Cohésion et transitions : agir autrement - Rapport annuel sur l'état de la France 2019

Cohésion et transitions : agir autrement - Rapport annuel sur l'état de la France 2019 Rapport annuel du CESE sur l'état de la France 2019

Auteur(s) : Christel Teyssedre - Hervé Le Bouler

Conseil économique, social et environnemental https://www.lecese.fr/travaux-publies/cohesion-et-transitions-agir-autrement-rapport-annuel-sur-l-etat-de-la-france-2019 Politique economique Pauvrete Politique sociale Societe Situation sociale Situation économique

Les mouvements sociaux de ces derniers mois ont révélé les multiples fractures affectant la société française et une faible cohésion sociale. Ils ont souligné le malaise grandissant des classes « modestes », particulièrement exposées à la hausse des dépenses contraintes, et qui se sentent menacées de déclassement. Face à cette situation, les mesures récentes en faveur du pouvoir d’achat ont constitué un premier niveau de réponse mais partiel. Retrouver une croissance durable suppose de dégager davantage de richesses et donc d’accroître les gains de productivité de l’économie française en stimulant les investissements dans l’innovation, notamment ceux dans les compétences. Mettre rapidement en place un pacte économique, social et écologique doit permettre de parvenir à la cohésion sociale tout en menant avec détermination les transitions en cours (écologique, numérique et démographique). Refondre notre système fiscal pour le rendre plus juste, plus lisible et plus efficace et adopter une politique volontariste en matière d’investissements publics et privés sont également indispensables.

Cahier n°1

INTRODUCTION

I - LA COHÉSION SOCIALE MISE A L’ÉPREUVE  

A - Pauvreté en conditions de vie : une résistance à la baisse  

B - Inégalités de revenus : l’ascenseur social en panne  

C - Taux d’emploi : des progrès mais une forte précarisation des emplois  

D - Sorties précoces du système scolaire : baisse sur dix ans sur fond de fortes inégalités  

II - LA PRÉPARATION DE L’AVENIR : LA FRANCE FACE AUX TRANSITIONS  

A - PIB : tendre vers une croissance durable et solidaire  

B - Endettement : une stabilisation du poids de l’endettement public à un niveau record  

C - Recherche et développement : une situation préoccupante  

D - Empreinte carbone : un cap difficile à tenir  

E - Artificialisation des sols : la hausse se poursuit  

III - LA QUALITÉ DE LA VIE : L’URGENCE DE REPONDRE AUX ATTENTES  

A - Satisfaction dans la vie : un niveau de satisfaction élevé mais des craintes sur l’avenir  

B - Espérance de vie en bonne santé : des progrès à réaliser pour s’aligner sur les meilleurs élèves

 CONCLUSION 
 

 Cahier n° 2

Chapitre 1 : TAUX D’EMPLOI

I - LE TAUX D’EMPLOI EN FRANCE ET DANS L'UE
 A - Un taux d'emploi en France encore 3 points en dessous de la  moyenne européenne
 B - Un indicateur qui ne peut être compris isolément
 1. Évolution des taux d'activité, d'emploi et de chômage en France
 2. Une insertion sur le marché du travail qui reste plus difficile dans les départements d'outre-mer

 II - LES TENDANCES RÉCENTES DE L'EVOLUTION DU TAUX D'EMPLOI
 A - L’activité des séniors : principal facteur de l’évolution favorable du taux d’emploi en France
 B - Baisse du taux de chômage des jeunes, mais des taux d’emploi  et d’activité toujours faibles

III - QUALITÉ DE L’EMPLOI ET NATURE DU CHÔMAGE
 A - Accentuation de l’emploi très précaire
 1. Une tendance déjà ancienne marquée récemment par le raccourcissement de la durée des contrats et des missions
 2. Emploi précaire et pauvreté
 B - L'augmentation de l'emploi public contractuel
 C - Progression du sous-emploi, fréquence et allongement de la durée du chômage

IV - RECOMMANDATIONS

 Chapitre 2 : EFFORT DE RECHERCHE

I - DÉFINITION DE L’INDICATEUR

II - ANALYSE DE L’ÉVOLUTION DE L’INDICATEUR
 A - Malgré des aides publiques conséquentes, un effort de recherche privé trop faible qui requiert un diagnostic

III - PRÉCONISATIONS
 A - Préconisation n° 1
 B - Préconisation n° 2
 C - Préconisation n° 3

Chapitre 3 : ENDETTEMENT

I - BRÈVE DESCRIPTION DE L’INDICATEUR

II - ÉVOLUTION DE L’INDICATEUR
 A - La dette publique
 B - La dette des entreprises
 C - L’endettement des ménages

III - PRÉCONISATIONS
 A - Maîtriser l’endettement sans brider l’investissement
 B - Revoir le paysage fiscal et renforcer la lutte contre l’évitement fiscal

Chapitre 4 : ESPÉRANCE DE VIE EN BONNE SANTÉ

I - DÉFINITION, INTÉRÊT ET INTERPRÉTATION
 A - La définition de l’indicateur et les précautions qu’impose son interprétation
 B - L’intérêt de l’indicateur
 C - L'évolution de l’indicateur et la position de la France
 1. Évolution en France depuis 2004
 2. Espérance de vie à la naissance et espérance de vie en bonne santé à la naissance en 2016 dans l’Union européenne

II - LES RECOMMANDATIONS DU CESE
 A - Préconisation n° 1
 B - Préconisation n° 2

Chapitre 5 : SATISFACTION DANS LA VIE

I - BRÈVE DESCRIPTION DE L’INDICATEUR
 A - Définition
 B - Précautions d’emploi

II - ÉVOLUTION DE L’INDICATEUR
 A - Évolution sur longue période
 B - Comparaisons internationales
 C - Indicateurs complémentaires

III - PRÉCONISATIONS
 A - Lutter contre l’isolement
 B - Redonner du sens à la citoyenneté

Chapitre 6 : INÉGALITÉS DE REVENUS

I - BRÈVE DESCRIPTION DE L’INDICATEUR
 A - Définition
 B - Précautions d'emploi

II - ÉVOLUTION DE L’INDICATEUR
 A - Évolution sur longue période

B - Comparaisons internationales
 III - INDICATEURS COMPLÉMENTAIRES

IV - PRÉCONISATIONS
 A - Systématiser les études d’impact des évolutions législatives et réglementaires sur le pouvoir d’achat
 B - Revoir la fiscalité des transmissions

Chapitre 7 : PAUVRETÉ EN CONDITIONS DE VIE

I - BRÈVE DESCRIPTION DE L’INDICATEUR
 A - Définition
 B - Précautions d’emploi

II - ÉVOLUTION DE L’INDICATEUR
 A - Évolution sur longue période
 B - Indicateur complémentaire
 C - Comparaisons internationales

III - PRÉCONISATIONS
 A - Mobiliser les branches professionnelles pour améliorer l’accès à l’emploi des jeunes et lutter contre la précarité
 B - Agir sur le pouvoir d’achat et les dépenses contraintes

Chapitre 8 : SORTIES PRÉCOCES DU SYSTÈME SCOLAIRE 

I - DESCRIPTION DE L'INDICATEUR

II - PRÉSENTATION ET ANALYSE DE L’INDICATEUR « SORTIES

PRÉCOCES » DU SYSTÈME SCOLAIRE

III - ANALYSE DE L'ÉVOLUTION DE L'INDICATEUR
 A - L’OBLIGATION DE FORMATION DES JEUNES ÂGÉS DE 16 A 18 ANS

IV - PRÉCONISATIONS
 A - Préconisation n° 1
 B - Préconisation n° 2

Chapitre 9 : EMPREINTE CARBONE

I - DE L’INTÉRÊT DE L’EMPREINTE CARBONE

II - SITUATION DE LA FRANCE AU REGARD DE L’EMPREINTE CARBONE

III - PRÉCONISATIONS
 A - Accélérer la baisse des émissions intérieures et réduire les émissions importées grâce à une réindustrialisation soutenable
 B - Promouvoir l’empreinte carbone comme outil d’orientation des politiques publiques et  d'information des consommateurs


 Chapitre 10 : ARTIFICIALISATION DES SOLS

I - PRÉSENTATION DE L’INDICATEUR

II - ANALYSE DE L’ÉVOLUTION DE L’INDICATEUR

III - PRÉCONISATIONS
 A - Préconisation n° 1
 B - Préconisation n° 2

Chapitre 11 : PRODUIT INTÉRIEUR BRUT

I - BRÈVE DESCRIPTION DE L’INDICATEUR A - Définition
 B - Précautions d’emploi

II - ÉVOLUTION DE L’INDICATEUR
 A - Évolution sur longue période
 B - Comparaisons internationales
 C - Indicateurs complémentaires

III - PRÉCONISATIONS
 A - Mieux prendre en compte dans la structure du PIB et son évolution, les impacts de la croissance au regard du climat, de la biodiversité et de la mise en oeuvre des transitions écologique et économique
 B - Mener une politique d’investissement ambitieuse et réfléchie. 

DÉCLARATIONS/ SCRUTIN

ANNEXES
 N°1 Composition de la section de l'économie et des finances à la date du vote
 N°2 Liste des personnes auditionnées et des personnes rencontrées en entretien
 N°3 Bibliographie
 N°4 Table des sigles

 

Journal officiel de la République française, avis et rapports du Conseil économique, social et environnemental Rapport d'étude 177 Conseil économique social et environnemental 194000724

Interview de Mme Marlène Schiappa, secrétaire d'État à l'égalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les discriminations, à Public Sénat le 14 février 2019, sur le conflit social et les revendications.

Interview de Mme Marlène Schiappa, secrétaire d'État à l'égalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les discriminations, à Public Sénat le 14 février 2019, sur le conflit social et les revendications. Marlène Schiappa 14/02/2019 conflit social revendications
  • Marlène Schiappa - Secrétaire d'État à l'égalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les discrimination

CYRIL VIGUIER
Deuxième partie de notre émission « Territoires d'infos » avec la presse quotidienne régionale, les télés locales de France, le réseau Vià télévision. D'ailleurs, vous allez voir avec moi maintenant qu'ils sont tous présents et en direct, dans le Nord, Jean-Michel LOBRY, pour WEO, la chaîne de La Voix du Nord, Nouvelle Aquitaine, Bastien LAUQUE, pour TV7, c'est du groupe Sud-ouest, et en Occitanie, Ludovic BRIMBEUF, pour ViàOccitanie, la grande chaîne TNT d'Occitanie. Ils sont là pour co-interviewer avec nous ce matin Marlène SCHIAPPA. Bonjour.

MARLENE SCHIAPPA
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Vous êtes la secrétaire d'Etat – nul ne l'ignore – chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les discriminations. Voilà. Et c'est Oriane MANCINI qui vous interviewera ce matin ainsi que Fabrice VEYSSEYRE-REDON, Oriane MANCINI, Public Sénat, et Fabrice VEYSSEYRE-REDON, du groupe EBRA, voilà, de l'Est Républicain ce matin. On démarre avec ce sondage, 56 % des Français estiment que la mobilisation des gilets jaunes doit s'arrêter, Marlène SCHIAPPA, est-ce qu'on n'est pas, là, à un tournant par rapport à ce mouvement maintenant, est-ce qu'il ne va pas y avoir un après sondage de ce type ?

MARLENE SCHIAPPA
J'ai l'impression, ce serait souhaitable. On voit qu'il y a eu plusieurs, on a appelé ça des actes, mais il y a eu plusieurs moments en réalité, il y a eu le début avec une mobilisation qui était vraiment sociale, avec une demande qui était relative d'abord à la taxe carbone, et puis, à des mesures sur le pouvoir d'achat. Le président de la République a répondu en retirant la taxe carbone et puis en annonçant un certain nombre de mesures sur le pouvoir d'achat, ensuite, il y a eu un deuxième volet de mobilisation sur les questions démocratiques, et puis, là, on voit qu'avec, d'abord, le grand débat, le grand débat national, il y a une possibilité d'être entendu autrement qu'en étant dans la rue, et puis, je crois aussi qu'il y a peut-être… peut-être que les gens en ont marre aussi de voir des violences, de voir qu'ils sont entravés dans leur liberté de circuler, qu'il y a des conséquences économiques sur les commerces dans différentes régions. Je crois qu'il y a effectivement un basculement, oui…

CYRIL VIGUIER
On l'a vu, beaucoup de commerçants…

ORIANE MANCINI
Edouard PHILIPPE, hier, faisait face à dix Français sur LCI, pour le préciser, on a senti dans cette émission de la tension, voire de l'agressivité des citoyens envers le Premier ministre, est-ce que, finalement, c'est l'illustration de cette fracture entre les élus, le gouvernement et les Français ?

MARLENE SCHIAPPA
Moi, je crois qu'il est urgent de renouer avec deux choses, d'abord, le respect, la façon dont on s'adresse les uns aux autres avec respect, vous savez que pendant la campagne présidentielle, on avait voulu promouvoir la bienveillance dans les rapports, nous étions En Marche, les seuls meetings dans lesquels il était interdit de siffler nos concurrents, de les huer, c'est quelque chose de nouveau, et je crois que le respect, eh bien, se perd en fait, et on le voit avec les réseaux sociaux et la façon dont on s'invective…

ORIANE MANCINI
Mais le respect entre les politiques ou entre les Français et les politiques ?

MARLENE SCHIAPPA
Le respect entre tout le monde, de façon générale. Il y a une augmentation des violences gratuites et des actes de haine de l'autre extrêmement préoccupante, plus de74 % des actes antisémites, plus de 60 % des actes homophobes, d'une part, et d'autre part, effectivement, un clivage entre les élus et les citoyens de plus en plus fort, oui…

ORIANE MANCINI
Vous, vous participez à des débats dans toute la France, est-ce que vous la sentez, vous, cette agressivité ?

MARLENE SCHIAPPA
Moi, je dirais qu'il y a des tentatives d'agressivité, mais lorsque je prends toutes les questions lorsqu'elles sont posées avec respect, mais dès lors que je vois qu'on manque de respect, surtout aux autres participants, je renvoie les gens dans les cordes. Hier, avant-hier, j'étais en Dordogne, et il y a trois femmes qui témoignaient de leur situation de mères isolées, et un monsieur s'en est pris à elles et les a invectivées en étant très méprisant, je lui ai dit que s'il voulait s'en prendre à quelqu'un, il s'en prenait à moi, mais pas à ces femmes qui étaient venues témoigner.

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Se pose une question maintenant, c'est qu'est-ce qu'il va ressortir de ce grand débat, beaucoup de discussions, d'échanges plus ou moins tendus d'ailleurs, est-ce que vous, vous, êtes favorable à la tenue d'un référendum à l'issue de ce grand débat ?

MARLENE SCHIAPPA
Moi, je pense que tout doit être sur la table et qu'il ne doit pas y avoir de tabou, nous, on est en train de mener des auditions, je m'occupe du groupe Démocratie Citoyenneté pour la République En Marche, et nous menons des auditions d'experts, de fondations politiques, hier, nous étions au Collège de France pour auditionner Pierre ROSANVALLON, et justement, faire nos propositions, donc pour l'instant, il n'y a pas de ligne qui soit établie sur cette question, mais je pense qu'il y a un moment où effectivement, on va devoir passer par les urnes d'une manière ou d'une autre, il y a les élections européennes le 26 mai, je ne souhaite pas que les élections européennes soient le référendum et qu'elles deviennent un référendum, ça veut dire qu'il y a un moment où il faudra consulter les Français d'une manière ou d'une autre.

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Ça veut dire que vous y seriez favorable à un référendum, mais pas forcément en même temps que les européennes ?

