Pour n'en citer que quelques-uns : ces derniers mois, vous avez ainsi permis à la loi relative à l'orientation et à la réussite des étudiants de s'ancrer durablement dans le paysage de l'enseignement supérieur français et vous avez soutenu le déploiement de Parcoursup. Je connais également les efforts déployés par plusieurs de vos établissements pour pouvoir rejoindre la plateforme dans les meilleurs délais et je me réjouis de votre engagement pour faciliter l'orientation de nos lycéens.

Ces dernières semaines, vous avez également pleinement participé à l'élaboration du projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche annoncé par le Premier ministre en février dernier. Vos contributions aux réflexions de chacun des trois groupes de travail que nous avons constitués sont toujours bienvenues car nous avons besoin du concours des écoles et de leurs équipes de recherche qui ne manquent ni d'audace (quand il faut innover), ni d'idées (quand il faut se rendre visible et attractif).

Ces derniers temps, enfin, et le sujet est d'actualité, vos écoles ont participé aux politiques de site qui se construisent partout sur notre territoire. Je sais que ces discussions ne sont pas toujours placées sous le signe de l'évidence ; mais je crois qu'elles progressent parce qu'à nos côtés, et aux côtés des universités, vous savez que l'avenir de l'enseignement supérieur et de la recherche sur nos territoires ne peut se construire sans renforcer nos liens de coopération et d'interdépendance, dans l'intérêt de chacun. Qu'un IDEX ou Isite soit ou non en jeu, vous participez à ces discussions dans l'optique de chercher des terrains d'entente avec les universités et les organismes de recherche à même de répondre aux objectifs de notre système d'enseignement supérieur en termes d'excellence, de compétitivité internationale, mais aussi de capacité à répondre aux besoins des territoires et de nos concitoyens.

Bien sûr, chacun d'entre vous avez à cœur de défendre vos spécificités et vos marques distinctives.

Bien sûr, encore, les organismes de recherche et les universités cherchent à défendre les leurs.

Mais, vous comme eux, avez su les dépasser. Pour cela, il fallait de la maturité, de l'audace et une compréhension éclairée de ce qui se joue aujourd'hui. Vous le savez, les universités, les écoles et les organismes de recherche ont désormais un "destin lié". Toutes et tous savent que ce qui se passe dans des continents plus jeunes que le nôtre les dépassera rapidement si l'on se contente d'un immobilisme au confort illusoire. Car bien davantage aujourd'hui qu'hier, il importe "de faire UN".

Ce n'est pas simple. Je le sais. Mais c'est ainsi que, comme je le répète souvent, chacun prendra le meilleur de ce que fait son voisin et cessera de verser dans la caricature de ce qu'est "une école", "une université" ou "un organisme de recherche".

Alors, certes, des efforts sont nécessaires. Des "pas de côté" doivent être réalisés. Des "petites révolutions culturelles" doivent être tentées. Mais, justement, il s'agit bien là de "tentatives". Je l'ai voulu ainsi pour ne pas immédiatement lier le sort de chacun. L'ordonnance du 12 décembre dernier est un texte d'expérimentation. Alors, je vous le dis un peu solennellement aujourd'hui : expérimentez, bousculez les lignes qui vous paraissent pouvoir l'être et apprenez à construire ensemble une stratégie commune.

Ce n'est qu'à ce prix que l'on construit une véritable université de rang mondial telle que le jury international IDEX-ISITE l'attend mais, plus important encore, telle que le M.E.S.R.I. l'attend. Car nous ne créerons pas d'établissements expérimentaux qui ne caractériseraient pas une réelle ambition de créer, ensemble, un établissement unique. Bien entendu, cet établissement unique peut laisser une place particulière aux composantes qui, en son sein, conservent la personnalité morale. Mais, ce qu'il importe de montrer est que la stratégie d'excellence construite par tous les acteurs du regroupement sera effectivement celle qui sera suivie au sein de tout l'établissement expérimental.

Les politiques de site ne sont cependant pas le seul sujet d'actualité que je souhaitais aborder avec vous aujourd'hui.

Toute aussi important est celui de l'égalité des chances et de la diversité sociale qui doit irriguer l'ensemble de nos établissements, y compris les plus prestigieux car ils servent souvent, à tort ou à raison me direz-vous, de points de comparaison pour tous les autres.

Pour cette raison, j'ai décidé de m'emparer pleinement de cette question qui me paraît à la fois majeure et urgente.

Vous le savez comme moi, ces derniers mois, la France a connu une crise sociale importante, dont je ne vais pas ici retracer les tenants et les aboutissants.

Je voudrais simplement dire ceci : depuis plusieurs mois, le chef de l'Etat et le gouvernement ont pris le temps d'écouter le mécontentement de nombreux Français, mais se sont surtout engagés à agir pour transformer notre pays et cela implique de remettre en question nos usages sans jamais renoncer à nos valeurs.

