Doc en poche : l'actualité décryptée au format poche
Imprimer

Protection des ressources halieutiques : quelle gestion des pêches européennes ?

le 12 septembre 2019

L’objectif de la politique commune européenne de la pêche (PCP), réformée en 2013, est d’assurer durablement l’avenir de la pêche, tout en préservant la ressource halieutique dans les eaux territoriales des États membres de l’Union européenne (UE).

Où en est-on dans l’exploitation durable des stocks de poissons dans l’UE, six ans après la réforme et alors que s’ouvrent à Granville, le 12 septembre, les assises de la pêche ? Un rapport d’information de la commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale sur une pêche durable pour l’Union européenne fait le point.

Une pêche de six millions de tonnes de poissons

L’UE possède le plus grand territoire maritime au monde mais sa pêche ne représente que 4,9% des captures et 3% de la production mondiale contre 38% pour la Chine (chiffres 2015).

Si les États membres de l’UE pêchent environ 6 millions de tonnes de poissons chaque année avec une flotte de 90 000 navires, près de la moitié du poisson consommé est importée d’un État hors Union, principalement de la Norvège, de la Chine, du Maroc et de l’Islande.

La politique commune de la pêche a mis en place des outils pour assurer une gestion durable des ressources halieutiques, des totaux admissibles de captures (TAC), ensuite répartis en quotas nationaux, une transition vers la pêche durable et un soutien aux pêcheurs européens.

Depuis 2013, le système de gestion à long terme des ressources aquatiques vivantes repose sur le rendement maximal durable (RMD) qui fixe des taux de captures permettant aux stocks de poissons de se reproduire.

37% des ressources halieutiques européennes sont à présent exploitées selon une approche durable. Dans l’Atlantique nord, une culture de la "durabilité" est désormais installée mais la situation reste alarmante en Méditerranée.

Les préconisations du rapport

Pour améliorer la durabilité de la pêche, les rapporteurs proposent notamment :

  • un plan européen d’urgence pour la Méditerranée afin d’augmenter la recherche sur les réserves halieutiques, d’introduire des quotas sur toutes les espèces soumises à une pression de pêche et de mettre en place une gestion véritablement régionale ;
  • un écolabel public européen de pêche durable face au foisonnement de labels privés “qui crée une confusion pour les consommateurs” et la prise en compte de la pêche de loisir, concurrente par endroit de la pêche professionnelle ;
  • un moratoire de deux ans sur l’obligation de débarquement, c’est-à-dire l’interdiction de rejeter en mer des prises non désirées, la jugeant “largement refusée par les pêcheurs” et encore inappliquée.

Mots clés :

Rechercher