MARLENE SCHIAPPA
Tout est sur la table, il peut être en même temps que les européennes, moi, ce que je voudrais vraiment éviter, c'est que ces élections européennes soient le référendum, que les gens se disent : on n'a pas d'autre moyen de s'exprimer par les urnes que cela, et donc nous allons voter pour ou contre le gouvernement, je crois que ça ne doit pas être ça l'enjeu des élections européennes, il y a des enjeux très fort au niveau de l'Europe qui sont en train de se dessiner, quelle est la politique européenne que nous voulons, comment on transformera pour en faire une Europe qui protège réellement les citoyennes et les citoyens, ce qui n'est pas assez le cas aujourd'hui, et c'est ça qui doit être la question des européennes et pas un référendum sur le gouvernement.

ORIANE MANCINI
On est à mi-parcours maintenant de ce grand débat, vous qui en êtes l'une des chevilles ouvrières, est-ce que vous pouvez nous tirer un premier bilan ?

MARLENE SCHIAPPA
Moi, je dirais d'abord qu'il y a une véritable participation, je suis frappée à chaque fois que je vais quelque part, dans n'importe quelle région, de voir qu'il y a plusieurs centaines de personnes qui se déplacent et qui prennent de leur temps pour venir, et certains même m'ont dit qu'ils avaient posé des demi-journées de RTT, qu'ils se sont organisés, qui se sont fait remplacer, qu'ils ont fait garder leurs enfants pour participer au débat démocratique. Et ça, moi, je trouve ça formidable. Et ça me donne vraiment confiance. La pire chose qui pouvait arriver à ce grand débat, c'était l'indifférence, c'était d'être boudé, là, on voit qu'il n'y a pas d'indifférence, il suscite lui-même des débats sur le débat, hier, on était avec Christine KELLY pour un grand débat avec les mères isolées dans une salle de l'Assemblée nationale, il y avait encore plusieurs centaines de personnes…

ORIANE MANCINI
On va en reparler avec les journalistes de la PQR, qui vont vous interroger dans quelques instants…

CYRIL VIGUIER
Absolument. Non, des télés locales de France…

ORIANE MANCINI
Des télés locales de France ! Merci Cyril !

CYRIL VIGUIER
Oriane MANCINI, la politique.

ORIANE MANCINI
Juste, on va parler de la politique, une tribune a été publiée hier dans le Figaro, tribune signée par 86 députés de plusieurs groupes, mais des députés de la majorité, de La République En Marche, du MoDem, qui plaident pour une fiscalité carbone juste socialement. En gros, le retour de la taxe carbone, même si ce n'est pas dit clairement, est-ce qu'en plein grand débat, cette tribune était opportune pour vous ?

MARLENE SCHIAPPA
Ecoutez, moi, je n'ai pas de jugement de valeur à porter sur l'expression de tel ou tel député, chacun est totalement libre de faire ses tribunes, et je n'ai pas de jugement de valeur sur le fait d'apporter des choses au débat public, après, sur le fond, à titre personnel, moi, je ne suis pas du tout favorable au rétablissement de la taxe carbone, et je pense que ce serait une forme de trahison de le mettre de surcroît maintenant, à ce moment-là, sur la table, en termes de propositions.

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Vous êtes quand même un petit peu contrariée par votre, je dirais votre frange parlementaire, on a vu, il y avait aussi débat entre le gouvernement et les parlementaires sur la notion de parent 1 et parent 2, notamment dans les livrets scolaires, vous n'êtes pas un peu débordé, le gouvernement, finalement, par cette énergie parlementaire ?

MARLENE SCHIAPPA
Eh bien, tant mieux, enfin, je veux dire, on a reproché pendant des mois aux députés d'être des gens qui levaient la main et qui votaient sur commande, là, on voit qu'en fait, ce n'est pas le cas, et qu'on a beaucoup d'individualités, de parcours de gens qui ont des convictions très fortes et qui portent leurs convictions, et tant mieux, moi, je suis très satisfaite qu'il y ait cette énergie, nous sommes dans une démocratie parlementaire, c'est important que les parlementaires s'expriment.

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Sur ce sujet…

ORIANE MANCINI
Alors, là, oui, sur la taxe carbone, il n'y a pas que des parlementaires, il y a aussi des ministres qui se sont favorables au retour de la taxe carbone, Brune POIRSON, Emmanuelle WARGON. Est-ce que, finalement, la question ne va pas se poser, même si, hier, Emmanuel MACRON et Edouard PHILIPPE ont fermé la porte, est-ce que ce n'est pas une question qui va revenir sur le débat ?

MARLENE SCHIAPPA
La question il y a deux questions là-dedans, sur la taxe carbone, d'abord, il y a la question de la justice fiscale et de comment faire en sorte qu'il y ait des gens qui n'aient pas le sentiment que ce sont toujours les mêmes qui paient, que ce sont toujours eux, etc, c'est la première question. La deuxième question, c'est comment on fait en sorte d'aborder la transition écologique et de changer des habitudes de consommation, est-ce que ces deux questions doivent être corrélées, et donc qu'on doive forcément passer par une fiscalité écologique, je ne sais pas, les débats du grand débat vont nous amener à ces réponses-là.

CYRIL VIGUIER
Marlène SCHIAPPA, secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les discriminations est notre invitée politique ce matin en direct sur ce plateau. On reste dans la politique, Alain JUPPE quitte la mairie de Bordeaux, vous l'avez vu, alors vous qui prenez le renouvellement, est-ce que vous trouvez que c'est une bonne chose qu'il quitte la scène politique ?

MARLENE SCHIAPPA
Alors, moi, je ne prône pas le renouvellement comme un dogme ou une religion…

CYRIL VIGUIER
On vous a beaucoup entendue sur ces sujets quand même…

MARLENE SCHIAPPA
Alors, ce que j'ai dit, si on m'écoute bien, sur la question du renouvellement, c'est justement qu'il ne faut pas renvoyer tous les hommes, tous les vieux, tous les blancs pour mettre à la place que des femmes, que des jeunes, etc., mais ce qui fait la performance d'une équipe, c'est la mixité, et donc, ce qui doit faire la performance des représentants de la nation, c'est le fait d'avoir des femmes et des hommes des jeunes et des vieux, des gens de toutes les origines sociales, de toutes les origines, de toutes les couleurs, de toutes les religions…

CYRIL VIGUIER
En l'occurrence, là, un ancien ministre d'Emmanuel MACRON, Jacques MEZARD, nommé au Conseil constitutionnel, donc Alain JUPPE, qui s'était rapproché d'Emmanuel MACRON, qui y est nommé, est-ce que ce n'est pas un peu un coup politique au fond, est-ce que ce n'est pas la manifestation d'un coup politique de la part président de la République, du président de l'Assemblée ?

MARLENE SCHIAPPA
Non, je ne dirais pas ça comme ça, moi, j'ai le sentiment qu'Alain JUPPE est un homme d'Etat, personne ne conteste le fait qu'il soit véritablement engagé pour son pays, il a des années d'expérience derrière lui comme Premier ministre, comme maire d'une grande ville, Bordeaux, qu'il a considérablement transformée. Et c'est quelqu'un qui est aussi engagé sur les questions écologiques, sur les questions de la transition digitale à l'époque où c'était encore un sujet peu à la mode, il s'en était emparé, donc je trouve que c'est plutôt une bonne nouvelle.

ORIANE MANCINI
Et est-ce qu'à trois mois des Européennes, Emmanuel MACRON ne se pas d'un allié de poids pour cette campagne quand même ?

MARLENE SCHIAPPA
Ecoutez, nous verrons, moi, je crois que le courant Juppéiste est représenté au gouvernement, et je pense que ce n'est pas une question de Conseil constitutionnel…

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Alors, les européennes arrivent, Alain JUPPE, du coup, sera moins présent, c'est sûr, parce que le Conseil constitutionnel va le priver de cette liberté de parole, est-ce que la République En Marche, ce parti d'ailleurs pour lequel on avait parlé de vous pour la présidence à un moment donné, enfin, la direction, est-ce que La République En Marche est prête ?

MARLENE SCHIAPPA
Oui, moi, je crois que nous faisons tout en tout cas pour être prêt. Il y a un délégué général, un nouveau délégué général, Stanislas GUERINI, qui fait un gros travail collectif avec Pierre PERSON et d'autres pour faire en sorte d'avoir des liens, des relais partout dans les territoires, et nous sommes en train de travailler sur le programme. Et je crois que ce grand débat, il doit nous permettre aussi de nourrir les propositions, les débats qui seront formulés pendant la campagne européenne.

ORIANE MANCINI
On avait parlé de vous pour la présidence, on avait aussi parlé de vous pour la tête de liste pour les européennes, on vous l'avait vraiment proposée ?

MARLENE SCHIAPPA
Mais d'abord, ce ne sont pas des choses comme ça, ensuite, moi, je suis… je suis venue à la politique par un sénateur-maire, qui était sénateur-maire du Mans, Jean-Claude BOULARD, qui nous a quittés l'année dernière, et qui nous disait tout le temps : on ne prête qu'aux riches, et on prête des candidatures que… voilà, donc, il faut bien le prendre le fait qu'on nous prête des candidatures, même quand ça n'est pas le cas…

ORIANE MANCINI
Vous l'avez trouvée, la tête de liste ?

MARLENE SCHIAPPA
Pas encore, enfin, à ma connaissance, et je crois qu'elle sera annoncée en mars, mais ça n'est pas une responsabilité qui me revient, c'est Stéphane SEJOURNE qui est le directeur de campagne, et le bureau exécutif autour de Stanislas GUERINI qui sait… qui a cette responsabilité.

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Hier soir, Ingrid LEVAVASSEUR, gilet jaune très identifiée, a annoncé qu'elle ne serait pas… elle ne porterait pas de liste aux européennes au nom des gilets jaunes, ce n'est pas une mauvaise nouvelle finalement pour vous, République En Marche ?

MARLENE SCHIAPPA
Moi, j'essaie de ne pas voir les choses avec l'intérêt forcément partisan de La République En Marche, j'essaie de voir les choses…

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Enfin, c'est une élection importante pour vous quand même les européennes, c'est un peu votre élection…

MARLENE SCHIAPPA
Bien sûr. Complètement. L'Europe, c'est vraiment l'ADN de La République En Marche, et si on a bien un sujet qui nous rassemble, c'est cette volonté de faire mieux et plus d'Europe et de transformer surtout les institutions européennes. La République En Marche, on n'est pas non plus euro-béat, on ne dit pas amen à tout ce qui vient de l'Europe, au contraire, on a envie de la transformer et de faire en sorte qu'elle soit plus concrète et qu'elle ait plus d'impacts visibles dans la vie quotidienne des citoyens.
Pour vous répondre sur Ingrid LEVAVASSEUR, moi, je suis très attachée à la démocratie, au fait que chacune et chacun puissent se présenter, elle ne conduira pas de liste, peut-être qu'il y aura une autre liste gilets jaunes, je ne sais pas, ça, c'est à eux de savoir, on ne peut pas non plus organiser pour eux leur propre liste.

CYRIL VIGUIER
Marlène SCHIAPPA, dans votre portefeuille ministériel, vous avez donc la lutte contre les discriminations, je le disais, là, c'est bien pire, Oriane MANCINI, l'antisémitisme.

ORIANE MANCINI
Oui, puisque vous l'avez dit, augmentation de 74 % des actes antisémites en 2018 des portraits de Simone VEIL tagués d'une croix gammée, des arbres en mémoire d'Ilan HALIMI profanés, mais aussi des églises attaquées qu'est-ce que ça dit aujourd'hui de notre société ?

MARLENE SCHIAPPA
D'abord, ça rappelle qu'on est dans une société qui véhicule ce qu'on évoquait tout à l'heure, c'est-à-dire une forme de haine de l'autre extrêmement forte de tout ce qui n'est pas soi, mais je crois que ça dit quelque chose de plus grave Delphine HORVILLEUR, que vous connaissez, qui est rabbin, a produit un certain nombre de sujets, de textes et de recherche sur la question de l'antisémitisme, et elle dit que la haine des juifs est toujours un signe avant-coureur de danger dans la société, et je crois qu'on en est là, et la dernière fois qu'on a vu des actes antisémites à ce point, avec cette violence et avec cette quantité, ça remonte aux années 30, si on fait à un aller-retour historique. Donc c'est extrêmement préoccupant, c'est pour ça qu'il faut être très ferme, le Premier ministre Edouard PHILIPPE a remis pour la première fois des prix Ilan HALIMI, en présence de madame HALIMI à Matignon, il y a deux jours de cela, et c'était assez enthousiasmant de voir des jeunes générations, des collégiens des lycéens, qui portent des projets contre l'antisémitisme et qui ont envie de s'emparer de cette question.

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Cinq églises vandalisées en l'espace de quelques jours, on va au-delà de l'antisémitisme.

MARLENE SCHIAPPA
Ah oui, complètement, mais c'est ce que je vous disais tout à l'heure, et moi, je fais toujours un parallèle entre la hausse des actes antisémites d'une part et la hausse des violences homophobes je crois qu'il y a aussi des actes antimusulmans des actes de profanation des églises, et qui sont tous inacceptables et qui doivent tous être condamnés, on est là, vraiment, dans la manifestation de l'agressivité et de la détestation de l'autre, qui est insupportable dans notre République qui doit être indivisible.

ORIANE MANCINI
Autre sujet qui vous concerne, Marlène SCHIAPPA, c'est le cyber-harcèlement, on a découvert il y a quelques jours à l'existence de la Ligue du lol, du nom d'un groupe créé sur Facebook, qui pratiquait le cyber-harcèlement. Dimanche, vous avez publié un tweet disant que vous alliez aborder avec Nicole BELLOUBET la question de l'allongement des délais de prescription concernant le cyber-harcèlement, est-ce que vous en avez parlé avec elle, est-ce qu'elle est d'accord ?

MARLENE SCHIAPPA
Alors, on n'en a pas encore parlé ensemble, parce que j'étais en déplacement de 48 heures, et puis, elle, ensuite, mais nous avons un rendez-vous prochain me semble-t-il pour aborder tous ces sujets, vous savez que nous avons porté ensemble une loi contre les violences sexistes et sexuelles, dont nous allons devoir dresser un premier bilan. Je crois que ce qui est important, c'est de dire que les réseaux sociaux, c'est une matière mouvante, nouvelle, le cyber-harcèlement, il n'a que quelques années, et pourquoi ce sujet de la Ligue du lol a mis autant de temps à sortir, c'est qu'à l'époque, un certain nombre de personnes considérait que ce n'était pas vraiment du harcèlement, que c'était « trolling », que c'était des pratiques courantes sur les réseaux sociaux, donc je crois que le droit doit s'adapter aux nouveautés et aux nouvelles pratiques…

ORIANE MANCINI
C'est-à-dire qu'il faut sanctionner plus fermement les réseaux sociaux ?

MARLENE SCHIAPPA
Absolument, cet été, d'ailleurs, j'ai fait voter donc une loi qui condamne le cyber-harcèlement en meute et la participation de chacun à ces raids. Et avec Mounir MAHJOUBI, nous recevons tout à l'heure un certain nombre de parties prenantes et notamment il faut faire en sorte que Twitter soit davantage engagé, Facebook a le mérite de la bonne volonté, ils viennent de débloquer des fonds très importants outre le cyber-harcèlement, on teste des régulateurs en partenariat avec Facebook, mais Twitter n'est vraiment pas à la hauteur, en terme de lutte contre le cyber-harcèlement, Twitter est en dessous…

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Vous marchez sur des oeufs quand même par rapport à la liberté d'expression, vous le sentez ?