Parmi celles-ci, nous trouvons l'innovation et l'excellence académique, ainsi que l'ouverture et la diversité sociale. Nos écoles doivent en effet être le reflet de notre pays et participer à la formation de ceux qui, demain et sur l'ensemble de nos territoires, devront relever les grands enjeux du monde contemporain.

Ne comptez, cependant, pas sur moi pour sombrer dans la caricature en disant que la reproduction sociale est implacable et qu'une petite caste parisienne kidnappe l'avenir du pays. Ne comptez pas non plus sur moi pour désavouer nos élites et les charger de tous les maux. Le pays a besoin de cette jeunesse qualifiée, capable et intègre.

Je sais que des efforts importants en faveur de la mixité sociale ont déjà été déployés dans nos écoles depuis une quinzaine d'années et que plus de la moitié de vos établissements accueillent au moins 30% de boursiers. Les écoles d'ingénieurs en comptent, elles, près d'un quart (23,8%) et les écoles de commerce 14%.

Ces efforts, donc, sont réels. Mais je veux le dire devant vous avez la plus grande fermeté : ils ne sont pas suffisants. Avec 38% de boursiers dans l'enseignement supérieur, la plupart des grandes écoles sont encore loin du compte.

Nous savons tous, évidemment, que les inégalités ne se structurent pas entre 17 et 20 ans et que le manque de diversité dans les grandes écoles est aussi la conséquence de phénomènes d'autocensure ou de difficultés à s'orienter et à accéder à l'information. Chacun doit néanmoins agir, à son échelle, et il nous revient aussi de tendre la main aux lycéens les plus méritants.

La question qui doit nous mobiliser est donc évidemment celle de l'entrée dans nos écoles. Peut-on, effectivement, sélectionner de manière égale, c'est-à-dire indifféremment, de jeunes gens aux conditions et aux opportunités radicalement différentes ? Peut-on parler d'une véritable égalité des chances quand on voit que les jeunes issus de milieux populaires ou éloignés des grands centres restent sous-représentés dans nos écoles, et ce malgré de nombreux dispositifs d'accompagnement ?

Peut-on estimer comparables les efforts qu'ont dû déployer, pour y entrer, celles et ceux qui sont issus d'un milieu dans lequel "faire une grande école" est une évidence et celles et ceux qui ignorent même que cette grande école existe et peut les accueillir ? Doit-on absolument se désintéresser des nombreux caps qu'ont eu socialement à franchir tous ceux que rien ne destinait à intégrer une grande école ? Le franchissement de ces caps ne dit-il pas "quelque chose" de celle ou de celui qui y est parvenu ?

On le sait tous plus ou moins confusément : il y a une faille dans notre modèle méritocratique et refuser de la voir finirait par le condamner dans son ensemble.

Le mérite, ce n'est pas être une "bête à concours" ou une "encyclopédie vivante". Le mérite peut aussi être ailleurs. Il est dans l'engagement et la volonté de chacun. Il est dans la capacité d'un lycéen issu d'un milieu socialement fragile à se distinguer et à s'engager dans ses études malgré les difficultés que d'autres ne connaîtront jamais. Cette volonté et cette capacité à convaincre que "l'on a aussi sa place là où ne nous attendait pas" ne suffisent peut-être pas à réussir un concours. Mais ne sont-elles pas, au fond, parmi les qualités les plus importantes que l'on attend de nos futurs décideurs ? Pourquoi, alors, ne sont-elles pas prises en compte lors de nos modes de sélection ? Pourquoi nos concours ne participent-ils pas à la correction des inégalités et à l'effacement des biais sociaux ?

Afin de réfléchir à ces questions aussi majeures que préoccupantes, j'ai donc souhaité confier la mission de formuler des recommandations ambitieuses pour l'avenir, chacun en ce qui le concerne, à plusieurs directeurs d'école, que je remercie d'avoir accepté cette tâche : les directeurs des E.N.S. et le président de l'Ecole polytechnique - que je missionne avec ma collègue Florence Parly. Signe que la démarche doit aller au-delà des écoles publiques, j'ai également sollicité les directeurs des trois écoles de commerce franciliennes, H.E.C., l'ESSEC et E.S.C.P. Europe, sous la coordination de la chambre de commerce et d'industrie Paris-Ile-de-France, qui ont accepté de se joindre à ces réflexions dans le respect de leurs spécificités. Après un premier point d'étape à la mi-juillet, je souhaite qu'ils me remettent un rapport final en septembre qui nous permettra de rapidement déployer de premières mesures.

L'objectif de cette mission est simple : il s'agit d'augmenter significativement la part d'étudiants issus de milieux populaires dans nos grandes écoles. Pour cela, après un travail d'évaluation et de concertation essentiel, nous fixerons des objectifs précis. Les établissements seront naturellement libres de déployer les politiques les mieux adaptées à leurs écoles, mais je crois que - sur ce sujet plus qu'aucun autre - nous avons des obligations de résultat et je souhaite que chacun s'engage à sa mesure, partout en France.