MARLENE SCHIAPPA
Non, moi, je ne crois pas, parce que la liberté d'expression, elle n'est jamais absolue et totale, nous n'avons pas le droit de sortir dans la rue et de dire à quelqu'un que nous allons l'égorger, de crier des injures antisémites, c'est caractérisé dans la loi depuis très longtemps, les propos antisémites, les menaces de mort, les injures publiques sont interdites, ça n'est pas de la liberté d'expression, ce sont des injures.

ORIANE MANCINI
Un mot, puisque les réseaux sociaux, ce sont aussi les fake news, la campagne des européennes arrive, et il se murmure que La République En Marche va prendre des initiatives fortes, et que, par exemple, des médias comme RT, comme SPUTNIK pourraient être interdits de suivi de campagne, est-ce que vous nous le confirmez ?

MARLENE SCHIAPPA
Je n'ai aucune information à cet égard, moi, je crois que ce qui est important effectivement, c'est de lutter contre les fausses informations, mais surtout, de savoir qui les finance, et c'est ça le programme de la loi contre les fake news qui est porté par le gouvernement, c'est de faire en sorte que quand une fausse information se diffuse massivement sur les réseaux sociaux, en période électorale, on puisse savoir s'il y a ou s'il n'y a pas de manipulation de la part de puissances étrangères.

CYRIL VIGUIER
Marlène SCHIAPPA, je vous propose dans cette formule d'émission maintenant de vous tourner vers les télévisions locales de France…

MARLENE SCHIAPPA
Avec plaisir…

CYRIL VIGUIER
On a trois télévisions en duplex et en direct ce matin, dans le Nord, c'est Jean-Michel LOBRY, en Nouvelle-Aquitaine, c'est Bastien LAUQUE, et en Occitanie, c'est Ludovic BRIMBEUF. On commence par le Nord. Bonjour Jean-Michel LOBRY, re-bonjour. Vous étiez présent dans la première partie de cette émission pour WEO, la chaîne du groupe de La Voix du Nord, et vous avez une question à poser à Marlène SCHIAPPA. On vous écoute Jean-Michel.

JEAN-MICHEL LOBRY
Oui, bonjour Madame. Je reviens sur les grands débats, j'en ai animé cinq depuis trois semaines, et ce que je sens, c'est qu'on est passé d'une phase de discussion où on débat, où on échange, à une phase de construction, hier soir, à Denain, j'ai enregistré une cinquantaine de propositions concrètes, et là, eh bien, c'est le moment du grand rendez-vous, vous allez devoir assurer, apporter des réponses précises, et notamment vis-à-vis des jeunes. Hier soir, à Denain, je donnais la parole à une jeune femme, mère isolée, elle exprimait ses difficultés financières, et surtout, elle a eu une belle expression autour de la rupture du lien de confiance, je ne sais plus où on va, quel est mon avenir, et je voulais vous entendre sur quelle réponse on va apporter à ce public des jeunes qui commence à être présent d'ailleurs dans les débats, pour essayer de retisser des relations, des liens de confiance, des perspectives, une confiance en l'avenir, finalement, la tâche est énorme, mais je constate dans ces débats que c'est vraiment un sujet majeur.

MARLENE SCHIAPPA
Oui, absolument, je crois que c'est une question qui est très importante, et derrière cette question, c'est aussi comment on fait en sorte que tout le monde se sente partie prenante du grand débat, on sait très bien qu'en termes de démocratie dite participative, quand on regarde les conseils de quartier, les conseils citoyens, etc, et moi, je suis élue locale depuis quelques années, je l'observe, on a très souvent des personnes peut-être plus âgées, et très souvent d'ailleurs, des hommes, et ce sont souvent les mêmes personnes qu'on voit dans toutes les instances de démocratie participative, donc c'est important que dans ce grand débat, on puisse s'adresser aux jeunes, avec Gabriel ATTAL, mon collègue, qui est secrétaire d'Etat notamment en charge de la Jeunesse, nous allons faire un débat prochainement avec 1.000 jeunes, qui sera, je crois, d'ailleurs retransmis sur vos antennes, me semble-t-il. Et on va essayer de s'adresser à l'ensemble de la population.
La question des mères isolées que vous abordez, pour moi, elle est primordiale, et c'est ma priorité dans le grand débat, c'est de faire en sorte que toutes ces mères qui sont tout seules et souvent qui n'ont pas parlé de leurs problématiques, parce qu'elles ont un sentiment de honte et qu'on leur renvoie un regard, la société leur renvoie un regard un peu méprisant, comme si elles étaient à la marge de la société, l'une d'elles m'a dit : j'ai le sentiment d'être un cas social, donc je ne parle pas de mes difficultés de mère isolée, je crois que là, on doit pouvoir transformer cette crise en opportunité pour leur apporter des réponses concrètes, on ne sortira pas du grand débat sans politiques publiques concrètes qui changent vraiment la vie des gens.

CYRIL VIGUIER
Marlène SCHIAPPA, on va se rendre à Bordeaux maintenant, chaîne du groupe Sud-ouest, TV7, c'est Bastien LAUQUE qui est là, donc après le choc, Bastien LAUQUE, du départ d'Alain JUPPE, vous vouliez également poser une question à Marlène SCHIAPPA. On vous écoute Bastien LAUQUE en direct de Bordeaux.

BASTIEN LAUQUE
Oui, alors, bien évidemment, Alain JUPPE, mais ça a été évoqué il y a quelques instants maintenant, j'aimerais quand même revenir sur le grand débat, un grand débat que des gilets jaunes dits constructifs, une association nationale, mais ici, à Bordeaux, assez fortement représentée, eh bien, cette association a annoncé qu'elle quittait le grand débat, qu'elle ne voulait plus y participer, qu'elle considérait que c'était en fait une sorte d'enfumage, ce sont les propres termes de ces gilets jaunes, et que, justement la question centrale du pouvoir d'achat ne pouvait pas être réellement abordée lors de ces grands débats, parce que justement, ce grand débat est séquencé en questions et en thèmes bien précis, et ces gilets jaunes qui disaient : attention, la tension monte, et il considéraient effectivement que la récente déclaration concernant la taxe carbone et son éventuel retour était une provocation. Est-ce que vous comprenez ce que disent ces gilets jaunes constructifs, ce grand débat, on n'en veut plus ?

MARLENE SCHIAPPA
Alors, deux choses. Bonjour d'abord. Deux choses d'abord sur la taxe carbone, oui, je me suis exprimée tout à l'heure, je comprends qu'il y ait ce sentiment, et je crois qu'il faut justement éviter que cela survienne, ensuite, sur le grand débat en lui-même, moi, je dirais qu'on entend beaucoup les gens qui protestent, etc, mais, pardon, je voudrais rappeler que notre pays n'est pas composé… tous les citoyens ne sont pas des gilets jaunes, et je pense que le rôle du président de la République et le rôle du gouvernement, c'est de s'adresser aux citoyens et aux citoyennes de la République française, sans distinction, qu'ils portent un gilet jaune ou qu'ils n'en portent pas, donc la position de tel ou tel groupe constitué ou non de gilets jaunes ne peut pas être l'alpha et l'oméga de notre position par rapport au grand débat. Je vois qu'il y a beaucoup de gens qui s'y rendent, qui y participent, et c'est ça qu'il faut encourager.

CYRIL VIGUIER
Merci Bastien LAUQUE, en duplex, en direct de Bordeaux. Vous nous tenez au courant si vous avez des informations, donc à partir de 11h, la conférence de presse d'Alain JUPPE qui annonce aux Bordelais qu'il quitte cette ville. Merci, vous étiez en duplex. On part en Occitanie maintenant, c'est Ludovic BRIMBEUF, re-bonjour Ludovic. Vous étiez là, présent, dans cette première partie également chez nous. Vous êtes avec ViàOccitanie en duplex et en direct, vous avez une question à poser à Marlène SCHIAPPA. Allez-y.

LUDOVIC BRIMBEUF
Oui, bonjour Madame. Une question toute simple, on entend souvent dire depuis quelques jours, voire depuis quelques semaines, de la part des commerçants, artisans ou autres représentants des chambres de commerce et d'industrie, que des licenciements sont inévitables ou vont le devenir, alors malgré tous ces millions d'euros alloués, qu'avez-vous à dire à ces personnes et aux maires des différentes villes pour les rassurer avant que leur ville ne devienne complètement exsangue ?

MARLENE SCHIAPPA
Oui, c'est une très bonne question, et je crois que c'est quelque chose qu'on observe dans les villes, en région, mais qu'on observe d'ailleurs aussi à Paris, nous, les commerçants, à qui on parle à Paris, sont extrêmement préoccupés, dès le mois de décembre, souvenez-vous, normalement, et on nous disait : oui, mais on bloque des commerçants, ce sont des gens riches, etc, d'abord, tous les commerçants ne roulent pas sur l'or, c'est une situation extrêmement difficile d'avoir le courage de tenir un commerce et d'équilibrer son affaire tous les jours. Première chose. Et deuxième chose, il y a aussi des gens qui travaillent, et moi, pendant les fêtes de Noël, j'ai parlé avec des vendeuses de grands magasins parisiens qui me disaient : eh bien, nous, on va le payer, parce qu'on n'aura pas nos primes de Noël, on n'aura pas nos bonus du dimanche, parce que le dimanche, on a dû fermer, ou on était ouvert, mais les gens ne venaient pas, parce qu'il y avait des dégradations le samedi. Donc je crois qu'il est temps que les gilets jaunes qui cassent et les franges radicalisées qui continuent à bloquer l'accès aux commerces cessent, et c'est pour ça que le ministre de l'Intérieur est vraiment extrêmement ferme sur le maintien de l'ordre public, pour faire en sorte que chacune et chacun puisse vivre sa vie et minimiser l'impact sur l'économie française.

CYRIL VIGUIER
Marlène SCHIAPPA, merci. Et on quitte Jean-Michel LOBRY qui était dans le Nord, en Nouvelle Aquitaine Bastien LAUQUE, et en Occitanie, Ludovic BRIMBEUF. Merci d'avoir participé en multiplex en duplex et en direct, nos partenaires des télés locales à cette émission. Oriane MANCINI, autre question politique.

ORIANE MANCINI
Oui, peut-être pour revenir sur la question de WEO, sur les mères isolées, il y avait un débat hier à l'Assemblée nationale, auquel vous avez bien sûr participé sur cette question des mères isolées, je crois qu'elles vous ont fait des propositions, ces mères isolées, est-ce que vous pouvez nous dire quelles sont ces propositions ?

MARLENE SCHIAPPA
Oui, alors, ce n'est pas le premier débat qu'on organise sur les mères isolées, on en a fait plusieurs à notre initiative ou à l'initiative de députés dans différentes régions, hier, c'était à l'association K d'Urgences de Christine KELLY, qui a pris cette initiative, que je trouve formidable, de réunir dans l'Assemblée nationale des mères isolées. Et le 7 mars, on organise partout en France des conférences inversées, avec, sur scène, des mères isolées et des pères isolés, et dans la salle, des banquiers, des employeurs, des assureurs, des élus, des parlementaires…

ORIANE MANCINI
C'est quoi des conférences inversées, pour le préciser…

MARLENE SCHIAPPA
Eh bien, justement, c'est ça, c'est-à-dire que d'habitude, les gens qui sont sur scène, et parlent à des gens qui sont dans la salle, eh bien, là, on inverse, les gens qui d'habitude sont sur scène et parlent sont dans la salle, se taisent et écoutent les parcours courageux de ces mères isolées pour trouver des réponses. Et parmi les pistes d'action, il y a plusieurs sujets qui reviennent sans cesse, la question de la pension alimentaire par exemple, du non-paiement de la pension alimentaire, qui est une question sur laquelle on doit pouvoir aller plus loin, s'inspirer peut-être de ce qui est fait au Québec, j'étais à Montréal, il y a quelques semaines, vous savez que la France préside le G7, après le Canada, l'égalité femme-homme fait partie des grandes priorités, donc nous avons eu des échanges sur la question de la pension alimentaire…

ORIANE MANCINI
Un G7 spécial d'ailleurs sur l'égalité homme/femme…

MARLENE SCHIAPPA
Exactement. Tout à fait. Et puis, l'accès au logement, tout simplement, quand vous avez un seul revenu, la non-discrimination, moi, j'ai lancé une étude il y a quelques mois en partenariat avec l'Observatoire de la parentalité en entreprise, Parole de Mamans et l'association K d'Urgences, pour mesurer les discriminations vécues par les mères isolées. Quand vous cherchez du travail et par exemple qu'on vous demande comment vous faites toute seule avec les enfants, eh bien, vous pouvez parfois être discriminée et ne pas être embauchée, parce que vous êtes une mère isolée, ça, c'est inacceptable.

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Oui, Cyril, le tour de France, qu'on vient de France, là, le petit tour de France qu'on vient de faire est intéressant à plusieurs titres, dont un, c'est qu'on voit bien que les attentes sont très fortes avec ce grand débat, que vous avez voulu, que vous avez lancé, les attentes sont très fortes, est-ce que dans ce contexte de tensions internes à la France, mais aussi une montée des populismes en Europe, est-ce que le plus grand danger pour vous, gouvernement, aux commandes de la France aujourd'hui, ce ne serait pas que ce grand débat fasse pschitt au final ?

MARLENE SCHIAPPA
Si, tout à fait, mais c'est ce que je vous disais tout à l'heure, pour moi, la pire chose qui pouvait arriver au grand débat, c'était l'indifférence, et d'ailleurs, au moment où le président de la République annonce qu'il lance un grand débat, souvenez-vous, il y a énormément de gens qui disent : ça ne va pas marcher, personne ne va venir débattre, etc, on voit aujourd'hui que ça n'est pas le cas, qu'il y a des contributions sur le site grand débat.fr tous les jours, nouvelles, importantes, denses, et que, finalement, on s'empare de ce grand débat. Donc pour l'instant, il est très loin de faire pschitt, au contraire…

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Et la balle est dans votre camp bientôt, dans quelques heures, je dirais…

MARLENE SCHIAPPA
La balle est dans notre camp, tout à fait. Mais là, on voit qu'il y a encore un grand intérêt, il y a encore beaucoup de monde et beaucoup de participants, il y a des gens qui ont envie de se faire entendre dans le cadre de ce grand débat, et ça, c'est réjouissant.

CYRIL VIGUIER
Marlène SCHIAPPA, Le Trombinoscope, qui est une revue d'information politique, vous a décerné un prix, le prix de la révélation politique de l'année, j'ai envie de vous demander, est-ce que la grande opération médiatique que vous avez conduite avec Cyril HANOUNA a été pour une partie… voilà, une partie de cette reconnaissance ?

MARLENE SCHIAPPA
Alors, pas du tout, parce qu'en fait, le jury s'est réuni avant, ils ont désigné aussi Marc FESNEAU député de l'année, alors qu'il est depuis ministre des Relations au Parlement. Donc le jury s'est réuni et a délibéré avant, on avait eu l'annonce de ce prix avant l'émission avec Cyril HANOUNA, pour vous répondre…

CYRIL VIGUIER
Qu'est-ce que vous ferez de ce prix ?

MARLENE SCHIAPPA
Eh bien écoutez, je l'ai gardé, pour l'instant, j'en suis très heureuse, parce que c'est une forme…

CYRIL VIGUIER
Je ne parlais pas de la statuette, je parlais de qu'est-ce que vous en ferez politiquement ?

MARLENE SCHIAPPA
Mais justement, c'est-ce que je vais vous répondre là-dessus, je vous disais que le prix de la révélation, c'est aussi une forme d'espoir et de confiance et d'encouragement notamment, moi, je le prends comme un encouragement pour les sujets que je porte, pour toutes les femmes…

CYRIL VIGUIER
Sans transition avec Cyril HANOUNA, c'est la Saint-Valentin, vous lui souhaitez quelque chose ou pas ?

MARLENE SCHIAPPA
Pour la Saint-Valentin ? Je crois que la chose qui est importante pour la Saint-Valentin, c'est de faire en sorte que tous les couples puissent s'exprimer et s'aimer, nous, on lance une campagne sur les réseaux sociaux pour faire en sorte que les couples de même sexe puissent se promener dans la rue main dans la main, en paix et sans être agressés.

CYRIL VIGUIER
J'ai aimé votre silence à un moment donné, là…

MARLENE SCHIAPPA
Vous m'avez perturbée…

CYRIL VIGUIER
Merci. C'est un autre Cyril qui vous interviewait ce matin…

MARLENE SCHIAPPA
Eh bien, c'est pour ça.

CYRIL VIGUIER
Merci Marlène SCHIAPPA.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 18 février 2019 
 

Situation sociale Situation sociale Societe Conflit social 193000332

Déclaration de Mme Roxana Maracineanu, ministre des sports, sur la politique du sport et l'accès aux équipements sportifs sur le territoire, Paris le 24 janvier 2019.

Déclaration de Mme Roxana Maracineanu, ministre des sports, sur la politique du sport et l'accès aux équipements sportifs sur le territoire, Paris le 24 janvier 2019. Roxana Maracineanu 24/01/2019 sport accès aux équipements sportifs Voeux 2019 prononcés le 24 janvier 2019

Mesdames et Messieurs les Ministres,
Monsieur le délégué interministériel, cher Jean,
Mesdames et Messieurs les parlementaires et les élus des territoires,
Mesdames et Messieurs les présidents de fédérations et d'associations,
Chers amis de Paris 2024, cher Tony, cher Guy, cher Bernard,
Chère Marie-Amélie, cher Denis,
Mesdames, Messieurs,


Avant toute chose, permettez-moi de vous adresser mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année. Que 2019 soit belle et heureuse pour chacun d'entre vous et pour vos proches.

Vous tous ici, sportives et sportifs, passionnés et amoureux du sport vous oeuvrez chaque jour à atteindre un même objectif qui nous rassemble et nous dépasse. Vous oeuvrez à partager avec le plus grand nombre notre passion commune. A transmettre cette conviction que grâce au sport, on apprend à se connaître et à connaître l'autre, à respecter la règle et l'adversaire, à gagner et à perdre, à avancer, se dépasser, rester humble mais aussi rêver.

Le sport est une construction collective où vous êtes, où nous sommes tous indispensables, chacun à notre place, quel que soit notre rôle : bénévole, éducateur, arbitre, agent public, cadre fédéral, mécène, sponsor, sportif ou élu local…

C'est ce sentiment d'appartenir à un tout qui peut être efficace pour mettre le sport au coeur de notre société et qui doit nous guider.

Et c'est l'esprit qui m'anime à l'aube de cette année 2019 et du lancement de l'Agence nationale du sport : comment MIEUX FAIRE, ENSEMBLE.

Cette cérémonie de voeux conjoints du CNOSF, du CPSF et du Ministère des sports, en est la preuve.

Elle est inédite et symbolise notre unité, notre volonté de porter un projet commun.


[Mieux faire ensemble]

Marie-Amélie, Denis, vous l'avez dit tous les deux, les enjeux de l'année 2019 sont enthousiasmants parce que nous sommes en train de refonder notre organisation collective.

Une organisation dans laquelle on ne cherche pas qui domine l'autre.

Une organisation dans laquelle l'intérêt général du sport, et lui seul, prime.

Et j'ai ici envie de reprendre les mots de Jean-Claude Killy dans une interview accordée au Monde il y a quelques semaines qui invitait « Chacun à faire un pas de côté ».

C'est exactement de cela dont il s'agit. Nous devons mettre en place une nouvelle approche, fondée sur plus de coopération, de participation et de transparence.

Qu'est-ce que cela signifie ?

Que l'Etat s'ouvre plus encore et s'associe au monde sportif, aux collectivités et aux acteurs économiques et sociaux afin de penser et mettre en oeuvre la stratégie du sport français.

Que l'Etat ne soit plus le seul et unique décisionnaire mais qu'il discute les financements du sport en France avec tous les acteurs concernés.

Que les sportifs, et plus largement les pratiquants, soient au coeur de nos préoccupations et de notre projet.

Ce défi collectif, nous allons le relever avec tous ceux qui accompagnent ce changement :

Je pense notamment :
-A Jean Castex et Frédéric Sanaur qui sont à l'oeuvre pour que l'Agence nationale du sport soit opérationnelle dans les prochaines semaines
-A Gilles Quénéhervé et les équipes du ministère des Sports à Paris comme dans les territoires,
-A Armelle Daam et Ghani Yalouz, et à leurs équipes du CNDS et de l'INSEP,
Et je n'oublie pas Patrick Bayeux et Laurence Lefèvre, aujourd'hui ma directrice de cabinet, qui ont su mener une concertation précieuse pour faire évoluer notre organisation du sport.

La simplification et la modernisation du modèle sportif français doivent s'appuyer sur des évolutions législatives et réglementaires.

C'est l'objet de la future « loi sport » évoquée par le Président de la République lors de l'inauguration de la maison du Handball.

Pourquoi cette loi ?

Elle scellera le rôle et définira le périmètre de chacun des acteurs :

- Elle devra généraliser les parlements régionaux qui existent déjà sur certains territoires. L'Etat, les collectivités, le mouvement sportif, le monde économique et social y discuteront des projets sportifs locaux,
- La loi pourra regrouper ces mêmes acteurs au sein de conférences des financeurs pour décider des budgets à allouer sur leur territoire avec une priorité donnée au sport professionnel, au haut niveau, aux équipements structurants et au rattrapage des inégalités,
- Cette loi doit permettre au mouvement sportif de devenir plus autonome et responsable, s'engageant notamment à plus de transparence et d'éthique dans l'élection de ses Présidents comme de ses instances intermédiaires.
- l'Etat, quant à lui, passe d'un rôle tutélaire à un rôle partenaire. Il se consacre plus encore à son rôle éducatif, d'ingénierie territoriale et à l'élaboration des politiques publiques,
Comptez sur moi pour porter ce projet et associer nos parlementaires à cette feuille de route. Nous aurons besoin de leur expérience de terrain et de leur soutien pour enrichir ces propositions et porter des mesures fortes. Sans eux, sans vous chers parlementaires, nous n'y arriverons pas.

Des mesures législatives pourraient également reconnaître le sport comme instrument de cohésion sociale et de solidarité, par exemple à travers le rôle des acteurs socio-sportifs.

Je souhaite aussi proposer dans cette loi des mesures visant à dynamiser l'économie du sport. Nous allons par exemple moderniser la gouvernance du sport professionnel. Nous souhaitons aussi proposer aux fédérations et aux clubs, le statut de société coopérative d'intérêt collectif pour mieux développer l'économie par le sport et l'emploi sportif.

Nous devons être fiers de ces évolutions qui engagent la famille du sport dans la modernité. Une modernité fondée sur la libération des énergies, l'écoute et la coopération.


[Refondation du haut niveau et de la haute performance]

S'agissant du haut niveau et de la haute performance, désormais pilotés par l'agence, je l'ai dit récemment : notre système d'organisation est performant pour l'accession au haut niveau. Nous ne le changeons pas. Ce qui doit changer, c'est notre capacité à monter sur le podium et pour ceux qui y sont déjà, à accéder à la plus haute marche, acquérir cette culture de la réussite et se sentir légitime à gagner.

C'est notre défi commun, une exigence pour réussir les Jeux.

La haute performance, cet or à ciseler, cette alchimie à réinventer sans cesse, est un travail de chaque instant, un artisanat du quotidien, de l'humain avant tout. L'athlète et son entraîneur, noyau de cette cellule de performance, ont besoin d'être mieux accompagnés.

J'ai missionné Claude Onesta pour remplir ce rôle. Claude sera à vos côtés, attentif à vos besoins. Et je vous demande d'accepter ce challenge, ce regard que je souhaite bienveillant et exigeant pour le sport Olympique et Paralympique.

Dès la création de l'agence, nous ancrerons une nouvelle stratégie fondée sur des objectifs ambitieux et un management agile.

25 millions d'euros supplémentaires ont été inscrits dans la loi de finances 2019 pour le sport de haut niveau. Ils permettront notamment de mieux soutenir nos athlètes médaillables grâce à un nouveau système de bourses et un accompagnement technique de qualité.

Nous sommes, vous êtes, déjà tournés vers Tokyo 2020 et Pékin 2022. Deux rendez-vous majeurs que vous préparez depuis des mois. Nous vous accompagnerons dans votre quête de médailles au cours de cette Olympiade. Avec l'ambition de poser les fondations d'une relation durable et vertueuse sur la route de Paris 2024.

J'en profite pour vous indiquer que j'ai missionné le champion paralympique de natation, Charles Rozoy pour soutenir à vos côtés, le développement du handisport, du sport adapté et du sport paralympique. Il s'assurera que je puisse en permanence être à votre écoute.

Je connais trop bien l'engagement, les aléas, et les difficultés, liés à la construction de la performance pour parler de vos objectifs à votre place. Néanmoins, je compte sur vous et je serai à vos côtés pour ces prochain rendez-vous.

Si les athlètes sont les principaux acteurs de la performance, il n'y a pas de résultats sans éducateurs, sans entraîneurs, sans encadrants. C'est pourquoi, je souhaite rappeler aux conseillers techniques sportifs que je suis consciente de leur rôle déterminant dans la réussite de nos athlètes. Je le sais, ils sont les artisans d'une grande partie de nos succès.

Cependant, notre modèle sportif doit se transformer, et dans cet écosystème, la place, le rôle et le positionnement de chacun doit lui aussi évoluer. De nouveaux équilibres doivent être trouvés, des mutualisations nouvelles doivent être inventées. Cependant, je peux vous garantir que je n'abandonnerai personne et que j'avancerai avec vous dans le respect de vos métiers.


[Refondation du développement du sport]

J'ai également la conviction que le sport, au-delà de la compétition, doit pouvoir répondre aux attentes des Français et s'adapter aux envies nouvelles des pratiquants.

Pour faire entrer davantage le sport dans notre quotidien, nous devons commencer par en faire évoluer les représentations. Chacune et chacun doit pouvoir s'identifier à une pratique accessible, adaptée à son mode de vie, à ses contraintes professionnelles et familiales et à ses aspirations du moment.

Chaque concitoyen doit être convaincu que le sport, c'est aussi pour lui !

Je veux faciliter la rencontre entre les Français et le sport.

Là où ils sont,
partout,
dans les villes comme à la campagne,
au sein d'équipements sportifs comme en plein nature,
à tous les âges de la vie.

Et je serai particulièrement attentive à ceux pour qui l'accès au sport est encore trop difficile.

Cet amour du sport, nous devons le transmettre à nos enfants, dès le plus jeune âge. La perspective de l'école obligatoire dès 3 ans nous offre des possibilités nouvelles pour mettre l'accent sur les primo-apprentissages moteurs. C'est aussi l'occasion de renforcer les passerelles entre le sport scolaire et les clubs.

A ce titre, le rapprochement envisagé des services déconcentrés du ministère avec ceux de l'éducation nationale, est une chance.

Chers dirigeants de Fédérations et de clubs sportifs, vous le savez, désormais, le sport-santé, le sport pour les personnes âgées, le baby sport doivent faire partie des expériences proposées aux pratiquants.

Ce qui avant ne relevait que d'une offre optionnelle, doit être aujourd'hui considéré comme une opportunité de développement.

Vous êtes prêts et vous avez cette responsabilité.

A ce titre, j'entends soutenir et considérer davantage l'action des fédérations affinitaires et multisports qui jouent un rôle important dans les pratiques du quotidien.

Au gré de mes déplacements, je rencontre des actrices et acteurs du sport qui sont de véritables « militants » de la cause sportive. Ils expriment avec fierté que le sport est porteur de lien social, qu'il contribue à la citoyenneté et qu'il est révélateur de talents. Qu'il est solidaire aussi, et pas seulement dans les mots mais aussi dans les actes.

Merci Ghani d'avoir accepté ma proposition d'accueillir un centre d'hébergement d'urgence dans les murs de l'INSEP pour les sans-abri du Bois de Vincennes et des alentours. Je ne peux que vous encourager à de telles actions de solidarité qui participent à l'éducation et à la citoyenneté de nos jeunes sportifs et des éducateurs que nous formons.

Demain, c'est aussi ce sport du quotidien que soutiendra l'agence au travers des projets fédéraux et des projets sportifs de territoires. 30 millions d'euros supplémentaires seront ainsi consacrés en 2019 à vos projets. Une partie permettra de continuer à soutenir spécifiquement le développement des équipements ultra-marins.

Enfin, nous engageons dès cette année, un plan d'envergure pour promouvoir le « savoir nager » en France, dès le plus jeune âge. L'été dernier, hélas comme les précédents, a été marqué par une recrudescence des noyades. Notamment chez les moins de 6 ans. C'est inacceptable.

J'ai l'intention de mettre en oeuvre un plan ambitieux qui s'accompagnera d'un budget dédié aux équipements.

Notre mission est d'assurer au maximum la sécurité de nos concitoyens et de leur donner les moyens d'acquérir les bases du savoir nager qui, je le rappelle, est une compétence obligatoire à l'issue de la sixième.

La sécurité des pratiquants en natation comme dans toutes les autres activités sportives, l'intégrité physique et morale des sportifs, sont pour moi et pour nous tous, une priorité.

Nous devons donc être sans concession sur le dopage et la manipulation des compétitions. Combattre toutes les formes de violences et de harcèlement, de discriminations et de radicalisation qui, ne nous le cachons pas, n'épargnent pas le sport.

Il nous faut, collectivement, mieux sensibiliser, communiquer, former et accompagner nos pratiquants, nos éducateurs, nos bénévoles, nos supporters sur ces sujets qui font du mal au sport et à nos valeurs.

Par ailleurs, nous devons aller encore plus loin en matière de développement du sport féminin et encourager la mixité là où elle n'existe pas encore.

Pour que les mentalités évoluent, il faut permettre aux femmes de prendre toute leur place au sein des instances dirigeantes.

Je profite de ce moment pour adresser mes meilleurs voeux aux joueuses de l'équipe de France de football qui disputent cet été une Coupe du Monde à domicile. Je leur souhaite autant de succès qu'aux handballeuses Championnes d'Europe ! Cette aventure, j'en suis sure, donnera un coup de projecteur fabuleux sur le sport féminin. Offrez-nous de belles émotions et faites rayonner la France comme l'ont fait avant vous, en juillet dernier, les Bleus de Didier Deschamps!


[L'action à l'international]
Car oui, assurément, le sport est un vecteur de rayonnement majeur pour notre pays. Et tous les grands événements sportifs que nous accueillons en France sont autant d'occasion de valoriser notre savoir-faire et nos valeurs.

Notre conception éthique et transparente du sport, je souhaite la porter au sein de l'Union européenne.

C'est pourquoi je compte faire vivre la « déclaration d'intention signée à Paris pour une vision sportive de l'Union européenne à l'horizon des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 ».

Elle envisage en particulier la création d'un bénévolat européen pour les grands évènements sportifs internationaux.

Je porterai également les enjeux sportifs de bonne gouvernance, d'intégrité et d'éducation par le sport au sein du Conseil de l'Europe dont la France prendra la présidence au mois de mai prochain.