Dans cette optique, je souhaite que la réflexion qui s'ouvre soit sans tabous. Et en particulier, vous le savez, sans tabous vis-à-vis du concours, trop souvent vu comme l'alpha et l'oméga de l'entrée dans vos écoles. En la matière, il me semble essentiel de pouvoir s'interroger sur le recours à des voies d'admission dédiées, susceptibles de valoriser une diversité de talents et de compétences, mais auxquelles on pourrait notamment accéder via une préparation dont les écoles prendraient en tout ou partie la charge, afin de garantir le niveau académique des candidats. A l'instar du cycle préparatoire aux études supérieures (C.P.E.S.) de P.S.L., ne peut-on pas imaginer des cycles propres à la préparation de ces voies spécifiques, qui permettraient de révéler tout le potentiel de ces jeunes ?

Comme sur chaque sujet qui la concerne, la C.G.E. est évidemment amenée à jouer un rôle déterminant dans les travaux que je viens d'annoncer et je tiens à remercier chaleureusement votre présidente, Anne-Lucie Wack, de l'intérêt qu'elle a déjà manifesté pour cette mission. L'expérience de la C.G.E. en matière de dispositifs pour la diversité sociale dans nos écoles est effectivement éprouvée et nous comptons naturellement sur l'expertise de votre commission dédiée à ces sujets. Créée dès 2005, et je salue Vincenzo Esposito Vinzi qui en assure l'animation et qui saura s'inspirer des meilleures pratiques dans le travail conjoint aux trois écoles de management, cette commission a notamment permis l'adoption d'une "charte en faveur de l'égalité des chances" (2010) ainsi que la rédaction d'un Livre blanc de l'ouverture sociale des grandes écoles. Le nouveau baromètre que vous préparez sur cette question sera d'ailleurs une synthèse utile. Sa dernière édition témoignait déjà de l'engagement de vos établissements puisque nous y apprenions que plus de la moitié d'entre eux disposaient d'une équipe dédiée à la mixité sociale et que vos écoles y consacraient près de 200 000 euros en moyenne chaque année, en plus des nombreux dispositifs financiers d'exonération ou de bourses qui existent pour les étudiants issus de milieux modestes.

Mais vous êtes même allés au-delà en multipliant les voies d'accès aux établissements et, notamment, la voie universitaire historiquement plus diverse socialement que celle des classes préparatoires. En 2015, vous accueilliez ainsi 40% d'étudiants, en moyenne, par des "admissions parallèles" et plusieurs d'entre vous ont même développé des systèmes de prépas intégrées ou de bachelors qui laissent ensuite l'accès aux programmes "grande école".

Votre mobilisation doit ainsi être saluée et, même, amplifiée. Il est temps - et la situation politique du pays ne laisse aucune place au doute - de franchir un nouveau seuil dans l'ouverture sociale de nos établissements.

Il y a quelques semaines, le Président de la République a souhaité une réforme ambitieuse de la fonction publique, mais sa réflexion engage en vérité l'enseignement supérieur et notre système de formation dans son ensemble. Je m'entretiens régulièrement avec Frédéric Thiriez et nous souhaitons agir de concert pour revitaliser notre modèle méritocratique. Lui comme moi souhaitons dépasser la logique du recrutement strictement sur concours et réellement enrichir nos liens avec les universités.

Comme l'ENA, et je souhaite ainsi conclure, les grandes écoles françaises sont un levier de transformation sociale et politique du pays. Au-delà de l'impératif républicain d'accès aux meilleures formations et de l'épanouissement de notre jeunesse, le monde de l'entreprise appelle lui-aussi de ses vœux des cadres qui puissent endosser les plus hautes responsabilités et apporter de nouvelles compétences, notamment relationnelles et motivationnelles.

Il nous faut ainsi augmenter significativement la part d'étudiants issus de milieux populaires dans nos écoles sans jamais fragiliser leurs spécificités, leur positionnement international ou leur excellence universitaire.

Nous aurons besoin, pour cela, de votre soutien et de toutes vos expériences. C'est au prix de cette collaboration, et je sais que la C.G.E. sera une nouvelle fois au rendez-vous, que nous pourrons renouveler notre enseignement supérieur et donner encore davantage de légitimité et d'attractivité à nos grandes écoles.


Source http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr, le 6 juin 2019 

Enseignement supérieur Enseignement superieur Grande ecole Etudiant Reforme Concours 193001145

Interview de M. Olivier Dussopt, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'action et des comptes publics, à Sud Radio le 29 avril 2019, sur la réforme de la Fonction publique, les manifestations du 1er mai et les maisons des services publics.

Interview de M. Olivier Dussopt, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'action et des comptes publics, à Sud Radio le 29 avril 2019, sur la réforme de la Fonction publique, les manifestations du 1er mai et les maisons des services publics. Olivier Dussopt 29/04/2019 réforme de la fonction publique

BILLIE
Et pour le « Petit déjeuner politique », ce matin Sud Radio reçoit Olivier DUSSOPT, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics. Bonjour.

OLIVIER DUSSOPT
Bonjour.

PATRICK ROGER
Bonjour Olivier DUSSOPT. Alors, séminaire gouvernemental aujourd'hui, pour la mise en musique des annonces d'Emmanuel MACRON. On va faire le point, mais première, chose, déjà, au-delà de ces annonces, sur les 80 km/h, alors, il pourrait y avoir, on a cru comprendre, un ajustement, c'est ça ?

PATRICK ROGER
L'objectif principal de la maison sur les 80 km/h c'est de sauver des vies, donc aujourd'hui cette mesure est en place depuis quelques mois, dans un contexte particulier qui s'est caractérisé par la destruction par exemple de nombreux radars, donc les chiffres sont un peu fluctuants. Le Premier ministre avait toujours dit qu'il fallait évaluer cette mesure, et aujourd'hui nous sommes dans une phase à la fois d'évaluation avec les difficultés que j'ai évoquées, et à la recherche d'une application qui soit à la fois efficace et un peu plus souple, notamment dans des départements où on sait qu'il y a très peu de routes qui permettent d'aller un peu plus vite, de gagner un peu de temps. Donc la discussion est ouverte, mais avec un objectif qui est la sécurité routière.

PATRICK ROGER
D'accord. Mais ça veut dire que localement, dans certains départements, il pourrait y avoir des expérimentations de lancées, quoi, c'est ça ? Vous, vous y êtes plutôt favorable, vous êtes un élu du terrain, vous connaissez bien ces problématiques.

OLIVIER DUSSOPT
Il ne faut pas préempter les conclusions et la discussion.

PATRICK ROGER
Non, bien sûr.

OLIVIER DUSSOPT
Mais effectivement, la recherche de souplesse signifie aussi et nécessairement des expérimentations ou des essais. Et je le répète, il y a un objectif à cette mesure, un objectif majeur, essentiel, c'est de sauver des vies, faire en sorte qu'il y ait des blessés moins nombreux, moins graves et qu'il y ait moins de victimes. Et chaque vie gagnée est évidemment essentielle.

PATRICK ROGER
Et qu'on râle aussi un petit peu moins peut-être sur les routes. Dans votre département, dans les communes de l'Ardèche mais également de toute la région, on sait qu'il y a des départementales où on peut rouler au-delà de 80 km/h, si on est à 75 km/h pour faire 25 km pour aller travailler, ce n'est pas toujours évident.

OLIVIER DUSSOPT
Les différentes études ont montré que le temps, puisque tout le monde avait peur de perdre beaucoup de temps, n'était pas en réalité aussi perdu que ça, et ça n'était pas représentatif d'écarts très importants. Mais effectivement, il faut trouver les moyens d'être à la fois efficace pour lutter contre l'insécurité, donc la violence routière…

PATRICK ROGER
Efficacité, c'est ça.

OLIVIER DUSSOPT
Il faut être efficace.

PATRICK ROGER
Oui, il faut être efficace. Alors, sur votre dossier des fonctionnaires, le président est prêt à abandonner a-t-il dit l'objectif, si ce n'est pas tenable, de la suppression de 120 000 fonctionnaires. Du coup, vous fixez un nouvel objectif ou pas alors ?

OLIVIER DUSSOPT
La priorité des priorités c'est d'appliquer les décisions annoncées par le président de la République jeudi, et il a dit par exemple qu'aucun hôpital ne fermerait sans l'accord du maire et des élus municipaux.

PATRICK ROGER
Comme les écoles.

OLIVIER DUSSOPT
Aucune école ne fermerait. Cela nécessite évidemment de réfléchir à ce que cela implique en termes de maintien d'agents publics sur le territoire. Il a aussi dit, et c'est un souhait que nous partageons, sur lequel nous travaillons depuis plusieurs mois pour le réseau les finances publiques, qu'il voulait plus d'agents sur le terrain, moins à Paris ou dans les grandes métropoles, dans une logique d'aménagement du territoire et d'accès aux services. Nous, nous poursuivons un objectif qui est différent, qui consiste à diminuer la dépense publique, et pendant la campagne présidentielle, le président s'est engagé à ce qu'il y ait une diminution des effectifs globaux de la Fonction publique, de 120 000 postes, il faut rappeler qu'on parle au départ de 5,5 millions d'agents publics dans les trois versants de la Fonction publique. Ce qu'il dit est très simple, c'est qu'il faut continuer évidemment à rechercher des économies, à rechercher l'efficacité, et dans le même temps, si ce n'est pas compatible avec les annonces qui ont été prises, qu'on puisse adapter cet objectif. L'idée n'est pas de dire…

PATRICK ROGER
Donc vous êtes en train de le revoir et de l'ajuster.