Pour nous préparer à porter une vision forte et commune, j'entends réactiver l'équivalent du Comité français du sport à l'international (CFSI). Cette organisation collégiale nous a permis de porter avec succès la candidature de Paris pour les Jeux Olympiques et Paralympiques. Je forme ici le voeu qu'elle nous engage à devenir une véritable nation sportive à l'horizon de 2024…

Durant les Jeux à Paris, nous vivrons une expérience sportive et humaine exceptionnelle. Avec Tony et ses équipes et le soutien des collectivités, nous partageons l'ambition de laisser un héritage durable à l'ensemble des Français en matière économique, environnementale, sociale et éducative.

Accueillir les Jeux, c'est aussi faire la promotion de nos territoires, de nos savoir-faire. Car vous le savez, la puissance d'une nation sportive se mesure à l'aune de son attractivité touristique et de la vigueur de sa filière économique.

Rappelons que l'économie du sport représente près d'1,8% de notre produit intérieur brut et que le Premier ministre nous a assigné un objectif de 2% à l'horizon 2022. Je souhaite donc pleine réussite à la filière économique du sport que j'aimerais voir se structurer sous la forme d'un groupement d'intérêt économique. Le but : la rendre plus puissante, plus efficace afin de mieux contribuer à l'attractivité de notre pays et à sa richesse. Je vous annonce par ailleurs que la France accueillera en février 2020, sous le haut patronage du ministère, le plus grand rassemblement mondial de l'économie du sport, le « Global Sportsweek ».


[Concertation]

Enfin, l'ADN de notre nouveau modèle doit intégrer la participation et la concertation.

Car cette évolution, nous ne la gagnerons que par le dialogue avec les clubs, avec les sportifs, avec les usagers des pratiques libres. Avec les Français, en somme…

Nous sommes aujourd'hui 36 millions de pratiquants en France.

Le Président de la République nous a fixé un cap : être 3 millions de plus d'ici 2022. Pour cela, il nous faut travailler ensemble

C'est animée de cette volonté de dialogue, que je vous propose de construire l'avenir du sport en France.

Ce dialogue, ou plutôt ce grand débat avec tous les Français, le Président de la République a souhaité qu'il devienne prioritaire en ce début d'année 2019.

Il faut que la famille du sport s'en saisisse pour montrer son énergie et son utilité publique en matière de citoyenneté, de cohésion sociale et de mixité.


[Conclusion]

Encore quelques mots avant de conclure ces voeux. Certains se sont interrogés ces derniers mois sur la nécessité pour notre pays de disposer de politiques sportives et d'un ministère des sports.

Je suis convaincue que l'Etat doit exercer pleinement ses missions régaliennes d'observation et de prospective, d'impulsion et de réglementation, de certification et de contrôle des acteurs du sport.

J'ai aussi la conviction que le sport santé, ou le sport « producteur de lien social et vecteur d'éducation » ne peuvent se construire à grande échelle que dans le cadre de politiques publiques interministérielles.

Nous devons maintenir des politiques sportives dans notre société : des politiques co-construites, porteuses de valeurs, exigeantes et évaluées.

C'est à ce prix que le sport pourra acquérir ses lettres de noblesses dans un pays encore trop enclin à préférer « regarder le sport plutôt qu'à le pratiquer »

Pour que le sport prospère, j'ai besoin de vous tous, de votre enthousiasme, de votre savoir-faire et de votre capacité d'innovation.

Enfin, comment ne pas terminer ces voeux en adressant un clin d'oeil chaleureux à nos handballeurs, tennismen, à nos patineurs, skieurs, bref à tous les athlètes qui porteront haut nos couleurs ce week-end et qui nous font rêver sur tous les terrains du monde.

Très bonne année sportive à toutes et à tous!


Je vous remercie.


Source http://sports.gouv.fr, le 5 février 2019 
 

Sport Competition sportive Societe Equipement sportif 193000194

Interview de Mme Marlène Schiappa, secrétaire d'État à l'égalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les discriminations, à CNews le 28 janvier 2019, sur les revendications des gilets jaunes et sa participation à l'émission de Cyril Hanou

Interview de Mme Marlène Schiappa, secrétaire d'État à l'égalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les discriminations, à CNews le 28 janvier 2019, sur les revendications des gilets jaunes et sa participation à l'émission de Cyril Hanouna. Marlène Schiappa 28/01/2019 Gilets jaunes Cyril Hanouna
  • Marlène Schiappa - Secrétaire d'État à l'égalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les discrimination

CLELIE MATHIAS
Le Grand débat c'est aussi à la télévision que ça se passe. C'était vendredi soir sur C8 lui dans l'émission de Cyril HANOUNA, en présence de Marlène SCHIAPPA, la secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes, c'était vendredi soir sur C8, mais ce matin Marlène SCHIAPPA est au micro de Jean-Pierre ELKABBACH dans la matinale et c'est tout de suite.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Bienvenue.

MARLENE SCHIAPPA
Merci.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Marlène SCHIAPPA, bonjour.

MARLENE SCHIAPPA
Bonjour.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ce week-end la France a connu trois manifestations : les Gilets jaune, les Foulards rouges – nous sommes aussi le peuple – le chemises vertes – sauver la planète. Jaune, vert, rouge, de quelle couleur vous êtes le plus sensible ou le plus proche ?

MARLENE SCHIAPPA
Je suis la couleur arc-en-ciel, mais je crois que c'est assez enthousiasmant finalement de se dire que la France est bel et bien une démocratie, dans laquelle on peut librement manifester son attachement à telle ou telle cause, qu'elles soient différentes ou qu'elles aient des convergences.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous ne m'avez pas dit, c'est peut-être le rouge.

MARLENE SCHIAPPA
Non non, plutôt arc-en-ciel.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais aujourd'hui, est-ce que l'essentiel ce ne serait pas de rassembler le bleu, le blanc, le rouge ?

MARLENE SCHIAPPA
Mais si, justement, c'est pour ça que je vous dis plusieurs couleurs à la fois. Je pense qu'on est dans une société qui est très morcelée et très clivée, je pense que maintenant, après plusieurs mois de mobilisation des Gilets jaunes, il serait important de voir plutôt ce qui nous unit, tous, plutôt que nos différences.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et ce matin vous avez envie de leur dire d'arrêter les mouvements, d'écouter ce qui est en train de se faire dans les grands débats ?

MARLENE SCHIAPPA
Non, moi je crois que ce n'est pas mon rôle de dire à telle ou telle personne d'arrêter un mouvement, mais néanmoins je pense que maintenant il faut d'abord arrêter les violences, avant tout, on a vu qu'il y en avait de plus en plus et avec une escalade et puis qui peut aussi se retourner parfois également contre les Gilets jaunes, je pense à ce monsieur qui est blessé à l'oeil, c'est terrible, et il y a une enquête de l'IGPN qui devra dire ce qui s'est passé et faire toute la lumière, mais je crois que maintenant il est important que le pays reprenne un fonctionnement normal et qu'on participe au Grand débat national, parce que c'est un formidable moyen d'expression.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Parce que vous dites bien qu'aujourd'hui, telle que ça apparaît, le choix c'est entre la grande violence et le grand choix et le Grand débat.

MARLENE SCHIAPPA
Moi, ce que je crois, c'est que là on a entendu la colère et que maintenant il faut que cette colère elle se transforme en propositions. On ne peut pas rester dans un pays en colère, dans un pays clivé et dans un pays de haine, où des gens se montent les uns contre les autres. Il faut vraiment qu'on travaille à l'unité et qu'ensemble on trouve des propositions et comment on transforme ces colères en solutions finalement.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
C'est ce que disait Emmanuel MACRON, transformer la colère en en propositions. Mais il y a toutes sortes de haine qui se déchaîne, il y en a même une ce matin, ou hier sur vous-même, on vous promet le sort de Jeanne d'Arc, la légende en plus ou en moins, SCHIAPPA au bûcher. Et puis il y a la polémique dont vous avez parlé tout à l'heure sur les deux versions à propos des armes qui ont été employées, les armes intermédiaires, et puis on voit comment Ingrid LEVAVASSEUR, qui est tête de liste aux européennes, pour certains Jaunes, comment elle se fait malmener, maltraiter par les siens.

MARLENE SCHIAPPA
Oui, je suis très choquée de ça, moi j'avais reçu Ingrid LEVAVASSEUR longtemps avant qu'elle soit candidate, au début de la mobilisation, dans mon ministère, parce que je l'avais repérée, et j'ai été très touchée par ce qu'elle défendait. C'est une jeune mère de famille, qui est une mère isolée, qui gagne un petit salaire, elle m'a montré son budget sur un une fiche Word, elle m'a montré comment était son budget, comment elle avait du mal à payer tous les frais inhérents à l'éducation de ses enfants. Moi je suis très touchée par ce qu'elle vit, je partage un certain nombre de ses combats, d'ailleurs on va s'engager pour les mères isolées, avec le gouvernement, dans le cadre du Grand débat, mais moi je suis assez frappée de la violence qui se dirige contre elle, qui me semble assez propre d'ailleurs aux femmes lorsqu'elles s'engagent dans la vie politique.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Elle a du courage d'y aller.

MARLENE SCHIAPPA
Elle est très courageuse. Moi j'ai beaucoup de respect pour elle, elle mène son combat devant les urnes, dans le cadre de la démocratie…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous pensez qu'elle tiendra ? Parce qu'ils sont en train de la lyncher, ses amis.

MARLENE SCHIAPPA
Oui. Oui j'espère qu'elle tiendra. J'espère qu'elle tiendra, je lui dis d'être courageuse et de tenir bon, mais je sais qu'elle est courageuse, on ne partage pas les mêmes opinions, il va de soi que je ne voterai pas pour la liste qu'elle conduit aux élections européennes, mais néanmoins, dans le cadre de la démocratie, je souhaite qu'elle tienne, oui.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Au Caire, le président de la République a fait quelques confidences, en visitant Abou Simbel, que l'on doit d'ailleurs à une Française, madame Christiane DESROCHES NOBLECOURT, qui était une grande spécialiste de l'Egypte. Il prépare la suite, dit-il, et des réponses fortes et audacieuses aux mutations du monde qui touchent aussi la France. Est-ce qu'il ne faut pas accélérer les décisions, plutôt que d'attendre ? Quand on voit la place de la rue et des violences, qu'on les prenne avant le 15 mars, puisque finalement on sait à peu près vers quoi on va.

MARLENE SCHIAPPA
Alors là, le gouvernement n'est pas en train d'attendre, nous sommes en train vraiment d'écouter, et de concerter. Ce Grand débat national, ce n'est pas un grand débat pour de faux, c'est un grand débat dans lequel, comme le dit le président, s'il avait lui-même la solution, une baguette magique, on ferait tout, tout de suite, ça n'est pas le cas. Il y a eu d'abord des mesures d'urgence économiques et sociales qui ont été prises, et maintenant on va transformer en profondeur notre démocratie, c'est à ça aussi que va servir le Grand débat national.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Alors l'exercice que vous avez vécu chez Cyril HANOUNA, sur C8, a été controversé au début, il y en a encore quelques-uns qui continuent à polémiquer, mais d'autres qui font leur mea-culpa, qui était risqué, il a été réussi. Lui était l'animateur, vous la médiatrice, est-ce que vous êtes prête à recommencer ?

MARLENE SCHIAPPA
Bien sûr je suis prête à recommencer. Moi je crois qu'on gagne et on s'enrichit à chaque fois qu'on va au contact des Françaises et des Français. Je fais très souvent sans caméra, je fais énormément de déplacements, donc vous savez que je suis parisienne, mais je suis originaire de Corse, élue de la Sarthe, donc je me déplace énormément, mais je crois que c'est toujours intéressant de s'ouvrir vers des gens qu'on aurait peut-être pas rencontrés…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Qu'est-ce que vous avez découvert, par exemple ?

MARLENE SCHIAPPA
Eh bien écoutez, d'abord j'ai eu un échange vraiment très concret avec beaucoup de personnes, il y a eu une proposition qui a été faite de créer une brigade anti-discriminations, en direct, que j'ai acceptée, et donc on a pris les coordonnées du monsieur afin de mettre en place…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
C'est le 8ème point, la 8ème proposition.

MARLENE SCHIAPPA
Exactement, on va mettre en place cette brigade, parce que e pense que c'est une très bonne idée, et puis ça nous permet d'ouvrir le débat, notamment par exemple sur la question de la TVA, sur les produits de première nécessité. Mon collègue Bruno LE MAIRE a d'ores et déjà répondu qu'il était ouvert à la discussion, donc on voit que les choses avancent grâce à cette émission aussi.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Est-ce que vous avez eu une réaction du président de la République ou du Premier ministre ?

MARLENE SCHIAPPA
Oui.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Qu'est-ce qu'ils vous ont dit ?

MARLENE SCHIAPPA
En général je garde pour moi les conversations entre le président…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ils ont dit : « Il ne faut pas y aller, il ne faut pas recommencer », ou « il faut » ?

MARLENE SCHIAPPA
Ni l'un, ni l'autre, mais j'ai eu l'impression qu'on a fait un score d'audience énorme, et pendant l'émission, et suite à l'émission, on a passé la barre des un million de connexions sur le site du granddébat.fr, donc je dirais que l'enjeu est plutôt rempli.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Alors, pourquoi pas, chez Cyril HANOUNA, Emmanuel MACRON ou Edouard PHILIPPE ou peut-être des gens de l'opposition comme Marine LE PEN ou Laurent WAUQUIEZ s'ils acceptent ?

MARLENE SCHIAPPA
Bien sûr. Mais vous savez, Cyril HANOUNA, contrairement à l'image caricaturale qu'on veut s'en faire, c'est quelqu'un qui prépare extrêmement bien ses émissions, qui est très solide, qui a un grand respect pour ses téléspectateurs et qui a envie qu'on puisse s'écouter et s'entendre sur son plateau. Alors, je ne suis pas toujours d'accord avec lu, sur ses méthodes, lui il n'est pas non plus toujours d'accord avec moi politiquement, mais ce n'est pas grave, je crois que justement ce qui est important c'est d'essayer de faire en sorte, de faire les choses positivement.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Il vous a convaincue, et nous aussi, vous avez vu qu'il était là mercredi matin je pense et il sera tout à l'heure chez Pascal PRAUD. Les garants du Grand débat et Chantal JOUANNO, critiquent les rendez-vous du président de la République avec les médias, de vous les ministres, etc. Pour eux, le Grand débat est faussé, ce n'est que de la com, ce que vous faites ce n'est que de la com.

MARLENE SCHIAPPA
Vous savez, les critiques de gens qui sont blasés, qui ne sont jamais contents, qui ne font rien et qui néanmoins critiquent, mois pardon mais je trouve qu'elle est quand même culottée Chantal JOUANNO, elle se retire du Grand débat, mais sans démissionner, donc elle reste en poste, mais néanmoins elle continue à critiquer l'organisation du Grand débat. Si elle pensait faire mieux, il ne fallait pas qu'elle se retire de l'organisation. Je trouve que tout ça est assez facile finalement.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous pensez qu'il vaut mieux qu'elle arrête de faire des commentaires ou…

MARLENE SCHIAPPA
Non, ce n'est pas à moi de lui dire ce qu'elle a à faire, moi contrairement à elle, je ne dis pas aux autres ce qu'ils ont à faire ou à ne pas faire, et je trouve que l'important, si on veut que ça marche, c'est de faire en sorte de se retrousser les manches et d'aller ensemble faire en sorte d'améliorer ce Grand débat, pas de le critiquer en restant à la marge.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Dans « Balance ton post », au bout de 3 heures 48 que j'ai suivies, les citoyens invités se sont mis d'accord sur sept propositions, qui n'étaient pas déraisonnables, quand vous allez les remettre ? A qui ? Et qui va les remettre à qui ?