OLIVIER DUSSOPT
L'idée n'est pas de dire : on passe…

PATRICK ROGER
Vous dites que non, il n'y a plus le dogme des 120 000.

OLIVIER DUSSOPT
Ça n'est pas un totem, je pense qu'à chaque fois qu'on peut faire des économies il faut les faire. J'ai été maire pendant 10 ans, à chaque fois que j'ai eu un départ à la retraite, nous avons vérifié si c'était utile de remplacer la personne ou pas, si on ne pouvait pas redéployer des agents d'autres services pour faire en sorte d'avoir la même qualité de services, c'est important, tout en réalisant des économies. Après, ça n'est pas un totem, et il l'a dit lui-même, le président de la République, que si cet objectif de 120 000 équivalents temps plein n'était pas compatible avec les décisions annoncées, la priorité était donnée aux décisions.

PATRICK ROGER
Alors du coup, ça va compliquer ou faciliter, vous, vos négociations avec les syndicats ?

OLIVIER DUSSOPT
Mais, la question n'est pas là, parce que…

PATRICK ROGER
Parce que les syndicats vont vous dire : « Non non, le totem des 120 000, c'est terminé ».

OLIVIER DUSSOPT
Le texte de loi que je porte, le projet de loi de transformation de la Fonction publique, qui sera examiné par la commission des débats de l'Assemblée nationale cette semaine, ne porte pas de dispositions sur le nombre de fonctionnaires. En France, il n'y a pas de loi qui fixe le nombre de fonctionnaires, et donc il n'y a pas de loi qui détermine combien on supprimerait, parfois il y a des lois qui disent combien on en crée, c'est notamment le cas du budget, et puis ce sont les moyens alloués aux services qui déterminent les effectifs. Les discussions que j'ai avec les organisations syndicales portent sur le dialogue social, portent sur (microcoupure son)... de recrutement dans la Fonction publique, sur des mobilités, sur la formation, sur l'égalité entre les femmes et les hommes. Je ne crois pas que cette adaptation, cet ajustement pour tenir les engagements du président de la République, soient de nature à influencer sur... à avoir une influence sur les décisions et sur les négociations.

PATRICK ROGER
En revanche, Olivier DUSSOPT, ça aura peut-être une influence sur le calendrier. Est-ce que le que votre calendrier va être un peu bousculé ?

OLIVIER DUSSOPT
Le calendrier d'examen de la réforme de la Fonction publique est maintenu. La Commission des lois est saisie de ce texte et cette semaine. Dans les jours qui suivront, mi-mai, c'est l'Assemblée en séance plénière qui l'examinera, et ensuite, au mois de juin le Sénat. Notre objectif est toujours le même, depuis le début de cette réforme, c'est que cette réforme soit adoptée avant l'été 2019, pour être applicable pour l'essentiel de ces dispositions, au 1er janvier 2020.

PATRICK ROGER
Même si dans les semaines qui viennent, là il dit à tous ces ajustements à faire, vous ne pensez pas qu'il faut se donner un petit peu plus de temps ?

OLIVIER DUSSOPT
Les ajustements que vous évoquez, n'empêchent pas, au contraire, l'examen de ce projet de loi. Et je dis « au contraire », parce que lorsqu'on on dit qu'on veut faire en sorte qu'il y ait plus de fonctionnaires dans les territoires, et moins à Paris ou dans les grandes villes, ça nécessite d'accompagner la mobilité des fonctionnaires, ça nécessite d'accompagner les restructurations et réorganisations, et le texte que je porte, c'est la boîte à outils pour accompagner ces mutations et ces restructurations.

PATRICK ROGER
Oui, à propos des syndicats, est-ce qu'il faut redoutez le 1er mai, d'alliance des syndicats avec les Gilets jaunes ? On se souvient qu'il y a un an il n'y avait pas encore les Gilets jaunes…

OLIVIER DUSSOPT
Et il y avait eu des violences.

PATRICK ROGER
... et ça avait été particulièrement violent.

OLIVIER DUSSOPT
Ça avait été très violent.

PATRICK ROGER
Et qu'un certain BENALLA – mais ça on va y revenir – s'était exprimé lui aussi ce jour-là, si je peux dire.

OLIVIER DUSSOPT
Le 1er mai 2018 avait été à la fois une journée de manifestation traditionnelle, par les syndicats qui organisent cette journée pour les droits des travailleurs, mais ils avaient été largement débordés par des éléments violents, des Blacks-blocs et il y avait eu de nombreux affrontements notamment à Paris. Cette crainte existe toujours, et les services de sécurité sont mobilisés à 100 % et peut-être même plus, si on peut le dire ainsi, pour prévenir les violences et surtout pour sanctionner et contenir celles et ceux qui se prêteraient à ces violences. C'est toujours une crainte. Et nous souhaitons évidemment tous que ça se passe bien. Je fais la différence entre les organisations syndicales qui ont l'habitude de cette mobilisation du 1er mai, qui est traditionnelle, qui est à la fois (microcoupure son)... et en même temps presque inscrite dans notre culture, dans notre histoire, et les éléments violents type Black-blocs ou autres perturbateurs qui…

PATRICK ROGER
Qu'est-ce que vous dites aux syndicats, justement, vous leur déconseillez d'aller manifester ? Non, vous n'allez pas jusqu'à ce point-là.