MARLENE SCHIAPPA
Alors, le président de la République les a déjà reçues, mais moi je vais aller voir maintenant mes collègues en leur faisant part de ces propositions. Mais ce qu'il faut dire c'est que ce Grand débat, c'était un vrai Grand débat, il était inscrit sur la plateforme de granddébat.fr et donc Cyril HANOUNA et son équipe remontent sur la plateforme l'ensemble des propositions qui vont être soumises aux cinq garants que vous avez évoqués tout à l'heure, et tout le monde peut organiser son propre atelier du Grand débat.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
On voit bien que ce qui a passionné c'est surtout les questions concernant les mesures concrètes, le pouvoir d'achat ou le pouvoir de vivre, comme dit Laurent BERGER.

MARLENE SCHIAPPA
Exactement, Laurent BERGER.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais où est la France qui innove, qui gagne, qui se bat, qui crée ? On ne l'a pas vue celle-là, qui invente ?

MARLENE SCHIAPPA
Mais vous savez, on nous a souvent dit que nous En Marche on était justement la France qui gagne, la France de la mondialisation, la France des gens optimistes, par opposition à une France des gens qui seraient pessimistes etc. Moi je crois encore une fois qu'il ne faut pas opposer les deux. Vous savez, par exemple on oppose souvent la startup nation avait que l'agriculture dans les campagnes. Mais en fait, l'Agritech, c'est une des filières d'innovations les plus dynamiques, donc je crois qu'il faut vraiment cesser les clivages et les oppositions, tout le monde a doit avoir voix au chapitre, on n'entend pas souvent justement dans le débat public les gens qui souffrent, faire des propositions, c'était intéressant de les entendre là.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Il faut entendre les deux côtés.

MARLENE SCHIAPPA
Absolument.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et puis vous avez dit « rien n'est impossible dans l'absolu », on va le voir…

MARLENE SCHIAPPA
Oui.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
… mais c'est vrai qu'il n'y avait rien sur la laïcité, les religions, l'islam politique, rien sur l'Europe, le monde, et la France elle ne vit pas toute seule, mais c'est peut-être des sujets qui intéressent les médias et les politiques, mais peut-être pas forcément au premier degré les citoyens.

MARLENE SCHIAPPA
Non, je crois que ça intéresse tout le monde, mais et en fait là on avait choisi vraiment de thématiser, donc on avait dans un premier sujet sur un peu l'économie du quotidien, le pouvoir d'achat ou le pouvoir de vivre, un deuxième sujet sur les sujets de société, et puis ensuite on avait d'autres sujets qu'on n'a pas pu faire faute de temps, sinon on était là toute la nuit. Mais je pense que Cyril HANOUNA les réabordera peut-être dans de prochaines émissions.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Absolument, puisqu'il a envie de faire d'autres débats.

MARLENE SCHIAPPA
Absolument.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Rien sur les migrants. Vous avez noté qu'à partir de 07h00 ce matin et puis Cnews en parle, la maire de Paris Anne HIDALGO a réquisitionné le gymnase Jean Bouin du XVIème arrondissement de Paris pour les migrants. Il y a une situation d'urgence. Est-ce qu'elle a bien fait ?

MARLENE SCHIAPPA
Je n'ai pas de jugement de valeur à porter sur telle ou telle politique municipale.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais la décision ?

MARLENE SCHIAPPA
Non, je n'ai pas de jugement de valeur à porter sur les décisions de politique municipale.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ce n'est pas un jugement de valeur.

MARLENE SCHIAPPA
Je ne le fais pas, et je ne l'ai jamais fait, je ne le ferai pas. Néanmoins, moi ce que j'observe c'est qu'il est possible peut-être de davantage concerter, pour ne pas être dans un affrontement idéologique des décisions des uns par rapport aux habitants, mais vraiment d'associer tout le monde. Dès lors qu'on concerte et qu'on associe, et c'est ce que nous dit aussi le mouvement des Gilets jaunes, dès lors qu'on décide ensemble et qu'on tente de faire consensus, on arrive à faire accepter peut-être plus facilement les décisions.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
D'accord, mais vous pensez que, vous comprenez mieux Anne HIDALGO qui ouvre, comme lui demande le Pape ou comme le demande à tous le Pape, un gymnase, une salle qui est apparemment libre mais qui pouvait être occupée par des écoliers etc. ou vous êtes plus proche des élus de Paris qui protestent aujourd'hui et qui veulent manifester à leur tour ?

MARLENE SCHIAPPA
Encore une fois moi je ne vais pas me situer, je suis membre du gouvernement, je n'ai pas à prendre part dans un débat interne au Conseil de Paris, ou un débat intemunicipal. Je comprends évidemment la logique qui vise à se dire qu'on va loger davantage les migrants, les réfugiés etc., mais je peux comprendre aussi le sentiment des habitants, s'ils ont l'impression qu'on leur force la main et qu'on leur prend un petit peu un équipement alors qu'ils n'ont pas été concertés pour cela. Je n'ai pas de jugement de valeur, encore une fois, à déposer…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc vous le dites : il faut consulter et concerter. Les citoyens autour de vous dans l'émission avec Cyril HANOUNA, ne réclamaient pas la fin des 80 km…

MARLENE SCHIAPPA
Non.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et le Premier ministre va annoncer peut-être tout à l'heure la réduction des morts sur les routes et pourtant on va faire évoluer cette décision. Est-ce que vous confirmez qu'on va peut-être aménager ou assouplir la décision sur les 80 km, en faire du cas par cas peut-être ?

MARLENE SCHIAPPA
C'est le Premier ministre qui prendra la parole sur ce sujet tout à l'heure. Néanmoins, moi, à titre personnel, je suis assez attachée à cette mesure, je crois que c'était une bonne mesure, et c'est une mesure qui a fait ses preuves, les premiers résultats nous montrent qu'elle a véritablement sauvé des vies, mais là encore peut-être que davantage de concertation, encore une fois, nous permettra de trouver une certaine souplesse, territoire par territoire, en fonction des routes, mais dans l'absolu je crois qu'il faut garder notre objectif.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc la mesure est bonne, mais elle peut évoluer.

MARLENE SCHIAPPA
Elle peut être faite avec davantage de concertation, département par département, c'est mon point de vue en tout cas.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
On dit qu'elle avait été suggérée aux conseillers par des technocrates, et c'est vrai que Le Point pose une question « Qui commande ? ». Qui c'est qui décide, le technocrate ou le pouvoir politique ?

MARLENE SCHIAPPA
C'est le pouvoir politique, parce que dès lors que ce n'est plus le pouvoir politique qui décide, ça veut dire qu'on n'est plus dans une démocratie, mais qu'on est dans une bureaucratie, et les gens n'ont pas voté…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et aujourd'hui on est dans quoi ?

MARLENE SCHIAPPA
Eh bien aujourd'hui nous sommes dans une démocratie, donc il est important que le pouvoir politique soit fort et soit en mesure de prendre des décisions et de les imposer à l'Administration. Ce n'est pas toujours facile, je vous le concède.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous vous battez contre les technos ?

MARLENE SCHIAPPA
On se bat tous les jours.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui. ?

MARLENE SCHIAPPA
Pas contre les technos, mais avec eux, mais c'est deux cultures différentes. Moi je viens de la société civile, j'étais élue locale, présidente d'association, je plutôt en mode agile, réactive, etc.…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais alors, qu'est-ce qu'il faut pour les convaincre ? Ce n'est pas une question de convictions, parce qu'il faut dire aussi que les Hauts fonctionnaires, c'est facile un peu de leur taper dessus, et je le fais aussi un peu, mais il faut dire que ce sont eux qui assurent la continuité de l'Etat, qui sont souvent les experts de leurs politiques publiques, il faut qu'on travaille davantage ensemble, avec une impulsion politique de notre part et une mise en oeuvre de leur part, c'est que chacun rentre en fait dans son rôle tout simplement.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Est-ce que… Je retiens une des sept propositions, c'est sur l'ISF, le retour de l'ISF, or jusqu'ici votre chef, le président de la République, donne l'impression de vouloir maintenir l'ISF, parce que ça encourage l'investissement, l'emploi, dans l'économie, est-ce que vous pensez que vous allez le convaincre pour qu'il supprime l'ISF ou qu'il l'aménage, là encore, et qu'il s'attaque encore plus à une grande réforme fiscale que de se concentrer sur l'ISF ?

MARLENE SCHIAPPA
Moi je n'ai pas la prétention de chercher à convaincre le président de la République. La transformation de l'ISF en IFI, en Impôt sur la Fortune Immobilière, c'était dans son programme et c'était destiné à faire en sorte justement que davantage de capitaux soient réinjectés dans l'économie. Néanmoins, moi je n'ai pas de religion, et je ne suis pas manichéenne sur ce sujet, on n'a aucune raison de croire avant d'avoir vu les résultats de la réforme, de voir ce que ça aura donné, donc il y a une Commission d'évaluation qui est installée, par le ministre…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
A la fin de l'année.

MARLENE SCHIAPPA
Voilà, elle a été créée de façon anticipée par le Premier ministre. Moi je crois que s'il est prouvé que cette réforme est mauvaise, il faudra qu'on en tire toutes les conséquences.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui et si elle est bonne ?

MARLENE SCHIAPPA
Si elle est bonne il faudra la maintenir en l'Etat et se féliciter.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Quelles que soient les résistances ou les réactions.

MARLENE SCHIAPPA
Eh bien ça on le verra, puisqu'à l'issue du Grand débat il y a un thème sur la fiscalité et la justice fiscale, on verra quelles seront les propositions qui seront faites.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et on attendra. En France, et on l'a dit tout à l'heure, depuis deux mois et demi c'est vrai qu'augmentent et s'affichent avec un culot brutal, des haines et toutes les formes de misogynie, de racisme, de xénophobie, que sais-je encore, d'homophobie, et j'ai vu que vous lancez aujourd'hui même une campagne dans les lycées : « Ça suffit ».

MARLENE SCHIAPPA
Ça ne suffit pas, mais c'est une …

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Non, je veux dire, elle s'appelle : « Ça suffit ».

MARLENE SCHIAPPA
Ah pardon, je croyais que vous me disiez « est-ce que ça suffit ? ».

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ce n'est pas moi qui vous dit « Ça suffit », non non.

MARLENE SCHIAPPA
Excusez-moi. Oui, c'est une des pierres du plan interministériel contre l'homophobie et contre les LGBT phobies. Le président de la République a reçu le 22 novembre dernier, à l'Elysée, toutes les associations de défense des personnes LGBT +, et parmi leurs demandes il y avait le fait de s'emparer de ce sujet à l'école et de faire une grande campagne. Et donc mon collègue Jean-Michel BLANQUER a pris ce sujet à bras-le-corps, et le gouvernement lance aujourd'hui cette campagne qui s'appelle donc « Ça suffit », et qui vise à ouvrir un peu débat dans des milliers de collèges et de lycées en France.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Parce que vous sentez la recrudescence des violences.

MARLENE SCHIAPPA
Oui, bien sûr, et puis parce que, quand on est jeune et qu'on n'est pas sensibilisé à ces sujets, eh bien les moqueries, les petites discriminations, ce qui finalement forme le harcèlement et l'homophobie du quotidien, ça n'est pas toujours expliqué et pas toujours décrypté. Donc c'est important de le faire, cette campagne va servir à ça et à dire qu'on doit être tous alliés, tous égaux, c'est le slogan de cette campagne.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et si des enseignants ou des parents d'élèves refusent que ça se fasse dans les lycées, les établissements scolaires ?

MARLENE SCHIAPPA
Alors, les enseignants n'ont pas…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Est-ce qu'on les a consultés ?

MARLENE SCHIAPPA
Les enseignants n'ont pas à refuser, dans la mesure où…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Pourquoi ?

MARLENE SCHIAPPA
Eh bien un enseignant ne refuse pas l'indication du ministère de l'Education nationale, me semble-t-il, mais vous vérifiez ça avec Jean-Michel BLANQUER. Et quant aux parents, oui, on les consulte énormément, vous savez, quand on a lancé les séances d'éducation à la vie affective et sexuelle l'été dernier, il y a eu dans un premier temps une bronca, il y a eu un tel travail de consultation mené par mon collègue et par le ministère de l'Education nationale, que les parents ont compris de quoi il s'agissait et que ça se faisait en toute sécurité, et bien sûr avec l'aval des parents.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui. Mais c'est vrai que l'homophobie et toutes sortes de discriminations se manifestent à la fois dans les écoles, les établissements scolaires, et dans la rue et dans les entreprises, c'est un autre sujet que vous avez traité.

MARLENE SCHIAPPA
Oui.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Emmanuel MACRON promet de rassembler les Français, il va avoir du boulot, mais là on voit bien que nous égrainons les poissons, les poisons qui sont en train de ronger la démocratie et la République. J'ai vu que vous alliez publier dans pas longtemps, dans quelques semaines, un livre qui s'appelle « Une et indivisible », c'est vrai que la Vème République en prend de sacrés coups, qu'elle est malmenée, qu'est-ce qu'il faut faire, qu'est ce qui lui manque ?

MARLENE SCHIAPPA
L'unité justement. Moi je ne dirais pas tant ce qui manque à la République, je dirais que la République elle se meurt de ces clivages, et justement je crois qu'il faut se rappeler que la République, la France est une démocratie, une République sociale, laïque, une et indivisible, on n'est pas une addition de communautés, on n'est pas un millefeuille de communauté d'intérêts.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
On l'oublie.

MARLENE SCHIAPPA
Il n'y a qu'une communauté, la communauté nationale, et je pense qu'il est bon de se le rappeler à chaque fois.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui. J'ai envie de vous demander, vous batailler pour toutes les causes, vous ne pouvez pas tenir en place, il y a une sorte de gourmandise et en même temps d'énergie pour toutes les causes. D'où ça vient ça ?

MARLENE SCHIAPPA
Eh bien je suis indignée par ce qui se passe, en fait, je ne vois pas comment on pourrait faire autrement. Je ne vais pas rester assise sur mon canapé, chez moi, quand je vois des gens qui sont pris à partie, des hommes qui sont tabassés dans la rue parce qu'ils se promènent main dans la main, des personnes qui sont haïes pour ce qu'elles sont, et non pas pour ce qu'elles pensent ou pour ce qu'elles font. C'est ce qu'on voit avec l'antisémitisme, qui a une recrudescence affolante ces dernières années, c'est-ce qu'on voit avec l'homophobie, c'est-ce qu'on voit aussi avec le racisme ou la misogynie.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
C'est-à-dire toutes les causes, vous les sentez, vous vous dites : « Je suis indignée, il faut que j'y aille ».

MARLENE SCHIAPPA
Oui, bien sûr, l'exclusion…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais est-ce qu'il n'y a pas de temps en temps de l'impatience et de la précipitation, et parfois des dérapages ?

MARLENE SCHIAPPA
Si, bien sûr.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ah bon…

MARLENE SCHIAPPA
Si si, bien sûr. Mais moi, enfin je suis entière, je fais de la politique avec mon coeur, comme je l'ai déjà dit, mais néanmoins des dérapages non, de la précipitation non, je crois qu'il ne faut pas confondre vitesse et précipitation, tout ce que je fais rentre dans le cadre de la feuille de route qui m'a été confiée par le président de la République et le Premier ministre.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais quand j'entends, quand vous avez dit dans l'émission : « La France est un pays qui aime se plaindre », entre nous ce qui n'est pas faux, mais…

MARLENE SCHIAPPA
Ben voilà, non mais je suis sincère, je ne fais pas…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais vous, vous êtes faite allumer.

MARLENE SCHIAPPA
Oui mais c'est normal, ça fait partie du débat aussi, je suis sincère, je ne fais pas de langue de bois, je dis ce que je pense et je ne suis pas là pour faire de la démagogie et dire aux gens ce qu'ils ont forcément envie d'entendre…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et comme vous avez dit : rien n'est impossible dans l'absolu. Je vous remercie d'être venue, parce que je pense que vous avez perdu un peu votre voix.

MARLENE SCHIAPPA
Merci à vous.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous avez gagné beaucoup de voix pendant l'émission et vous avez perdu la vôtre.

MARLENE SCHIAPPA
C'est gentil.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais c'est bien d'être venue avec nous. Demain c'est Gérard LECLERC qui va recevoir Renaud MUSELIER, moi je serai à Vienne en Autriche, pour interroger le jeune chancelier d'Autriche Sébastian KURZ, qui a 33 ans. Est-ce qu'il est avec ORBAN et SALVINI l'Italien ou plutôt avec Emmanuel MACRON ou entre les deux ? On le verra mercredi matin.

MARLENE SCHIAPPA
Il faudra vous regarder demain pour le savoir… mercredi.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Voilà, mercredi. Merci d'être venue.

MARLENE SCHIAPPA
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 5 février 2019 
 

Situation sociale Situation sociale Revendication Conflit social Societe 193000199

Interview de M. Mounir Mahjoubi, secrétaire d'État au numérique à BFMTV, le 25 janvier 2019, sur le conflit social des gilets jaunes, leurs revendications et la mise en place du Grand débat national.

Interview de M. Mounir Mahjoubi, secrétaire d'État au numérique à BFMTV, le 25 janvier 2019, sur le conflit social des gilets jaunes, leurs revendications et la mise en place du Grand débat national. Mounir Mahjoubi 25/01/2019 Gilets jaunes Grand débat national

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mounir MAHJOUBI, bonjour.

MOUNIR MAHJOUBI
Bonjour.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous discutez beaucoup, je le sais, sur les réseaux sociaux, avec des gilets jaunes que vous allez voir, aussi. Mounir MAHJOUBI, on a commencé avec de la protestation, de la colère, très fort, et souvent légitime, ensuite on est passé au débat, que nous vivons, aux propositions, votre opération, « Vos propositions de loi citoyennes », connaît un immense succès. Mounir MAHJOUBI, ensuite viendra le temps des décisions. Et hier j'ai entendu le président de la République nous dire quoi ? « A la suite du débat, nous écrirons des textes de loi, que nous ferons voter, ou pas, nous prendrons des décisions d'organisation et nous engagerons des modifications très lourdes », ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'à l'issue du débat il y aura des projets de loi qui seront déposés, devant le Parlement, projets de loi du gouvernement, et qu'il y aura peut-être un vote ?

MOUNIR MAHJOUBI
Ce qu'il a dit hier, ce qui est important d'entendre, c'est qu'on va prendre très au sérieux ce débat. On l'a voulu très fort, il a été demandé très fort, la réponse elle doit être très forte. Il ne peut pas y avoir une réponse en dessous des attentes, il ne peut pas y avoir une réponse comme si il ne s'était rien passé. Il a été très important ce mouvement des gilets jaunes, mais le mouvement qui se passe, depuis presque deux semaines, du grand débat, pour moi il est presque aussi important.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais s'il existe le grand débat, c'est parce qu'il y a eu les gilets jaunes, Mounir MAHJOUBI…

MOUNIR MAHJOUBI
Vous avez bien vu que je fais bien le continuum.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui.

MOUNIR MAHJOUBI
Il y en a certains, dans le monde, qui voudraient voir la France complètement à terre, il y en a certains qui pensent qu'on n'arrivera jamais à se sortir de ce grand combat entre une France et une autre, et puis avec ce grand débat on est en train de montrer que la France elle est capable de rester debout, qu'elle est capable de rester fière d'elle-même, qu'elle est capable de ne pas être d'accord, mais de préparer les solutions pour la suite. Et hier, le président de la République, celui qu'on a tous vu, avec les Français, moi j'ai trouvé ça passionnant, j'ai trouvé ça formidable, j'ai trouvé ça très important.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais très bien, c'est passionnant…

MOUNIR MAHJOUBI
Parce qu'il a pris des engagements.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il discute…

MOUNIR MAHJOUBI
Il a écouté très fort, écouté de façon inconditionnelle, y compris ceux qui veulent que vous partiez.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors quels engagements du président de la République avez-vous retenus hier soir, du débat d'hier soir ?

MOUNIR MAHJOUBI
Il ne faut surtout pas retenir uniquement les engagements thématiques, mais ce qui est intéressant c'est que sur chacun des sujets le président a dit « vous avez raison là-dessus, il faut qu'on puisse avancer. Sur ce sujet, je l'ai proposé à la présidentielle, j'ai été élu, attendez de voir quand même ce que ça fait avant qu'on revienne dessus, mais je suis ouvert à le faire. »

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais attendez, attendez, attendez…

MOUNIR MAHJOUBI
Mais, attendez…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il a fermé des portes, l'ISF il a fermé la porte.

MOUNIR MAHJOUBI
Il n'a pas fermé la porte, il a dit, il a dit, « j'ai été lu sur cette proposition économique, je l'ai mise en place, attendons qu'on l'évalue pour savoir si on la modifie ou pas. » C'est pas mal comme réponse, c'est honnête, transparent.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Sur la taxe d'habitation, il a fermé la porte, il a dit « tout le monde sera exonéré de la taxe d'habitation », on est bien d'accord ?

MOUNIR MAHJOUBI
Toujours en disant « j'ai été élu sur ce sujet et c'est la taxe la plus injuste », et je connais très peu de gilets jaunes qui m'ont dit qu'ils avaient envie de remettre en place la taxe d'habitation partout en France !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, il y a d'autres préoccupations…

MOUNIR MAHJOUBI
Qui sont plus importantes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
De la part des gilets jaunes. Mais, justement, il va falloir répondre à ces préoccupations.

MOUNIR MAHJOUBI
Toutes et chacune, textes de loi qui seront votés par le Parlement, et peut-être, et c'est une option qui est entre les mains du président, par un référendum, mais ce qui est important…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Sur les institutions.

MOUNIR MAHJOUBI
C'est une possibilité, on peut le faire soit par le Parlement, soit par le référendum, mais ce qui est important c'est que ce qu'on propose à la fin ce soit du sérieux. Le grand débat aujourd'hui c'est sérieux, les gens, quand ils font des propositions, ils ont besoin d'être certains que derrière on va prendre ça très au sérieux, et c'est l'engagement qu'a pris le président, c'est en tout cas ce qui moi m'anime tous les jours, c'est de me dire que la raison pour laquelle aujourd'hui on demande à tous les Français de venir, c'est que derrière on va vraiment changer les choses.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je voudrais votre regard sur le mouvement des gilets jaunes, où en est-il selon vous ?

MOUNIR MAHJOUBI
Le mouvement des gilets jaunes c'est un mouvement extrêmement important, extrêmement beau, de très grande diversité, qui, aujourd'hui, eh bien questionne cette diversité. Vous avez des gilets jaunes qui ont envie que la France se réconcilie, et puis vous avez d'autres gilets jaunes qui ont envie que cette réconciliation n'arrive jamais, certains qui aujourd'hui, finalement, aiment bien la France à terre, la France chaos, et d'autres qui se disent, « écoutez, j'ai l'impression de ne pas être d'accord avec eux, je ne dis pas qu'il faut qu'on se divise, mais ça ce n'est pas trop ma position. » Et donc, aujourd'hui, dans ces gilets jaunes, moi ce qui m'intéresse, c'est de regarder les Français, et moi je me rends compte que les gilets jaunes ils ressemblent aux Français, dans toutes leurs diversités, entre ceux qui veulent dialoguer, ceux qui ne veulent pas dialoguer, ceux qui veulent une solution, ceux qui ne veulent pas de solution, ceux qui n'aiment pas les étrangers, ceux qui ont un problème avec les frontières, et puis ceux qui pensent qu'il faut qu'on soit dans l'accueil inconditionnel. Vous savez, il y a, chez eux, comme chez tous les Français, des positions très diverses, eh bien il faut qu'on les accueille, ce n'est pas à moi d'évaluer, dire « ça c'est mieux, vous avez raison de vous présenter aux européennes », ce n'est pas à un membre du gouvernement de leur dire ce qu'ils doivent faire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On est bien d'accord, mais vous pourriez voler, euh voler, voter…

MOUNIR MAHJOUBI
Moi je ne vole personne.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, non mais d'accord, vous pourriez voter pour la liste conduite par Ingrid LEVAVASSEUR, franchement ?

MOUNIR MAHJOUBI
Evidemment pas, mais est-ce qu'aujourd'hui je trouve ça important que quelqu'un qui ait envie de porter une liste puisse le faire, oui, et c'est ça qui est beau en France, mais maintenant, Madame LEVAVASSEUR je l'ai écoutée tout à l'heure, elle rentre dans l'arène, il faut faire des propositions quand on se présente au vote, parce que moi je crois très fort à la démocratie représentative, mais avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités, il faut savoir ce qu'elle pense sur chacun des sujets européens, je veux qu'elle puisse s'engager, qu'elle travaille, c'est très intéressant à écouter. Certains disent « ça va nous bénéficier », moi je ne crois pas du tout que ça va nous bénéficier, mais ça, ça c'est le débat politique, ça c'est le débat démocratique, elle propose, les gens voteront.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non mais, pourquoi toujours regarder comme ça une initiative citoyenne, sous le prisme du parti politique, « ça va nous bénéficier ou ça ne va pas nous bénéficier », mais ce n'est pas cette France-là, les gilets jaunes veulent se faire entendre, peut-être que cette liste ira au bout, pas au bout, je ne sais pas, nous verrons bien. Tout à l'heure Ingrid LEVAVASSEUR nous a parlé, sur RMC, nous a parlé du chômage, elle me dit, et elle dit « le chômage en France, moi je préfère, à la limite, rester au chômage et toucher 1200 euros au chômage, plutôt que d'aller travailler et toucher 1250 euros », mais là elle a raison. Elle a raison ou pas ?

MOUNIR MAHJOUBI
Je crois qu'elle soulignait ce que le président de la République a souligné pendant toute sa campagne, et ce que nous faisons chaque jour, comment on fait pour que, le travail soit toujours, toujours, toujours mieux rémunéré, plus important, que le chômage…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça c'est qu'on dit, j'entends ça depuis…

MOUNIR MAHJOUBI
Mais ce n'est pas ce qu'on dit, c'est ce qu'on met en place depuis près d'1,5 ans, ça nous est reproché…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah bon ?

MOUNIR MAHJOUBI
Vous avez vu qu'on a demandé…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc vous allez limiter les indemnités chômage, la durée du chômage, la durée de l'indemnisation ?

MOUNIR MAHJOUBI
Monsieur BOURDIN, nous nous sommes vus il y a quelques semaines, et à l'époque, les questions que vous-même posiez, étaient « est-ce que vous n'avez pas été trop dur avec les chômeurs ? » Ecoutez…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais moi je pose des questions pour avoir des réponses.

MOUNIR MAHJOUBI
Et moi je vous réponds à chaque fois en fonction de vos questions. Aujourd'hui, on est dans cet équilibre, il faut que le travail paye plus que le non-travail, il faut qu'on donne la capacité à chacun de trouver un emploi. Pour ça il faut deux conditions. Un, il faut qu'ils existent ces emplois, donc il faut que les entreprises puissent les créer, et deux - et qu'elles puissent les créer sur tout le territoire - et deux, il faut que les gens aient les compétences pour aller vers ces emplois. C'est pour ça que, aujourd'hui, toute la volonté du gouvernement ça a été de favoriser la création de ces emplois, en aidant les entreprises, et dans le même temps favoriser les compétences, en aidant ceux qui n'en n'ont pas, ceux qui sont loin de l'emploi, c'est ça qu'on veut…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je suis très content de parler d'emploi, parce que j'ai l'impression que, le chômage, les chômeurs, on n'en parle pas dans cette crise des gilets jaunes, ou très peu, et pas assez…

MOUNIR MAHJOUBI
Pas assez, ça c'est certain.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les gilets jaunes les premiers, la classe politique aussi.

MOUNIR MAHJOUBI
Et pourtant c'est ce qui nous anime tous les jours, que tout le monde retrouve un emploi et que, par la formation, puisse y aller.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Peut-être, le chômage a légèrement baissé, mais enfin il est extrêmement haut, l'un des plus hauts d'Europe.

MOUNIR MAHJOUBI
Il est beaucoup trop haut, ça doit être la priorité, parce que des personnes au chômage c'est des personnes qui ne peuvent pas vivre pleinement, c'est des personnes pour qui la vie de famille est compliquée, c'est des personnes qui, autour d'elles, voient moins de choses, ce sont des personnes qui ne se sentent pas libres.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, l'emploi, parlons contrats, le président de la République est clair, il veut mettre le fameux bonus-malus sur les contrats courts, trop de contrats courts, un malus, et un comportement positif d'une entreprise c'est un bonus, à condition que l'argent du malus aille au bonus, on est bien d'accord, que ce soit garanti.

MOUNIR MAHJOUBI
Regardez la situation dans laquelle on est. On demande aux chômeurs de faire plus d'efforts, en leur disant « vous devez mieux, plus vous former, on va vous en donner, vous devez accepter une offre d'emploi quand on vous la propose », on leur demande cet effort-là, qui est quand même très important, de l'autre côté la contrepartie c'est que les entreprises aussi doivent faire un effort. Et, Monsieur ROUX de BEZIEUX, le président du MEDEF, aujourd'hui, ne peut pas jouer contre les Français, contre les entreprises, on ne peut pas dire « non » à tout. Donc aujourd'hui ce sont les partenaires sociaux qui discutent, et demain la réunion qui aura lieu est très importante…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Très importante.

MOUNIR MAHJOUBI
Mais il faut que Monsieur ROUX de BEZIEUX revienne avec des propositions, parce que c'est juste. On ne peut pas nous d'un côté dire, « nous allons aider les entreprises pour qu'elles puissent créer des emplois », les salariés ne peuvent pas dire « nous sommes d'accord pour renforcer les devoirs du chercheur d'emploi », et de l'autre côté des entreprises qui disent « ah non c'est pas possible. » Hier le président a été très clair, « chaque branche est différente, d'accord, eh bien alors que dans chaque branche il y ait une règle sur ce bonus-malus. »

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est un peu une usine à gaz ça, non ? Si dans chaque branche il y a une règle particulière, c'est un peu une usine à gaz.

MOUNIR MAHJOUBI
Vous voyez bien que dans les métiers du numérique et les métiers de la restauration, on n'est pas dans les mêmes conditions, mais ce que personne ne peut comprendre aujourd'hui…

JEAN-JACQUES BOURDIN
La restauration, un boulanger, tout à l'heure j'avais un boulanger qui disait « mais moi j'ai besoin des contrats courts, j'en ai besoin. »

MOUNIR MAHJOUBI
Oui, mais la majorité des boulanger, pour avoir parlé avec leur représentant, ils cherchent surtout des contrats longs, des personnes qui sont fidèles et qui restent dans la boulangerie, et malheureusement aujourd'hui, on n'a pas assez de diplômés en boulangerie. Aujourd'hui ce qu'on doit réussir à faire, c'est que des salariés puissent rester longtemps dans leur emploi. Comment… on demande plus d'efforts à quelqu'un et que quand il va chercher un logement, ou un crédit, on lui dit « ah non, vous êtes en contrat court, pour nous c'est pas possible » ? Ça crée de la précarité le contrat court, de la précarité artificielle, sur des personnes qui, en fait, ont des revenus, mais qui ne sont pas perçues, par le reste de la société, comme étant des personnes suffisamment solvables. Donc, aujourd'hui sur ce sujet, le président l'a redit, c'est extrêmement important, et le MEDEF, et Monsieur ROUX de BEZIEUX, doit proposer demain, je l'espère, des moyens d'avancer.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mounir MAHJOUBI, pouvoir d'achat, on parle beaucoup de pouvoir d'achat, à juste raison pour beaucoup, on est bien d'accord, beaucoup de gilets jaunes qui n'arrivent pas à finir leurs… pour l'instant il n'y a pas… il y a eu des premières réponses, apportées par le président de la République, il y aura d'autres réponses sur ces questions-là ?