OLIVIER DUSSOPT
Non, parce que je sais leur capacité à organiser des manifestations dans le calme, et je sais aussi leur volonté de ne pas être infiltrés, de ne pas être débordés par des éléments violents. Ces éléments violents existent, et les services, notamment du ministère de l'Intérieur…

PATRICK ROGER
Ils le craignent, d'ailleurs, eux-mêmes, là, les syndicats, vous discutez avec eux ?

OLIVIER DUSSOPT
Je pense qu'ils le craignent, c'est à eux de s'exprimer, je ne m'exprime jamais à leur place, mais évidemment lorsque vous êtes l'organisateur d'une manifestation pour les droits des travailleurs, vous n'avez aucun intérêt, aucune envie, que cette manifestation soit perturbée par des violences.

PATRICK ROGER
Vous êtes en charge donc des Comptes publics, dans les Comptes publics eh bien il y a les fonctionnaires aussi des forces de l'ordre, les forces de l'ordre qui sont présentes, qui sont fatiguées, épuisées par l'ensemble de ces samedis à répétition. Vous dialoguez aussi un petit peu avec eux, pour essayer de les mobiliser en fait de nouveau, parce que certains parait-il, commencent à se démobiliser ?

OLIVIER DUSSOPT
C'est le ministre de l'Intérieur qui a en charge les forces de police, et en tant que secrétaire d'Etat notamment chargé de la Fonction publique, ce n'est pas moi qui entretiens un dialogue avec chacun des corps, chacun des cadres d'emploi, il y a des ministres thème par thème, ministère par ministère, qui ont cette discussion-là. Au mois de décembre, le ministre de l'Intérieur, Christophe CASTANER, a conclu un protocole d'accord avec les syndicats de police, qui prévoit plusieurs mesures s'appliquant progressivement, et du côté du ministère de l'Action et des Comptes publics, avec Gérald DARMANIN, nous l'accompagnons et nous veillons à ce que cet accord soit appliqué. Derrière ce que vous dites, il y a une réalité, c'est que nos forces de police sont extrêmement sollicitées, que ce soit les policiers, les gendarmes, les militaires. Semaine après semaine, ils sont à la fois mobilisés, très souvent pris à partie, très souvent agressés, et dans ces conditions-là, la fatigue, la lassitude, l'exaspération même, sont des choses qui sont somme toute logiques, et je crois que c'est aussi, quand on connaît cette situation-là, quand on sait les difficultés que les forces de police doivent affronter, et dans le même temps la qualité de leur travail, leur capacité à maintenir l'ordre sans qu'il y ait de drames, sans qu'il y ait de catastrophes majeures, tout ça doit inciter l'ensemble des acteurs publics, politiques, et je crois tous les Français, à soutenir les forces de sécurité.

PATRICK ROGER
Oui, parce que vous redoutez qu'il y ait des drames. On a appris tout à l'heure, qu'un projet d'attentat contre les forces de l'ordre a été déjoué en France récemment. Vous avez eu des informations à ce sujet ?

OLIVIER DUSSOPT
Les forces de police et nos militaires, nos services de renseignements, travaillent tous les jours, et régulièrement empêchent, déjouent, des projets d'attentats, empêchent et mettent …

PATRICK ROGER
Mais cette fois-ci contre des forces de l'ordre.

OLIVIER DUSSOPT
... celles et ceux qui s'en prennent…

PATRICK ROGER
Ce qui veut dire qu'il y a une montée de la population, c'est le face-à-face.

OLIVIER DUSSOPT
Je ne sais pas si on peut parler de face-à-face, il faut toujours être très prudent. Ce que je sais, c'est que les forces de sécurité font un travail formidable, et que notre intérêt à tous et à toutes, c'est de les soutenir.

PATRICK ROGER
Revenons au service public. Alors, le président a annoncé la création de Maisons France services, avec des maisons des services publics dans les différents cantons. Alors, les maires ruraux répliquent qu'il y en a déjà 1 300 et que les mairies sont sans doute ces maisons de services de proximité. Est-ce qu'on ne pourrait pas essayer de retravailler et imaginer en fait des maisons plus simples, plutôt que de recréer en fait un nouveau système, en fait, encore aujourd'hui ? Ça va être une usine à gaz tout ça. Non ?

OLIVIER DUSSOPT
Non, les maisons de service au public ça existe, il y en a 1 300, vous l'avez dit, à peu près 800 sont gérées par des collectivités locales, souvent des intercommunalités et 500 sont gérées par LA POSTE, puisqu'il y a deux principaux types de Maisons de service au public. Il y a aussi des Maisons de services au public qui sont gérées par des associations. J'étais près de Reims il y a quelques semaines, pour une Maison de services au public gérée par une association, en l'occurrence c'était l'Association des familles rurales. L'avantage des Maisons de services au public, qu'on ne retrouve pas toujours dans les services municipaux, c'est que nous arrivons à regrouper, les élus qui les mettent en place, arrivent à regrouper sur un même lieu, à la fois un accueil, une orientation, une information donnée aux usagers, des permanences d'autres services, ça peut être le service des Finances publiques ,ça peut être la Sécurité sociale, ça peut être les services sociaux ou d'accompagnement des personnes âgées d'un département, qui viennent ces lieux et qui permettent d'avoir, pour les usagers, des rendez-vous en proximité. Il y en a 1 300. Jacqueline GOURAULT qui est en charge de l'Aménagement du territoire, travaille actuellement à préciser, simplifier aussi puisque c'est votre souhait, et elle y travaille…

PATRICK ROGER
Enfin, ça n'est pas moi, souhait, mais…

OLIVIER DUSSOPT
... simplifier l'offre, et faire en sorte…

PATRICK ROGER
Quand je regarde effectivement ce qui se passe et ce que l'on veut créer, justement, ça va être quand même…

OLIVIER DUSSOPT
Et faire en sorte qu'il y ait moins d'écarts, moins de différences entre les différentes maisons de services au public. C'est vraiment un modèle qui marche très bien et qui permet d'avoir, dans un lieu unique, territoire par territoire, des informations, une orientation, un accueil, et la capacité à mobiliser plusieurs services différents, en faisant des économies d'échelle.

PATRICK ROGER
Est-ce qu'il faut mobiliser justement les opérateurs de l'Etat, c'est-à-dire Pôle emploi, GRDF, la Mutualité sociale agricole, etc., qui jusqu'à présent étaient mobilisés…

OLIVIER DUSSOPT
Tous ceux que vous avez cités ne sont pas des opérateurs d'Etat.

PATRICK ROGER
Non mais...

OLIVIER DUSSOPT
Dans ceux que vous avez cités, il y a des entreprises qui aujourd'hui sont des entreprises publiques ou parfois qui ont vu leur capital être ouvert, il y a des organismes de Sécurité sociale gérés par les organisations professionnelles…

PATRICK ROGER
Bien sûr, avec aussi un regard, un droit de regard de l'Etat, bien sûr.

OLIVIER DUSSOPT
On ne peut pas les qualifier d'opérateurs d'Etat. Mais déjà aujourd'hui…

PATRICK ROGER
Non mais, est-ce qu'en revanche on ne peut pas les inciter à travailler, parce qu'ils sont mobilisés…

OLIVIER DUSSOPT
Mais c'est déjà le cas.

PATRICK ROGER
Oui, c'est déjà le cas, mais ils ont tendance à vouloir se désengager.

OLIVIER DUSSOPT
Non.

PATRICK ROGER
Eh bien si.

OLIVIER DUSSOPT
C'est déjà le cas, et dans les Maisons de services au public, à la fois celles qui sont déjà conventionnées et celles qui sont en cours de conventionnement, très souvent nous retrouvons ces opérateurs, pour prendre ce terme générique, après il faut aussi savoir adapter l'offre de Maisons de services au public aux territoires. Dans un territoire agricole il est évident que la place de la MSA est très importante…

PATRICK ROGER
Bien sûr, bien sûr.

OLIVIER DUSSOPT
Dans d'autres territoires ça se justifie moins, et c'est aussi l'avantage et la nécessité de garder de la souplesse, que ces Maisons de service au public soient adaptables et…

PATRICK ROGER
Et la SNCF, elle devrait en faire partie ou pas ? Parce que Guillaume PEPY annonce, et ce qui se fait déjà un petit peu, que ce sera plutôt dans les bureaux de POSTE... dans les bureaux de tabac, pardon.

OLIVIER DUSSOPT
L'enjeu pour la SNCF c'est d'être en capacité de vendre des titres de transport à ses clients, que ce soit dans une Maison de service public, dans un bureau de tabac ou pourquoi pas dans un bureau de POSTE, peu importe, ça rime aussi que ça se fasse sur Internet, vous savez, ou sur les automates.

PATRICK ROGER
C'est vrai. Qu'est-ce que vous allez changer dans votre méthode de travail ? Ce n'est pas la bonne visiblement jusqu'à présent, c'est ce que dit François BAYROU en tout cas. Pas forcément vous, mais l'ensemble du gouvernement.