MOUNIR MAHJOUBI
Il y aura évidemment d'autres réponses…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Malgré les finances publiques ?

MOUNIR MAHJOUBI
Dans ce grand débat on parle de tout, on parle des ressources, et on parle de l'utilisation de ces ressources, les ressources c'est l'argent qu'on collecte, l'argent qu'on collecte par les cotisations sociales, par les impôts. Et comment on le dépense ? Il y a la dépense publique et puis il y a ce qu'on répartit. C'est-à-dire, vous savez, le budget de l'Etat c'est deux choses, il y a ce qu'on dépense pour faire tourner l'Etat et il y a ce qu'on dépense pour donner directement aux personnes, pour faire la péréquation citoyenne. Eh bien, dans le grand débat, on a posé sur la table ces discussions-là, où est-ce qu'on dépense moins, où est-ce qu'on peut distribuer plus…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est là où il faudra apporter des réponses Mounir MAHJOUBI. Nous verrons.

MOUNIR MAHJOUBI
Je crois que si vous avez entendu le président…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, enfin je n'ai pas entendu…

MOUNIR MAHJOUBI
Ces dix derniers jours.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, j'ai entendu le président débattre, j'ai entendu le président de la République…

MOUNIR MAHJOUBI
Prendre des engagements.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Prendre des engagements, eh bien moi je suis, vous savez, j'attends de voir, vous aussi.

MOUNIR MAHJOUBI
Moi je veux juste rappeler quel est le rôle du président de la République. Le rôle du président de la République, il est élu par le peuple français, et à la fin le peuple français peut décider de le réélire pour lui demander de partir. La vocation d'un président ce n'est pas d'aller contre sa parole, toute personne, qui dans l'histoire de notre République, est allé contre sa parole, a été viré très vite. Donc aujourd'hui, le président de la République, quand il prend cet engagement, c'est du sérieux, quand il va à la rencontre des Français dans la Drôme, c'est du sérieux, quand on prend l'engagement qu'on apportera des solutions, que plus rien ne sera comme avant, c'est du sérieux, et je vous l'ai déjà dit ici-même, si on ne fait pas ça, il faudra nous faire partir, et moi je n'ai pas peur, parce que je sais qu'on le fera.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous faire partir comment ?

MOUNIR MAHJOUBI
Il y a des élections …

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce n'est pas une défaite européenne qui vous fera partir, Mounir MAHJOUBI ni une défaite aux municipales ?

MOUNIR MAHJOUBI
L'engagement qu'on a pris aujourd'hui, c'est du sérieux.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le seul rendez-vous, il est à la prochaine présidentielle en 2022 !

MOUNIR MAHJOUBI
Et c'est dans pas très longtemps, mais Monsieur BOURDIN, vous voyez bien que l'engagement qu'on a pris aujourd'hui, celui-là, on ne serait pas tous mobilisés, on n'aurait pas suspendu de nombreux projets de loi, on ne serait pas tous en train de parler avec les Français dans cette écoute unique dans la Ve République, jamais un gouvernement, un président n'a été dans cette phase d'écoute et ça, on le doit aux gilets jaunes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça va continuer ? Est-ce que le président de la République va aller dans d'autres villes rencontrer des citoyens comme il l'a fait hier à Bordeaux … ?

MOUNIR MAHJOUBI
J'en suis certain, je pense qu'il continuera, que les membres du gouvernement continueront mais surtout ce n'est pas juste la visite d'hier qui est importante, c'est les dizaines de milliers de débats qui ont eu lieu à travers toute la France depuis plusieurs jours. Partout en France, des maires, des associations, des simples citoyens ont organisé des rencontres et ça, c'est très important.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mounir MAHJOUBI, très bien, tout cela est formidable mais quand même il y a une un état d'esprit aujourd'hui, une atmosphère qui est polluée- vous allez me dire si vous êtes d'accord avec moi – ou pas par ce que je lis, ce que j'entends sur les réseaux sociaux. Vous êtes d'accord ?

MOUNIR MAHJOUBI
Il se passe beaucoup de choses sur les réseaux sociaux !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que notre société est polluée, j'emploie le mot volontairement, par ce qui se dit ou ce qui s'écrit sur les réseaux sociaux sincèrement ?

MOUNIR MAHJOUBI
En partie, en partie et les réseaux sociaux multiplient les phénomènes qui existaient dans la vie physique, c'est juste que maintenant, ils prennent une ampleur infinie.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ils sont répandus.

MOUNIR MAHJOUBI
Il y a plusieurs phénomènes, il y a la Fake news, c'est-à-dire la fausse information massivement diffusée qui diminue l'autre, qui instille le doute dans la démocratie, on se pose des questions sur est-ce que celui qui me parle est vraiment celui qui me parle ? Deuxième sujet, c'est le harcèlement par les réseaux sociaux aujourd'hui, il y a des raids qui sont menés contre certains membres du gouvernement, contre certains qui prennent la parole.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous ?

MOUNIR MAHJOUBI
Contre madame LEVAVASSEUR qui régulièrement se fait massivement insulter. Ça, c'est plus acceptable et puis il y a la parole de haine généralisée, l'antisémitisme, le racisme qui s'exprime partout et qui est là pour diminuer la parole de celui qui s'engage. Il faut deux choses aujourd'hui : il nous faut une meilleure régulation pour faire partir ces contenus haineux et là on est engagé vers une solution légale législative en France en 2019, il faut qu'on apporte une réponse par la loi pour que ces contenus puissent être supprimés rapidement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Sur l'anonymat ?

MOUNIR MAHJOUBI
Le deuxième sujet sur lequel on doit avancer très vite, c'est celui de la parole positive. Moi, j'invite tous ceux qui nous regardent s'ils pensent qu'une personne qu'ils soutiennent est intéressante, dit quelque chose de positif, eh bien dites-le sur les réseaux sociaux parce que ceux qui nous détestent, ceux qui sont contre nous, ceux-là ils parleront toujours 10 fois plus vite que les autres. Moi, je rêve d'un moment où ceux qui vous soutiennent parleraient 10 fois plus fort que ceux qui vous détestent et ça, c'est une parole importante et il y a l'anonymat.

JEAN-JACQUES BOURDIN
L'anonymat, quelle est votre position ? Où est-ce que vous en êtes ? Vous êtes contre l'anonymat contre la levée de l'anonymat ou pour la levée de l'anonymat ?

MOUNIR MAHJOUBI
Ça dépend où, je vais vous le dire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah non, allez-y !

MOUNIR MAHJOUBI
Sur un site de rencontres, je veux bien que tout le monde puisse s'appeler « Robert 234 » ou « Angéline 28 28 », chacun doit pouvoir choisir sa vie virtuelle et la façon dont il le fait. Quand on est sur un site de démocratie participative notamment demain, on dit qu'on veut mettre en place des dispositifs numériques pour que les citoyens puissent s'exprimer régulièrement, faire des pétitions légales qui auront un sceau légal à la fin. Ça, je ne veux plus que ce soit anonyme, c'est-à-dire que aujourd'hui quand une pétition, on dit-elle à 2 millions de signatures mais qu'en fait derrière, on ne sait pas vraiment qui a signé, c'était pas vraiment toujours sérieux, eh bien là moi demain et c'était la réponse qu'avait faite Emmanuel MACRON dans le débat avec les maires, ce n'était pas l'anonymat en général, c'était l'anonymat dans la démocratie participative en ligne parce que la contribution de « Jojo 34 » ..

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais les insultes à votre encontre …

MOUNIR MAHJOUBI
Mais laissez-moi venir entre les deux. Je vous ai donné les deux extrêmes, j'ai dit d'un côté …

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, entre les deux, on fait quoi ?

MOUNIR MAHJOUBI
…l'anonymat des rencontres, d'un autre côté, la démocratie participative là je souhaite qu'on mette fin à l'anonymat et d'ailleurs, l'Etat proposera à tous les citoyens une identité numérique publique qu'ils pourront utiliser volontairement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quand ?

MOUNIR MAHJOUBI
2020, qu'ils pourront utiliser volontairement, volontairement pour participer à tous les services publics en ligne et entre les deux, il y a le sujet des réseaux sociaux. Sur les réseaux sociaux, moi je ne souhaite pas qu'on mette fin à l'anonymat généralisé.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais pourquoi ?

MOUNIR MAHJOUBI
Mais laissez-moi aller jusqu'au bout !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais la responsabilité non mais attendez, vous allez m'expliquer pourquoi. Moi, je vois la responsabilité de ce que chacun écrit, ça compte !

MOUNIR MAHJOUBI
Et non seulement ça compte mais elle existe. Aujourd'hui, nous avons les outils légaux pour enquêter, pour arrêter parce que cet anonymat, il est tout relatif. Moi, je veux dire à tous ceux qui nous écoutent et qu'ils le disent à leurs enfants, qu'ils le disent à tous ceux autour d'eux : quand quelqu'un insulte, harcèle en ligne, croyant qu'il est anonyme derrière un pseudonyme, cette année c'est plus de 500 d'entre eux qu'on a attrapés, qu'on a condamnés, c'est-à-dire que ne croyons pas que parce que le pseudo est anonyme, on ne peut pas ensuite faire des poursuites judiciaires, mener une enquête et savoir qui était derrière. A chaque fois on a réussi à faire. Dans certains cas, on n'y arrive pas. Dans certains cas, les gens sont très anonymes mais je peux vous assurer …

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc vous ne lèverez pas l'anonymat …

MOUNIR MAHJOUBI
Mais le harcèlement dont ont été victimes plusieurs journalistes, plusieurs femmes, plusieurs hommes politiques chaque fois que la plainte a été déposée, on a enquêté, on a arrêté et on a condamné ; ça, anonymat, pas anonymat. Et d'ailleurs pourquoi ne pas lever l'anonymat ? Je vais vous le dire parce que pour ceux qui maîtrisent un tout petit peu, 2 secondes 2 microgrammes de technicité, c'est impossible c'est impossible Monsieur BOURDIN ! Si on disait demain sur Twitter, on lève l'anonymat, ça n'existe pas parce que les gens, ils iront sur Twitter bis, ils iront ailleurs, ils feront autre chose, ils feront des fausses identités, c'est-à-dire qu'aujourd'hui ça n'est techniquement pas souhaitable et pas possible alors que ce que je vous propose, c'est d'avoir une loi qui favorise le retrait, permet le retrait en une heure, en 24 heures, à avoir de l'autre côté sur les démarches publiques l'obligation de l'anonymat, c'est ça, c'est ça l'efficacité. Moi, je ne crois pas aux idéologies qui de dire « anonymat … », ce que je veux, c'est qu'il y ait plus de parole de haine et que quand il y a une parole de haine, on chope les personnes, on les condamne et ça aujourd'hui, on peut le faire techniquement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien pour terminer avec ces manifestations, vous irez marcher dimanche à la marche pour défendre la République ? Non ? Vous aviez dit non quand vous étiez venu me voir la dernière fois !

MOUNIR MAHJOUBI
J'en ai déjà parlé, je ne pouvais pas y aller. Je crois que on en est à un moment charnière ce week-end où on peut vraiment se réconcilier, où la France peut vraiment dire « on avance ». A ceux qui disent « il faut qu'on passe la nuit dehors », à ceux qui disent qu'il faut continuer les violences, à ceux-là, je leur dis qu'ils sont irresponsables. Monsieur DROUET quand il refuse de participer au grand débat, quand il refuse de venir dialoguer, c'est irresponsable. Quand d'autres disent on n'aime pas trop votre truc de grand débat, on à faire nous-mêmes notre grand débat et on fera notre contribution à la fin, je leur dis : bon c'est dommage, j'aurais aimé que vous veniez à nous grands débat mais le fait que vous ayez demandé à ceux qui vous soutiennent d'aller passer des heures pour participer, je dis « c'est bien, allez-y, et on écoutera et on lira tout ce que vous proposerez même si ce n'est pas complètement dans les règles, on écoutera tout » mais ceux qui disent « ce gouvernement, c'est de l'arnaque. Ceux-là, ils sont contre les Français.

JEAN-JACQUES BOURDIN
La fracture numérique, beaucoup d'auditeurs, ou de téléspectateurs, m'en parlent, sans cesse, 3G, 4G, ces zones blanches, qui existent, qui perdurent, quand est-ce que ce sera terminé, définitivement terminé dans notre pays, Mounir MAHJOUBI ?

MOUNIR MAHJOUBI
J'étais hier dans la région Centre-Val de Loire, j'ai passé la journée à parler zones blanches, à parler usage, comment nos anciens font pour accéder au numérique, comment on fait pour que les start-up ce ne soit pas qu'à Paris, comment on fait pour que les Français, face à tous les nouveaux services publics qu'on va offrir, y compris participatifs, comment on fait pour qu'ils puissent les utiliser. On a pris trois engagements, un sur le réseau mobile, un sur le réseau très haut débit, et un sur la formation et l'usage. Sur la formation et l'usage c'est 20 % de Français - Jacques TOUBON, je le vois cet après-midi pour parler du sujet des Français qui ne maîtrisent pas le numérique - 100 millions d'euros en 2018-2019, pour former et accompagner les citoyens qui sont loin du numérique. Hier j'ai signé une convention avec la région Centre Val-de-Loire, qui elle s'est engagée avec l'Etat, avec le département, les associations - vous avez vu, quand on joue collectif ça marche toujours - pour former et accompagner. Deux, sur le très haut débit, d'ici 2022 il faut que tous les lieux où habitent des personnes, tous les lieux où il y a les entreprises, soient connectés. On a réorganisé l'organisation entre les grands fournisseurs d'accès pour qu'ils soient capables d'investir et pour le faire, aujourd'hui le calendrier est plutôt bon, on se destine à tenir les objectifs. Et sur le réseau mobile, ça y est, depuis la fin de l'été c'est parti, avec plusieurs centaines de nouveaux sites, avec des sites en 3G qui vont passer en 4G, donc c'est des personnes qui avaient un peu de réseau qui d'un coup vont avoir beaucoup de réseau. Et puis partout on a ces zones blanches, il y a eu des réunions participatives, où les citoyens, où les élus locaux ont été invités pour dire « nous on a vu la carte officielle qui a été faite par l'Etat et par le régulateur ARCEP, et vous dites que ce n'est pas une zone blanche, nous on la voit la zone blanche », eh bien maintenant ils peuvent participer pour dire « nous on est une zone blanche », pour qu'il y ait un poteau qui arrive, c'est une priorité absolue. Il n'y a pas de France à deux vitesses, et si on laisse des gens à côté du numérique, on brise la France en deux. Donc, c'est une priorité absolue.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci Mounir MAHJOUBI…

MOUNIR MAHJOUBI
Merci à vous.

JEAN-JACQUES BOURDIN
D'être venu nous voir ce matin.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 4 février 2019
 

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