OLIVIER DUSSOPT
Il y a une volonté d'être plus horizontal, c'est le terme consacré, je ne sais pas toujours ce que ça signifie d'être horizontal, mais en tout cas de mieux associer les différents acteurs de la société. Ça peut être des organisations syndicales, c'est le monde associatif, c'est le réseau des élus locaux et d'ailleurs le président de la République en disant, en soulignant qu'aucun hôpital, aucune école, ne pourra être fermé sans l'accord des maires, c'est aussi une vraie preuve de confiance, c'est un vrai témoignage de confiance qui est envoyé à l'ensemble des élus.

PATRICK ROGER
Le mot de la fin, Olivier DUSSOPT, avec Billie.

BILLIE
Absolument. Nous sommes le 29 avril aujourd'hui, eh bien sachez que le 29 avril 1944, c'était il y a 74 ans, c'était la première fois que les femmes votaient Je sais que vous avez été un tout jeune député, c'était en 2007, imaginons que vous ayez été encore plus jeune député, dans les années 40, est-ce que vous auriez voté, vous, le droit de vote pour les femmes ?

OLIVIER DUSSOPT
Mais enfin, la question ne se pose pas, vous me pardonnez, mais, évidemment…

BILLIE
Ça a été un long chemin, quand même.

OLIVIER DUSSOPT
Il y a un une motivation au fait que je fasse de la politique depuis toujours, c'est l'égalité, l'égalité des chances, parce que c'est important, mais surtout l'égalité par le refus de toutes les discriminations. J'aurais été, je pense et j'espère, mais on ne refait jamais l'histoire, un des plus grands défenseurs en tout cas un des plus ardents défenseurs du droit de vote des femmes, de la même manière que les deux quinquennats que j'ai passés à l'Assemblée, ont montré que j'avais toujours été mobilisé sur les questions d'égalité et de refus des discriminations.

BILLIE
En tous les cas, c'était un bon anniversaire.

PATRICK ROGER
Et ce n'est pas de la cosmétique. A pas à propos de cosmétique…

OLIVIER DUSSOPT
Si vous parlez du droit des femmes en parlant de cosmétique, je crains que vous ne vous fassiez quelques ennemis, monsieur ROGER !

PATRICK ROGER
Non non non, justement. Justement non. L'ENA, la suppression, vous allez être vous aussi mobilisés pour…

OLIVIER DUSSOPT
Bien sûr.

PATRICK ROGER
... ce remplacement par l'Institut supérieur des fonctionnaires.

OLIVIER DUSSOPT
Alors là, vous inventez un nom qui a été démenti, qui n'existe pas encore…

PATRICK ROGER
Eh bien non, mais je sais bien, mais…

OLIVIER DUSSOPT
... mais derrière il y a un objectif, nous voulons que les Hauts fonctionnaires, les cadres de la Nation, qu'ils soient aujourd'hui énarques, polytechniciens, qu'ils soient Hauts magistrats, qu'ils soient formés pour être des cadres de santé par exemple, qu'ils aient tous une culture commune de l'Etat, que nous puissions aussi revoir les modalités de recrutement et de sélection de ceux-ci, voir comment leur carrière se déroule, comment est-ce qu'on organise l'accès à ce qu'on appelle les grands Corps, sur l'Inspection des finances, la Cour des comptes, en garantissant que celles et ceux qui auront vocation à exercer ces fonctions les plus importantes, aient une expérience de terrain et en garantissant l'égalité d'accès à ces emplois, à la fois important et prestigieux.

BILLIE
Un invité surprise et une question.

DANY MAURO, IMITANT FRANÇOIS HOLLANDE
Salut Olive, c'est Fanfan HOLLANDE. Il fut un temps tu étais très proche de Martine AUBRY…

OLIVIER DUSSOPT
Vous me l'avez déjà faite cette imitation.

DANY MAURO
Non non non non. Tu ne vas pas me le refaire à chaque fois !

OLIVIER DUSSOPT
Si si, si si.

PATRICK ROGER
On écoute, on écoute.

DANY MAURO, IMITANT FRANÇOIS HOLLANDE
Martine, qui est à l'image très proche de... Martine qui est à l'image, pardon, du Parti socialiste, parce que plus on s'approche, plus on s'aperçoit que les contours sont flous. Oui, je sais, un président ne devrait pas dire ça, mais je m'en tape. Jeudi, à sa conférence de Presse, MACRON a parlé du plein emploi à l'horizon de 2025, mais est-ce que tu ne penses pas que d'ici 2022, un paquet de députés et ministres de la République En Marche vont se retrouver à Pôle emploi ?

OLIVIER DUSSOPT
Je ne crois pas, je pense que d'ici 2022 les députés et les ministres de la majorité qui accompagne le président de la République, ont beaucoup de travail, ils auront aussi beaucoup de travail après, parce que je n'ai qu'un souhait, c'est que cela puisse continuer.

DANY MAURO, IMITANT FRANÇOIS HOLLANDE
Bon, c'est bien de croire au Père Noël.

BILLIE
Voilà.

PATRICK ROGER
Merci Olivier DUSSOPT, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics, était l'invité ce matin de Sud Radio.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 30 avril 2019
 

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